Quand est-ce qu’on devient vraiment chrétien ? éducation ? conversion ? baptême ? [Hanta]

Votre question, Hanta, contient déjà une grande partie de la réponse que l’on peut y apporter. Les trois éléments que vous mentionnez ont effectivement leur place dans la vie chrétienne.

L’éducation comme préparation à une vie de disciple, comme transmission des éléments fondamentaux de la foi.

La conversion comme accueil de la grâce de Dieu qui change la disposition du cœur en l’ouvrant pleinement à Christ.

Le baptême comme manifestation visible de cette foi et entrée dans l’Eglise, famille des enfants de Dieu.

Tout cela construit bien un « devenir » chrétien.

Les chrétiens portent le nom du Christ. Un nom qu’ils confessent du cœur et des lèvres (Romains 10, 10). C’est cette confession de foi en Jésus ressuscité, Seigneur et Sauveur, qui pose le véritable fondement d’une vie chrétienne (1 Corinthiens 3, 11). Elle est cette adhésion qui nous lie à Dieu sur la terre et au ciel. L’éducation peut la préparer, la conversion du cœur lui est nécessaire pour lui donner une assise sérieuse, le baptême la rend publique et lui donne ses témoins. Ces trois choses lui sont donc indispensables, mais ne la contiennent pas tout entière.

On devient chrétien en mettant aussi en pratique les enseignements du Christ et des apôtres. Mais même si nos actes font défaut. Et ils font toujours partiellement défaut, nous sommes donc toujours en devenir. La foi confessée continue à nous lier au Christ, et à nous faire avancer dans la bonne direction, vers une vie sanctifiée.

Où c’est écrit qu’il faut des parrains et marraines dans la Bible ? [Steeve]

Euh… Nulle part ! La mise en place des parrains et des marraines remonte au deuxième siècle, quand la pratique de baptême des petits enfants est devenue plus importante. Il s’agissait de donner à l’enfant baptisé un ou deux adultes référents supplémentaires pour son chemin spirituel et les différents actes qui allaient le jalonner (notamment la première communion ou la confirmation). La mortalité était forte dans ces temps là, et l’on pouvait se retrouver orphelin assez tôt dans la vie. Les parrain/marraine ont donc pu aussi avoir un rôle de parents de « substitution ». Ce n’est donc pas biblique, mais plutôt lié à l’historie de l’Eglise comme institution. Les Eglises qui baptisent seulement les adultes n’ont pas recours à des parrains. Mais ce n’est pas parce que ce n’est pas biblique que c’est obligatoirement mauvais. Ce peut être très utile pour un jeune d’avoir un adulte qui ne soit pas un de ses parents, comme vis-à-vis pour parler de certaines questions, notamment spirituelles.

Ma femme est pédobaptiste (baptême pour les enfants de chrétiens) et je ne crois qu’au baptême des adultes. Que faire lorsque nous aurons notre premier enfant ? [Dell]

Commençons si vous le voulez bien, Dell, par dédramatiser la situation ! Votre femme et vous-même croyez avant tout, non pas à telle ou telle forme de baptême, mais en Jésus-Christ, auquel ce signe nous renvoie, et nous atteste notre union à sa mort et à sa résurrection. C’est Jésus qui sauve, son salut nous est accordé gratuitement, reçu par la foi et non par le baptême, quel que soit l’âge où il est administré. Et c’est merveilleux que vous partagiez cette foi entre époux.

Votre rôle essentiel de parents, si vous avez la joie de le devenir, sera de parler à votre enfant du Seigneur, d’être témoin auprès de lui du salut et de la grâce qui lui sont offerts. De l’élever dans l’écoute de la Parole de Dieu et la confiance en lui pour les grandes et les petites choses de sa vie. Avec, ou sans baptême reçu dans sa petite enfance ! Voilà l’essentiel.

Il faut bien être conscient que les deux formes de baptême (qui font débat au sein du protestantisme tout entier et pas seulement dans votre couple !) peuvent toutes deux se prévaloir de solides appuis bibliques. Le débat n’est pas près d’être clos…

Du point de vue pédobaptiste, c’est parce que les parents se savent eux-mêmes au bénéfice de cette promesse qu’ils veulent manifester -par le signe de l’inclusion dans la nouvelle alliance qu’est le baptême- qu’elle est aussi pour leurs enfants (lire Actes 2,39). D’où cette affirmation de Paul en 1 Cor. 7,14 : « vos enfants sont saints » (= appartiennent eux aussi au Seigneur). Le baptême est le sacrement de l’alliance de grâce, une grâce qui appelle bien sûr notre réponse mais la précède toujours.

Je me demande d’ailleurs si la coutume de présenter un enfant nouveau-né à l’assemblée, lors d’un culte (demandée par des familles qui souhaitent lui laisser le soin de demander le baptême plus tard), ne veut pas, d’une certaine manière, faire droit à cette vérité biblique.

Les baptêmes des mormons et des témoins de Jehovah sont-ils reconnus comme valides ? Ils utilisent la formule au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. [Kanyr]

Pour répondre correctement à votre question, Kanyr, il me faudrait savoir ce que vous entendez par la « validité » d’un baptême, et qui est censé, selon vous, avoir autorité pour la reconnaître. Voulez-vous dire : un baptême qui fait de nous un authentique membre de l’Eglise, corps du Christ ? Qui nous unit à Jésus-Christ et nous assure du Salut ? (ce qui pousse par exemple les parents d’un nouveau-né non viable à le faire « ondoyer » in extremis). Dans tous les cas, je dois insister sur le fait que ce n’est pas le baptême en lui-même, quelle que soit sa forme, qui nous sauve et fait de nous un enfant de Dieu, mais la grâce de Dieu en Jésus-Christ reçue par la foi, grâce que le baptême nous atteste.

Dès lors, si c’est bien au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit qu’il nous est administré, comme Jésus l’a ordonné à ses disciples en Matthieu ch.28 v.20, nous n’avons pas, en principe, à juger de la qualité de celui ou celle qui l’administre. Et ce, même si les deux mouvements que vous citez se séparent de l’ensemble des Eglises par leur prétention à détenir seuls la vérité, ou en refusant le dogme de la Trinité comme c’est le cas des Témoins de Jéhovah.

Il me faut nuancer cependant ma réponse; à la personne qui se fait baptiser chez les Témoins de Jéhovah, les questions prévues par leur liturgie , dans la version la plus récente, sont :

  • T’es-​tu repenti de tes péchés et voué à Jéhovah, et as-​tu accepté le salut que Jéhovah offre par le moyen de Jésus Christ ?
  • Comprends-​tu qu’en te faisant baptiser, tu montres que tu deviens Témoin de Jéhovah et que tu fais maintenant partie de l’organisation de Jéhovah ?

La première question est légitime (ne chipotons pas sur le fait que le Seigneur soit appelé Jéhovah !), la deuxième beaucoup moins : le baptême scelle notre union et notre appartenance à Jésus-Christ, Fils de Dieu, et pas à une organisation humaine, même si elle se réclame de lui. Je comprendrais donc, personnellement, qu’une personne qui a été baptisée dans le cadre d’une assemblée des Témoins de Jéhovah et a quitté ce mouvement depuis pour rejoindre une Eglise chrétienne demande à recevoir le baptême dans son Eglise d’accueil. Sans en faire une obligation pour les raisons exprimées plus haut. A peu de choses près, le même raisonnement peut s’appliquer dans le cas d’un départ de l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des derniers Jours.

C’est quoi une confirmation par immersion ? J’ai entendu des Eglises user ce terme. [Kanye]

Il s’agit je pense de chrétiens qui souhaitent confirmer l’alliance de leur baptême, reçu à la demande de leur famille alors qu’ils étaient de jeunes enfants, en se faisant baptiser par immersion.

Cette pratique relève, semble-t-il, du désir de concilier d’une part la conviction qu’un baptême de croyant, par immersion, est la pratique la plus fidèle à l’enseignement du Nouveau Testament et le refus d’autre part de déclarer comme nul et non avenu le baptême reçu étant tout petit, car ce baptême a été administré de la part de Dieu, qui dans sa Grâce nous a aimés le premier. Il existe en effet de solides arguments bibliques en faveur des deux pratiques, baptême de jeune enfant et baptême de croyant.

Mais, à mon sens, comme tout « compromis » entre deux convictions, celui-ci est un peu problématique. Si l’on reconnaît la pertinence de la pratique du baptême d’enfant, pourquoi un autre baptême ? Et si l’on n’en reconnaît pas la pleine validité, pourquoi le « confirmer »? La réflexion n’est pas terminée…

Que pensez-vous des personnes qui « rebaptisent » des adultes baptisés au nom du Dieu trinitaire ? N’est-ce pas une entorse à la règle biblique d’un seul baptême ou une profanation d’un sacrement ? [Kanye]

Certaines Eglises ne reconnaissent pas la validité du baptême des petits enfants, et certains chrétiens souhaitent recevoir le baptême à l’âge adulte, bien que l’ayant reçu au début de leur vie. Ils ne l’appellent pas « re-baptême » car tout simplement pour eux l’aspersion reçue dans leur jeune enfance n’était pas un baptême au sens biblique du terme. On ne peut donc pas dire, dans leur perspective, qu’ils enfreignent le fait qu’il n’y a qu’un seul baptême, ni qu’eux-mêmes ou ceux qui les baptisent « profanent » le baptême précédemment reçu.

Notre Eglise protestante unie reconnaît les deux formes du baptême, qui chacune rendent justice à une vérité biblique. Dans le cas du baptême d’enfant, la précédence de la grâce de Dieu en Christ. Dans le cas du baptême à l’âge adulte, l’importance de la réponse du croyant à cette grâce reçue, par l’engagement de la foi. Qui a raison, des « baptistes » ou des « pédobaptistes » ? Cela fait partie des questions indécidables ! Pour une réponse plus détaillée à ce sujet, je vous recommande de taper « baptême » dans l’onglet search en haut à droite de l’écran et de lire la réponse à la question de « Roosevelt » posée le 21 mars 2020.