Comment les pasteurs s’impliquent-ils dans la préparation au mariage ? Se sentent-ils une responsabilité ? Assurent-ils un suivi ? [Mathieu]

Il y a beaucoup de modalités d’implication de la part des pasteurs dans une préparation au mariage. Les situations sont très diverses mais d’une manière constante, les pasteurs ont toujours en vue que leur responsabilité est d’aider un couple à préparer sa vie à deux dans la durée et pas seulement de préparer la cérémonie du jour « J ». Les préparations généralement durent plusieurs séances et abordent les questions dont les couples sont porteurs et aussi des sujets comme la communication, la gestion du temps et de l’argent, les projets, la vie spirituelle, la fidélité, la vérité, le pardon, la famille au sens large, les enfants, … Tout cela demande du temps, du tact et une réelle disponibilité. Il peut arriver que les pasteurs ne soient pas toujours au mieux de leur forme et il peut arriver aussi que des couples aient parfois du mal à entrer dans certaines de ces questions. Pour ces raisons, les préparations collectives me paraissent de beaucoup préférables aux entretiens en particulier, même si selon les lieux, elles sont plus difficiles à mettre en place : une équipe de préparation dont le pasteur fait partie et plusieurs couples en même temps. Pour le suivi des couples, il me semble que là aussi l’offre de suivi, tellement importante, sera plus dense et prometteuse si elle repose sur une équipe de l’église et non pas sur une seule personne.

Doit-on se faire rebaptiser parce que le premier baptême a été fait par aspersion ? [Roosevelt]

Votre question Roosevelt en comporte en fait deux : celle du re-baptême et celle du procédé utilisé : l’aspersion ou l’immersion. Je vais essayer de répondre à ces deux questions mais en les distinguant : Il y a dans toute démarche de baptême deux éléments importants et précieux : le premier élément est la grâce de Dieu manifestée en Jésus Christ, une grâce attestée par la communauté croyante qui baptise et le second élément est la réponse croyante de la personne qui reçoit la grâce qui sauve. Ces deux éléments ne sont pas symétriques. La grâce de Dieu est première, royale, magnifique. La réponse humaine est seconde, souvent balbutiante et doit rester consciente de son humilité. Et même humble, cette réponse doit tout au travail du Saint-Esprit en nous. Si une personne prend conscience arrivée à un âge avancé que son baptême reçu enfant dans l’indifférence est la chose le plus merveilleuse de sa vie parce qu’elle découvre le pardon et l’amour de Dieu pour elle, alors, je ne lui conseille pas un re-baptême mais une confirmation de son baptême. Le baptême ne devient pas vrai dans la mesure où je le comprends, mais il est vrai par ce qu’il proclame le Salut obtenu par Jésus il y a 2000 ans sur la croix pour nous et pour moi. Un de mes amis répétait souvent : « nous avons tous été baptisés il y a 2000 ans sur le Golgotha. La cérémonie de baptême n’est que le faire-part de ce qui est arrivé par Jésus ». D’autres pasteurs, d’autres églises auront un autre enseignement sur ce sujet, mais je vous livre là ma conviction intime. Ensuite la quantité d’eau n’est pas importante. Dans certaines églises d’Orient on baptise les bébés et les enfants par immersion. Le sens est le même qu’une aspersion. Ceci est une affaire de coutume locale et de choix relatif à chacun. Je pense que le geste de l’immersion est très beau et représente mieux que l’aspersion le sens biblique de recouvrement, de plongée dans la mort et de résurrection. Mais la signification spirituelle du baptême ne dépend pas d’un formalisme quel qu’il soit. Il m’est arrivé une fois d’accompagner une confirmation par immersion d’un jeune adulte qui avait été baptisé enfant par aspersion.

Peut-on « faire du business » dans l’Eglise ? (monnayer ses dons et talents pour en tirer un profit personnel) [Nico]

Non. L’épisode dit de la purification du temple nous donne à voir ce que pense Jésus de pratiques visant à profiter d’une situation offerte par les lois du temple pour en tirer un avantage financier. Cela est d’autant plus clair que ce passage se trouve dans les quatre évangiles (Matthieu 21 ; Marc 11 ; Luc 19 ; Jean 2). En réalité, à travers toute la bible la course au profit est dénoncée, en particulier quand elle touche à l’exploitation de l’humain (Actes 16), où quand elle éloigne les cœurs de Dieu (Ps 48 ; Mt 6,24) 

Maintenant, certaines personnes sont amenées à mettre leurs dons au service de L’Église contre une rémunération, à commencer par les pasteurs. Qu’une Église embauche une personne qu’elle a sollicitée pour assurer le bon déroulement de tel ou telle activité qui demande du temps et de l’investissement, ça a du sens. Ce procédé est alors publiquement reconnu et béni par les autorités de l’Église. Dans ce cas, l’argent reste un moyen par lequel des activités sont réalisables. Et non une fin, que des activités permettraient d’atteindre. 

La bonne nouvelle, c’est que Christ donne fidèlement les moyens de réaliser ses projets.

Tous les chrétiens devraient-ils aller à l’église ? Pensez-vous qu’il est préférable que les personnes qui préfèrent la solitude lisent la Bible/prient seules (Mat 6.6) et dans la nature (Luc 5.16) ? [Raphaël]

Avant d’être un bâtiment ou une assemblée de croyants, l’Eglise est la réalité qui rassemble tous les chrétiens du monde entier, c’est Jésus-Christ qui l’a fondée par le Saint-Esprit (Voir le livre des Actes des apôtres). Chaque personne qui reconnaît Jésus-Christ comme Seigneur est donc membre de l’Eglise, il fait alors partie d’une immense famille de frères et de sœurs dans la foi !

Si je refuse de créer des liens avec mes frères et sœurs en Christ qui vivent près de chez moi, peut-on vraiment dire que je fais partie de cette famille ? Et donc que j’appartiens à Jésus-Christ ?

Jésus appelle ceux qui le suivent à aller vers les autres, à les aimer et à prendre part à la mission d’annonce de la Bonne Nouvelle au monde entier. Rejoindre une communauté de croyants permet de se soutenir entre frères et sœurs, de grandir dans la foi grâce à l’enseignement de la Parole de Dieu et de prendre part à la mission d’évangélisation et d’aide aux plus démunis.

Dans le passage que vous citez (Matthieu 6.6), Jésus souligne en effet l’importance de prier seul, en cœur à cœur avec Dieu. C’est un aspect très important de la vie chrétienne ! Jésus met pourtant l’Eglise au coeur de son enseignement sur la prière car deux versets plus loin, Jésus enseigne une prière entièrement à la deuxième personne du pluriel : le Notre-Père. Lorsqu’un chrétien prie, même seul dans sa chambre, il s’associe à ses frères et sœurs dans la foi.

Que faire si on se rend compte que son Église locale ne prêche pas la vérité de l’Évangile ? Fuir- rester- subir ? 1 Cor 15:33 dit que les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs… [Antoine]

Le passage que vous évoquez, Antoine, me semble être écrit par Paul pour « réveiller » les chrétiens de Corinthe qui se sont laissés influencer par des tenants de la négation de la résurrection. En est-il de même pour vous ? Craignez-vous de vous faire influencer par les personnes qui, dans l’Église que vous fréquentez, annoncent un message contraire à l’Évangile ? Il me semble important de pouvoir, dans une communauté qui se dit chrétienne, porter le message évangélique, même dans l’adversité, de façon souterraine si nécessaire.

Qu’est-ce que le Royaume de Dieu, un état spirituel ? L’Evangile ? L’Eglise ? Le paradis/vie après le mort ? [Agathe]

Votre question Agathe aborde un sujet très important. L’expression traduite dans le Nouveau Testament par « Royaume de Dieu » pourrait être également traduite par « Règne de Dieu ». Cette autre traduction possible de la même expression est moins abstraite que « Royaume ». Le règne de Dieu, c’est quand l’autorité de Dieu s’exerce sur notre vie, quand sa Parole nous guide et nous conduit à la place d’autres souverainetés mauvaises et destructrices. Le plus important dans un royaume ou un règne, c’est le roi. Les Evangiles que tu mentionnes nous montre par la vie de Jésus, quel genre de roi est Dieu. Ni un tyran, Ni un roi qui fait payer des impôts comme les rois humains, mais au contraire un roi qui libère qui donne et se donne. Le royaume de Dieu ou son règne, c’est le règne du pardon, de l’amour, de la justice et de la paix. Sur la croix, Jésus porte une couronne d’épines et l’écriteau annonce le motif de sa condamnation : « Jésus de Nazareth, roi des Juifs ». En Hébreu le mot « roi » et le mot « berger » sont un seul et même mot. Le règne de Dieu, c’est chaque fois que nous nous laissons, comme des brebis, conduire, nourrir, défendre par notre berger. Je vous suggère de lire attentivement le Psaume 23 puis la parabole de Jean 10. Le Royaume de Dieu, pour reprendre Agathe vos expressions, est donc une réalité spirituelle et très concrète en même temps. L’église n’est pas le Royaume de Dieu, mais elle existe pour l’annoncer et en témoigner. C’est pendant notre vie sur terre que le règne de Dieu doit être recherché, car c’est sur cette terre que ce règne est contesté et caché par toutes sortes de mensonges et de convoitises qui veulent nous gouverner. Au delà de cette vie, ce Royaume sera incontesté. Je vous rappelle que Jésus nous a demandé de prier : « que ton règne vienne sur la terre comme au ciel »

Comment lutter contre l’esprit d’hérésie et l’apostasie ? [Lambert]

Il apparaît dans les lettres du Nouveau Testament qu’il existe trois manières de lutter contre les hérésies et l’apostasie.
*La première concerne les églises. Elles doivent s’assurer que les prédicateurs qu’elle reconnait prêchent une juste doctrine qu’elles ont la responsabilité de dire au monde. Cf : 1 Timothée 1/3, Tite 1/1-9, Ephésiens 4/9-14.
*Le seconde concerne les prédicateurs. Ils doivent prêcher la vérité même si cette vérité heurte les gens et les conduit à devoir souffrir. Cf, 2 Timothée 4/3, 1 Timothée 4/1s.
*Enfin, la Bible donne un rôle aux membres de l’église, à ceux qui écoutent les discours des prédicateurs. Il s’agit, tout d’abord, de se méfier de ce qui, dans les fausses doctrine est séduisant, plaisant, flatteur, « moderne ». Cf 2 Jean 9, Hébreux 13/9, 1 Timothée 6/3-4, Galates 1/6-8. Enfin, la Bible dit que les croyants doivent refuser d’entendre le prédicateur qui répand de fausses doctrines Cf : 2 Jean 10.

Pourquoi Pierre n’a-t-il pas pardonné à Ananias et à Saphira (Actes 5 vs. Matt 18/22) ? [Thomas]

Le texte d’Actes 5 ne nous dit pas que Pierre a refusé de pardonner à Ananias et Saphira. Il nous montre plutôt la première étape de ce que nous devons faire lorsque notre frère ou notre soeur a péché : le lui dire (Matthieu 18/15-17). Suit à cela, Ananias et Saphira auraient pu demander pardon à Dieu et à l’Eglise ou refuser de demander pardon. Pierre aurait dû alors lui pardonner comme l’indique Matthieu 18/22 et laisser ainsi le jugement de son comportement à Dieu. Le processus s’est arrêté avant, puisque le couple est décédé. J’espère que Pierre leur a pardonné !

Qu’est ce qu’un chantre ? Peut-il exercer un ministère pastoral ou autre ? [Juline]

Un chantre est, à la base, un chanteur. Ce mot est surtout employé dans les Eglises. Le chantre peut être simple choriste ou meneur d’une équipe de chantres. Il a pour rôle de mener le chant et la louange du peuple de Dieu assemblé en Eglise, d’abord dans le culte.

Ce n’est pas un ministère pastoral, c’est un ministère liturgique. Il n’a pas pour fonction de prendre soin des personnes mais de permettre le bon et beau déroulement du culte. Comme tout chrétien, et surtout tout chrétien engagé dans un ministère, il va interagir avec d’autres personnes pour être témoin du Christ vivant auprès d’elles, et pourquoi pas conseiller ses frères et soeurs. On peut considérer ça comme un tâche de type pastorale, mais en tout cas ce n’est pas un élément de son ministère.

Maintenant, quelqu’un qui a été chantre peut être appelé par le Seigneur, d’une part, et par une communauté d’Eglise, d’autre part, à changer de ministère et à devenir pasteur, mais il n’y aura pas de lien entre les deux.

Qu’est-ce que la Haute Société Protestante ? Est-ce que ça existe vraiment ? [Louis]

Sans langue de bois, la Haute Société Protestante (HSP), c’est un concept plus qu’approximatif d’un point de vue sociologique pour parler de familles riches et influentes. Ces familles existent vraiment et leur influence aussi pour le meilleur et pour le pire. Cependant, c’est un peu dangereux de parler en « familles », car on peut s’appeler Hermès, Peugeot ou Guerlain et ne rien avoir à faire avec le protestantisme. Ce n’est pas très clair non plus de savoir si ces familles sont les hautes familles du protestantisme ou les familles protestantes de la haute société. Et jusque là, nous n’avons rien dit du rapport à Jésus Christ…

A la base, ça n’a rien de choquant qu’il y ait une HSP plus ou moins identifiable. L’Évangile dans sa forme protestante a touché toutes les classes sociales. Dans des communautés, on est bien content que l’argent arrive pour financer des campagnes, des programmes, des travaux, etc. Des familles riches qui transmettent l’Évangile à leurs enfants et deviennent particulièrement influentes, nous avons ça dans chaque paroisse de plus de 10 ans d’existence. Parfois, il faut aussi reconnaître que ces familles deviennent des poisons parce que leur influence est plus importante que leur liberté en Christ. Et si l’Église se mondanise, elle crèvera parce qu’elle n’est plus l’Église de Christ. A l’échelle d’une Église nationale, avec des familles qui ont des entreprises cotées au CAC 40, c’est simplement la même chose : une bénédiction pour l’Évangile ou une malédiction par la mondanisation. Que Dieu soit honoré comme le seul noble digne « d’honneurs » et le seul « généreux donateur » et on ne verra plus que des frères et sœurs, tous serviteurs du même Seigneur.