Comment expliquer la sainte trinité ? [Grâce]

C’est très difficile d’expliquer un mystère, Grâce ! Je vais m’appuyer sur une analogie qu’a proposé Augustin, un grand théologien chrétien du 4eme/5eme siècle. Considérons le soleil : on ne peut pas le regard en face sinon on devient aveugle. Mais ce que l’on peut en savoir tient aux rayons qu’il envoie et qui arrivent sur terre. Pourtant on ne peut pas dire que le soleil soit seulement ses rayons. C’est aussi une boule de feu qui les émet. Et pourtant, sans les rayons du soleil, pas de soleil. Le soleil, c’est le Père, les rayons, le Fils. Mais même si je ferme les yeux, je peux sentir le soleil à sa chaleur, qui est transmise par ses rayons. Pourtant cette chaleur n’est pas identique aux rayons ni au soleil lui-même. Cette chaleur, c’est l’Esprit. Je ne sais pas si je vous ai bien expliqué, mais pour ma part j’ai beaucoup aimé cette présentation que je cite de mémoire.

Comment expliquer la Trinité à un enfant- un ado… ? [KFé]

Votre question sous-entend que même pour un adulte, la Trinité est aussi un mystère ! Quel que soit notre âge en effet, c’est une énorme difficulté de concevoir 1+1+1=1 ! Et que Dieu se révèle à la fois comme un seul être et trois « personnes » ! Père (Créateur, Dieu radicalement différent de nous), Fils (Sauveur, Dieu venant vers nous), Esprit (Seigneur, Dieu en nous). Donc, il ne s’agit en fait pas d’expliquer qui est Dieu, mais de saisir que Dieu est connu comme incompréhensible, hors d’atteinte.

Nous ne pouvons donc utiliser, pour parler de Dieu avec nos mots humains bien imparfaits, que raisonner par analogie, par images et comparaisons, sans prétendre y réduire l’Etre de Dieu qui nous est connu comme le Tout-Autre.

La meilleure analogie que je connaisse (parce qu’elle reprend des analogies biblique) est la suivante : Si je parle à quelqu’un, les mots naissent dans mon esprit, ma pensée. Je les transmets dans une parole. Et cette parole, articulée par ma bouche, devient une onde sonore, qui atteint les oreilles de mon auditeur en faisant vibrer l’air autour de nous. Donc : pensée, parole, souffle sont à la fois bien distincts et constituent pourtant un même acte de communication. De même, Dieu est la source, l’origine (Père) que nous révèle le Fils (la Parole faite chair, logos, voir év. de Jean ch.1) qui vient à nous par l’Esprit (le souffle, pneuma en grec, ruah en hébreu). Essayez cette « explication ». Si votre enfant ne comprend toujours pas… Dites-le, on essaiera autre chose !

Pourriez-vous m’expliquer davantage la notion de l’unicité de Dieu ? [Christ-Joa]

C’est vraiment un immense sujet ! D’autres pasteurs vous donneront sans doute des réponses complémentaires et aidantes pour vous, mais voilà ce que je peux vous partager en quelques mots : L’unicité de Dieu n’est pas un monolithisme. Quand la Bible dit que Dieu est un (Deutéronome 6. 4) elle emploie le même mot que pour désigner l’unité de chair entre l’homme et la femme au sein du couple (Genèse 2. 24). Le couple humain n’est pas une entité dans laquelle la personnalité de l’homme et de la femme disparaissent ! C’est pareil, manifestement, pour Dieu. Le récit de l’apparition de Dieu à Abraham aux chênes de Mamré (Genèse 18) nous montre aussi que tout en étant un seul, il peut être… trois ! Je vous invite à relire ce texte. L’unicité de Dieu a un caractère éminemment relationnel, car Dieu est relation (je pense que c’est une des choses que Jean dit quand il dit que Dieu est amour). Jésus n’a pas remis cette unité en question quand il a dit « Moi et le Père nous sommes un ».

Quel est le point de vue d’un catholique romain sur la Bible et sur la Trinité ? [Cle]

Il serait plus honnête de poser votre question aux catholiques eux-mêmes, répondre à la place de l’autre prend toujours le risque de le trahir (et le site eglise.catholique.fr comprend une rubrique « approfondir sa foi » qui répondra sans doute à beaucoup de vos questions). Qui plus est quand chacune de vos questions a suscité beaucoup de débats entre les chrétiens depuis 2000 ans. Cela dit, et pour résumer très grossièrement :

  • La Bible, pour les catholiques comme pour les autres chrétiens, est la Parole de Dieu. Nous croyons tous que Dieu peut communiquer avec nous, entre autres à travers ces vieux textes qui racontent comment Dieu s’est révélé à l’humanité. La différence avec le monde protestant ne tient pas dans cette définition, mais plutôt dans la façon d’interpréter cette Parole, et dans le monde catholique c’est le magistère de l’Église, son enseignement, qui donne les clés de lecture nécessaires à cette interprétation. Pas dans le monde protestant.
  • Là aussi, la ligne de démarcation entre les différentes compréhensions de ce concept théologique ne passe pas entre les catholiques et les autres. je me permets donc de vous renvoyer à la réponse déjà faite sur la Trinité ici : http://1001questions.fr/comment-expliquer-simplement-ce-quest-la-trinite-kristina/

Doit on baptiser « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit », ou « au nom de Jésus », comme le faisaient les premiers chrétiens ? [Juan]

En fait les premiers chrétiens avaient les deux pratiques, soit au nom de Jésus, soit au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

La preuve en est, la mention faite des deux dans l’Ecriture sainte :
• « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. » (Actes 2,38), et
• « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » (Matthieu 28,19).

L’habitude de l’Eglise au fur et à mesure de sa pratique a été de privilégier le deuxième usage, trinitaire.

Dans les cieux y a-t-il Dieu ET Jésus- ou bien une seule personne qui forme en même temps Dieu et Jésus ? [Pascale]

Le symbole des apôtres (le credo) qui résume la foi chrétienne dit effectivement que le Christ est « monté au ciel », et qu’il « siège à la droite de Dieu, le Père tout puissant », citant lui-même de nombreux passages du Nouveau Testament. Mais il ne faut pas se laisser piéger par le vocabulaire. Le ciel n’est pas un lieu particulier, mais une image, une représentation pour désigner ce qui appartient à Dieu, voire Dieu lui-même. La « montée au ciel » de Jésus-Christ signifie donc la fin de son ministère parmi nous, car Jésus, c’est Dieu qui nous a pleinement rejoints dans notre humanité en se dépouillant de sa gloire divine (Philippiens 2,6ss).  C’est ce que les chrétiens reconnaissent en confessant la Trinité : Dieu est à la fois UN et Père (Créateur), Fils (Sauveur) et Saint-Esprit (Seigneur). Le fait d’être désigné comme « assis à la droite de Dieu » (référence au Psaume 110,1) signifie que Jésus, par sa mort et sa résurrection, a reçu la place d’honneur du Messie, celle du « fondé de pouvoir », comme l’écrit un commentateur de ce Psaume (de même qu’un chef parle de son plus proche collaborateur comme de son « bras droit »). Autrement dit, comme l’écrivait Luther, si nous voulons trouver Dieu, il ne faut pas chercher à escalader le ciel (c’est-à-dire nous livrer à des spéculations philosophiques ou à des expériences mystiques), mais nous rendre à Bethléhem.

La Trinité résumerait Dieu à un Père, un Fils et un Esprit-Saint ? Dieu est plus grand que ça, on ne peut pas capter sa nature ; c’est dur de le diviser en trois. Jésus serait Dieu et Fils de Dieu ? [Sarah]

Oui on ne peut pas limiter Dieu dans des définitions.

Mais en même temps on a besoin d’éléments pour le comprendre.

Dire qu’il est Père est un langage pour nous exprimer qu’il est un Dieu relationnel et pas seulement un « étant ».
Dire qu’il est Fils nous dit que quand on regarde Jésus, on voit le Père.
Dire qu’il est Saint-Esprit nous explique que Dieu n’est pas seulement créateur (début), sauveur (milieu), mais qu’il est aussi actuel.

Et dire que Dieu est un et trois à la fois, c’est aussi nous dire qu’il ne faut pas rêver de comprendre parce que c’est mathématiquement impossible. Définir avec de l’incompréhensible, c’est justement dire que ça dépasse nos capacités de perception.

La Trinité est donc un langage.
Ce n’est pas une définition de l’être de Dieu.
C’est une pédagogie.

Comment expliquer simplement ce qu’est la Trinité ? [Kristina]

Alors là, ce n’est pas simple.
Parce que la Trinité est de l’ordre de la parabole : en effet, pour faire comprendre ce qu’elle recouvre, il faudra plutôt des images qu’une prétention à une description scientifique. Aussi voici quelques mini-paraboles. Toutes ont leurs limites… et donc leurs imprécisions.

La Trinité, c’est comme…

  1. L’œuf. Il y a le blanc, le jaune, la coquille. Ils sont distincts. Mais séparés, ce n’est plus vraiment un œuf.
  2. L’eau. Quand il fait -10° celsius, elle est solide. Quand il fait 10° elle est liquide. Quand il fait 110° elle est gazeuse. Et pourtant, c’est toujours de la molécule H2O.
  3. Et puis il y a le sacro saint hand spinner

    Crédit : creusonlabible.fr

Il est d’usage de prier Dieu au nom de Jésus, par l’Esprit saint. Mais si Jésus (le Fils) et l’Esprit sont Dieu aussi, peut-on prier Jésus et l’Esprit ? [Tuisku]

Dans l’Église réformée, il est effectivement d’usage de prier le Père (et non pas Dieu qui est aussi Fils et Esprit saint, comme vous le dites bien). C’est bien ce que Jésus dit : « tout ce que vous demanderez au Père en mon nom » (Jean 15 / 16) et que Paul confirme : « rendez toujours grâces pour tout à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ » (Éph. 5 / 20). Ainsi, tant pour demander que pour remercier, la prière s’adresse à Dieu le Père au nom de Jésus, et c’est là aussi que se reçoit l’exaucement : « il vous le donnera en mon nom » (Jean 16 / 23). La personne de Jésus-Christ est le lieu de la prière (« en mon nom »), l’agent de cette prière étant l’Esprit (Rom. 8 / 15. 26-27). La prière, c’est l’élan des enfants de Dieu vers leur Père.

Ceci étant dit, la Bible se termine sur une prière adressée au Fils : « Viens, Seigneur Jésus ! » (Apoc. 22 / 20) Et la vision d’Ézéchiel nous montre le prophète invoquant l’Esprit sur les ossements desséchés redevenus chair (Ez. 37 / 9-10).

On prie donc le Père ; on appelle la venue du Fils unique, dont on chante aussi la gloire ; et on invoque l’Esprit.

Dans d’autres traditions d’Église, on prie plus facilement Jésus.