Le pasteur qui m’a remise sur la voie de Dieu va partir en retraite ; je ne veux pas perdre l’intensité de mes liens avec notre Dieu ! [Véronique]

C’est un souci louable ! Car ce qui compte, ce sont bien ces liens avec Dieu, plus que ceux avec un pasteur ou toute autre personne chrétienne.

Pourtant, naturellement, un pasteur ou une autre personne peut parfaitement jouer un rôle important dans le fait d’avoir noué ou renoué de tels liens. Il ne s’agit pas de le nier. Mais ce pasteur ou autre l’a fait comme serviteur de Dieu et de sa Parole, et non comme intermédiaire obligé : Jésus seul est le moyen de la communion avec Dieu.

Il faut donc bien être reconnaissant à Dieu pour ce pasteur et – pourquoi pas – garder contact s’il est d’accord. Mais le lieu où se nourrit la relation avec Dieu, c’est la prédication et la cène, certes présidées par un pasteur, mais où ce n’est pas lui, mais Jésus, que nous y rencontrons. C’est là qu’en persévérant, en recevant ce que Dieu veut nous y donner, nous pouvons approfondir cette relation toujours à nouveau, afin d’en vivre les uns avec les autres dans l’Église locale.

Je suis sûr que votre pasteur bientôt retraité aura à cœur de vous confier à d’autres chrétiens, tout comme il vous confie déjà au Seigneur Jésus par sa prière et par son ministère. Laissez-vous faire, non pas pour l’abandonner, mais pour aborder une nouvelle étape de votre relation avec Dieu. Un chrétien grandit dans la foi durant toute sa vie, c’est une chance et une bénédiction !

Pourquoi Jésus, qui a choisi de se donner en sacrifice pour les humains, crie-t-il au Père qu’il l’a abandonné ? [Déborah]

Jésus a effectivement choisi, ou plutôt il s’est librement conformé à la volonté du Père : « Je donne ma vie, afin de la reprendre. Personne ne me l’ôte, mais je la donne de moi-même ; j ai le pouvoir de la donner et j ai le pouvoir de la reprendre ; tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père. » (Évangile selon Jean 10 / 17-18)

Ce qui ne l’empêchera pas, lui pleinement humain, de vivre douloureusement cette mort. Comment aurait-il pu en être autrement ?! « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe. Toutefois que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne, qui soit faite. » (Évangile selon Luc 22 / 42)

La mort signe l’abandon total, pour tout être humain : abandon à ce qui tue, abandon de soi-même, perte totale et irréversible d’autonomie. « Sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde au Père, Jésus, qui avait aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. » (Évangile selon Jean 13 / 1) C’est-à-dire jusqu’à son propre anéantissement. Comme Paul l’écrira : « Il s’est dépouillé lui-même, en prenant la condition d’esclave, en devenant semblable aux humains ; après s’être trouvé dans la situation d un humain, il s’est humilié lui-même en devenant obéissant jusqu’à la mort, la mort sur la croix. » (Épître aux Philippiens 2 / 7-8)

Le cri de Jésus sur la croix, tel que rapporté par Matthieu et Marc : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » est bien la constatation de cet abandon total. Mais c’est aussi, comme Job l’avait fait, l’affirmation que Dieu seul est au bout de sa plainte et peut y répondre : c’est dans cet abandon total que Dieu se révèle comme rédempteur (Job 19 / 25-26). Enfin, comment des connaisseurs des Écritures pourraient-ils ne pas y entendre le début du Psaume 22, au cours duquel se trouve la jubilation : « Tu m’as répondu ! » (v. 21) Telle était la confiance de Jésus en son Père que, même dans la souffrance et la mort, il était assuré de la victoire.

Si le Christ nous demande d’aimer notre prochain comme nous-mêmes, comment apprendre d’abord à nous aimer d’un amour juste ? [Ludivine]

Vous pointez une vraie question ! Or, si la psychologie s’oppose à une parole biblique, c’est que l’une ou l’autre a tort. Mais peut-être n’est-ce pas la parole biblique, mais notre compréhension de cette parole… ?

Selon la Bible, il ne nous est effectivement pas possible de « nous aimer d’un amour juste ». D’ailleurs, qu’est-ce que ça voudrait dire ? Dieu est le seul qui puisse aimer chaque être humain d’un tel amour, car n’est juste que ce que Dieu regarde comme juste, et les humains ont abdiqué cette justice ! Le critère d’un « amour juste » est alors à chercher dans la Bible : ce pourrait être le chapitre 13 de la première épître de Paul aux Corinthiens, qu’on entend souvent aux mariages, mais qui a un sens bien plus large – et plus interpellant ! Mais le seul amour qui correspond à ce qui est écrit là, c’est celui que Jésus nous a manifesté en donnant sa vie pour nous, pour nous gagner la nôtre !

Si l’on fait attention aux passages où Jésus cite ce verset du Lévitique : « tu aimeras ton prochain comme toi-même », c’est en réponse à la question du plus grand commandement de la Loi de Moïse (c’est seulement la 2e partie de la réponse, la première parle d’aimer Dieu par-dessus tout). C’est une question juive par excellence, et tous les rabbins signeraient cette réponse !

Le « commandement d’amour » spécifique de Jésus n’est pas celui-ci, mais « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés », qu’on peut entendre dans l’évangile et la première épître de Jean. Il n’est pas centré sur soi, comme celui du Lévitique, mais sur Jésus et sur la fraternité chrétienne, laquelle est fondée et donnée par Jésus : c’est son amour jusqu’à la croix qui permet notre amour mutuel. Tel est le miracle de l’Évangile : « je » ne suis plus le sujet, je reçois l’amour de Jésus avec mes frères et sœurs et le leur pour moi, afin de pouvoir les aimer à mon tour.

Peut-on se dire chrétien si on croit en Jésus et que l’on vit selon sa parole, mais que l’on ne croit pas en la résurrection physique ni en la conception virginale de Marie ? [Patrick]

Être chrétien, c’est vivre de et en Christ, qui est lui-même la Parole de Dieu. La Bible inspirée de Dieu en porte témoignage à travers des regards humains divers, dont aucun de satisfait aux critères du rationalisme des XVIIIe et XIXe siècles.

Ceci étant posé, comment « croire en Jésus » sans croire en sa « résurrection physique » fortement attestée dans l’Écriture ? Certains des chrétiens de Corinthe s’y étaient essayé, et l’apôtre Paul leur répond au chapitre 15 de sa première épître. Ses réponses sont toujours actuelles.

Les auteurs bibliques n’ont jamais cru à l’immortalité de l’âme, concept grec. Ressusciter veut forcément dire une résurrection corporelle, même si, comme Paul l’écrivait et comme on peut l’espérer, ce ne sera pas un corps tel que nous sommes aujourd’hui. Ainsi Jésus ressuscité corporellement pouvait-il pourtant pénétrer dans une pièce fermée, et néanmoins manger !

Que cela heurte notre propre vision des choses n’a, après tout, pas beaucoup d’importance ! Le texte biblique a raison malgré ma raison… !

Quant à « la conception virginale de Marie », de quoi voulez-vous parler ? S’il s’agit de « l’Immaculée Conception » de Marie elle-même, cela n’est absolument pas biblique et nous entraînerait bien loin du salut en Jésus seul !

Mais s’il est question de la conception virginale de Jésus, là encore les seuls textes bibliques qui l’évoquent (Matthieu et Luc) sont clairs. Mais quel est leur but ? Affirmer que Jésus est vraiment divin et vraiment humain. Comme chacun de nous, Jésus est « né de femme » – ce qui suffit à dire sa pleine humanité. Et comme aucun d’entre nous, il est vraiment Fils de Dieu, le seul en qui nous pouvons accéder à Dieu le Père. La manière de le dire n’a pas d’importance, aucune manière ne pourrait en parler avec justesse de toute façon.

Le chrétien est alors celui qui fait confiance (même en ayant du mal avec les manières de dire) à la parole qui témoigne de Jésus-Christ vrai Dieu et vrai homme, vraiment mort et vraiment ressuscité.

Quel(s) verset(s) de l’Évangile condamne(nt) l’homosexualité comme étant un péché ? [Vincent]

Si, par « Évangile », vous entendez les quatre récits qui ouvrent le Nouveau Testament, il n’y a pas (non plus que pour beaucoup d’autres sujets)… Mais si, Vincent, vous êtes intéressé par ce qui exprime la parole de Dieu à travers la Bible, voici : il y a dans la Bible plusieurs versets concernés par cette question. Il s’agit alors de savoir quoi en faire, dans quel cadre biblique les interpréter.

Dans l’Ancien Testament, il y a bien sûr ce qui est suggéré de la demande des habitants de Sodome à l’égard des visiteurs de Loth (Genèse 19 / 5), expression du péché de cette cité condamnée aux yeux de Dieu. De même à l’égard du lévite en visite à Guibéa (Juges 19 / 22).

Il y a plus explicitement les condamnations du « Code de sainteté » (Lévitique 18 / 22 et 20 / 13) parmi beaucoup d’autres interdits sexuels qui, transgressés, pourrissent les relations. Elles sont dans la logique du premier récit de la Création (Genèse 1) dans lequel Dieu met de l’ordre en séparant, et notamment par la différence des sexes, et dans la logique du second récit (Genèse 2 / 23-24) dans lequel homme et femme trouvent leur identité respective l’un par rapport à l’autre.

Dans le Nouveau Testament, c’est la tradition épistolaire paulinienne qui aborde le sujet. Ainsi l’homosexualité semble faire partie d’une liste – comme il en existait ailleurs – de vices condamnables (1 Corinthiens 6 / 9 et 1 Timothée 1 / 9-10). Le même texte se poursuit ainsi (1 Corinthiens 6 / 11) : « Et c’est là ce que vous étiez, quelques-uns de vous. Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ, et par l’Esprit de notre Dieu. » Les vices énoncés ne sont donc pas de nature : en Christ ils ne constituent plus notre identité et sont dépassés.

Mais surtout, dans l’Épître aux Romains (1 / 24 à 27), les relations homosexuelles expriment l’abandon par l’humanité d’une relation juste avec son Créateur. Elles sont donc le symptôme de l’idolâtrie, « servant la créature au lieu du Créateur ». Alors que la conjugalité hétérosexuelle monogame renvoie précisément à l’ordre de la Création, et donc aussi du salut qui restaure celle-ci (cf. Éphésiens 5 /  21 à 33).

La Bible n’est pas une liste de choses condamnables et d’autres qui ne le seraient pas. Elle énonce que tout ce qui, dans nos vies et nos relations, est tourné vers nous-mêmes, comme par exemple plusieurs manières de vivre la sexualité, est constitutif de notre péché. Puisque Dieu, dans son altérité, s’est offert à nous (et c’est là l’Évangile), de même une sexualité où je me trouve moi-même dans l’autre différent en m’offrant à lui est conforme à une vie évangélique.

 

 

Dieu a-t-il évolué entre l’Ancien et le Nouveau Testament ? [Pierrette]

Dieu tel qu’en lui-même n’évolue pas, il est le même, Père, Fils et Saint-Esprit, depuis toujours et pour toujours !

Mais la perception qu’en ont les croyants, elle, évolue. Comme évoluent aussi les relations qu’il entretient avec eux !

Ainsi  l’Ancien Testament relate ces relations tumultueuses entre Dieu et le peuple auquel il a choisi de se révéler et qu’il a libéré de l’esclavage par le don de sa Loi, l’envoi de ses Prophètes et la réflexion de ses Sages. Cet Ancien Testament est resté marqué par les images idolâtres de Dieu qu’il combat pourtant avec force, mais que l’inspiration des auteurs a parfois utilisées pour répondre à la mentalité encore païenne des auditeurs et lecteurs.

Comme le montre notamment l’épître aux Romains, cette pédagogie n’avait pas pour but le salut, impossible par notre obéissance à des commandements, par nos propres œuvres, mais elle permettait d’attendre et de reconnaître la manifestation pleine et entière de Dieu en son Fils Jésus-Christ.

Celui-ci a donc bien « accompli la Loi » en ce qu’elle pointait vers lui, « car il n’y a sous le ciel aucun autre nom donné parmi les humains, par lequel nous devions être sauvés » (Actes des Apôtres, ch. 4, v. 12). Tout ce que l’Ancien Testament montrait n’était que la figure du salut pleinement accompli en Jésus-Christ, ce dont le Nouveau Testament témoigne.

Nous avons toujours besoin des deux Testaments : comment sinon pourrions-nous réaliser à quoi nous mènerait une existence détachée du Christ et sous l’emprise du péché que dénoncent la Loi et les Prophètes ? La Bible nous sert de miroir de nos existences perdues, pour nous montrer la grâce du salut qui nous est offert en Jésus.

Pourquoi certains chrétiens prient-ils pour un défunt et d’autres pas ? [Isabelle]

À cela il peut y avoir une réponse de type psychologique. Nous avons tous besoin d’être rassurés quant à la vie et à la mort. Prier pour un défunt peut aider certaines personnes…

Mais pour nous protestants, qui savons l’amour inconditionnel de Dieu notre Père pour ses enfants, cela n’a guère de sens. Nous n’avons pas besoin d’être rassurés là-dessus, car cet amour de Dieu ne tient pas à nous (morts ou vivants), mais à la seule grâce de Dieu qui s’est manifestée par la mort victorieuse de Jésus pour nous qui ne le méritions pas.

Et puis, prier pour quelqu’un vivant en ce monde, cela a du sens et exprime devant Dieu notre souci de la personne, et dans la prière nous pouvons recevoir l’assurance de ce que Dieu peut faire pour elle (et même de ce que nous pouvons faire pour elle).

Mais prier pour quelqu’un qui, à vues humaines, n’existe plus, cela ne servirait à rien. C’est trop tard ! La personne défunte est désormais hors d’atteinte pour nous. Nous pouvons remercier Dieu pour elle, pour ce que nous avons reçu d’elle ou par elle, demander pardon pour nous qui n’avons pas été à la hauteur avec elle, et prier pour ceux qu’elle a laissés dans cette vie-ci.

D’autres chrétiens ont une vision différente, et pensent que la plupart des défunts attendent le jugement dans un lieu intermédiaire, le « purgatoire », totalement absent des Écritures ! Leurs prières et leurs bonnes œuvres peuvent, pensent-ils, limiter ce temps de prison pour leurs défunts… Cette vision, outre qu’elle n’est pas conforme à la Bible, ne prend pas en compte la mort du Christ qui donne la vie éternelle à tous ceux qui adhèrent à lui, ni la puissance de sa résurrection qui est bien capable de susciter à nouveau ceux qui sont morts en se faisant (re)connaître d’eux.

Christ est mort pour tous. Mais sa mort est seulement efficace pour les personnes qui croient en lui (les élus) ? [Kanyr]

Contradiction  ? Non pas ! Christ est mort pour tous, effectivement. Or le salut se vit comme une relation personnelle avec Jésus-Christ : il nous remet à notre place d’enfants de Dieu devant le Père. Encore faut-il  être unis à lui, mais tous  ne  le sont pas.

C’est comme si on vous offrait un cadeau, mais que vous ne le saisissiez pas : jamais vous n’en profiteriez. Or le cadeau n’est pas laissé sur la table, il vous est remis en mains propres. Une autre image, plus biblique : l’habit de noce a beau vous être remis gratuitement pour entrer dans la fête, encore faut-il s’en revêtir (voir dans l’Évangile selon Matthieu, ch. 22, v. 10 à  14).

La foi, c’est la réponse humaine au salut offert en Jésus-Christ. Elle est l’œuvre du Saint-Esprit en chacun de nous, car nous-mêmes ne sommes pas capables d’une telle confiance, nous nous méfions toujours de ce qui est gratuit pour nous, nous préférerions devoir payer. Mais avec quoi nous rachèterions-nous de tout ce qui nous sépare de Dieu ? Nos « bonnes œuvres »  n’y suffiraient pas, et c’est pourquoi le salut est offert à tous, « bons ou mauvais » (même référence que ci-dessus).

Parce que c’est Dieu lui-même qui est à l’œuvre dans notre réponse, dans notre foi, certains pensent (dans la Bible comme dans la théologie réformée) que nous y avons été choisis, élus de tout temps. Vous utilisez ce mot dans votre question. Mais d’autres manières de voir ou de  dire sont aussi possibles. L’important est la réalité vécue de notre foi et de notre témoignage :  oui, toute personne peut bénéficier de ce salut qui nous est acquis par la mort du Christ,  en vivant unie à lui dans la confiance reçue de lui. C’est pourquoi, certain de mon salut en Christ, je puis le proposer à tout autre personne auprès de qui j’en témoigne, sans me préoccuper de ce que Dieu seul connaît….

Si la mort en Christ est plus douce que la vie, pourquoi ne souhaitons-nous pas tous mourir ? Autant vivre une vie parfaite dans les cieux et laisser la vie terrestre… [Marie]

C’est effectivement l’apôtre Paul, qui écrivait aux Philippiens (chapitre 1er, versets 21 et 22) : « Pour moi, Christ est ma vie et la mort m’est un gain. Mais est-ce utile pour mon œuvre que je vive dans la chair ? »

S’il continuait en se demandant (de manière parfaitement rhétorique) : « Que dois-je préférer ? Je ne sais. », c’était finalement pour conclure qu’il allait rester « dans la chair » à cause de sa mission auprès de l’Église à laquelle il écrivait. Cette conclusion était déjà là dans la question : « est-il utile pour mon œuvre ».

Car si Dieu nous a placés là où nous sommes chacun, vous Marie comme moi et tous les autres chrétiens, c’est en vue d’une certaine œuvre à accomplir. Il nous a donné mission d’être des témoins de son Évangile,  de rendre compte dans ce monde-ci qu’effectivement, « Christ est plus doux que la vie ». Mais comment en témoigner en s’excluant de cette vie ? Ainsi la tentation sectaire comme celle du suicide ou de la course au martyre ont toujours été condamnées.

La vie parfaite que Dieu offre en Christ se vit déjà ici-bas dans l’imperfection humaine, le péché et les attaques du Malin, l’incrédulité voire la persécution. Tout comme Christ y a aussi vécu. C’est ce qu’écrivait l’auteur de l’Épître aux Hébreux (chapitre 12, versets 1 et 2) :
« Courons avec persévérance l’épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est l’auteur de la foi et qui la mène à la perfection. Au lieu de la joie qui lui était proposée, il a supporté la croix, méprisé la honte, et s’est assis à la droite du trône de Dieu. »

Il n’est donc ni possible ni permis à des chrétiens de refuser cette vie donnée par Dieu au prétexte que vivre auprès du Christ est meilleur : lui a choisi de vivre auprès de nous, et il y reste présent par son Esprit. Notre place est ici. Comme Jésus le priait selon Jean (chapitre 17, versets 14 et 15) :
« Je leur ai donné ta parole, et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi, je ne suis pas du monde. Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les garder du Malin. »

 

Rassurez-moi : l’Israël dont on parle dans la Bible, ce n’est pas la même chose que l’État d’Israël actuel ? [Simon]

Pourquoi, Simon, avez-vous besoin d’être rassuré ? Le Saint-Esprit n’a-t-il pas interprété pour votre propre vie les textes en question ? Car cela seul compte. La Bible ne parle prioritairement ni d’histoire ni de futur, mais de présent, votre présent ! (et le mien…), et pas celui des États actuels, passés ou à venir.

Lorsqu’elle parle de l’histoire d’Israël, c’est donc dans ce but, c’est à travers l’histoire et la foi de ce peuple de l’Antiquité que nous sommes appelés à comprendre la grâce de Dieu manifestée pleinement en Jésus-Christ, et donc notre propre foi comme croyants et comme Église, peuple des croyants comme l’était l’ancien Israël.

Humainement, celui-ci se continue de manière différenciée dans le peuple juif d’une part, rassemblé par la version rabbinique du judaïsme depuis le IIe siècle de notre ère, et dans l’Église chrétienne d’autre part, dans laquelle « il n’y a plus ni Juif ni Grec » (Épître aux Galates, chapitre 3, verset 28). La relation entre ces deux « héritiers » est évoquée par l’apôtre Paul à plusieurs reprises, notamment dans l’Épître aux Romains, chapitres 9 à 11, et aussi dans l’Épître aux Galates, du chapitre 4 verset 21 au chapitre suivant, verset 6.

La Bible ne parle évidemment pas de l’État d’Israël contemporain, qui n’est pas même fondé dans le judaïsme rabbinique, mais dans le sionisme laïque et l’identité ethnique. Quant à la question du salut du peuple juif non-chrétien, il vaut mieux relire Saint Paul plutôt que de  se perdre dans des spéculations apocalyptiques sur les « signes » actuels, bien ambigus…