Faut-il avoir le Saint-Esprit pour être sauvé ? [Jean]

Cher Jean, d’une certain façon votre questionnement pourra trouver quelque satisfaction dans des réponses déjà formulées sur ce site, je vous invite à entrer « salut » dans la barre de recherche par exemple.

Cependant j’apporterai ici deux éléments de réponse supplémentaires. D’abord votre question est pertinente dans le sens où elle rappelle que le Saint-Esprit est celui qui nous uni au Christ de façon efficace, il nous parle de Christ, il nous offre Christ, il nous permet de jouir des bienfaits de sa vie, de sa mort et de sa résurrection salvatrice. Le Saint-Esprit en effet nous offre de communier immédiatement au Christ, en ceci il est pleinement agent du salut.

Maintenant je crois qu’il est aussi pertinent de rappeler l’harmonie parfaite qui règne entre l’œuvre du Père, l’œuvre du Fils, et l’œuvre de l’Esprit. C’est le Père qui planifie le salut, et le Fils l’accompli par grâce.

« Par grâce » c’est à dire qu’il nous faut éviter ce piège qui consiste à penser qu’il faille faire quelque chose ou obtenir quelque chose. Donc pour répondre à votre question « faut-il… » non il n’y a rien à faire sinon ouvrir ses mains et son cœur pour recevoir le Salut et l’Esprit. Il ne faut pas « avoir » le Saint-Esprit au sens ou on l’obtiendrai ou le possèderai. Mais vous êtes sauvé, le Saint-Esprit se donne à vous et il vous parle du Christ.

« Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. » (Eph 2,8).

Matt 26-52 signifie-t-il que tous les chrétiens sont appelés à être pacifistes ? [Madeleine]

Il s’agit là d’un verset propice à de nombreuses interprétations. Pour ma part j’aurais tendance à ne pas trop l’extraire du reste du récit au risque de faire des contresens. Par exemple ce verset peut être lu comme un appel pacifiste, mais d’autres pourraient s’appuyer sur ce verset pour justifier une opinion en faveur de la peine capitale. 

Effectivement je suis de ceux qui estiment que dans ce passage, le Seigneur condamne expressément la violence et la persécution en faveur de Sa cause. Son règne, spirituel, ne saurait s’étendre par de tels moyens mais seulement par amour. 

En revanche je ne suis pas tout à fait à l’aise avec la notion de pacifisme, car celle-ci est trop souvent vécu comme de la passivité. Au contraire le Christ nous met en marche, et exprimer son amour tout autour de nous n’est pas toujours confortable ni paisible. 

« Aimez vous les uns les autres »- est-ce vraiment réalisable ? Entre frères en Christ certains ne peuvent quand même pas se supporter… [Sitrika]

Vous faites référence à des paroles prononcées par Jésus, notamment dans l’évangile selon Jean aux chapitres 13 et 15. Dans ces deux passages Jésus insiste sur le fait qu’il s’agisse bel et bien d’un commandement qui engage ses disciples, et non pas seulement une légère inspiration pacifiste. L’évangile selon Matthieu (22,39) va encore plus loin, puisqu’avec le commandement d’amour pour Dieu, le commandement d’amour du prochain semble en lui-même résumer toute la loi et les prophètes. Effectivement il s’agit là d’un commandement très exigeant. 

C’est pourquoi nous avons besoin de nous rappeler que c’est le Seigneur qui nous a aimé le premier, et que c’est de cet amour reçu que nous tirons la force d’aimer à notre tour. Le Père aime tellement chacune de ses créatures qu’il est comblé de joie à l’idée que nous devenions l’expression de Son amour pour celles et ceux qui sont autour de nous. 

Alors, est-ce seulement « réalisable » ? Qui pourrait prétendre avoir un cœur aussi large que le Père? Des mains aussi accueillantes que le Christ ? Le savoir-faire du Saint Esprit ? Personne ! Cependant si nous n’avons pas le savoir-faire, nous pouvons toujours tendre vers un savoir-être priant et bénissant ceux dont la simple présence nous est inconfortable. Alors peut-être adviendra-t-il des déplacements, des réconciliations.

Peut-on « faire du business » dans l’Eglise ? (monnayer ses dons et talents pour en tirer un profit personnel) [Nico]

Non. L’épisode dit de la purification du temple nous donne à voir ce que pense Jésus de pratiques visant à profiter d’une situation offerte par les lois du temple pour en tirer un avantage financier. Cela est d’autant plus clair que ce passage se trouve dans les quatre évangiles (Matthieu 21 ; Marc 11 ; Luc 19 ; Jean 2). En réalité, à travers toute la bible la course au profit est dénoncée, en particulier quand elle touche à l’exploitation de l’humain (Actes 16), où quand elle éloigne les cœurs de Dieu (Ps 48 ; Mt 6,24) 

Maintenant, certaines personnes sont amenées à mettre leurs dons au service de L’Église contre une rémunération, à commencer par les pasteurs. Qu’une Église embauche une personne qu’elle a sollicitée pour assurer le bon déroulement de tel ou telle activité qui demande du temps et de l’investissement, ça a du sens. Ce procédé est alors publiquement reconnu et béni par les autorités de l’Église. Dans ce cas, l’argent reste un moyen par lequel des activités sont réalisables. Et non une fin, que des activités permettraient d’atteindre. 

La bonne nouvelle, c’est que Christ donne fidèlement les moyens de réaliser ses projets.

La musique peut-elle parfois être diabolique ? Les beats lourds- les guitares électriques déformées et les paroles négatives de musique rock et pop me font me sentir déprimé- lourd et anxieux. [Harris]

La musique, mais finalement les autres domaines artistiques également, est habitée par ce qu’on y met. L’auteur ou l’interprète a un message et/ou une émotion à transmettre. Nous chrétiens avons une série d’exemple très concrets à travers le livre des psaumes dans lequel les auteurs font monter vers Dieu leur joie, leur émerveillement, mais aussi leur tristesse, leur souffrance, leur colère. C’est pourquoi ce livre nous montre que l’homme et la femme peuvent se tourner vers Dieu en toute circonstance, et par des formes variées. 

Maintenant il est vrai que certains artistes clament haut et fort des louanges à l’ennemi du Christ. Ou encore font l’apologie de la mort, de la rébellion, de la violence etc.. ce qui, loin d’être un simple exutoire, vient nourrir les passions totalement décalées de leurs auditeurs.

Les instruments utilisés ont une importance secondaire, on peut trouver des chants de louange adressés à Christ qui sont à l’orgue comme à la guitare électrique, la diversité esthétique peut être une belle richesse. Mais encore une fois, c’est ce qui est déposé dans l’œuvre qui importe.

Dans 1 Tim 4.16- Paul exhorte Timothée à veiller sur lui-même pour son salut. Quelle part avons-nous pour sécuriser notre salut ? Est-ce contradictoire avec le salut par la foi- pure grâce de Dieu ? [Christophe]

Comme vous le mentionnez dans la question, il s’agit d’une exhortation de Paul, et qui dit exhortation dit conseils, recommandations, ou encore incitations, ce qui dans le contexte d’un débat théologique sur la question de la foi et des œuvres, pourrait être interprété comme allant dans le sens qu’il faille effectivement œuvrer pour notre salut. Hors Paul ne semble pas dans ce chapitre débattre de cette question, mais il semble plutôt mettre en garde Timothée contre des doctrines qui circulent et leurs possibles influences sur la foi des personnes voir de Timothée lui même. Ainsi je ne pense pas que Paul fasse directement référence au salut de Timothée dans cette exhortation, mais qu’il cherche avant tout à préserver sa foi et sa piété. Le verbe sozo en grec souvent traduit par sauver (comme ici), est aussi régulièrement traduit par le verbe « guérir », ou encore le verbe « préserver ». c’est également le mot qui en français a donné « sûr »

Pour répondre à votre question, Il n’y a pour être sauvé, qu’à prendre conscience que l’on a besoin d’être sauvé, et ainsi répondre « oui » à l’appel de Dieu sur nos vies.