Comment bien parler du haut de la chaire du vaccin contre la covid-19- ainsi que des mesures et politiques sanitaires en vigueur ? [Nic]

Oh là là Nic, vous nous demandez de nous prononcer sur un sujet hautement sensible ! L’obligation de se faire vacciner contre la covid-19, ou de présenter un certificat sanitaire pour accéder à certains lieux ou autres moyens de transport publics, voire à son travail, en est un dans notre pays.

Le rôle d’un prédicateur n’est pas de prescrire à l’assemblée, réunie à l’écoute de la Parole de Dieu, ce que chacun doit faire ou ne pas faire, pour qui voter ou ne pas voter, contre qui ou quoi manifester… Cela engendrerait des divisions, sans doute.

Annoncer, prêcher l’Evangile de Jésus-Christ, c’est aider à vivre selon la volonté du Seigneur, à se garder du mal et à faire des choix libres, inspirés non par la peur (alimentée notamment par des théories complotistes, dans le cas de la co-vid) mais par l’amour. Aimer le Seigneur et son prochain est la plus grande liberté qu’il nous soit donné d’exercer. Et l’amour bannit toute peur (1 Jean 4,18).

L’apôtre Paul, sur le rapport du chrétien aux autorités et aux lois, le rappelle en Romains 13, versets 1 à 8. Après avoir traité du rôle de l’Etat (préserver l’ordre et l’harmonie d’un monde toujours menacé par le mal), et de ce que nous lui devons (notamment l’impôt), Paul conclut : la seule dette que vous avez, c’est de vous aimer les uns les autres (verset 8 qu’il faut rattacher à ce qui précède et pas seulement à ce qui suit). Donc, à chacun(e) de décider devant le Seigneur comment, concrètement, il ou elle manifestera l’amour envers son prochain dans la période de pandémie que nous traversons. En la matière, ne s’agit-il que de ma propre santé ou aussi de celle des autres ? S’agit-il seulement de me protéger, ou de protéger aussi les autres ?

Pourquoi dans l’AT- Dieu ordonne à son peuple de tuer- massacrer même d’autres peuples ? Ont-ils eu l’occasion de connaître Dieu ? [Elykia

Cette question sur la violence de Dieu dans l’Ancien Testament a déjà été posée à l’équipe de 1001questions.fr. Ce n’est pas étonnant, elle préoccupe beaucoup de lecteurs de la Bible. Tapez « violence » dans la case de recherche et vous retrouverez des réponses, les 30 et 31 janvier 2019. Voici quelques éléments en complément :

Au risque de choquer, il faut d’abord rappeler que Dieu est souverain et n’a pas de comptes à rendre à l’être humain. On peut -et on doit- lutter pour les droits de l’Homme, à commencer par le respect de la vie humaine ! Mais il s’agit des devoirs des humains envers leurs semblables. C’est nous qui avons des devoirs envers Dieu, et non le contraire. Dieu n’a pas à se justifier d’être le Dieu Saint et d’avoir en horreur le péché de sa créature. Cette « sainte horreur » s’exprime notamment à travers le récit de la conquête de la Terre promise, où, effectivement le Seigneur ordonne la destruction entière de villes et de leurs populations (par exemple Jéricho en Josué ch.6, v.17). Israël, peuple choisi, se voit appelé, à travers ces récits historiques, à se garder de toute contamination de l’idolâtrie des peuples cananéens.

Je me rappelle que certains étaient choqués de lire, sur un mur, du côté gauche de la chaire d’un des temples où j’officiais autrefois : « le salaire du péché, c’est la mort ». C’est pourtant biblique ! (Romains 6,23). Nous ne vivons et n’échappons au néant que par l’amour de Dieu, sa libre décision. C’est un cadeau, une faveur, et pas un dû.

Oui, pour répondre à votre deuxième question, tout être humain a l’occasion de connaître Dieu. On peut même dire, avec Paul, que ce que l’on peut connaître de Dieu, sa gloire de créateur, est manifeste (relisez Romains ch.1, versets 18 et suivants). Un athée, au sens propre, cela n’existe pas. Chaque homme sait au fond de lui-même qui est Dieu, mais il le rejette, le refuse, s’enfermant dans son mensonge. Le péché, fondamentalement, c’est cela. Refuser Dieu et se forger d’autres dieux que lui, les idoles qui encombrent nos esprits et nos coeurs. Et cela nous barre le chemin vers Dieu, source de notre vie.

Bien entendu, il ne nous est pas demandé d’exterminer les pécheurs autour de nous ! (sinon il faudrait commencer par nous-mêmes…). La vraie « guerre sainte » se mène contre le péché, et non pas contre le pécheur. Sur le mur du temple dont je parlais, à droite de la chaire, était écrite la suite du verset de Romains ch. 6 : « mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ ». Toute les Ecritures sont tournées vers Jésus-Christ, c’est lui le dernier mot de Dieu sur le péché et le mal pour tout être humain qui se repent et croit. Il est à rappeler que cette universalité du Salut offert à tout homme en Jésus-Christ est déjà présente, en germe, comme une promesse, dans l’Ancien Testament.

Quelques exemples entre beaucoup d’autres : à Jéricho, Rahab la prostituée a été épargnée, elle et sa famille, pour avoir mis sa confiance dans le Dieu d’Israël (elle figure d’ailleurs dans la généalogie de Jésus, lire Matthieu ch.1, v. 5. Malgré l’interdiction faite aux israélites des mariages avec les femmes étrangères, toujours pour éviter la contagion des religions païennes, Booz, petit-fils de Rahab, épousera Ruth, qui venait pourtant de Moab !). Et au psaume 87, on lit que Jérusalem est finalement la vraie patrie de tout être humain. Ceux qui se disputent cette ville aujourd’hui devraient méditer ce psaume, mais c’est une autre histoire…

La confession de foi de La Rochelle a-t-elle encore une importance au sein des paroisses de l’EPUDF ? [Augustinus]

Cette confession de foi, qui doit son nom au fait qu’elle a été adoptée par le Synode des Eglises réformées en France de 1571 réuni à La Rochelle, est toujours, selon le préambule de la constitution de l’EPUdF, la confession de référence des Eglises réformées membres de l’union. De même que la déclaration de foi de 1938 (texte plus court et plus synthétique, celle de La Rochelle compte 40 articles !). La déclaration de foi plus récente, adoptée en 2017 pour disposer d’un résumé de nos convictions commun aux luthériens et aux réformés, n’a remplacé ni l’une ni l’autre.

Le texte de la confession de foi de La Rochelle est disponible auprès des éditions Kérygma, 33 av. Jules Ferry, 13100 Aix en Provence (publicité gratuite !), comme d’autres textes de la Réforme (le catéchisme de Heidelberg, notamment).

Quant à savoir si elle a encore une importance au sein des paroisses, c’est à dire si elle est vraiment prise en compte, consultée, étudiée.., dans le climat de relativisation des convictions que notre société traverse, il est à craindre que non. Tout dépend des lieux, et je n’ai pas de statistiques ni autres renseignements à ce sujet.

Votre question nous donne en tout cas l’occasion d’en souligner la valeur et la pertinence.

Les cauchemars sont ils une attaque du malin ? [Ludivine]

Tout dépend de ce que vous appelez un cauchemar, Ludivine !

Je me souviens de cette personne adulte qui avait rassuré l’enfant que j’étais sur les rêves angoissants qu’il m’arrivait de faire, comme à tout un chacun. Elle m’avait expliqué qu’un cauchemar provenait de quelque chose qui m’avait impressionné, gêné ou effrayé, et qu’en quelque sorte ma tête « faisait le ménage » pendant mon sommeil, l’expulsait en l’exprimant sous la forme d’un rêve. Les sciences contemporaines nous ont appris que les rêves sont un langage de notre inconscient, souvent utiles à déchiffrer.

Dans la Bible, les songes peuvent constituer de véritables messages, mais de la part de Dieu ! ainsi le rêve qui trouble le Pharaon et que Joseph saura interpréter correctement, comme annonciateur d’une longue famine (les fameuses « années de vaches maigres », Genèse ch.41). Jérémie 23 v.28, ou Nombres 22, 1 à 20 et bien d’autres passages, y compris dans le Nouveau Testament (par exemple Matthieu ch.2, 12), attestent que le songe peut être un moyen de révélation divine. Mais pour nous aujourd’hui, il n’est pas, et de loin, le moyen essentiel par lequel Dieu nous conduit, puisque c’est sa Parole, contenue dans la Bible, qui doit nous guider avant tout.

Il peut aussi exister des rêves obsessionnels, sources de souffrance psychique, d’un malaise profond dont nous avons besoin d’être libérés. Viennent-ils de l’adversaire ? Non, la plupart du temps ils sont consécutifs à un choc émotionnel créé par une expérience traumatisante. Ils constituent un signal d’alerte sur notre état psychique, et invitent à chercher une aide, voire dans les cas les plus lourds une prise en charge thérapeutique.

Mais on peut dans certains -rares- cas répondre « oui » à votre question, si l’on considère que les trois manières que l’ennemi a d’agir pour nous éloigner du Seigneur sont d’accuser, de mentir, de diviser. Ce sont les trois fonctions diaboliques. Si des cauchemars vous exposent à ces attaques là : culpabilité maladive, enfermement dans une opinion ou vision fausse, haine tenace envers quelqu’un, le mieux est d’en parler avec une personne de confiance qui partage votre foi et saura vous écouter avec bienveillance, et prier avec vous le Seigneur pour qu’il vous en délivre.

Peut-on dire que les Témoins de Jéhova sont chrétiens ? [Jack]

Tout dépend de ce que vous appelez un chrétien. Dans leur site officiel, j’ai trouvé cette affirmation des Témoins de Jéhovah : « Nous nous efforçons d’imiter Jésus et nous sommes fiers d’être appelés chrétiens ».

Certes, Jésus-Christ est un exemple absolu d’amour, de vie pour tous ceux et celles qui se réclament de lui, il est le maître qu’il faut suivre. Les témoins de Jéhovah le reconnaissent aussi comme le Sauveur. Mais pour les chrétiens, la personne-même du Christ est l’objet d’une confession de foi : Jésus-Christ est Dieu fait homme, incarné. Parmi tous les textes bibliques à l’appui de cette affirmation, on peut lire le prologue de l’évangile selon Jean qui affirme la divinité de la Parole incarnée. On peut citer aussi Colossiens 2,9: Toutes les traductions françaises donnent : « en lui (le Christ) réside corporellement la plénitude de la divinité », sauf la traduction en usage des témoins de Jéhovah, dite du Monde nouveau, qui tente d’amoindrir l’affirmation de Paul en rendant : « c’est en lui que toute la plénitude de la qualité divine habite corporellement » ! Le mot grec que Paul utilise (théotès) signifie bien « divinité », sans aucun doute possible.

En effet, les témoins de Jéhovah refusent la notion par laquelle les Eglises chrétiennes rendent compte de leur foi en Jésus-Christ, à savoir la Trinité : un seul Dieu à la fois Père, Fils et Esprit-Saint. Pour eux, le Christ n’est pas Dieu. Le problème, c’est que leur doctrine oriente et corrige leur lecture de la Bible, alors qu’il faudrait plutôt que la Bible, qu’ils reconnaissent inspirée par Dieu et seule autorité en matière de foi (ce qui les rapproche de la tradition protestante, ils sont issus du courant adventiste), oriente et corrige leur doctrine !

Comment comprendre ce verset : « Aucun malheur ne t’arrivera- aucun fléau n’approchera de ta tente. » (Psaume 91:10) ? [Etienne]

Tout le Psaume 91 est consacré à la protection que celui qui a mis sa confiance en Dieu peut s’attendre à recevoir de lui. Bien des fléaux, des malheurs, des dangers sont évoqués, avec la promesse que Dieu en délivrera celui qui l’aime.

Bien évidemment, à première lecture, on pourrait douter du réalisme de ce psaume. Si les croyants n’affrontaient aucune épreuve ou souffrance dans leur vie, ça se saurait… Comment comprendre ?

Peut-être en nous inspirant de la citation de ce Psaume… par le Diable ! En effet, en vue d’inciter Jésus à se servir de son identité de Fils de Dieu pour se jeter du haut du temple sans risque, l’adversaire cite habilement le v.11, qui suit : « il donnera des ordres à ses messagers à ton sujet…. et ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre ». Autrement dit : vas-y Jésus, jette-toi en bas du temple, Dieu te rattrapera. Mais le Diable a omis -intentionnellement- un bout du texte : (il donnera des ordres à ses messagers à ton sujet) pour te garder dans toutes tes voies. Or le chemin de Jésus, sa « voie », c’est l’attachement au Seigneur que le Psaume évoque au v.14, le désir de le servir et non pas de se servir de Lui.

Ce que ce Psaume nous assure, ce n’est pas que l’épreuve nous sera toujours épargnée, c’est que le Seigneur nous assistera au moment de l’épreuve, qu’il sera avec nous dans la détresse (v.15). Quand Jésus a été une nouvelle fois tenté de s’écarter de la voie que le Père lui traçait (l’acceptation de la croix), un ange est venu le fortifier (Luc 22,43). Tout comme des anges sont venus le servir après que Jésus a résisté aux pièges que le Diable lui tendait (Matthieu 4,11).

Ce Psaume peut être rapproché de ce que Paul affirme en Romains 8,28 : « tout coopère au bien de ceux qui aiment Dieu ». Ce bien, ce n’est pas une vie tranquille, prospère, la réussite professionnelle, l’épanouissement affectif, la santé, le succès, etc. Ce bien encore plus enviable que tout le reste, c’est que Dieu nous configure, nous recrée à l’image de son Fils (v.29).

Comment reconnaître la ‘voix’ de Dieu et être sur que c’est sa ‘voix’ ? [Massako]

Vous avez pris la précaution, Massako, d’encadrer le mot voix avec des guillemets, car Dieu a bien d’autres moyens de nous parler que par une voix résonnant à nos oreilles ! Un message d’un proche, un signe qui nous frappe, un verset biblique qui me touche, une méditation entendue à la radio, ou à l’Eglise, qui tombe « pile » dans la situation que je traverse…

Les réponses à votre question ont été diverses au cours de l’histoire. A Martin Luther convoqué à la diète de Worms, il a été conseillé de se soumettre à l’autorité établie (de l’Eglise) car c’était, pensait-on, par elle que Dieu parlait aux hommes. Même revendication de certains qui prétendent que l’Esprit Saint parlent par leur bouche, mais cette auto-validation me laisse très sceptique. Luther a rétorqué à Worms qu’il ne reconnaissait que les Ecritures Saintes comme autorité divine. C’est une première réponse : ne peut venir de Dieu que ce qui est conforme à sa Parole. Ainsi, je ne peux pas transgresser un commandement et prétendre que c’est la volonté de Dieu, ni affirmer quoi que ce soit contraire à l’enseignement des Ecritures (même si c’est à la mode).

Bien sûr, cette première réponse ne suffit pas. Comment être sûr que la façon dont je comprends, ou qu’on m’explique, tel ou tel passage de la Bible est fidèle à ce qu’a voulu dire son auteur, ou plutôt ses auteurs (l’écrivain humain, et l’Esprit Saint qui l’a inspiré) ? Comment être sûr qu’un conseil qui m’est donné devant une décision grave à prendre, ou un choix délicat à faire, est conforme à la volonté du Seigneur ?

Une deuxième réponse, ce serait l’appel au bon sens. Le Seigneur nous a doté de raison, de sagesse, et c’est un don précieux. On peut éprouver l’envie de faire des bêtises, de commettre des excès de toutes sortes, ce n’est certainement pas le Seigneur qui nous y pousse ! Il en va de même des interprétations farfelues de la Bible qu’un rigoureux respect des textes interdit (dernier exemple en date : le chiffre de la bête que chacun doit porter sur le front ou la main pour pouvoir acheter ou vendre selon Apocalypse ch.13, v.17, ce serait le vaccin anti-covid !).

L’apôtre Paul nous donne un troisième critère : ce qui n’est pas fondé sur la foi (en Christ) est péché. Autrement dit, si j’agis par soumission aux autres et non pas conformément à ce que je crois, ce n’est plus le Seigneur qui est aux « commandes ». En Romains ch.14, Paul traite la question de ce qu’il est permis ou non à un chrétien de manger… Pour certains chrétiens, consommer des viandes d’animaux sacrifiés aux dieux païens, c’était se souiller. Pour d’autres (y compris Paul lui-même), ce n’était que de la viande, et tout ce que Dieu a créé étant bon, aucun problème pour en manger. Et pourtant, Paul incite ceux qui pensent comme lui à respecter la conviction de ceux qui croient autrement.

Un 4e critère pour laisser Dieu nous parler, par exemple avant de prendre une décision engageante : écouter ce que nous disent nos frères et soeurs dans la foi, ne pas se confier qu’à son propre discernement.

Malgré tout, nous ne serons jamais sûrs à 100% d’avoir bien entendu ce que Dieu veut nous dire. Aucun critère de discernement ne nous dispensera jamais de demander au Seigneur son Esprit pour nous éclairer et nous guider.

Mon mari (qui se dit chrétien catholique) m’impose la polygamie, fait des pratiques occultes. Puis-je divorcer ou je dois supporter parce que Dieu hait le divorce ? [Ana]

Tout d’abord Ana permettez-moi de vous exprimer ma compassion pour ce qui vous est infligé au sein même de votre couple. La polygamie, même si elle est admise dans certaines cultures, n’est pas la vision chrétienne du mariage, loin de là. Quant aux pratiques occultes, nous savons aussi leur nocivité pour ceux qui s’y adonnent et les conséquences indirectes pour leur entourage.

Je n’ai pas à vous dire ce que vous devez faire concrètement, dans la mesure où votre situation nécessite l’accompagnement d’un pasteur ou autre conseiller, des entretiens qui pourront vous aider, vous éclairer dans votre décision (si votre mari se dit chrétien, il peut accepter d’y participer et entendre votre souffrance avec la médiation d’un tiers). Peut-être d’ailleurs avez vous déjà eu recours à ce type d’aide. Je peux simplement vous donner quelques indications sur l’enseignement biblique, sans aucunement chercher à peser sur votre conscience.

Ce n’est pas le divorce en soi qui est haï par le Seigneur, mais ce qui en est la cause : la dureté et l’obstination de notre coeur (Matthieu 19,8; Marc 10,5), à savoir notre incapacité à aimer notre conjoint(e), à le/la respecter, prendre soin de lui/d’elle. Le divorce est un constat d’échec et de mort du couple. L’apôtre Paul encourage la femme chrétienne à rester avec son mari même incroyant parce qu’elle le « sanctifie », mais ajoute que le résultat n’est pas sûr, et ajoute qu’elle n’est pas obligée de vivre un enfer imposé alors que Dieu a voulu que le couple vive dans l’harmonie et dans la paix ! (1 Corinthiens 7,12-16).

Constantin était-il vraiment chrétien ? Sa conversion était-elle sincère ? [Peps]

L’empereur Constantin arrivé au pouvoir à Rome après avoir vaincu son rival Maxence a signé l’édit de Milan (en 313) autorisant tous les citoyens de l’empire Romain à adopter la religion de leur choix, ce qui a donc fait cesser les persécutions contre les chrétiens (déjà nombreux à l’époque). Les biens qui leur avaient été confisqués leur ont été restitués. Nos frères et soeurs de l’Eglise orthodoxe le vénèrent comme un Saint. Les sources, Lactance et Eusèbe, deux historiens chrétiens des premiers siècles, attestent que Constantin s’était converti suite à une vision.

Nous n’avons pas de raison d’en douter, et aucun moyen de vérifier si cette conversion est un acte d’opportunisme politique ou l’aboutissement d’un parcours spirituel authentique, voire un peu des deux ! « Dieu seul connaît ceux qui lui appartiennent », déclare un des textes constitutifs de l’Eglise protestante Unie, dont font partie tous les pasteurs qui répondent sur 1001questions.fr. C’est une affirmation prudente, fondée sur l’Ecriture (voir la parabole du bon grain et de l’ivraie en Matthieu 13,24-30).

Il est plus prometteur et utile de tenter d’évaluer les conséquences de cette conversion pour le Christianisme. Constantin a assumé un double-pouvoir, politique et religieux (Il a convoqué lui-même le concile de Nicée qui a réaffirmé face à l’hérésie arienne la nature divine du Christ). Le Christianisme en devenant progressivement « religion officielle » après Constantin, sous l’empereur Théodose, est-il resté vraiment fidèle à son Maître ? Peut-il exister une société chrétienne avant que vienne le Royaume de Dieu ? Le débat n’est pas prêt d’être clos… Mais ce n’était pas votre question de départ !

Peut-on considérer les mormons comme chrétiens ? Ils ont des croyances éloignées des Écritures. [Augustin]

L’Eglise de Jésus-Christ des Saints des derniers jours (appellation plus correcte que « Mormons ») est née aux Etats-Unis, dans l’ébullition spirituelle qu’a connue ce pays au 19e siècle. Son fondateur, Joseph Smith, affirmait avoir reçu de Jésus-Christ lui-même la mission de refonder l’Eglise authentique après 18 siècles d’apostasie et avoir été pour cela au bénéfice d’une révélation spéciale.

Même si elle reconnaît à Jésus-Christ une place centrale dans le plan de Salut de Dieu, cette Eglise, d’un point de vue protestant, ne peut être considérée comme faisant partie de la grande famille chrétienne, unie par la référence à l’Ecriture et les textes doctrinaux des conciles oecuméniques des premiers siècles comme le Symbole des Apôtres, reconnus par les catholiques, les orthodoxes, et les protestants.

Malgré des aspects positifs (un engagement éthique, le refus du racisme, etc), et des dialogues qui l’ont rapprochée, notamment aux Etats-Unis, d’autres confessions, L’Eglise de Jésus-Christ des Saints des derniers jours est un mouvement sectaire. Tout d’abord, comme on l’a dit, elle se considère comme l’unique Eglise authentique, toutes les autres avant elles ont trahi le Seigneur. Ensuite, elle admet d’autres sources de révélation comparables à la Bible elle-même (pourtant pleinement suffisante, comme l’oeuvre du Christ lui-même !). Notamment des écrits qui auraient été gravés sur des plaques d’or confiées à Joseph Smith, traduits et réunis dans le Livre de Mormon qui raconte « les relations de Dieu avec les anciens habitants de l’Amérique et contient la plénitude de l’évangile éternel » (dixit l’introduction de l’édition dont je dispose). Il contient l’histoire d’un prophète juif, Léhi émigré en Amérique avant la chute de Juda en 600 av. JC., et de ses descendants. Ils y auraient reçu la visite de Jésus lui-même vers l’an 34… Le verset cité à l’appui de cette doctrine farfelue par des missionnaires de l’Eglise des Saints des derniers jours que j’ai rencontrés est l’Evangile de Jean, ch.10 v.16: « j’ai d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos et celles-là aussi il faut que je les mène ». Alors qu’il s’agit bien sûr des païens, des non-juifs réunis avec les juifs autour d’un seul berger.