La masturbation est-elle un péché si oui comment ? Si non pourquoi ? [Kauf]

Je ne connais pas de passage biblique qui parle explicitement de la masturbation. De ce silence, je ne peux pas déduire que cela soit « autorisé » ou « interdit » en faisant abstraction de chaque situation concrète. Il me semble utile de se demander pourquoi on la pratique. Il y aura sans doute autant de réponses que de personnes. Il me semble nécessaire que vous puissiez aller interroger un pasteur pour lui présenter votre situation, afin de discerner ce qu’il en est vous concernant.

Comment abandonné le péché pour avoir un cœur libre et ne rien craindre pour vivre en paix du cœur ? [Joseph]

Votre question, Joseph, me semble témoigner de votre désir de trouver la paix dans l’accomplissement de la volonté de Dieu et je ne peux que vous encourager à poursuivre dans cette voie. Car c’est bien d’un chemin qu’il s’agit, me semble-t-il. Si vous reconnaissez qu’en Jésus-Christ, Dieu vous a pardonné, que par sa mort et sa résurrection, vous êtes réconcilié avec Dieu, vous êtes dès lors entré sur le chemin de la sanctification. Cela peut paraître un très grand mot, mais il désigne une avancée progressive, jour après jour, allant de repentance en découverte toujours plus profonde du pardon et de l’amour de Dieu pour vous. Petit à petit, par l’action de l’Esprit Saint, vous verrez une évolution dans votre comportement et votre manière de réagir. Gardez courage et demeurez dans l’amour de Dieu.

Peut-on encore décrire le capitalisme- qui a grandement muté depuis son origine- comme l’instrument de Mammon ? [Judith]

Le capitalisme est un système économique et social dans lequel la propriété des moyens de production est détenue par des personnes privées (ou des États) mais pas par l’ensemble de ceux qui les mettent en œuvre par leur travail. D’autre part, il fonde sa dynamique sur l’accumulation du capital productif guidée par la recherche du profit. Si ce système est ancien et a beaucoup évolué depuis son apparition (à partir du XVIe siècle), la définition qui vient d’en être donnée (Encyclopoedia Universlais) est toujours valable. Il me semble qu’elle montre bien que Mammon, l’Argent comme puissance spirituelle, demeure un agent non négligeable de son fonctionnement.

Est-ce que Jésus a vaincu la mort à la croix- ou à la résurrection ? Si c’est à la résurrection- pourquoi a-t-il dit : Tout est fini ? Donc- quand est-ce qu’il a écrasé Satan ? [Claudette]

Juste avant d’expirer, Jésus a déclaré, selon l’év. de Jean (ch 19 v;30) : tout est accompli (ou : tout est achevé, trad. TOB). Et non pas « tout est fini » au sens où rien ne pourrait suivre l’événement de la croix !

Cette parole, et bien d’autres éléments des récits de la mort de Jésus, nous permettent d’affirmer que la victoire du Christ sur le mal, la mort, et Satan est acquise de façon décisive à la croix ; c’est par sa mort que le Christ l’a remportée. Cette parole de Jésus l’atteste sans aucun doute possible, tout comme certains faits : le voile du temple déchiré à ce moment-là (le Christ nous ouvre un libre accès au Père), ou le cri qu’il a poussé, signe de victoire contre les puissances (Matthieu ch.26, v.50).

La Résurrection de Jésus est l’attestation de cette victoire, de son élévation dans son abaissement même.

Quelle est la position chrétienne historique et actuelle sur la peine de mort ? Est-elle en accord avec la Bible à ce sujet ? [Nic]

Cher Nic, il y a un aspect de votre question auquel je puis répondre sans aucune hésitation : Il n’y a pas UNE position chrétienne, passée ou présente, sur la question de la peine de mort, comme sur bien des questions relevant de l’éthique, d’ailleurs. En gros, on peut distinguer ceux qui estiment la peine capitale légitime, sur la base, notamment, de Genèse 9 v.6 : « qui verse le sang de l’homme, par l’homme verra son sang versé ; car à l’image de Dieu, Dieu a fait l’homme » (trad. TOB). D’autres pensent qu’en Jésus-Christ nous sommes tous à la fois passibles de la peine de mort (salaire du péché) et pourtant épargnés par le don de sa propre vie à la croix, et qu’il faut donc préserver la vie même du pire des meurtriers, dans l’espérance qu’il se repente et vienne à son Sauveur. La parabole du figuier stérile (Luc 13,6 à 8) nous montre bien un ouvrier agricole incitant son maître à ne pas le couper tout de suite, dans l’espérance qu’il finira par porter du fruit…

Sur la question des principes « de base » de notre vision chrétienne de la loi et de l’éthique, se greffe celle des circonstances, et du contexte particulier. ça complique encore les choses ! Serait-ce tout à fait la même chose d’exécuter un criminel dans un pays qui aurait les moyens matériels et un cadre politique, juridique, suffisamment stable pour lui donner une chance de réhabilitation sans mettre en danger la société, et un pays livré par exemple à la folie du terrorisme djihadiste dans un pays d’Afrique subsaharienne, ou plongé dans le chaos par les cartels des narcotrafiquants en Amérique du Sud ?

Pas simple… C’est une des questions où le choix ne se fait pas entre le bien et le mal, mais entre le moindre de deux maux. Je vous conseille en tout cas de taper « peine de mort » ou « loi » dans l’onglet de recherche en haut et à droite de l’écran pour trouver d’autres réponses, tout aussi nuancées, à cette question délicate !

Face aux crises majeures qui seront la conséquence du réchauffement climatique- comment se positionner en tant que chrétiens ? Faut-il envisager une rupture de mode de vie radicale ? [Marion]

Si c’est en tant que chrétiens qu’on aborde les questions écologiques, il faudrait savoir quelle est la part qui est pour nous une obligation par rapport à la nature (ou la Création), quelle est la part que nous devons à la société, voire à la génération suivante. Mais tout ça est de notre devoir de citoyens finalement. Donc ce qui ferait notre particularité chrétienne, c’est ce qu’on fait par rapport à cela pour le Seigneur…

Je crois que nous ne faisons rien de plus que les autres, et que nous avons strictement les mêmes devoirs. La différence tient surtout dans le fait de ne pas idolâtrer la nature, de ne pas nous comporter par rapport à la création comme si elle était le Créateur (Terre-Mère et tutti quanti), car là on tombe dans l’idolâtrie (lire Romains 1,25). Et dans le même ordre d’idée, refusons le concept de sauver la planète, ceci pour deux raisons : d’une part nous ne sommes pas le Sauveur, et d’autre part, la Bible nous explique qu’à la fin des temps, ce n’est pas une Jérusalem terrestre toute rénovée par la main de l’homme qui sera magnifiée, mais une Jérusalem céleste qui descendra d’en-haut.

Bref pas le fruit de nos efforts.

Comment vaincre la peur en soi ? [Jo]

Plus qu’être « vaincue », la peur, comme chacune de nos émotions, doit être « maîtrisée ». Est ce que ma peur me paralyse ou me permet elle une juste prudence ?

L’ensemble de la Bible nous enseigne que l’humain veut se gérer lui même sans l’aide de Dieu. Dans le cas de la maitrise de la peur il en est, me semble t il, de même. On voudrait des méthodes simples et réutilisables à souhait.

Or, la Bonne Nouvelle de Jésus Christ c’est que le Royaume/le Règne de Dieu s’est approché. Ce règne de Dieu est un règne de guérison (des paralysies psychologiques notamment) et de paix.

Dans de très nombreux passages bibliques, Dieu déclare « N’ayez pas peur » (il paraîtrait qu’il y en a 365 occurrences…soit une par jour de chaque année).

Cette maîtrise de la peur ne peut donc venir de moi même mais de la venue du Règne de Dieu dans ma situation paralysante. Du coup, peut être que je peux (avec persévérance) demander à Dieu sa venue et lui laisser vraiment le contrôle et l’autorité sur ma propre vie ?

Je vous laisse la paix du Christ.

Dieu aime le monde (Jean 3,16) et nous dit de ne pas l’aimer (1 Jean 2,15). On fait quoi de ça ? [Pierre-Henry]

Effectivement, il peut y avoir un paradoxe quand il nous est dit dans les Écritures à la fois :
– « N’aimez pas le monde ni ce qui est dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, il n’aime pas Dieu le Père. » (1 Jean 2,15) et…
– « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique. » (Jean 3,16).

Dans la théologie johannique (les écrits attribués à Jean), le monde représente non pas la Création, mais cette Création en tant qu’elle a chuté, dans l’expérience du péché. Le monde est régi par le Prince de ce monde, ce diable qui n’est pas le Roi des Rois, ou le Créateur de l’Univers.

Aimer le monde, pour les humains, c’est adhérer aux appétits d’une vie d’abord physique et psychique, pulsionnelle, libidineuse, ou cupide. Quand les humains aiment le monde, ils le font dans l’ordre du péché, dans l’ordre de la convoitise coupable.

Aimer le monde, pour Dieu, c’est spirituel. Et c’est vouloir le racheter, le reprendre en mains, lui offrir la possibilité du pardon, d’une opportunité nouvelle. C’est un amour qui se donne et qui est tout à fait beau, pur, et indemne du péché.

L’enjeu serait donc pour nous d’arriver, un jour, à aimer le monde avec le cœur et le regard de Dieu, et non pas avec nos envies et nos lubies.
À ce moment-là, nous pourrions aimer le monde comme Dieu l’aime…

Est-ce que la « gouvernance partagée » (sociocratie, holacratie…) serait une solution aux conflits en Eglise ? [Bennivo]

La « gouvernance partagée » est un principe de management des entités humaines, avec pour fondement l’idée d’un système maléable et fortement réformable, un fonctionnement par cercles de travail, avec un accent sur le consentement et la redevabilité, et enfin des outils comme l’élection sans candidat. Il s’agit de managements très souples, mais très codifiés où il s’agit de toujours argumenter les décision, et renforcer des redevabilités horizontales, d’égal à égal, pour quitter à tout prix le pharaonisme des systèmes pyramidaux, où pour ne plus être esclave la seule solution serait de devenir maître.

Il y a donc dans cette proposition managériale plusieurs registres qui plaisent au pasteur réformé qui vous répond, car ils semblent bibliques et font droit à des démarches hyper collaboratives et participatives, non hiérarchiques.

J’y vois pourtant plusieurs limites :
– la nécessité d’avoir des personnes hyper formées, avec une haute compréhension de la méthode, pour que ça marche,
– la tentation de glisser du « semper reformanda » à la révolution permanente, en changeant tout le temps les cercles de structuration,
– un risque de dilution des objectifs dans la fascination pour le moyen,
– un manque de simplicité biblique dans le fait de trouver une inspiration vraiment extérieure au groupe, qui pourra aboutir à l’éviction du Saint-Esprit, et d’autres outils comme la prière, la référence biblique, etc.
– incidemment aux deux points précédents, une accentuation exponentielle de la fascination pour l’Eglise, plutôt que du centrement sur Christ.

Je lui préfère le fonctionnement prébytérien-synodal, auquel j’ajouterai le principe conciliaire. J’explique les enjeux en précisant les termes (tout en essayant de faire court) :
– le presbytéral : un collège d’ancien est très utile pour prendre des décisions dans un système qui est différent d’une entreprise (où chacun peut avoir le même niveau d’implication en termes de temps, et où il n’y a pas la lutte des classes entre permanents et bénévoles, laïcs et clercs).
– le synodal : la mise en commun des ressources permet de penser « l’au-delà de soi-même », et le fait que l’Eglise est un cercle dont le centre n’est pas au milieu d’elle-même. Tout ce qui peut être mutualisé est facteur d’ouverture d’esprit, d’économies d’échelle, et d’humilité locale, de régulation consentie.
– le conciliaire : le système presbytérien-synodal ne peut fonctionner à mon sens que s’il est confessant, fondé sur une foi en l’activité du Saint-Esprit, l’autorité des Ecritures, et donc une méthode qui en découle : nous débattrons et prierons jusqu’à pouvoir dire : « Le Saint Esprit et nous avons décidé… » (Actes 15,28).
Ce système ne cherche pas à diluer l’autorité, la responsabilité ou la redevabilité. Il ne dénie pas la nécessité de combiner le participatif avec parfois aussi une autorité réelle, si possible jamais unipersonnelle, mais quand même incarnée dans un système de ministères (plutôt que sacerdoce), où le risque de l’abus de pouvoir est très limité.
C’est pour cela qu’il a ma préférence.

Comment discuter avec quelqu’un qui pense que Trump était un Cyrus moderne ? – [Stephie]

La comparaison du précédent président des Etats-Unis d’Amérique avec le roi de Perse Cyrus a été faite par des chrétiens qui voulaient justifier leur préférence pour sa candidature à l’élection présidentielle. Tout en admettant qu’à l’instar de Cyrus qui n’adorait pas le Dieu d’Israël, Trump n’affichait pas un comportement ou des propos correspondant à des convictions chrétiennes, ces chrétiens américains estimaient que certaines de ses prises de position (par exemple contre l’avortement) montraient qu’il exécutait la volonté de Dieu. De même que, sans le savoir, Cyrus, en permettant aux juifs de revenir de leur exil dans leur pays et de rebâtir Jérusalem et son temple, fut serviteur du Seigneur, aux dires du prophète Esaïe (voir 44,28, 45,1,13, etc).

Il n’y a pas lieu ici d’évaluer le mandat et l’action politique de Donald Trump. Je note seulement qu’il a consciemment voulu rallier les voix de l’électorat chrétien, et en particulier évangélique, dont le poids est important aux USA. Jusqu’à se faire photographier Bible en main devant le panneau d’une Eglise, au nom de sa conception de la loi et de l’ordre (les responsables de ladite Eglise n’ont pas apprécié cette instrumentalisation symbolique et l’ont fait savoir). Cyrus pour sa part n’avait pas conscience de la portée de ses décisions pour le peuple de Dieu. Il ne cherchait à séduire personne à coups de fake-news ou autres « faits alternatifs », ni à gagner des suffrages, il avait déjà tout pouvoir.

Quant au résultat de la dernière élection présidentielle, ceux qui avaient prophétisé le choix de Dieu en faveur de « son élu Donald-Cyrus » s’en sont repentis, et pour cause !