Pourquoi les chrétiens sont obsédés par le sexe avant le mariage ? Jésus n’en a pas vraiment parlé non ? [Jeanne]

Je ne sais pas si ce sont les chrétiens qui sont obsédés par le sexe avant le mariage ou la société qui les entoure qui est obsédée par le sexe tout court. Dans la culture dans laquelle nous évoluons, la sexualité est disjointe de l’engagement. Il n’y a qu’à regarder n’importe quel film pour s’en rendre compte. C’est ce contexte qui pousse peut-être certaines personnes ou certaines églises à insister fermement sur la question du mariage. En effet, la vision biblique du couple humain repose sur l’unité et l’engagement. Genèse 2/24 dit cela : « L’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme et ils deviendront une seule chair ». Ce verset est répété à 5 reprises dans la Bible, y compris dans la bouche de Jésus (cf Matthieu 19/4-6). Jusqu’à aujourd’hui, la seule façon d’engager sa vie avec une autre personne reste le mariage, qui est une belle et bonne chose que Dieu a voulue et dont nous pouvons nous réjouir.

Comment être sûr que la personne qu’on aime est celle qui est faite pour nous ? [Pierre]

Au risque de déplaire, je ne crois pas en ces histoires amoureuses qui se forment « parce que c’était lui, parce que c’était elle » Nous ne sommes pas programmés pour nous aimer à la façon d’âmes jumelles qui attendraient leur réunion avant de pouvoir aller deux par deux dans une harmonie pré-établie. Ça, c’est le discours des contes pour enfants, lequel a du mal à coller à la réalité.

La réalité, c’est qu’on se croise, qu’on se parle, qu’on se plaît, qu’on s’accroche, qu’on apprend à se connaître de mieux en mieux. On se rend compte qu’on est séduit, qu’on a des idées en commun sur ce que peut-être l’amour. Et puis on tombe amoureux. Et alors dans la mesure où rien n’empêche que ce qui a été vécu ici puisse être vécu avec une autre personne, il faut donc faire un choix.

J’en ai choisi une, je me suis marié avec elle, et puis ça change tout. Elle est devenue particulièrement unique à mes yeux. Alors le défis maintenant c’est de faire vivre et perdurer cet amour en le nourrissant du pardon, de la fidélité, de l’attention, de la soumission l’un à l’autre, et surtout: de la joie!

Peut-on prier pour demander à Dieu si nous sommes mariés à la bonne personne ? Surtout après avoir fait un mariage sans rechercher sa volonté ? Que faire en fonction de la réponse ? [Ana]

Trois questions en une ! Je ne sais pas trop Ana ce que vous entendez par « la bonne personne ». S’il s’agit du conjoint idéal, celui/celle qui nous comblera, dont la personnalité sera parfaitement en harmonie avec la nôtre et avec qui nous formerons d’emblée un couple parfait, je crains que la question ne puisse recevoir de réponse que négative. Car ce conjoint a un seul défaut : il n’existe pas. Un couple est une réalité en construction. C’est tout au long de notre vie que nous devons apprendre à connaître l’autre, à l’apprécier, à le comprendre, à communiquer, bref, à… l’aimer. Parcours semé d’embûches, d’obstacles, mais aussi d’émerveillements. C’est ainsi que l’autre devient ce qu’il a été dans mon choix de m’unir à lui/elle : la « bonne personne ».

Pour ce qui concerne la volonté de Dieu, le mieux est de la chercher dans sa Parole. Des chrétiennes ont déjà posé la question à l’apôtre Paul, qui leur a répondu au chapitre 7 de la première lettre aux Corinthiens. Elles étaient conscientes que partager avec son mari une même foi, une même espérance en Jésus-Christ, était un critère important dans le choix du conjoint (sans être une garantie de réussite, il convient de le rappeler : on connaît des couples chrétiens dont le mariage est un échec).

Mais voilà, elles s’étaient converties après s’être mariées et se demandaient s’il convenait de continuer à vivre avec un mari non-chrétien. Or Paul les encourage à ne pas rompre, sauf si c’est la volonté du conjoint en question. Il écrit même « le mari non-croyant est sanctifié par sa femme, et la femme non-croyante est sanctifiée par son mari ». (1 Corinthiens ch.7,v.11). C’est à dire qu’un mari chrétien ou une épouse chrétienne peut être pour son conjoint une occasion de rencontrer le Seigneur, de se convertir, et bien sûr d’entrer par l’Esprit dans une vie nouvelle, de changer en lui/elle-même ce qui fait souffrir l’autre.

Genèse 1:28 : Dieu ordonne que nous ayons des enfants. Est-ce que 1 Cor 7: 1-8-17-25-38 nous libère de ce mandat si nous sentons que nous sommes appelés à être célibataires ? [Hugues]

En formulant votre question, Hugues, vous avez mis en lumière un principe fondamental pour lire les Ecritures et les laisser guider notre vie. Ne jamais isoler un texte de l’ensemble de la Révélation. Paul ne remet pas en cause le mandat que Dieu donne à l’être humain au 1er chapitre de la Genèse, remplir la terre (mandat que nous pouvons d’ailleurs estimer rempli, nous sommes plus de 7 milliards sur terre !).

A la lumière de Jésus-Christ et de la nouvelle alliance, Paul relève que nous sommes entrés dans les derniers temps, nous attendons une nouvelle Création. Tout ici bas reste bien sûr important, mais de façon relative. D’où les « faites comme si… ne pas » des versets 29 à 31 de ce ch.7 de 1 Corinthiens. Paul n’y interdit pas le mariage, bien sûr. Il incite à chercher à incarner au mieux, par toute notre existence, notre union à Jésus-Christ. Parce que l’union au Christ fait de nous des êtres libres, y compris dans nos choix les plus importants. Et cette liberté s’exprime dans le service du Seigneur et du prochain. D’où sa préférence personnelle pour le célibat (vu son mode de vie itinérant et son agenda surchargé, il aurait fait le malheur d’une femme !), mais dont il se garde de faire un modèle absolu.

J’aime aussi dans votre question l’idée d’appel au célibat. Le choix du célibat, comme celui du mariage, doit être vécu comme la réponse à une vocation du Seigneur, et non pas simplement comme une contrainte imposée par la société, l’entourage, les circonstances ou la biologie..

Dans un mariage nous devenons une seul personne- est ce que les péchés de l’homme sont pardonnés grâce à la prière de sa femme ? Quand l’un pèche dans le couple est-ce que l’autre subit péché aussi ? [Anna]

Vous faites référence au verset 24 du chapitre 2 de la Genèse : « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et ils ne feront qu’un ». « Ne faire qu’un » ici est à entendre dans le sens de l’unité même de Dieu, qui est un en trois personnes (c’est le même mot « un » qui est employé dans le verset que je viens de citer et dans la confession de foi d’Israël : « Écoute, Israël! L’Éternel, notre Dieu, l’Éternel est un » (Deutéronome 6.4). Quand Jésus, le Fils, est mort sur la croix, le Père et l’Esprit ne sont pas morts. Quand Jésus a été tenté, le Père ne l’a pas été car Dieu le Père ne peut être tenté. De la même manière, quand das un couple l’un des deux pèche, l’autre ne subit pas son péché. Le pardon est avant tout accordé à celui/celle qui se repent de lui-même, mais la prière du conjoint est tout de même très importante, car la prière fervente est très efficace (Jacques 5.16). À coup sûr, ce qui est donné à l’un grâce à l’autre dans le couple, c’est la sanctification, même si l’un des deux n’est pas croyant (I Corinthiens 7.14)

Comment les pasteurs s’impliquent-ils dans la préparation au mariage ? Se sentent-ils une responsabilité ? Assurent-ils un suivi ? [Mathieu]

Il y a beaucoup de modalités d’implication de la part des pasteurs dans une préparation au mariage. Les situations sont très diverses mais d’une manière constante, les pasteurs ont toujours en vue que leur responsabilité est d’aider un couple à préparer sa vie à deux dans la durée et pas seulement de préparer la cérémonie du jour « J ». Les préparations généralement durent plusieurs séances et abordent les questions dont les couples sont porteurs et aussi des sujets comme la communication, la gestion du temps et de l’argent, les projets, la vie spirituelle, la fidélité, la vérité, le pardon, la famille au sens large, les enfants, … Tout cela demande du temps, du tact et une réelle disponibilité. Il peut arriver que les pasteurs ne soient pas toujours au mieux de leur forme et il peut arriver aussi que des couples aient parfois du mal à entrer dans certaines de ces questions. Pour ces raisons, les préparations collectives me paraissent de beaucoup préférables aux entretiens en particulier, même si selon les lieux, elles sont plus difficiles à mettre en place : une équipe de préparation dont le pasteur fait partie et plusieurs couples en même temps. Pour le suivi des couples, il me semble que là aussi l’offre de suivi, tellement importante, sera plus dense et prometteuse si elle repose sur une équipe de l’église et non pas sur une seule personne.

Que faire- étant mariée légalement devant Dieu et les hommes- lorsque son époux voit d’autres filles et couche avec elles ? [Christine]

La situation que vous décrivez, Christine, me semble être grave, difficile et très douloureuse, avant tout pour vous. Je ne sais pas où vous en êtes dans le dialogue avec votre mari, mais il me semble absolument nécessaire de parler avec lui pour le mettre en face de cette contradiction : il est marié avec vous, il a donc officiellement fait le choix de votre personne pour être une seule chair avec lui et pourtant il vous trompe. Vous auriez grandement besoin, je crois, de consulter un thérapeute de couple chrétien, pour vous aider. Je ne peux, quoi qu’il en soit que vous encourager à ne pas rester dans le silence et une résignation qui n’est pas favorable à la vie que Dieu veut pour vous et votre couple. En dernier recours, vous savez que pour le protestantisme, le mariage n’est pas un sacrement, il n’est donc pas indissoluble. Mais cette issue ne saurait être envisagée que si vraiment aucun autre moyen n’apporte de solutions. Que le Seigneur vous garde et vous bénisse.

J’ai eu un enfant avec une femme- nous sommes toujours ensemble mais pas marié- que devons nous faire désormais jusqu’au mariage ? [Pat]

Si je comprends bien ce que vous écrivez, Pat, vous avez donc prévu de vous mariez avec la mère de votre enfant. Je ne sais pas exactement sur quoi porte votre question, mais il me semble que si vous avez ce projet de mariage et que vous le préparez avec l’accompagnement d’un pasteur (par exemple) vous faites l’essentiel. La sexualité est un des fondements de la vie de couple, une des ces choses (pas la seule) par lesquelles Dieu dit que l’homme et la femme ne feront plus qu’une seule chair. Que votre préparation au mariage soit pour vous l’occasion d’approfondir toutes les réalités que ce « une seule chair » signifie pour vous et votre future femme : le respect, la fidélité, l’écoute, le dialogue, etc.

Marc 12:25 signifie-t-il qu’il n’y a pas de mariage/sexe dans la vie éternelle ? Ainsi- la douleur du rejet amoureux- des problèmes de mariage- est abolie ? [Claude]

Il me semble que le verset que vous citez dit explicitement que le mariage concerne la vie présente et que les lois relatives à la vie quotidienne « ici-bas » n’auront plus nécessairement lieu d’être dans le Royaume. Je ne sais pas si cette considération peut aider à abolir la douleur du rejet amoureux, qui me semble d’un autre ordre. Même si le mariage ne recevait pas dans cette vie la bénédiction de Dieu, vivre une situation de rejet amoureux resterait douloureux. Je pense qu’alors c’est davantage la promesse d’Apocalypse 21.4 qui peut être évoquée : « Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. »

Une musulmane mariée peut-elle divorcer- se convertir au christianisme et se remarier avec un chrétien ? [Fernand]

La Bible parle de cette situation, en évoquant ceux qui, au tout début du christianisme, se convertissaient sans que leur conjoint ne soit prêt à la même démarche. Ce passage se trouve en 1 Corinthiens 6/12-15. Il  précise que la conversion ne doit pas mettre fin au mariage. Il ajoute que le mariage ne doit pas empêcher la conversion.
Ainsi, Dieu a créé une unité très grande dans le couple humain dés la création du monde. Il n’est pas bon de rompre cette unité qui existe, même en cas de différence religieuse (Matthieu 19/5-6). Cependant, la relation à Dieu doit être première. Ainsi, si le conjoint refuse la conversion et souhaite, donc mettre fin à l’union pour cette raison précise, la rupture est conseillée dans la mesure où il n’est pas bon de laisser un humain se mettre en travers de la volonté de Dieu (Actes 5/29).

Voilà des éléments à même de conduire le discernement de celles et ceux qui se trouvent dans cette difficile situation !