Pourquoi on nous juge quand on est en deuil (ça va trop vite- trop lentement-…) ? [Maria]

Peut-être voulez-vous parler de ce genre de remarques : « Quelle honte, son grand-père est mort il y a deux semaines et elle ose déjà partir en vacances ». Ou encore : « Quand va-t-elle finir de se morfondre…la vie doit reprendre ! ».
Avec ces petites phrases assassines, nous nous trouvons tout simplement devant le péché de l’humain qui aime à parler pour mettre en avant ce qui n’irait pas chez d’autres, afin d’éviter de regarder au propre péché de son cœur. Ainsi Jésus dit-il : « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’oeil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton oeil?  » Matthieu 7/3.
Le mieux à faire avec ce genre de remarques, c’est de ne pas y prêter attention. Ce qui compte, c’est ce que pense Dieu, n’est-ce pas ? Et il se trouve que la Bible ne dit rien sur la durée que le deuil doit prendre. Plus encore, elle nous montre un Dieu présent à nos épreuves, un Dieu qui en Jésus, comprend notre douleur et qui seul peut aussi nous faire renaître à l’espérance. Alors, laissons le faire, laissons le accompagner notre deuil, à son rythme, qui est aussi le nôtre. Alors, nous verrons sa grâce et nous pourrons lui rendre gloire pour son oeuvre à chacun des moments de nos vies.

Pourquoi parle-t-on si peu du Saint-Esprit dans les Églises ? [Valérie]

Le Saint-Esprit est peu évoqué dans certaines Églises (pas toutes !) pour plusieurs raisons :

  1. D’abord parce que le Premier Testament parle surtout du Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, Dieu de Moïse et d’Israël, celui qu’on appelle depuis le baptême de Jésus : Dieu le Père.
  2. Ensuite parce que le Nouveau Testament parle essentiellement de Jésus (le Fils), bien que les Actes et les autres épîtres parlent aussi de l’Esprit. Mais disons qu’on parle surtout des actes des apôtres qui sont portés par l’Esprit. On aurait pu appeler ce livre les Actes de d’Esprit.
  3. Aussi parce que l’Esprit travaille au travers des gens et donc nous sommes amenés à évoquer leurs aventures et leurs actions à eux, quand ils sont mus par l’Esprit. Ainsi, quand nous voyons les feuilles bouger, les arbres ballotter, la poussière se lever, nous parlons des feuilles, des arbres, de la poussière, pour conclure brièvement par : « Il y a un vent fou ».
  4. Enfin certainement parce que les théologies du Saint-Esprit sont un lieu de grandes divergences dans les Églises, entre ceux qui pensent :
    – qu’il n’agit que par la médiation des Écritures,
    – qu’il continue à faire des miracles mais uniquement dans le cadre de la « charte » de 1 Corinthiens 12,
    – qu’il est actif en offrant de nouveaux types de dons qui pouvaient ne pas être listés dans la Bible,
    – voire pour certains (qui à mon avis dépassent les bornes), qu’il peut apporter des doctrines nouvelles non limitées par le texte biblique.

Voilà donc plusieurs raisons qui font qu’on en parle trop peu.
Mais grâce à votre question, peut-être que certains se sentiront exhortés à en parler plus.

Je me sens en insécurité chez moi et à l’extérieur par rapport à mon vécu qui hante mon présent- comment Dieu peut-il m’aider ? [Freddy]

Cher Freddy, connaissez-vous l’histoire de cet homme tombé à la mer qui appelle Dieu à l’aide ? Un navire s’approche de lui, et un marin lui lance une bouée. Le naufragé la refuse en disant : non, non, c’est à Dieu que j’ai demandé de l’aide et pas à vous. Un autre navire approche, il refuse encore. Un troisième navire s’approche, toujours le même refus. L’homme finit par se noyer. Il demande au Seigneur : pourquoi n’as-tu pas entendu ma prière ? je t’avais appelé à l’aide. Le Seigneur répond : mais mon enfant, je t’ai envoyé trois fois du secours…

La réponse à votre question paraît simple même si votre problème personnel est dans doute compliqué. Le Seigneur nous aide en nous donnant des frères et des soeurs dans la foi, à même de nous écouter et de nous comprendre sans nous juger ou nous prodiguer des conseils et autres « tu n’as qu’à… ». Ils peuvent devenir, dans les mains du Seigneur, les instruments et les témoins de sa puissance de délivrance.

Bref, je vous encourage, si vous ne l’avez pas déjà fait, à rencontrer un pasteur ou autre responsable d’Eglise en qui vous aurez confiance, et à partager avec lui/elle ce fardeau que vous portez. Que le Seigneur vous bénisse !

La Bible dit vrai parce que la Bible dit qu’elle dit vrai. Que faire… ? [Michele]

Que faire pour éviter ce raisonnement circulaire et auto-validant ? Bonne question Michèle !

Quelques précisions tout d’abord. Plutôt que « La Bible », il faudrait plutôt parler des auteurs bibliques puisqu’ils sont nombreux, et les genres littéraires qu’ils ont utilisé très divers. La question de leur « véracité » se pose pour certains d’entre eux : conformité aux faits pour les récits historiques, solidité des affirmations (par exemple sur la nature divine de Jésus) pour les textes doctrinaux, fiabilité des prophéties, etc.

Pour ce qui concerne les récits ayant trait à l’histoire d’Israël, du ministère de Jésus et des débuts de l’Eglise, nous n’avons aucune « preuve » déterminante de leur véracité. Les Evangiles ne sont pas des biographies critiques au sens moderne, mais des témoignages. On ne demande pas à un témoin d’apporter les preuves de ce qu’il rapporte, on lui demande de témoigner. Et quand Paul explique dans ses lettres le plan de Salut de Dieu, il revendique une autorité qui lui vient de sa rencontre personnelle avec le Christ, de sa découverte bouleversante de l’identité de celui dont il persécutait auparavant les disciples. Là aussi, il se pose en témoin.

La Bible ne s’est pas constituée en un jour. On peut la considérer comme le recueil progressif de tous les écrits qui ont été reçus par Israël, puis par les premiers chrétiens, comme le dépôt, l’écho fiable de l’Alliance entre Dieu et ses partenaires humains. Tout comme les livres de l’Ancien Testament, Les 27 livres qui constituent le Nouveau Testament n’ont pas été choisis par une commission qui a décidé un beau jour d’arrêter la liste des textes chrétiens inspirés par le Saint-Esprit ! Ils se sont imposés d’eux-mêmes, et l’Eglise a écarté bon nombre d’Evangiles plus ou moins fantaisistes ou marqués par des philosophies non-chrétiennes comme el gnosticisme, en ne retenant que ceux de Matthieu, Marc, Luc et Jean.

« La preuve du pudding, c’est qu’on le mange », a dit avec humour quelqu’un sur cette question. Finalement, c’est en lisant soi-même la Bible qu’on se rend compte de la force transformatrice de son message, un message que Dieu nous adresse personnellement, avec une surprenante continuité à travers les siècles couverts par l’histoire biblique, révélant une profonde unité dans sa diversité. Des millions de vies ont été éclairées, transformées par ce qu’elle nous rapporte de la grande aventure de Dieu parmi les hommes, qui culmine dans la mort et la résurrection du Christ.. et qui ne finit pas. C.S. Lewis, un philosophe et écrivain chrétien du XXe siècle, a bien résumé l’enjeu : Ou bien le christianisme est faux et sans aucune importance ou bien il est vrai et tellement important. Ça ne peut pas être moyennement important. Le témoignage que la Bible rend au Dieu qui se révèle en Jésus-Christ nous amène à choisir entre foi et incrédulité.

Qu’est-ce qui fait le socle commun de toutes les Eglises de l’EPUdF au niveau de la confession de foi ? [Jules]

Bonjour Jules, votre question revient à se demander s’il est possible de confesser ensemble notre foi, c’est à dire d’exprimer des convictions communes au sujet de l’Evangile et du Dieu de Jésus-Christ, dans le cadre d’une union d’Eglises qui revendique par ailleurs une pluralité de théologies et de sensibilités. Historiquement, l’Eglise réformée de France en 1938 a réuni des Eglises locales de tendance orthodoxe (ou évangélique) et des Eglises de tendance libérale. La même question fut posée à l’époque. Finalement, les libéraux qui se méfiaient de toute formulation doctrinale acceptèrent l’idée d’une déclaration de foi commune, à laquelle tout pasteur devait adhérer, mais on leur concéda qu’il ne fallait pas s’attacher à la lettre des formules ! On se garda aussi de toute mention directe du dogme de la Trinité que les libéraux refusaient.

A l’occasion de l’union entre Réformés et Luthériens qui a abouti à l’EPUdF, une nouvelle déclaration de foi commune a été mise en chantier, et a abouti en 2017 après bien des débats et des remaniements. Comme toute formulation humaine, elle n’est pas parfaite, elle est donc perfectible et contient -je n’engage que moi en l’écrivant- des lacunes, ou des ambiguités (tous accordent-ils la même signification au mot « ressuscité », par exemple ?), mais notre mouvement des Attestants, à travers ses membres, s’est associé à la réflexion des synodes. Je ne peux que vous encourager à lire cette déclaration de foi pour découvrir ce que notre Eglise pense pouvoir dire d’une même voix au monde d’aujourd’hui. Puisque toute confession de foi, par définition, est un témoignage.

C’est quoi une confirmation par immersion ? J’ai entendu des Eglises user ce terme. [Kanye]

Il s’agit je pense de chrétiens qui souhaitent confirmer l’alliance de leur baptême, reçu à la demande de leur famille alors qu’ils étaient de jeunes enfants, en se faisant baptiser par immersion.

Cette pratique relève, semble-t-il, du désir de concilier d’une part la conviction qu’un baptême de croyant, par immersion, est la pratique la plus fidèle à l’enseignement du Nouveau Testament et le refus d’autre part de déclarer comme nul et non avenu le baptême reçu étant tout petit, car ce baptême a été administré de la part de Dieu, qui dans sa Grâce nous a aimés le premier. Il existe en effet de solides arguments bibliques en faveur des deux pratiques, baptême de jeune enfant et baptême de croyant.

Mais, à mon sens, comme tout « compromis » entre deux convictions, celui-ci est un peu problématique. Si l’on reconnaît la pertinence de la pratique du baptême d’enfant, pourquoi un autre baptême ? Et si l’on n’en reconnaît pas la pleine validité, pourquoi le « confirmer »? La réflexion n’est pas terminée…

Quel type d’Eglise est le plus pertinent aujourd’hui ? Mégachurch- dénomination- Eglise de maison-… ? [Joséphine]

« Megachurch » et « Eglise de maison » renvoient d’abord au nombre de membres d’une Eglise locale. Je ne sais pas s’il existe une taille idéale ! Le Nouveau Testament nous dépeint l’Eglise primitive à Jérusalem comme attirant des milliers de convertis, ce qui pourrait faire pencher vers le modèle Megachurch, « grande Eglise », mais il évoque aussi (notamment dans les lettres de Paul) des disciples se réunissant dans la maison de tel ou tel, ce qui implique un groupe restreint. Beaucoup d’Eglises dynamiques, de nos jours, « essaiment » quand elles ont pris une certaine taille.

Le risque du type Megachurch, tel qu’on en voit dans certains pays, est de dériver vers une culture d’entreprise, de transformer le culte en un grand « show ». L’assemblée devient un public, le ou les pasteurs des stars, qui attirent une foule en quête de sensations fortes ou espérant une guérison, sans lui permettre de s’engager vraiment sur le chemin de la vie chrétienne. Mais parfois de grandes Eglises comprennent aussi des cellules de quartier, groupes de maison, peu importe comment on les appelle. L’existence de ces Eglises de maison est, l’expérience le montre, une des conditions de croissance d’une communauté, une réponse concrète au besoin qu’a toute personne d’être connue par son nom dans notre société où grandissent l’anonymat et la solitude, et de trouver sa place, d’avancer dans la foi et la vie de disciple.

Dans votre liste, vous évoquez aussi les dénominations. S’agit-il d’opposer les Eglises indépendantes (c’est le cas de la plupart des Megachurches) à celles qui sont rattachées à une union ou fédération d’Eglises ? L’avantage de ces dernières est qu’elles permettent de garder un lien hors-communauté locale, et donc de lutter contre la tentation du repli sur soi, matrice de bien des dérives sectaires. Mais ce n’est pas toujours une garantie. Une Megachurch peut entretenir des liens fraternels avec d’autres Eglises, alors qu’une communauté locale membre d’une union d’Eglises peut cultiver l’esprit de clocher, esprit que j’ai parfois vu à l’oeuvre dans certaines paroisses de l’Eglise protestante unie par exemple !

Jésus donne des clés pour régler les conflits ; la solution de Matt 18 est-elle réaliste finalement ? [Stan]

Les versets 15 à 18 de ce chapitre 18 de Matthieu traitent des conflit entre frères (donc au sein de la communauté chrétienne) et de la façon d’en sortir : par le dialogue, et la médiation. Il n’envisage pas de « solution » immédiate, facile, aux résultats instantanés. Au contraire, si une première tentative échoue, il propose une autre voie, et si cette 2e voie de règlement du conflit échoue, une 3e, et une 4e en dernier recours !

Premier essai : si ton frère a péché contre toi, va et reprends-le seul à seul. Donc va le voir au lieu de te plaindre de lui aux autres. Circonscris l’incendie et ne le répands pas ! Reprends-le en privé, ne l’agresse pas devant toute la communauté, geste humiliant qui l’amènerait sans doute à contre-attaquer et aggraverait donc le conflit. S’il t’écoute, ajoute Jésus, tu as gagné ton frère. Non pas : « tu l’as emporté, tu t’es bien vengé », mais au contraire : tu as regagné quelqu’un que tu avais perdu, puisque ce conflit te privait de lui et donc t’appauvrissait.

Les 2e et 3e essais consistent à parler du conflit avec d’autres membres, puis avec la communauté, non pas pour les mettre de ton côté, mais pour essayer de recréer un lien avec l’offenseur, si le face à face direct n’a pas de donné de résultat. Cela s’appelle la médiation, et souvent ça marche !

Mais Jésus envisage que l’offenseur ne veuille toujours pas écouter : alors, « considère-le comme un païen (donc un étranger) et un collecteur de taxes (donc un pécheur) ». Attention là aussi à ne pas faire de contresens. Jésus ne dit pas : « laisse tomber, celui-là est vraiment irrécupérable », mais plutôt : « considère-le et traite-le avec l’amour que moi, Jésus, j’ai pour toutes les personnes que l’on rejette et que l’on méprise » (les juifs considéraient les païens, les non-juifs, et leurs compatriotes collecteurs d’impôts au profit des Romains comme impurs, infréquentables, or Jésus les fréquentait !).

Franchement, je trouve la démarche que propose Jésus tout à fait réaliste. Et en même temps toujours pleine d’espérance. Faisons-lui confiance.

La confession de foi de La Rochelle a-t-elle encore une importance au sein des paroisses de l’EPUDF ? [Augustinus]

Cette confession de foi, qui doit son nom au fait qu’elle a été adoptée par le Synode des Eglises réformées en France de 1571 réuni à La Rochelle, est toujours, selon le préambule de la constitution de l’EPUdF, la confession de référence des Eglises réformées membres de l’union. De même que la déclaration de foi de 1938 (texte plus court et plus synthétique, celle de La Rochelle compte 40 articles !). La déclaration de foi plus récente, adoptée en 2017 pour disposer d’un résumé de nos convictions commun aux luthériens et aux réformés, n’a remplacé ni l’une ni l’autre.

Le texte de la confession de foi de La Rochelle est disponible auprès des éditions Kérygma, 33 av. Jules Ferry, 13100 Aix en Provence (publicité gratuite !), comme d’autres textes de la Réforme (le catéchisme de Heidelberg, notamment).

Quant à savoir si elle a encore une importance au sein des paroisses, c’est à dire si elle est vraiment prise en compte, consultée, étudiée.., dans le climat de relativisation des convictions que notre société traverse, il est à craindre que non. Tout dépend des lieux, et je n’ai pas de statistiques ni autres renseignements à ce sujet.

Votre question nous donne en tout cas l’occasion d’en souligner la valeur et la pertinence.

Peut-on considérer les mormons comme chrétiens ? Ils ont des croyances éloignées des Écritures. [Augustin]

L’Eglise de Jésus-Christ des Saints des derniers jours (appellation plus correcte que « Mormons ») est née aux Etats-Unis, dans l’ébullition spirituelle qu’a connue ce pays au 19e siècle. Son fondateur, Joseph Smith, affirmait avoir reçu de Jésus-Christ lui-même la mission de refonder l’Eglise authentique après 18 siècles d’apostasie et avoir été pour cela au bénéfice d’une révélation spéciale.

Même si elle reconnaît à Jésus-Christ une place centrale dans le plan de Salut de Dieu, cette Eglise, d’un point de vue protestant, ne peut être considérée comme faisant partie de la grande famille chrétienne, unie par la référence à l’Ecriture et les textes doctrinaux des conciles oecuméniques des premiers siècles comme le Symbole des Apôtres, reconnus par les catholiques, les orthodoxes, et les protestants.

Malgré des aspects positifs (un engagement éthique, le refus du racisme, etc), et des dialogues qui l’ont rapprochée, notamment aux Etats-Unis, d’autres confessions, L’Eglise de Jésus-Christ des Saints des derniers jours est un mouvement sectaire. Tout d’abord, comme on l’a dit, elle se considère comme l’unique Eglise authentique, toutes les autres avant elles ont trahi le Seigneur. Ensuite, elle admet d’autres sources de révélation comparables à la Bible elle-même (pourtant pleinement suffisante, comme l’oeuvre du Christ lui-même !). Notamment des écrits qui auraient été gravés sur des plaques d’or confiées à Joseph Smith, traduits et réunis dans le Livre de Mormon qui raconte « les relations de Dieu avec les anciens habitants de l’Amérique et contient la plénitude de l’évangile éternel » (dixit l’introduction de l’édition dont je dispose). Il contient l’histoire d’un prophète juif, Léhi émigré en Amérique avant la chute de Juda en 600 av. JC., et de ses descendants. Ils y auraient reçu la visite de Jésus lui-même vers l’an 34… Le verset cité à l’appui de cette doctrine farfelue par des missionnaires de l’Eglise des Saints des derniers jours que j’ai rencontrés est l’Evangile de Jean, ch.10 v.16: « j’ai d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos et celles-là aussi il faut que je les mène ». Alors qu’il s’agit bien sûr des païens, des non-juifs réunis avec les juifs autour d’un seul berger.