Dieu est amour (1 Jean 4: 8). Est-ce un attribut de Dieu ou son essence ? Comment pouvons-nous concilier cela avec l’ordre violent de Dieu dans l’Ancien Testament ? [Jacques]

Je ne pense pas que l’on puisse qualifier uniquement de violent l’ordre de Dieu dans l’Ancien Testament, même si indéniablement il peut l’être et sur ce sujet qui à lui seul mérite un développement je vous invite à lire un article très éclairant d’une de mes consœurs ici : https://regardsprotestants.com/bible-theologie/le-dieu-de-lancien-testament-est-il-violent/

Pour répondre  votre question, elle note que la violence de Dieu peut aussi être comprise comme une pédagogie vis à vis de son peuple à un moment de l’histoire biblique, et dans les catégories de l’histoire qui a porté la rédaction de ces textes. Mais est-ce qu’un parent qui se précipiterait pour gronder son enfant qui approche sa main de la flamme ne l’aimerait pas ? En tout cas le Nouveau Testament dans son ensemble affirme que Dieu est amour, et qu’il s’agit bien là de son essence. Je vous invite en particulier à aller (re)lire la 1ere épître de Jean (en entier, et par exemple 1 Jean 4, 8).

Est-ce qu’embrasser son fiancé sur la bouche avant le mariage est un péché ? [Esther]

Un péché, c’est se mettre en rupture avec la loi de Dieu.

La Bible n’est pas un code de lois uniquement. La preuve c’est que pendant longtemps, les 10 commandements ont suffit, en tout et pour tout. Il y a pas mal de textes qui disent les règles dans la Bible, puisqu’il s’y trouve 613 commandements, mais après ça c’est à nous de réfléchir. La Bible ne nous dit pas comment nous comporter avec les téléphones portables. Alors on réfléchit à ce qui est en jeu.
Dans l’histoire du baiser sur la bouche, la question c’est de savoir ce qui se passe dans ce geste. Si c’est un geste d’expression d’une belle émotion d’amour, c’est forcément bien ! Si c’est un type d’érotisation qui va vous mettre en danger car à un moment vous n’arriverez pas à stopper l’embrasement progressif de vos corps, c’est problématique.
En tout cas c’est un peu comme ça que je réfléchirais.

Mais la Bible n’a pas répondu à cette question.

Je voudrais parler avec une personne de ma famille ; je ne sais pas comment faire. [Gilbert]

Dieu nous place dans nos familles pour y être des témoins véritables de son amour et de ses commandements. Il ne nous laisse pas seuls dans cette mission… après tout nous sommes des sarments reliés à l’unique cep: Sans lui, impossible pour nous de porter la moindre grappe de raisins !

Votre crainte de parler avec un membre de votre famille est liée à un passé qui ne demande qu’à être éclaté par la présence glorieuse de Jésus Christ : s’il a vaincu la mort c’est pour vaincre toutes nos craintes dont la votre !

C’est pourquoi, je vous encourage à demander à Dieu de renouveler votre esprit et d’en éloigner les tourments qui n’ont pas lieu d’y demeurer. Lorsqu’arrivera le jour prévu pour cette discussion avec cette personne, vous le saurez dans votre esprit. Dès le matin. Et vous pourrez alors demander à Dieu de parler lui-même à travers vous, pour que vos paroles correspondent à sa volonté.

Dieu a désiré votre famille, cette personne et vous-même.

Peut-on aimer un autre homme marié tout en étant soi-même en instance de divorce ? [Nicky]

Le sentiment amoureux n’est pas toujours en phase avec les notions de permis et d’interdit. La façon dont vous posez votre question appelle pour moi d’autres questions, qui permettraient d’affiner la compréhension de votre situation. Est-ce parce que vous aimez cet homme que vous êtes en instance de divorce ? Si vous êtes amoureuse de cet homme, lui l’est-il de vous ? Comment ce sentiment est-il né chez lui alors qu’il est lui aussi marié ? Je ne suppose rien derrière ces questions, et j’espère simplement qu’elle vous aideront vous-même à y voir plus clair, si vous ne vous les êtes pas posées. Il est évident que je ne saurai encourager personne à considérer le divorce comme une issue indifférente de la vie de couple. Mais il est parfois plus sage de se rendre à l’évidence si la vie conjugale n’est plus possible. Dans ce cas, la séparation, pour difficile qu’elle soit, peut devenir porteuse de vie, et il faut vous souhaiter de trouver l’homme que le Seigneur souhaite pour que vous formiez avec lui une seule chair.

Il y a une trentaine d’années- j’ai très très sévèrement rossé un voyou qui attaquait physiquement ma Mignonne. Quel est le point de vue du Seigneur face à mon attitude ? [Michel]

Le Seigneur ne fait pas partie de l’équipe des répondants à 1001questions.fr ! Mais ses membres lui demandent son aide dans la prière et par la méditation de sa Parole pour vous répondre de la façon la plus juste et utile qui soit possible.

Il est clair que la Parole de Dieu rejette la violence, et que celle-ci n’est pas un remède efficace à la violence. Mais vous avez été confronté à une situation de danger, d’urgence, face à laquelle vous ne pouviez rester passif, et que vous avez gérée comme vous avez pu. Souvent on regrette (même longtemps après !) d’avoir agi de façon disproportionnée, sous le coup d’une émotion forte, telle que la colère, face à une agression (qui touche en plus, comme dans le cas que vous évoquez, quelqu’un de très cher). Nous pouvons demander à Dieu de nous aider à en rester maîtres, à trouver l’attitude qui permettra d’éviter que tout dégénère. Et lui demander pardon quand nous n’y arrivons pas, conscients que nous ne sommes pas des anges et que le chemin est long pour guérir de nos pulsions. Quant au voyou, peut-être a-t-il tiré aussi un enseignement de cette altercation ?

Je n’ai jamais eu d’amis. J’ai été victime d’intimidation à l’école parce que je suis extrêmement timide- introverti- peu charismatique et sans personnalité. Que dit la Bible aux gens comme moi ? [Céli]

Ce que j’entends à travers votre question est une immense souffrance, liée au regard que les autres ont porté sur vous et que vous portez sur vous-mêmes. Ce qui me vient le plus spontanément, est cette parole de Jésus, dans l’évangile de Matthieu : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et courbés sous un fardeau, et je vous donnerai du repos. » (Matthieu 11. 28). Ce fardeau de la mauvaise image de vous-même que vous portez depuis si longtemps, Jésus vous invite à venir le déposer à ses pieds. Je ne suis vraiment, mais vraiment, pas sûr que vous soyez véritablement sans personnalité. Il me semble plutôt que l’on ne vous a jamais permis de découvrir ou d’exprimer votre personnalité. Dieu, en Jésus-Christ le peut, et n’attend que cela. En m’ouvrant à lui, j’ai découvert qui j’étais, et avant tout qu’il m’aimait. Cela est vrai pour vous aussi, je le crois sincèrement.

Hébr 8-7 : « Si la première alliance avait été irréprochable- il n’aurait pas été question de la remplacer par une seconde. » Comment comprendre que Dieu puisse mettre en place l’imparfait ? [Simon]

Cette question dépasse très largement la seule citation de l’épître hébreux… Car si Dieu n’avait pas mis en place l’imparfait, aurait-il seulement créé l’humanité ? Et c’est bien de cela dont il est question ici : cela n’est pas tant la première alliance qui était imparfaite que ce que les humains en ont fait « Parce qu’eux-mêmes ne se sont pas maintenus dans mon alliance, moi aussi je les ai délaissés, dit le Seigneur. » v.9. Et c’est toute l’histoire du Salut biblique qui se dit là : celle d’un Dieu qui inlassablement propose à l’être humain de le sauver, lui indique un chemin de Vie, mais le laisse libre de ses choix par amour. Si l’alliance du Seigneur avait été si parfaite que nous ayons été obligés de la respecter, nous n’aurions pas pu choisir librement d’aimer le Seigneur. Dieu a pris le risque de la liberté pour que cette relation d’amour soit possible. En Christ il va même encore plus loin, choisissant délibérément d’aller jusqu’au bout de cet amour en acceptant d’être crucifié. Dieu a renoncé à la colère pour nous apprendre à aimer.

Un chrétien peut-il s’inscrire sur des sites de rencontres ? Quels sont les dangers ? [Ludwig]

Commençons par le plus simple, si vous êtes déjà mariés, n’allez jamais sur ces sites, même pour voir, même pour faire des rencontres « amicales », etc… Quand bien même votre couple serait malheureux, batifoler même virtuellement serait une provocation à Satan pour qu’il vous pourrisse définitivement !

Ensuite, il y a évidemment des sites clairement labellisés par le démon : les sites de rencontres avec des personnes mariées, les sites de rencontres « coquines », les sites de rencontres qui déguisent de la prostitution (exemple : vieux riche rencontre jeune pauvre…)

Bibliquement, il y a de nombreux cas de figure pour les rencontres. Jacob a commencé à draguer Rachel au puits où elle venait faire boire ses bêtes (Genèse 29), c’est le lieu de rencontre naturel et évident. Par contre Ruth alla directement draguer Booz chez lui (Ruth 3). Mais la plupart des rencontres bibliques se passent par l’intermédiaire de la famille qui s’implique dans les rencontres des jeunes gens (Genèse 24 par exemple). 

Il n’y a aucune  raison biblique de condamner globalement les sites de rencontre internet qui sont tout simplement les places publiques contemporaines. Les familles riches qui organisent des soirées mondaines pour marier leurs enfants à des gens de leurs conditions, les boîtes de nuit où l’on vient chasser ne valent pas mieux en soi… Dans une société sécularisée, le problème de la place publique, c’est principalement qu’on y trouve peu de gens attachés au Seigneur. En ce sens, les communautés chrétiennes devraient être les premiers lieux de rencontres amoureuses ! Mais ce n’est pas toujours possible… 

C’est donc le discernement qu’il faut aiguiser pour ne pas faire d’erreurs ! Virez tous les sites malsains, on y rencontre difficilement quelqu’un de bien qui se serait perdu lui aussi… Prenez garde aux mensonges spécifiques que les relations virtuelles peuvent cacher ou même encourager. Gardez vos standards éthiques et spirituels de la vie réelle, pour vous même et pour la personne que vous attendez. En toutes choses, consultez le Seigneur !

Suite à cet article, plusieurs chrétiens ont témoigné de leur expérience positive sur des sites de rencontres chrétiens (par exemple : mariagechretien.com ; jetunoo.fr ; missioneliezer.com )

Si vous couchez avec celui qui sera à terme votre conjoint et que vous êtes ensemble depuis 6 ans- ça reste toujours un péché ? [Ano]

La Bible est claire sur le fait que la sexualité crée une unité entre l’homme et la femme qu’il n’est pas bon de briser. Ainsi, la  juste manière de vivre sa sexualité est dans l’engagement à vie qu’est, chez nous et en notre temps,  le mariage. Je vous invite à regarder les autres réponses données à ce sujet, pour plus de précisions.

Le temps passé depuis qu’on est en couple, le fait qu’on s’imagine volontiers mariés  dans le futur, les sentiments même ne fait pas l’engagement. La question que vous devriez vous poser est la suivante : suis-je engagé  avec cette personne ? Est-ce que je compte rester lié à elle pour le reste de ma vie ? Cette personne a-t-elle envers moi les mêmes dispositions ?

Si toutes ces conditions sont réunies, pourquoi ne vous mariez-vous pas ? Si elles ne le sont pas encore, ne serait-il pas bon de réfléchir et de se préparer à cet engagement, à l’aide d’un parcours alpha duo, par exemple ? En effet, beaucoup de couples se retrouvent liés de fait par la sexualité avant d’avoir eu le temps de mesurer et de choisir l’engagement que cela signifie. Ils ont alors bien peu de ressources quand il s’agit d’affronter les difficultés de la vie à deux.

Qu’est-ce que le « saint baiser » dont parle Paul dans ses lettres ? (Rom 16.16 ; 1Co 16.20 ; 1Thess 5.26) [Jean-Luc]

Quand j’essaye de claquer une bise aux américaines de mon assemblée le dimanche matin, je suis rapidement ramené au fait que ma culture n’est pas universelle… On s’effleure vite fait les joues et on attend que la gêne passe.

Le baiser de salutation semble par contre très bien passer dans la culture des gens du Nouveau Testament. Les évangiles évoquent des hommes qui s’embrassent tout naturellement et sans l’expliquer (Mc 14, 45 et parallèles). De la même manière, dans les actes des apôtres, les responsables de l’Église d’Ephèse « se jettent au cou de Paul pour l’embrasser » (Ac 20, 37).

Cependant, chez Paul (Rm 16, 16 entre autres) ou chez Pierre (1 Pierre 5, 14), le baiser est qualifié de « saint » ou adjoint du qualificatif relatif à l’amour fraternel (agapè). La salutation culturelle normale est spiritualisée dans la communauté chrétienne. Ça veut dire que la salutation culturelle normale va être utilisée pour donner du sens aux relations entre chrétiens. Les conséquences pour la communauté vont être que des esclaves et des maîtres, des hommes et des femmes, des juifs et des grecs vont se saluer d’une même manière sans aucunes distinctions.

Chez des auteurs très anciens, par exemple Justin Martyr dès le 2e siècle, on lit que ce « baiser » faisait parti de la célébration de la sainte Cène (Première Apologie ch LXV). Cela n’offre pas non plus la certitude que Paul ou Pierre en faisait déjà une recommandation cultuelle mais c’est bien dans l’esprit.

Plus proche de nous (ou pas), au 19e siècle, on trouve une traduction anglaise où le verset a été transformé par « serrez-vous la main » (traduction J.B. Philips) pour des raisons évidemment culturelles.

Pour aujourd’hui, je n’ai pas pour ma part de prescriptions légalistes, mais je pense qu’il est essentiel de comprendre que l’accueil et la salutation que nous nous adressons entre chrétiens doit dépasser et sublimer la culture et la politesse. Cela fait pleinement parti de notre soumission au commandement du Seigneur pour ses disciples : « Aimez-vous les uns es autres » ou ailleurs sous la plume de Paul « accueillez-vous les uns les autres, comme le Christ vous a accueilli, pour la gloire de Dieu » (Romains 15).