J’ai appris que mon père décédé- avait eu une première épouse avant ma mère. Si se remarier après un divorce est un péché- alors je suis née avec quelque chose à gérer ? [Sarah]

Votre question, Sarah, s’intéresse aux phénomènes de transmission familiale. Effectivement, vous êtes née, comme moi, comme tout un chacun, en étant – malgré vous – héritière d’une histoire, celle de vos parents et de ceux qui les ont précédés.

Accepter le salut que Jésus-Christ nous offre par sa vie fait de nous des êtres libres. Et en l’occurrence : des êtres libérés du poids de tout héritage, quel qu’il soit. Dans votre situation, vous avez connaissance d’une situation qui vous semble problématique, un grand pas est déjà fait, car certains héritages sont et restent silencieux. Quand nous sommes en Christ, nous n’avons pas à porter les fautes de ceux qui sont passés avant nous. Cela avait déjà été annoncé par le prophète Ezéchiel (Ez 18, 2). D’autant plus par Christ, qui nous a affranchis et nous appelle à la liberté (Ga 5, 1). Tout ce qui pourrait peser sur nos vies, il l’a porté pour nous à la croix.

Ceci étant, je ne crois pas que se remarier après un divorce soit un péché. Les textes bibliques qui évoquent cette question (Mt 19, 9 ; Mc 10, 11-12 ; Lc 16, 18) parlent de la répudiation, qui était une mesure assez différente que ce que nous appelons le divorce aujourd’hui. Elles concernent essentiellement les hommes qui pouvaient renvoyer leur femme sans plus d’explication. Quant au contexte de Rm 7, 3, autre évocation, la conjugalité sert d’exemple à Paul pour sa réflexion sur la loi, et ne relève pas d’une prescription. Le divorce peut être entâché d’une faute d’adultère, mais il peut aussi être l’échec douloureux et sincère d’une relation. Dans ce cas, une nouvelle relation accompagnée d’une démarche de repentance peut s’avérer être une voie de redressement de la personne.

Je vous invite à réfléchir à ces deux éléments. Ils devraient vous conduire dans une perspective confiante. Et si jamais un quelconque héritage malsain semblait refaire surface, remettez-le à Christ dans la foi. Car il veut que nous puissions le servir en toute liberté et a tout accompli pour que nous puissions le faire en laissant le passé de l’autre côté du Golgotha.

Est-il vrai que chrétien veut dire qu’on est Christ ? [Jérémy]

Non, être chrétien et être Christ ne sont pas la même chose. Il existe pour l’éternité un seul Christ (avec une majuscule) : Jésus ! Être le Christ ne se partage donc pas. Jésus est le Fils unique du Père, il n’en y a pas d’autres. Et nous, êtres humains, nous ne sommes pas Dieu et nous n’avons pas à nous prendre pour Dieu, surtout pas !

Ceci étant, la question vaut la peine d’être posée.

Christ, en grec, veut dire : « qui a reçu l’onction ». C’est ainsi que le Nouveau Testament reprend le mot hébreu qui a donné en français le « Messie ».

Dans ce sens, les chrétiens sont bien des personnes qui ont reçu une onction : l’onction du Saint Esprit qui leur a permis de dire un jour, et leur permet de dire tous les jours : « Jésus est le Seigneur ». Mais pour éviter toute confusion, il paraît sage de ne pas dire qu’ils sont des « christs », mais si c’est le sens originel du mot.

Je crois qu’il est important de laisser le terme « christ » dans son ancrage biblique. On a parfois tendance à l’utiliser comme une figure de style, par exemple quand on dit d’une attitude qu’elle serait « christique », parce qu’elle a une dimension sacrificielle.

Mais il n’y a personne comme Jésus !

 

Où dans la Bible- Jésus déclare-t-il qu’il est Dieu- sans aucune ambiguïté ? [Marc]

En prenant de manière littérale la question, les livres auxquels il faudrait se référer, c’est-à-dire ceux où Jésus parle lui-même et de lui-même, sont les quatre évangiles.

Et dans les évangiles, nous ne trouvons pas, c’est vrai, de déclaration claironnante par Jésus de sa divinité, dans le genre : « Poussez-vous, je suis Dieu ». Mais il ne faut pas tirer de conclusions hâtives de ce constat, qui appelle plusieurs remarques :

  1. Une telle déclaration de divinité ne correspond pas au ministère du Christ sur terre, où il est avant tout serviteur, dans un geste d’abaissement (Mc 10, 45 ; Ph 2, 6-8). C’est la raison pour laquelle Jésus parle plutôt de lui comme « Fils de l’homme » (et jamais explicitement comme Fils de Dieu). Sa divinité et sa gloire (qui est celle de Dieu) sont voilées, si bien qu’il demande même aux disciples de ne pas révéler qu’il est le Christ (Mt 16, 20). La logique de sa vie veut que la pleine révélation de son identité n’intervienne qu’après la résurrection.
  2. Jésus laisse toutefois de sérieux indices de sa nature divine. Il se présente comme Fils du Père, et pas seulement, comme enfant de Dieu, titre auquel tous les croyants peuvent aspirer : « tout m’a été remis par mon Père, et personne ne connaît le Fils, sinon le Père, personne ne connaît non plus le Père, sinon le Fils » (Mt 11, 27 ; Lc 10, 21-22 ; aussi Lc 2, 49) ; ou « toi, Père, tu es en moi et moi en toi » (Jean 17, 21). Cette communion du Père et du Fils est particulièrement soulignée par l’évangéliste Jean. Par ailleurs, Jésus exerce une autorité proprement divine et la revendique, sur les êtres humains en pardonnant les péchés (Mc 2,10), sur les puissances spirituelles (Lc 11, 20), mais aussi sur les éléments naturels (Mt 8, 23 et sv). Sa vie accomplit l’Ecriture, ce qu’aucun être humain ne peut prétendre faire (Lc 4, 21). En annonçant sa résurrection, Jésus se présente comme maître de la vie et de la mort (Mc 8, 31). Les indices sont donc sérieux !
  3. Une dernière remarque : l’auto-révélation de Jésus comme Dieu n’est pas le seul canal pour le connaître en tant que tel. Tous les témoignages contenus à ce sujet dans le Nouveau Testament sont plus que des paroles humaines, puisque nous croyons ces écrits inspirés. A chaque fois que Jésus est appelé Seigneur, sa divinité est confessée et le Saint Esprit nous invite à mettre pleinement notre foi dans ces témoignages.

Pourquoi Jésus, qui a choisi de se donner en sacrifice pour les humains, crie-t-il au Père qu’il l’a abandonné ? [Déborah]

Jésus a effectivement choisi, ou plutôt il s’est librement conformé à la volonté du Père : « Je donne ma vie, afin de la reprendre. Personne ne me l’ôte, mais je la donne de moi-même ; j ai le pouvoir de la donner et j ai le pouvoir de la reprendre ; tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père. » (Évangile selon Jean 10 / 17-18)

Ce qui ne l’empêchera pas, lui pleinement humain, de vivre douloureusement cette mort. Comment aurait-il pu en être autrement ?! « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe. Toutefois que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne, qui soit faite. » (Évangile selon Luc 22 / 42)

La mort signe l’abandon total, pour tout être humain : abandon à ce qui tue, abandon de soi-même, perte totale et irréversible d’autonomie. « Sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde au Père, Jésus, qui avait aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. » (Évangile selon Jean 13 / 1) C’est-à-dire jusqu’à son propre anéantissement. Comme Paul l’écrira : « Il s’est dépouillé lui-même, en prenant la condition d’esclave, en devenant semblable aux humains ; après s’être trouvé dans la situation d un humain, il s’est humilié lui-même en devenant obéissant jusqu’à la mort, la mort sur la croix. » (Épître aux Philippiens 2 / 7-8)

Le cri de Jésus sur la croix, tel que rapporté par Matthieu et Marc : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » est bien la constatation de cet abandon total. Mais c’est aussi, comme Job l’avait fait, l’affirmation que Dieu seul est au bout de sa plainte et peut y répondre : c’est dans cet abandon total que Dieu se révèle comme rédempteur (Job 19 / 25-26). Enfin, comment des connaisseurs des Écritures pourraient-ils ne pas y entendre le début du Psaume 22, au cours duquel se trouve la jubilation : « Tu m’as répondu ! » (v. 21) Telle était la confiance de Jésus en son Père que, même dans la souffrance et la mort, il était assuré de la victoire.

Pourquoi Jean baptise-t-il Jésus- alors que Jésus est sans péché ? [César]

En pratiquant le baptême dans le Jourdain, le prophète Jean invitait le peuple de Dieu à se repentir pour se préparer à la venue de Dieu. Les évangiles synoptiques (Marc, Matthieu et Luc) concordent pour dire que Jésus s’est présenté à Jean et qu’il lui a demandé le baptême. Jean le suggère aussi fortement, tout en étant moins factuel. Et pourtant, c’est vrai, les Ecritures reconnaissent aussi que Jésus est sans péché.

Je ne crois pas qu’il y ait ici de contradiction. Ce baptême représente l’un des moments où la gloire de Dieu se manifeste en Jésus au monde.

En 2 Co 5, 21, il est dit que ce Jésus sans péché a été : « identifié au péché ». Il a donc pris sur lui le péché des hommes. Comment pourrait-il le faire sans passer par le même chemin qu’eux ?

En He 4, 15, il est précisé que le Christ, grand-prêtre, a connu toutes les épreuves que les êtres humains connaissent. Son baptême intervient juste avant la tentation au désert. Il inaugure symboliquement une vie d’épreuves, une vie totalement incarnée.

Ce baptême de Jésus par Jean témoigne donc de l’abaissement de Dieu, qui s’est résolu à aller chercher les hommes au plus près, ou au plus bas, par amour. Jean témoigne de la grandeur du Christ, cette grandeur se mesure déjà dans son obéissance et son humilité, comme lors de sa naissance ou de sa mort.

C’est là, justement, qu’advient la révélation de la véritable nature du Christ, apportée par la voix venue des cieux à la sortie de l’eau : « Celui-ci est mon fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection ».

Les démons existent-ils ? Est-il vrai qu’on peut les invoquer avec des planches ouija ? [Jean]

Les planches ouija sont un folklore parmi des milliers pour se mobiliser dans le monde occulte. Mais comme dit, il y en a des tonnes d’autres. C’est surtout la posture de « chercher le surnaturel hors de Dieu » qui est occulte et peut porter à conséquences.
La démonisation (concept qui existe dans le vocabulaire biblique à de très nombreuses reprises δαιμονιζομαι) est un processus d’être atteinte par une puissance mauvaise. Dans une culture scientifique, cette catégorie dépassait le purement spirituel puisqu’il n’y avait pas de concept déjà élaboré pour penser la dimension psychiatrique ou encore des maladies induisant un symptôme spectaculaire pour l’entourage de la personne malade.
Les démons existent vraiment mais donc, aujourd’hui, on n’associera plus automatiquement les troubles du comportement, les psychoses, ou les maladies physique avec la démonisation, car notre civilisation actuelle permet de penser des catégories distinctes.

« Chef de »…en 1 Corinthiens 11:3 — qu’est-ce que cela signifie ? [Charles]

Le chapitre 11 de 1 Corinthiens part d’une question très pratique : le port du voile par les femmes. Certaines chrétiennes de Corinthe l’enlevaient, revendiquant ainsi sans doute le statut d’égalité que leur conférait l’Evangile prêché par Paul lui-même (voir Galates 3,27-28), mais cela choquait, notamment dans la culture juive, comme l’attestent des textes du Talmud.

Au verset que vous citez, l’apôtre Paul écrit : « le chef de tout homme, c’est le Christ ; le chef de la femme, c’est l’homme ; le chef du Christ, c’est Dieu ». Affirmation surprenante, voire choquante si on oublie que « chef » n’est pas à prendre au sens de « patron », d’ordre hiérarchique (ainsi le Christ n’est pas inférieur à Dieu, car il est Dieu fait homme). Le mot grec traduit par chef, képhalè, signifie « tête » (comme dans l’expression « couvre-chef »), avec la connotation de ce qui vient en premier. Et Paul d’ajouter que la femme, effectivement tirée de l’homme selon Genèse 2  pour être son « secours », est la « gloire de l’homme ». C’est à dire que son comportement peut soit honorer, soit déshonorer son mari et elle-même (notamment en se montrant en public tête découverte, ce que l’époque pouvait juger aussi indécent et provocant que des seins nus !). Paul fait donc un jeu de mots dans tout ce passage : dévoilée, une femme déshonore son « chef », c’est à dire à la fois son mari et sa propre tête, donc elle-même.

Que faire de ce texte aujourd’hui, alors que nos codes culturels et nos critères de pudeur ne sont plus les mêmes en ce qui concerne les cheveux ? Vouloir appliquer ce texte à la lettre amènerait à trahir son intention. Paul appelle ici  hommes et femmes, tous deux image de Dieu, à respecter la différence des sexes et leur complémentarité, leur besoin l’un de l’autre (v.11), voulus par le Créateur. Certainement pas à imposer aux femmes un signe de subordination et d’infériorisation, comme on le voit hélas en Afghanistan ou en Iran… Bien au contraire, pour Paul en son temps, c’est leur gloire ! (v.15). Pour traduire le v. 13 correctement : « la femme doit porter sur la tête une marque d’autorité » (et non pas de « l’autorité dont elle dépend », traduction fautive de la TOB). Cette autorité propre à la femme est rappelée au v.12 : l’homme naît de la femme… et tout vient de Dieu.

Pourquoi la Bible n’est pas mise dans l’ordre chronologique ? [Emilie]

Comme vous le savez, la Bible n’est pas un livre (comme un manuel d’histoire, ou autre récit suivi qui devrait respecter l’ordre chronologique), mais un recueil de 66 livres, une bibliothèque. Or,  dans une bibliothèque bien conçue, les livres sont avant tout classés par genre. On ne range pas les traités de philosophie avec les manuels de mathématiques, ni les romans avec les recueils de poésie.

La bibliothèque que forment les Saintes Ecritures comprend deux grandes « armoires ». L’Ancien Testament, dont les livres (dans l’original hébreu) sont répartis sur trois « étagères » : la loi (les cinq livres dits du « Pentateuque » qui comprennent aussi l’histoire des origines), les prophètes (les livres évoquant l’histoire d’Israël de l’entrée en Canaan jusqu’à l’exil, avec les recueils des prophètes dont Israël a conservé les paroles), et les « autres écrits », recueil moins homogène de cantiques, de proverbes, et autres écrits poétiques dits de sagesse comme Job, l’Ecclésiaste, avec même des livres à caractère historiques comme les chroniques, Esdras, Néhémie qui relatent aussi l’après-exil..). Tout n’est pas toujours facile à dater avec précision d’ailleurs, et quand il ne s’agit pas d’histoire, ce n’est pas forcément nécessaire. A noter que le classement que je viens de résumer est celui de la Bible hébraïque (suivi par la version en Français Courant, ou la TOB). La version grecque dite des Septante présente un ordre différent, suivi notamment par la version Louis Segond.

Pour ce qui concerne le Nouveau Testament, le principe de rangement par catégories littéraires se retrouve, avec quatre étagères : les quatre livres relevant du genre spécial « évangile », les Actes des Apôtres, les lettres (celles de Paul, Pierre, Jacques, Jean, etc) et enfin, l’Apocalypse, un genre tout à fait à part.

Ceci dit, le respect de l’ordre  chronologique est loin d’être totalement absent des canons de l’Ancien comme du Nouveau Testament. Le premier livre de l’A.T. (la Genèse) traite des origines du monde et de l’alliance, et l’histoire biblique des patriarches et du peuple d’Israël se déroule à partir de là, à travers le Pentateuque, puis les livres de Josué, Juges, Samuel et Rois.

L’ordre dans lequel le Talmud Baba Bathra (un commentaire rabbinique des Ecritures Saintes)  cite les « Ecrits » semble avoir été établi en tenant compte des époques auxquelles leurs auteurs étaient réputés avoir vécu.

Quant au Nouveau Testament, il part des paroles et des actes de Jésus (évangiles), puis des débuts de l’Eglise et de la mission (Actes des Apôtres), jusqu’à l’Apocalypse qui nous annonce, entre autres, l’avènement d’une nouvelle création inaugurée dans la personne du Christ. Mais il est vrai que les épîtres de Paul aux Eglises, par exemple, ne sont pas classées en fonction de leur date de rédaction mais… de leur taille, de la plus longue (Romains) à la plus courte (2 Thessaloniciens). Et pour en trouver une facilement, vous connaissez peut-être l’astuce : apprendre l’acronyme rococogaléphicothéthétititiphi.

Bref, l’ordre des livres bibliques légué par la tradition… on fait avec !

 

Matthieu 19:12 s’applique à ceux qui doivent rester célibataires parce que personne ne veut les épouser ? [Steeve]

Le verset que vous citez, Steeve, est à situer dans son contexte. Jésus vient de délivrer un enseignement valorisant le mariage en s’opposant à la banalisation du divorce, tel que l’autorisaient les lois du judaïsme à l’époque, et il conclut : « Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni » (Mt 19,6). Il va jusqu’à assimiler la répudiation d’une épouse à un adultère (v.9). Les disciples, perplexes devant cette exigence radicale, en concluent qu’il vaut mieux ne pas se marier. Jésus évoque alors trois cas de célibat : il parle « d’eunuques », c’est à dire d’hommes qui ne peuvent procréer, soit depuis leur naissance, pour raisons médicales par exemple, soit parce qu’ils ont subi une mutilation, et, troisième cas, parce qu’ils « se sont rendus eunuques eux-mêmes pour le Royaume des cieux ». Jésus pourrait faire allusion à certaines pratiques ascétiques, allant de l’abstinence rigoureuse (comme chez les esséniens) jusqu’à l’automutilation (dans des cultes orientaux) pour se rendre totalement disponible à la vie religieuse.  Mais il souligne devant ses disciples que le mariage tout comme le célibat sont une affaire sérieuse . Dans un cas comme dans l’autre, une vocation à assumer et jamais une fatalité à subir. Paul y insiste en 1 Corinthiens ch.7.

Si personne ne veut de moi, donc si j’ai du mal à trouver un conjoint et à entrer dans la vie conjugale, ce peut être pour des raisons bien diverses : physique ingrat, mauvais caractère, situation sociale précaire, instabilité affective ou autres failles psychologiques, addiction au travail, ou à d’autres dépendances qui isolent.. Certaines peuvent trouver leur résolution par un travail sur soi (le problème ne vient pas forcément de l’autre !). Mais dans tous les cas, prendre le temps du discernement est nécessaire : est-ce que le Seigneur m’appelle vraiment à l’union conjugale ? Est-ce que mon célibat est source exclusive de souffrance (solitude, dépréciation de soi, deuil impossible de la paternité ou de la maternité…), ou alors est-ce que je peux, avec le Seigneur, en apprécier et valoriser les atouts : indépendance, liberté et disponibilité pour une vie féconde sur un autre plan que conjugal et biologique ?  Dans les deux cas, mariage ou célibat, nous avons à exercer cette liberté qui nous est donnée en Christ et à ne pas nous courber passivement sous le poids d’une contrainte, de quelque nature qu’elle soit. Mariage comme célibat ne font l’objet ni d’obligation ni d’interdiction, mais d’un appel à aimer et à servir.

Dieu a-t-il évolué entre l’Ancien et le Nouveau Testament ? [Pierrette]

Dieu tel qu’en lui-même n’évolue pas, il est le même, Père, Fils et Saint-Esprit, depuis toujours et pour toujours !

Mais la perception qu’en ont les croyants, elle, évolue. Comme évoluent aussi les relations qu’il entretient avec eux !

Ainsi  l’Ancien Testament relate ces relations tumultueuses entre Dieu et le peuple auquel il a choisi de se révéler et qu’il a libéré de l’esclavage par le don de sa Loi, l’envoi de ses Prophètes et la réflexion de ses Sages. Cet Ancien Testament est resté marqué par les images idolâtres de Dieu qu’il combat pourtant avec force, mais que l’inspiration des auteurs a parfois utilisées pour répondre à la mentalité encore païenne des auditeurs et lecteurs.

Comme le montre notamment l’épître aux Romains, cette pédagogie n’avait pas pour but le salut, impossible par notre obéissance à des commandements, par nos propres œuvres, mais elle permettait d’attendre et de reconnaître la manifestation pleine et entière de Dieu en son Fils Jésus-Christ.

Celui-ci a donc bien « accompli la Loi » en ce qu’elle pointait vers lui, « car il n’y a sous le ciel aucun autre nom donné parmi les humains, par lequel nous devions être sauvés » (Actes des Apôtres, ch. 4, v. 12). Tout ce que l’Ancien Testament montrait n’était que la figure du salut pleinement accompli en Jésus-Christ, ce dont le Nouveau Testament témoigne.

Nous avons toujours besoin des deux Testaments : comment sinon pourrions-nous réaliser à quoi nous mènerait une existence détachée du Christ et sous l’emprise du péché que dénoncent la Loi et les Prophètes ? La Bible nous sert de miroir de nos existences perdues, pour nous montrer la grâce du salut qui nous est offert en Jésus.