En fidélité au Lévitique- ne devrions nous pas nous aussi nous abstenir de relations sexuelles la veille de la Cène ? [André]

En tant que chrétiens, notre fidélité est d’abord placée en Dieu, manifesté en Jésus-Christ. Notre rapport à la loi n’est plus l’enjeu de notre fidélité. Nous n’avons pas à nous remettre sous son joug, car ce n’est plus à nous d’accomplir la loi, Jésus l’a fait. Nous avons à mettre notre foi en lui, qui n’a pas aboli la loi. De fait, la loi n’est pas abrogée et sa pertinence n’est pas effacée par la grâce de Dieu manifestée en Jésus-Christ. Ce que Dieu appelle mal dans la Bible ne saurait être appelée bien par nous, au prétexte que nous ne sommes plus sous la loi mais sous la grâce.

Cela étant dit, si vous et votre épouse estimez que l’abstinence la veille de la Cène est un bon moyen pour disposer vos esprits à recevoir plus pleinement la communion, je ne vois pas pourquoi il faudrait vous l’interdire. C’est la même chose avec la confession de vos péchés à un membre de la communauté, ou la réconciliation avec une personne de l’Église avec qui vous seriez en conflit, avant de partager la Cène avec elle.

Enceinte de 2 mois- mon copain ne veut pas que je garde l’enfant. Est-ce qu’en avortant je commets un meurtre ? Dieu me le pardonnera ? [Estelle]

Chère Estelle,
Est-ce un meurtre ? Voilà qui revient à nous demander si un embryon de 2 mois est un être humain. Il me semble que, comme chrétiens, nous sommes naturellement conduits à considérer que cela est le cas, puisque nous croyons que Dieu est à l’origine de toute vie humaine, qu’il désire et accompagne depuis son origine (Psaume 139, Jérémie 1/5). Dans une société où l’on cherche sans cesse à poser des critères quant à la valeur de la vie humaine ( temps depuis la conception, intelligence, âge, autonomie, fait d’être apprécié ou attendu par les autres) je trouve vital de considérer que toute vie humaine compte pour Dieu. De mon point de vue, un embryon est donc un humain. Lorsque nous avortons, nous tuons un humain. Lorsque nous disons le contraire, nous nous inventons des histoires pour éviter de regarder les choses en face.
Est-ce que Dieu peut le pardonner ? Il y a le péché et il y a le pardon. La Bible montre que des meurtriers ont été pardonnés. Ainsi en est-il de David, qui a fait tuer le mari de sa maîtresse afin que ce dernier ne découvre pas sa faute. (2 Samuel 11 et 12, Psaume 51). Le pardon est promis à ceux qui se repentent, car Dieu, en Christ a pris sur lui le péché du monde (Jean 1/19). Il est donc important de dire à celles qui regrettent un avortement qu’en Christ, Dieu leur accorde pardon et liberté, pour ce péché là, comme pour tous les autres.
Est-ce que le fait que Dieu pardonne est une raison pour faire ce qui n’est pas juste ? Paul répond à cette question en Romains 6/1 : « Que dire maintenant ? Persisterons-nous dans le péché pour que la grâce abonde ? Loin de là ! Puisque nous sommes morts pour le péché, comment pourrions-nous vivre encore dans le péché ? ». Si nous croyons en l’amour de Dieu, si nous lui faisons confiance, nous sommes invités à chercher à lui obéir en faisant ce qui est juste.
-Doit-on laisser les autres décider de ce que nous devons faire ? Vous parlez ici de votre copain. Visiblement, c’est lui qui ne veut pas garder l’enfant. Il est triste qu’il ne souhaite pas assumer ses responsabilités. La décision d’avorter ou non demeure la vôtre. Je crois que cet aspect est très important à considérer, car on parle beaucoup de l’avortement en termes de liberté de la femme, alors que nombreuses sont celles qui ont recourt à ce geste sous la pression de leur copain ou de leurs parents.
En définitive, je vous encourage à considérer l’amour de Dieu pour vous et à le recevoir dans la confiance, au milieu de cette situation difficile. Ce qui est dit dans le Psaume 139 vaut aussi pour vous, maintenant. Qu’il vous conduise !

Mariés depuis plus de 30 ans- je ne ressens plus de désir physique pour ma femme ni elle pour moi. Elle ne semble pas en souffrir. Je ne ferais de mal à personne en satisfaisant mes besoins avec une autre. Si je lui reste attaché est-ce un péché ? [Dominique]

Je ne suis pas sûr de comprendre exactement de quoi vous parlez, Dominique : de votre désir ou de vos besoins ? Pour ce qui me concerne, s’il y a bien une personne à qui je peux faire part de mes besoins, après Dieu, c’est ma femme ! Il me semble qu’il vous faudrait regarder plus profondément en vous ce qui fait que vous pensez avoir encore des besoins d’ordre sexuel sans plus éprouver de désir pour votre femme, qui est la partenaire que Dieu vous a donné pour vous combler sur ce plan. Vous me dites que votre femme « semble » ne pas en souffrir. Mais en avez-vous déjà vraiment parlé avec elle ? Êtes-vous franchement sûr que vous ne feriez de mal à personne en satisfaisant vos besoins avec une autre. Cette autre, serait-elle heureuse de savoir qu’elle est là dans votre vie pour satisfaire vos besoins ? Pensez-vous que vous pourriez vraiment rester attaché à votre épouse en vous liant sexuellement à une autre ? D’autant plus que la sexualité est sans doute un des moyens les plus forts pour rester attacher à son conjoint. Il n’y a pas que le couscous dans la vie !

La fidélité conjugale a été conçue à une époque où la plupart des gens mourraient très jeunes. Nous vivons maintenant beaucoup plus longtemps- on devrai évoluer non ? [Nath] ?

La fidélité est le moyen par lequel un homme et une femme s’engagent à être présents l’un pour l’autre dans les bons comme dans les mauvais moments de la vie. Ils se font ainsi le cadeau inestimable de la confiance mutuelle, dans un monde qui n’en offre franchement pas beaucoup. Je trouve donc qu’avec l’allongement de la vie, on a encore plus besoin de fidélité !

De plus, je crois que notre relation a Dieu ne dépend pas simplement de l’évolution de nos sociétés. Dieu lui ne change pas et sa parole demeure éternellement. L’appel à la fidélité qu’il nous lance (non seulement dans le couple mais aussi dans notre relation à lui, la foi) demeure donc, je crois, vrai en tout temps. Comment pourrions-nous faire confiance en un Dieu qui changerait tous les quatre matins ? Ce n’est pas nous qui sommes au centre de notre vie de foi, c’est Dieu ! En terme d’éthique, surtout, nous n’avons pas à faire évoluer notre positionnement en fonction des changements de la société, mais à rappeler la volonté de Dieu pour nous, volonté valable hier, aujourd’hui, toujours.

Si j’ai loupé la personne que Dieu avait préparée pour moi, aurai-je un plan B ? [Benji]

L’existence du plan B présuppose l’existence d’un plan A.
Et la représentation qui est derrière c’est que Dieu aurait un top 10 des personnes idéales pour nous, ce qui nous permet (sur plus de 3 milliards de personnes du sexe opposé) de rester dans le meilleur de ce que Dieu pense possible pour nous.

Je vais vous donner plusieurs réponses.
Elles sont contradictoires, mais je crois qu’elles portent une part de vérité.

  1. D’abord, j’imagine que Dieu pourrait très bien ne pas avoir un plan A ni un plan B pour ce qui concerne nos relations. Il espère qu’on va trouver quelqu’un et qu’on va se donner les moyens de partager les plus possible, pour tenir ensemble, pour le meilleur et pour le pire.
  2. Si Dieu a un top 10, je ne pense pas que la rencontre de l’être aimé soit comme un concours d’école d’ingénieur où on a une meilleure école si on arrive premier que si on arrive 8ème. Et que donc plus on tarde moins on a de choix et plus on est obligé de baisser ses critères.
    Donc j’ai l’impression que ce serait plutôt dans le caractère du Dieu de la Bible d’imaginer que tel ou tel type de vis-à-vis serait vraiment bien pour nous. En espérant qu’on soit bien disposés pour un choix pertinent.
  3. A contrario, je pencherais pour encore une autre solution, c’est qu’on puisse dire que Dieu ne fait qu’un projet pour nous. Et on trouve la personne.
    Ou on ne la trouve pas. Alors je pense que si on l’a loupée, Dieu refait des projets pour nous, de bonheur et non de malheur. Il n’a que des plans A en somme.
    Il est le Dieu qui rend les possibles à nouveaux possibles.
    Cette option me plaît plus.

Mais je ne crois finalement pas que la Bible nous parle d’une conjugalité, ni même d’une vie, où tout est totalement écrit d’avance.

Est-ce qu’une chrétienne peux avoir des relations sexuelles sans l’objectif d’avoir un enfant ? [Mamita]

Qu’est-ce que Jésus aurait fait s’il avait eu un iPhone ?

Il y a beaucoup de questions pour lesquelles il est compliqué de trouver une réponse, car justement elles sont liées à un progrès technologique inimaginable il y a deux mille ans.
C’est donc la question de la relation interpersonnelle et de la relation à Dieu qui va compter.

Aujourd’hui, la sexualité est dissociée de la fécondité parce qu’il est possible du fait de la contraception d’avoir des relations sexuelles qui ne comportent pas le risque ou la chance d’une grossesse et d’une naissance.
Mais à l’époque de Jésus, avoir une relation sexuelle menait forcément à un fort risque de fécondité ! et donc la question de la filiation à assumer, qui en découlerait, était première.

Dieu a intégré le plaisir à la sexualité pour que nous ne soyons pas trop paresseux pour croître et multiplier. S’il y a plaisir à la sexualité, c’est pour qu’on n’oublie pas de faire des enfants : c’est quand même mieux que ce soit un plaisir plutôt qu’un devoir.

Compte tenu de cette évolution technologique et de la révolution sociétale qui l’accompagne, une chrétienne peut effectivement avoir des relations sexuelles qui sont dissociées de la question de la fécondité. L’enjeu sera en revanche de ne pas se disperser. L’intime de la sexualité est là pour créer de la relation intense entre l’homme et la femme. La sexualité de plaisir sera donc une façon de construire la complicité et l’intensité du vécu de couple.

Ce qui ne peut que réjouir le cœur de Dieu (inventeur de la sexualité belle et bonne).

Pourquoi notre jour mis à part est-il passé du sabbat juif (samedi) au dimanche ? [Jean]

Parce que c’est le jour de la résurrection de Notre Seigneur. Il s’est donné à voir le lendemain matin du sabbat, lorsque les femmes sont venues au tombeau pour prendre soin de son corps supplicié. Mais il est ressuscité ! Il a ainsi montré qu’en lui toutes choses étaient faites nouvelles. La nouvelle création a commencé avec ce premier-né d’entre les morts, pour ce premier jour de la semaine, nouvellement mis à part.

Certains prédicateurs prétendent ressusciter des morts car Jésus nous permet de faire les mêmes œuvres que lui. Qu’en penser ? [Augustinus]

Le Seigneur est souverain. Si pour que l’annonce de son royaume progresse, la résurrection d’un mort s’opère par sa grâce, je crois qu’Il peut le faire. Le danger est de penser que c’est tel ou tel prédicateur qui en a le « pouvoir », « l’autorité », alors que c’est une œuvre de Dieu, ou encore qu’une communauté où de tels miracles ne se produisent pas ne serait pas vraiment chrétienne. Si on affirme qu’un miracle s’est produit mais que cela a pour effet d’orienter le regard vers la personne par qui il s’est produit et pas vers le Christ, je crois qu’il faut se méfier.

Que choisir entre la guerre juste (Calvin et Bèze) ou les pacifistes (Trocmé- Lasserre- Brousson- Schweitzer) ? Le NT est-il ambigu ? [David]

Je crois que c’est surtout notre vie, marquée par le péché, qui est ambiguë. Dieu, en Jésus-Christ, est venue mettre la clarté de son esprit dans nos ambiguïtés. Cela étant dit, je crois qu’à la lumière du Nouveau Testament, nous pouvons dire qu’il n’y a pas de guerre juste. Il n’y a aucune « bonne raison » de tuer quelqu’un, même dans la guerre. Un général s’est d’ailleurs récemment exprimé sur la question : https://www.youtube.com/watch?v=sOZTgyiD-Zg

Une fois que l’on a dit cela, il faut aussi se rappeler que Dieu est venu jusqu’à nous en Jésus-Christ à cause de la dureté de notre cœur (Matthieu 19.8). Il ne justifie aucune des choses que cette dureté nous amène à commettre, mais il fait avec pour le tourner en bien, si nous ouvrons notre cœur à son action. Mais il ne me paraît pas possible de raisonner trop dans l’abstrait face à des questions aussi difficiles.

Pourquoi les chrétiens sont obsédés par le sexe avant le mariage ? Jésus n’en a pas vraiment parlé non ? [Jeanne]

Je ne sais pas si ce sont les chrétiens qui sont obsédés par le sexe avant le mariage ou la société qui les entoure qui est obsédée par le sexe tout court. Dans la culture dans laquelle nous évoluons, la sexualité est disjointe de l’engagement. Il n’y a qu’à regarder n’importe quel film pour s’en rendre compte. C’est ce contexte qui pousse peut-être certaines personnes ou certaines églises à insister fermement sur la question du mariage. En effet, la vision biblique du couple humain repose sur l’unité et l’engagement. Genèse 2/24 dit cela : « L’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme et ils deviendront une seule chair ». Ce verset est répété à 5 reprises dans la Bible, y compris dans la bouche de Jésus (cf Matthieu 19/4-6). Jusqu’à aujourd’hui, la seule façon d’engager sa vie avec une autre personne reste le mariage, qui est une belle et bonne chose que Dieu a voulue et dont nous pouvons nous réjouir.