L’avènement du Christ constitue l’ouverture du salut, l’accès à la vie éternelle et l’établissement définitif du sens de l’existence pour tout être humain qui le reconnaît comme le seigneur, le Fils de Dieu, Dieu lui-même venu jusqu’à nous. C’est la plus merveilleuse des nouvelles qui puissent être annoncée. Ce que cela change fondamentalement par rapport au Premier Testament est la révélation que le salut n’est pas une récompense obtenue en échange d’une mise en pratique rigoureuse de la Loi, mais l’expression du don gratuit (la grâce) de Dieu, que l’être humain exprime par sa foi. Bien sûr, c’est une très mauvaise nouvelle pour mon orgueil qui veut me faire croire que tout dépend de moi et que c’est à moi seul que devrait revenir tout le mérite de mon existence devant Dieu. Mais c’est en fait une très bonne nouvelle pour mon être profond, que je découvre aimé de Dieu, ce qui me libère de toute tentative d’avoir des choses à prouver.
Auteur/autrice : Michel Block
La masturbation est-elle un péché si oui comment ? Si non pourquoi ? [Kauf]
Je ne connais pas de passage biblique qui parle explicitement de la masturbation. De ce silence, je ne peux pas déduire que cela soit « autorisé » ou « interdit » en faisant abstraction de chaque situation concrète. Il me semble utile de se demander pourquoi on la pratique. Il y aura sans doute autant de réponses que de personnes. Il me semble nécessaire que vous puissiez aller interroger un pasteur pour lui présenter votre situation, afin de discerner ce qu’il en est vous concernant.
Comment abandonné le péché pour avoir un cœur libre et ne rien craindre pour vivre en paix du cœur ? [Joseph]
Votre question, Joseph, me semble témoigner de votre désir de trouver la paix dans l’accomplissement de la volonté de Dieu et je ne peux que vous encourager à poursuivre dans cette voie. Car c’est bien d’un chemin qu’il s’agit, me semble-t-il. Si vous reconnaissez qu’en Jésus-Christ, Dieu vous a pardonné, que par sa mort et sa résurrection, vous êtes réconcilié avec Dieu, vous êtes dès lors entré sur le chemin de la sanctification. Cela peut paraître un très grand mot, mais il désigne une avancée progressive, jour après jour, allant de repentance en découverte toujours plus profonde du pardon et de l’amour de Dieu pour vous. Petit à petit, par l’action de l’Esprit Saint, vous verrez une évolution dans votre comportement et votre manière de réagir. Gardez courage et demeurez dans l’amour de Dieu.
Peut-on encore décrire le capitalisme- qui a grandement muté depuis son origine- comme l’instrument de Mammon ? [Judith]
Le capitalisme est un système économique et social dans lequel la propriété des moyens de production est détenue par des personnes privées (ou des États) mais pas par l’ensemble de ceux qui les mettent en œuvre par leur travail. D’autre part, il fonde sa dynamique sur l’accumulation du capital productif guidée par la recherche du profit. Si ce système est ancien et a beaucoup évolué depuis son apparition (à partir du XVIe siècle), la définition qui vient d’en être donnée (Encyclopoedia Universlais) est toujours valable. Il me semble qu’elle montre bien que Mammon, l’Argent comme puissance spirituelle, demeure un agent non négligeable de son fonctionnement.
Le COVID est-il une punition divine ? [Henri]
Beaucoup de gens se posent peut-être la question, Henri, et elle me semble importante. Pour autant, je crois que répondre tout sèchement « oui » ou « non » est trop court. Je ne suis pas dans l’Esprit de Dieu et seul le Saint Esprit sonde pleinement Dieu. Je préfère rester à ma place d’être humain, pécheur et justifié. De cette place, je n’ai pas de peine à considérer que ce qui nous arrive est la conséquence dramatique de notre situation de pécheurs, toujours tournés vers nous et rien que nous, centrés sur nous-mêmes et mus par notre seul orgueil. Dès lors, la conséquence du péché étant la mort, je crois qu’il est grand temps que nos Églises redisent ensemble : Il faut se repentir. C’est ce que Jésus a dit lui-même dès le début de son enseignement. Et donc cela veut bien dire qu’il n’est pas nécessaire d’être dans la panade où nous sommes pour se repentir. Même si tout allait bien, il faudrait le faire ! Car la repentance n’est pas seulement le moyen d’échapper à la colère de Dieu. En Jésus, elle est l’occasion de découvrir le trésor infini de son amour et de sa miséricorde, ainsi que de l’action purificatrice et sanctificatrice de l’Esprit en nous.
Que penser du cantique des créatures de St François d’Assise : « Frère soleil »? « Sœur notre mère Terre »? et « Loué sois-tu- mon Seigneur- par sœur notre mort corporelle » ? [J-F]
Pour ma part, j’apprécie cette louange. Car il s’agit bien d’une louange, adressé à Dieu la créateur. Le fait que François d’Assise s’exprime en disant « frère soleil », par exemple est pour moi une « licence poétique ». Je le reçois comme l’expression du fait que François se considère comme une créature, au même titre que le Soleil, ce qui me semble tout à fait juste théologiquement. Bien sûr la dernière expression que vous citez peut paraître choquante : « Loué sois-tu- mon Seigneur- par sœur notre mort corporelle » Mais je la reçois comme une parole pleine d’acceptation et d’abandon à la grâce divine. Dans le récit de la Genèse, quand Dieu a expulsé l’être humain du jardin d’Eden, il l’a fait pour que l’humain ne mange pas du fruit de l’arbre de la vie et vive éternellement. Autrement dit pour que la situation de péché de rupture si profonde avec Dieu, ne soit pas éternelle. Désormais, en Jésus-christ, ; nous pouvons faire de toute notre vie une belle marche vers la sanctification, à la suite de Jésus Christ. La mort, si nous suivons Jésus dans l’Esprit, n’est plus un sujet d’effroi comme pour ceux qui n’ont pas d’espérance. Bien sûr c’est un ennemi, elle fait mal, mais elle n’a pas le dernier mot sur nos vies. Christ est ressuscité !
« Tout être humain sur terre a-t-il une âme ? Â quel moment apparaît-elle chez l’humain ? Et si elle apparaît durant la métamorphose de l’enfant dans le corps de la maman pourquoi ne ressent-elle rien ? » [Michèle]
La question que vous posez, Michèle, me donne l’impression que pour vous, l’âme, « apparaîtrait », voire « entrerait » dans le corps, à un moment donné. Il me semble que la Bible nous propose une autre façon de voir l’être humain. La Bible parle de la « chair », c’est-à-dire de l’ensemble formé par le corps et l’âme, pour désigner l’être humain dans sa globalité, mais séparé de Dieu. Une troisième « composante », l’esprit rattache l’être humain à son Créateur. Cet attachement devient particulièrement fort avec le baptême, mais l’esprit de Dieu a pu habiter des personnes avant même que le baptême n’ait été institué (Moïse, David, Élie…) Quoi qu’il en soit, je crois que cela veut dire que oui, tout être humain à une âme, et qu’elle se développe, comme le corps, au fur et à mesure de la croissance de l’enfant depuis sa conception et même encore après sa naissance.
« Quelle réponse au phénomène de la « Cancel Culture » l’Église peut-elle apporter ? » [Nic]
Le phénomène dont vous parlez, Nic, est en fait très ancien. Dénoncer publiquement telle ou telle personne en vue de l’exclure d’une communauté en raison d’actions, de paroles ou de comportements jugés négatifs a toujours existé, mais cela s’est amplifié avec Internet. Rappeler cependant qu’une telle pratique est peut-être presque aussi vieille que l’humanité, c’est dire qu’elle a quelque chose à voir avec notre péché. Pour moi, les Églises doivent proposer un contre modèle. L’Évangile nous appelle à être de ceux qui refusent de hurler avec les loups. Il s’agit pour moi, en tant que chrétien lambda, de mettre en question les accusations péremptoires relayées par les réseaux sociaux, comme auparavant les rumeurs dans les villes ou les villages. Bien sûr, il ne s’agit pas non plus d’être naïfs. Mais Jésus a accueilli les pécheurs qui se repentaient, faisant ainsi scandale aux yeux de ceux pour qui la condamnation de quelqu’un devait être définitive. Nous annonçons un Dieu qui seul connaît les cœurs et qui peut guider, par son Saint Esprit, chacun sur les chemin de la conversion en Jésus-Christ.
En Luc 23:43- le malfaiteur est donc entré au paradis avant Jésus- puisque ce dernier a été enseveli- avant qu’il ne ressuscite le troisième jour ? [Ganga]
Vous faites référence à la parole que Jésus dit au malfaiteur crucifié en même temps que lui : « Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. » Ce que vous pointez, c’est le « aujourd’hui ». il me semble qu’il y a plusieurs façon s de comprendre cette phrase. J’en partage deux avec vous : Peut-être faut-il avant tout mettre l’accent sur le mot « paradis »qui, dans la conception juive de l’époque, n’est pas le lieu où vont les gens qui sont ressuscités, mais un lieu qui peut être accessible dès à présent. Paul affirme y être parvenu dans une extase (2 Co. 12. 2-4). on peut donc le comprendre comme le lieu où vont les gens déclarés justes par Dieu. Jésus veut dire alors à cet homme : « Dès aujourd’hui, tu es justifié », comme il l’a dit a plein d’autres durant son ministère, d’autres manières.
L’autre manière d’entendre fait référence au fait que l’être humain est compris comme ayant un corps, une âme et un esprit. La mort et la résurrection concernent le corps et l’âme (ce que l’on appelle dans la Bible la « chair »). Mais l’esprit retourne à Dieu dès la mort. D’ailleurs, au moment de sa mort, Jésus dit lui-même : « Père, je remets mon esprit entre tes mains » (Luc 23. 46). Dès le jour de sa mort, l’esprit de cet homme s’est retrouvé auprès du Dieu trinitaire au paradis.
Matt. 25:14-30 implique-t-il le salut par les œuvres ? Il semble que nous devons utiliser nos talents pour que le Royaume de Dieu soit sauvé. [Bec]
Dans le texte que vous évoquez, Bec, je remarque que ni ceux que Jésus appelle « vous qui êtes bénis par mon Père », ni ceux qu’il appelle « maudits » n’ont conscience de ce qu’ils ont fait ou pas faits pour se retrouver félicités ou rejetés par le Fils de l’homme. Cela me semble bien dire que l’on ne parle pas d’une œuvre à effectuer en vue d’obtenir le salut mais d’un acte réalisé dans l’élan de la compassion pour les plus faibles, sans calcul.