Comment vaincre les attaques spirituelles des esprits de contrôle- qui poussent à des vérifications exagérées- aberrantes et sources de souffrance ? [Julien]

Vous faites allusion, Julien, à ce que les psychologues et psychiatres appellent les « troubles obsessionnels compulsifs », plus connus sous le nom de « TOC ». Comme vous l’écrivez, ils peuvent devenir une grande source de souffrance pour la personne concernée, et aussi pour son entourage. Il existe contre ces troubles diverses thérapies, je ne suis pas compétent pour en discuter mais il est intéressant de s’informer à ce sujet.

Vous voyez dans ce mal une origine spirituelle, voire démoniaque. Il est vrai que tout ce qui nous fait souffrir est aussi symptôme du grand désordre dans lequel est plongée la Création. Toutefois rien n’interdit à un chrétien de faire appel à un psychiatre ou à un psycho-thérapeute pour une affection qui atteint son psychisme, son âme (en grec : psychè) , si vous préférez : dépression, TOC, ou autre… tout comme il ira consulter un médecin pour qu’il traite une infection pulmonaire, ou autre maladie physique, après avoir identifié la source du problème. Ce recours aux soins n’empêchera pas de prier, dans les deux cas, pour la guérison, ni de remercier le Seigneur pour la sagesse qu’il a donnée aux soignants -et le dévouement dont ils font preuve, on ne le souligne pas toujours assez.

Comment vaincre ? demandez-vous. « La victoire par laquelle le monde est vaincu, c’est notre foi », écrit l’apôtre Jean. La monde, c’est ici tout ce qui nous enchaîne et nous aliène, tout ce qui nous prive de la liberté propre aux enfants de Dieu, et la confiance en lui constitue la meilleure façon de le laisser guérir nos peurs, nos angoisses, tout ce qui nous obsède. Parce que ce n’est pas nous qui pouvons les vaincre, c’est le Seigneur lui-même. « Là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté ! ».

Quel intérêt- pour un chrétien- de regarder des films d’horreur ? [Pep’s]

Je ne connais pas grand chose en ce qui concerne les films d’horreur.  J’ai plutôt l’habitude de questionner l’intérêt de ce que je regarde,  lorsque fatiguée par une longue journée de travail, j’en viens à me trouver devant un épisode de « Joséphine ange gardien » ou « Camping paradis » !

Que dire ? Les films d’horreur mettent en images ce qui nous fait peur. Ils montrent le mal. La question que vous posez peut probablement aussi s’appliquer aux films et documentaires qui traitent de sujets occultes ou criminels.
Globalement, je pense que la Bible nous encourage à avoir pour intérêt deux choses principales : la Gloire de Dieu et notre édification (1 Corinthiens 10/31, Éphésiens 4/29).
Le fait de regarder des films d’horreur peut nuire à notre édification et à la gloire de Dieu quand nous en tirons une fascination pour le mal ou lorsqu’ils nous encouragent à oublier que Christ a la victoire, nous menant dans la dépression ou la peur. Cela peut, en revanche, peut-être, être édifiant quand cela nous donne de voir la réalité de la vie pour courir dans les bras de notre sauveur…
Bon disons-le, je crois que la plupart des fans d’horreur sont plutôt dans la première catégorie…discernement et distance nécessaires, donc !

Question de mon fils : puisqu’il peut tout- pourquoi Dieu n’a-t-il pas tout simplement détruit le diable pour s’en débarrasser- après ce qu’il a fait à Adam et Eve ? [Isabelle]

Peut-être parce qu’après ce qu’il a fait à Adam et Eve, le problème n’est plus seulement chez lui mais aussi en nous. Si quelqu’un casse un pot de confiture, la solution n’est pas dans le fait de taper sur cette personne. Il vaut mieux essayer de récupérer la confiture et peut-être essayer de recoller le pot. Avec nous, c’est ce que Dieu a fait en Jésus-Christ. Dieu s’intéresse bien plus à nous qu’au diable, même s’il a a déjà réglé ses comptes avec lui par la croix et la résurrection.

Dieu dit de ne pas faire d’images- mais dans Nombres 21- Moïse fait le serpent en bronze. Pourquoi faire un signe de Satan? Cela représenterait Jésus (Jean 3) ? [Harry]

J’aimerais Harry distinguer dans votre question deux sujets : celle du serpent fabriqué en contradiction avec le deuxième commandement et le serpent comme représentation de Satan.

Sur le premier point je vous adresse mes compliments, car vous êtes un lecteur attentif. Pour ma part, je n’avais jamais fait le rapprochement entre le fait que Moïse fabrique un serpent en bronze et le commandement qu’il a lui-même reçu de ne pas faire d’image sculptée de tout ce qui vit sur la terre. Nous sortons de la contradiction que vous relevez me semble-t-il, en observant que Dieu lui-même a ordonné la représentation du serpent (Nb 21,8). Dieu a donné un commandement général et perpétuel qui est bon pour l’homme dans les Dix Commandements et il a donné un autre jour un autre commandement particulier, ponctuel qui était bon également et auquel il était juste d’obéir.

J’ajoute d’une manière générale que ce que nous vivons parfois comme des contradictions dans la Bible échappe à nos raisonnements, mais croire en Dieu, lui faire confiance, c’est espérer qu’un jour ce qui échappe à notre compréhension sera éclairé et la contradiction sera résolue.

A propos du deuxième aspect de votre question. Il est exact que le serpent dans le livre de la Genèse représente le Tentateur, dangereux et sournois qui conduit l’humanité à pécher. Mais je dirais deux choses : 1) les serpent ne sont pas des animaux diaboliques. Ce sont des créatures que Dieu aime. Le bâton de Moïse est devenu un serpent devant Pharaon pour manifester la puissance de Dieu. Jésus donne même une fois les serpents en exemple à ses disciples (Mt 10,16). Ceci dit, il faut être prudent, car le serpent est silencieux, il se cache facilement et sa morsure peut être venimeuse, d’où la peur qu’il inspire généralement. 2) Dans Jean 3, Jésus parle de lui qui sera élevé pour donner la vie éternelle comme le serpent de métal a jadis été élevé par Moïse pour guérir les israélites mortellement mordus par des serpents réels. Jésus parle de son élévation sur la croix et de cette croix, Dieu va faire jaillir une puissance de vie et de guérison pour toute l’humanité. La parole de Dieu à la fois nous condamne et nous sauve. Elle a toujours ces deux aspects. Nous pouvons aussi méditer ce qu’écrit Paul : « Le Christ était sans péché, mais Dieu l’a chargé de notre péché, afin que par lui, nous ayons part à l’œuvre salutaire de Dieu » (2 Co 5,21).

Puisque Dieu est bon et aimant- pourquoi le monde de la nature est-il parfois si dur et cruel (tuer ou mourir- manger ou être nourriture- survie du plus apte- etc.)? [David]

« Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, ainsi la mort s’est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché… » nous dit la Bible en Romains 5/12. Ce « seul homme » dont il est question, c’est Adam, désigné en Genèse 2 et 3 comme le premier humain. Ainsi, le premier homme et sa femme ont péché. Ils n’ont pas écouté Dieu, ils ont préféré faire comme ils voulaient plutôt que de vivre la vie que Dieu avait crée bonne pour eux. Ils ont voulu penser qu’ils étaient leurs propres adieux et agir ainsi en prenant du fruit que Dieu leur avait défendu. Le mal, le péché et la mort sont alors entrés dans le monde, qui n’est plus tel que Dieu l’a voulu. En effet, dés qu’Adam et Eve ont mangé du fruit, la Bible montre que les ennuis commencent : les humains se cachent devant Dieu, l’homme accuse sa femme, qui accuse le serpent (Genèse 3), puis vient le premier meurtre (Genèse 4). Avant la chute, même les animaux étaient végétariens (Genèse 1/29-30), le péché étant advenus, la violence s’étend à notre régime, l’humain mangera de la viande (Genèse 9/3). Bref, le péché, le mal et la mort touchent toute la création, elle marque l’existence de tout être depuis la chute. Et pourtant, nous avons une espérance, en Christ, qui ôte du monde le péché qu’Adam y avait amené. Ainsi, en Romains 5/15, nous lisons : »Mais il n’en est pas du don gratuit comme de l’offense; car, si par l’offense d’un seul il en est beaucoup qui sont morts, à plus forte raison la grâce de Dieu et le don de la grâce venant d’un seul homme, Jésus-Christ, ont-ils été abondamment répandus sur beaucoup. » Depuis la résurrection de Jésus, nous pouvons bénéficier de son oeuvre si nous l’accueillons. Il nous offre le pardon de nos péchés et l’assurance d’une vie libre du péché, la vie éternelle. Elle se manifestera pleinement à la fin des temps, il n’y aura alors plus de souffrance, ni de malheur (Romains 8/19-20, Apocalypse 21/1-4).

Le mal n’existait pas avant Satan puisque le mal n’est pas en Dieu : comment donc Lucifer (créature de Dieu) a t-il pu avoir l’idée du mal ? [Samuel]

Il ne me semble pas que le mal soit une idée. Le mal est un acte, ou l’absence d’acte bon. En lisant la Bible, je ne reçois pas de réponse théorique sur l’existence du mal. Les premiers chapitres de la Genèse ne sont pas une réflexion abstraite sur le problème du mal, mais expliquent de façon imagée la situation de l’être humain devant Dieu. Ainsi, le mot mal n’apparaît que pour parler du fruit de « l’arbre de la connaissance du bien et du mal ». Un fruit, ça se mange, on n’en n’a pas l’idée. De même, Lucifer n’est pas un nom biblique (dans les langues d’origine de la Bible, l’hébreu et le grec). Il n’apparaît que dans la traduction latine de Jérôme. Les premiers chapitres de la genèse parlent plutôt du serpent. Pourquoi le serpent ? Pourquoi a-t-il parlé à Ève de la façon dont il lui parle ? Nous n’avons pas la réponse à ces questions, sans doute parce qu’elle ne nous aideraient pas à comprendre comment nous comporter devant Dieu et face au mystère du mal, comme celui du bien d’ailleurs.

Le mal est il en nous ? [Valérie]

Je ne sais pas exactement ce que vous appelez mal. Ce qui se passe en moi est de l’ordre du conflit entre des impulsions diverses. Paul dit, dans sa lettre aux Romains (7.18-23)  : « En effet, je sais que le bien n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma nature propre: j’ai la volonté de faire le bien, mais je ne parviens pas à l’accomplir. En effet, je ne fais pas le bien que je veux mais je fais au contraire le mal que je ne veux pas. Or, si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais, mais le péché qui habite en moi. Je découvre donc cette loi: alors que je veux faire le bien, c’est le mal qui est à ma portée. En effet, je prends plaisir à la loi de Dieu, dans mon être intérieur, mais je constate qu’il y a dans mes membres une autre loi; elle lutte contre la loi de mon intelligence et me rend prisonnier de la loi du péché qui est dans mes membres. » Mais il poursuit : « 24 Malheureux être humain que je suis! Qui me délivrera de ce corps de mort? J’en remercie Dieu, c’est possible par Jésus-Christ notre Seigneur. » Dans cette lutte, je découvre donc heureusement que l’Esprit de Dieu intervient, que sa Parole peut m’aider, et que la prière est une ressource très précieuse. Je ne suis pas seul à lutter, et je n’ai pas non plus a m’engluer dans une conscience de moi qui me condamnerait à n’être qu’un mauvais.Le mal prend peut-être racine en moi à cause de ma séparation d’avec Dieu (mon péché) mais je ne suis pas condamné à être malfaisant.

Comment « surmonter » l’existence du mal- de la souffrance- et de l’injustice- quand on croit en Dieu (infiniment bon et tout-puissant) et en Jésus ? [Jean-Paul]

J’ai enterré des enfants, j’ai accompagné spirituellement des traumatisés de guerre, j’ai prié avec des SDF dans la rue… je l’ai fait avec conviction pour la seule et unique raison que je crois plus fort que tout la souveraineté de mon Dieu sur l’histoire de ce monde. Je crois en la guérison divine, le relèvement des pauvres, la providence, la résurrection, le Royaume merveilleux, la joie éternelle des élus après la mort.

Les athées argumentent l’inexistence de Dieu à cause du mal et de la souffrance, mais paradoxalement, les milieux paupérisés, les populations accablées par des catastrophes ou des guerres, les familles endeuillées ou les malades sont les plus réceptifs au message de l’Évangile. Le philosophe athée crie que c’est de la manipulation et que les croyants sont des faibles qui veulent se raccrocher à quelque chose… Mais si l’athée est conséquent, il n’a plus qu’à déprimer en attendant le jour prochain de sa propre agonie dans ce monde absurde. Par contre, beaucoup de malheureux protestent encore de leur foi et se laissent fortifier d’une manière qui surprend souvent l’occidental désenchanté.

La Bible évoque en long en large et en travers ce monde déchu, souffrant et injuste, livré à Satan. C’est la conséquence de la rupture volontaire de l’humanité avec son créateur. Dieu ne s’impose pas dans ce monde et livre les clefs à celui que les humains ont choisi comme maître. C’est aussi la cause de la venue de Jésus dont on ne peut pas dire qu’il soit resté distant et insensible à la souffrance puisqu’il a payé sous la torture la sanction des péchés qu’il n’avait pas commis, afin de racheter les humains qui veulent le suivre dans le Royaume de son Père. L’incrédulité est finalement la pire des souffrances qui puisse accabler un humain ; la prière et le partage de l’Évangile, son meilleur remède.

Doit-on à tout prix laisser de la place à quelqu’un qui pourrit l’Eglise par son mauvais état d’esprit ? [Gilbert]

Quel genre d’état d’esprit peut pourrir une Eglise ?
Probablement ce qui est contraire au fruit (tout frais) de l’Esprit tel que décrit en Galates 5,22. Ainsi, on s’oppose à l’oeuvre de l’Esprit dans l’Eglise alors que  :
– notre comportement fait barrage à l’amour, quand on ne considère pas les autres, mais nous-mêmes et nos désirs pour l’Eglise, comme ce qui doit conduire son oeuvre.
– notre comportement fait barrage à la joie, quand on critique inlassablement ce qui est vécu dans l’Eglise, parce qu’on ne remarque pas ce que Dieu y accomplit.
– notre comportement fait barrage à la paix et à la bonté, quand on accuse les autres, au lieu de nous encourager les uns les autres.
– notre comportement fait barrage à la bénignité, quand on répand des rumeurs, des reproches et des calomnies sur l’Eglise, certains de ses membres ou ses responsables.
– notre comportement fait barrage à la fidélité, quand on ne cherche pas sincèrement la volonté de Dieu dans la prière et la lecture de la Bible, préférant répandre nos idées et nos principes.
– notre comportement fait barrage à la douceur quand on refuse de se soumettre les uns aux autres pour pouvoir imposer nos vues.
– notre comportement fait barrage à la tempérance quand on laisse nos passions, colères, désirs personnels et temporaires nous détourner de nos engagements.

Que faire alors ?
Nous pouvons tous, à un moment où à un autre, nous fourvoyer dans un ou plusieurs de ces comportements destructeurs pour l’Eglise. Prions alors qu’un de nos frères ou de nos soeurs, viendra nous avertir, selon Matthieu 18,15-20. Si nous refusons de changer, la Bible nous dit qu’il n’est pas bon que nous puissions continuer notre oeuvre destructrice dans l’Eglise en y gardant des responsabilités, dans l’espérance que le Seigneur, en réponse à la prière de nos frères et soeurs, puisse, par sa grâce produire en nous de nouvelles dispositions de coeur, pour son service.

Et la souffrance- la maladie- la mort d’enfants ? [Dom]

Je n’ai pas de réponse toute faite à cette question, Dom. Je n’en ai jamais entendue de satisfaisante, à titre personnel. Je ne sais pas si vous êtes vous-même confronté(e) à cette déchirure (c’est comme cela que j’en parlerais, plutôt que comme une question). Ce qui est certain, c’est que ma foi n’est pas une réponse à cela.

J’ai rencontré le Dieu vivant, en expérimentant son amour insondable, sa tendresse infinie et sa miséricorde sans borne. Je l’ai fait dans les limites de mon expérience personnelle, pas au bout d’une réflexion philosophique abstraite portant sur le problème que l’on énonce souvent par : « Si Dieu existe, pourquoi le mal ? » Pour moi, Dieu n’est pas un concept philosophique qui trouverait sa place dans le système d’explication du monde que je pourrais utiliser en cas de problèmes ou de souffrances, pour trouver la solution. Ma foi en Dieu n’est pas une explication à un problème, elle est le fruit d’une rencontre, que j’ai faite dans la prière et la lecture de la Bible, dans un chemin semé de moments de repentances personnelles. Dès lors, les déchirures comme celles de la mort d’un enfant ou la souffrance dans la maladie demeurent, avec leur brûlure. Mais, en tirant expérience de l’attitude des amis de Job, quand je rencontre une personne qui subit une déchirure pareille, je crois que le mieux n’est pas de lui parler de Dieu, mais de lui assurer de ma présence fraternelle, silencieuse peut-être, afin qu’elle puisse expérimenter, si telle est la volonté du Seigneur, cette rencontre avec l’Amour sans borne. Qu’elle puisse dire au bout du compte à Dieu : « Mon oreille avait entendu parler de toi, mais maintenant mon œil t’a vu. » (Job 42.5)