Que penser des coloriages chrétiens, finalement inspirés des techniques de mandala ? [Anonym]

A la différence de ce que nous vivons en Occident, la séparation entre le sacré et le profane, le spirituel et le culturel est très floue en Orient. Dès qu’il s’intéresse à une pratique ou à une pensée orientale, le chrétien occidental est donc appelé à la vigilance.

Les mandalas bouddhistes sont faits pour méditer en lien avec une divinité, pour aider à la procuration de certaines émotions, comme peuvent le faire un chant, une position du corps ou la décoration d’un lieu de rassemblement. D’ailleurs, le rôle de certaines décorations (telles que les rosaces) d’églises catholiques ressemble fort à celui des mandalas pour les bouddhistes. Si un coloriage est fait dans le but d’aider à la relation avec le Dieu unique adoré par les chrétiens, cela peut être un support comme un autre à la spiritualité chrétienne.

Toutefois, je crois que l’on peut sérieusement s’interroger sur une certaine fascination des chrétiens occidentaux pour des pratiques orientales, et plus généralement liées au mouvement New Age. Est-ce qu’il y a une carence dans les pratiques des églises occidentales pour accompagner à la croissance en Christ ? Ou bien cet attrait est-il (au moins potentiellement) idolâtre ?

Taï-chi et foi chrétienne : est ce compatible ? (en se focalisant uniquement sur les exercices respiratoires- par exemple) [Joz]

Le Taï-chi est une pratique liée à la culture chinoise et à sa philosophie traditionnelle, qui a donné aussi le bouddhisme, en connexion avec l’Inde. Cette pratique s’appuie donc sur une conception de l’être humain, du monde et de l’existence qui sont bien éloignées de celles que porte la Bible, et qui ne fait aucune place à un Dieu quel qu’il soit, et encore moins à un Dieu qui s’intéresserait à l’Humain au point de le rejoindre en Christ… Au contraire, l’objectif du bouddhisme étant le détachement complet des contingences humaines.

Bien évidemment la Bible ne connaît ni le Taï-Chi, ni les conceptions qui le sous-tendent, et ne nous donne pas de réponse… Alors qu’aurait dit le Christ ? Pour moi il aurait interrogé le rapport du pratiquant à sa pratique à travers le prisme de la liberté voulue par Dieu pour l’humanité. Si les exercices ne sont qu’une sorte de gymnastique qui permet de se concentrer, se relaxer, etc… Pourquoi pas ? Mais à condition d’être vigilant pour que ces exercices ne soient pas une sorte de « cheval de Troie » venant brouiller la relation que le « pratiquant » entretient avec son Dieu, créateur et père, aimant, et ne voulant pas pour nous le détachement, mais la Vie, intense, riche, au-delà de nos espérances.

En résumé, des exercices ne sont pas les moyens d’un salut qui nous est déjà gratuitement donné en Christ.

Comment considérer le Bouddhisme à la lumière de l’enseignement chrétien ? Quels sont ses vérités- quelles sont ses erreurs ? [Nicolas]

Le Bouddhisme est issu de l’Hindouisme et s’inscrit donc dans un cadre culturel assez précis. Je vais faire de très gros raccourcis, car cet article ne peut pas aborder tous les aspects de votre question de manière approfondie. Je vais donc être très long, et en même temps trop court… Désolé !

Le Bouddhisme repose sur l’affirmation, par Siddhartha Gautama (surnommé le Bouddha, l’éveillé), de quatre « vérités » fondamentales :

1- Toute vie implique la souffrance. Cela est appelé à se reproduire indéfiniment par le cycle des réincarnations (samsara) qui, pour les bouddhistes et les hindouistes, est une malédiction ! En effet, plus on souffre, plus on aura tendance à faire souffrir, à faire du mal, et cela aura une incidence sur les vies que l’on mènera plus tard.

2- La souffrance naît du désir que l’on a des choses.

3- Il est possible d’arrêter de souffrir. Cet arrêt total de la souffrance est appelé Nirvana. Cela n’a donc rien à voir avec un summum de plaisir, mais avec l’arrêt de la douleur.

4- Pour y arriver, il faut suivre les enseignements du Bouddha appelé « noble chemin », un ensemble de 8 grandes prescriptions éthiques, de pratique de la méditation et de sagesse.

Les points communs entre Christianisme et Bouddhisme vont se situer au niveau pratique (ne pas faire aux autres ce que l’ion ne voudrait pas qu’ils nous fassent, avoir un comportement mesuré dans la vie, ne pas mentir…).

Mais sur le fond, je ne vois en fait que des différences, par exemple :

-Hindouisme et Bouddhisme remettent fortement en cause la notion de personne, qui est centrale dans le Judéo-christianisme. Pour le Bouddhisme, le nirvana est une extinction, entre autre, de la notion même de personne, qui se « dilue » dans le Tout. Pour le chrétien que je suis, l’idée que ma personne finisse diluée est plutôt une mauvaise nouvelle. J’espère être, dans ma personne, en relation avec mon créateur.

-Dans sa trajectoire personnelle, le Bouddha a vaincu les tentations, puis est parvenu à l’éveil, le but ultime de la vie. Jésus a d’abord reçu la justification de toute existence humaine lors de son baptême (Il a reçu du Père la parole : « tu es mon fils bien aimé.. ») puis il a été tenté ! Nous, chrétiens, ne croyons pas que le sens profond de notre existence ne puisse être obtenu qu’à la fin d’un chemin de vie. Il nous est donné dès le départ !

-Ce n’est pas par des efforts personnels (comme, dans le Bouddhisme, la pratique des enseignements du Bouddha) que je réaliserai le but de mon existence, mais en acceptant que ce but m’est donné, par Dieu, en Jésus-Christ.