On dit que le mot Seigneur ne fait pas totalement référence à Dieu mais plutôt à un roi ou empereur. Comment faire pour savoir si la Bible fait référence à un Dieu ou un roi lorsqu’il parle de Jésus ? [Teague]

La Bible fait référence à un roi et à un dieu lorsqu’elle parle de Jésus ! La plus belle illustration de cela me semble être l’exclamation de Thomas devant le ressuscité : « Mon seigneur et mon Dieu ! » (Jean 20. 28). Mais la Bible va même plus loin ! Jésus est grand prêtre (Hébreu 4. 14), avocat (1. Jean 2.1), juge des vivants et des morts (Actes 10. 42), chef de l’Église (Éphésiens 1. 22), et j’en passe. D’une manière générale, je crois que l’on peut considérer que les auteurs de la Bible ont tous essayé de rendre compte à leur manière de cette nouvelle abasourdissante : Jésus-Christ était Dieu, et en même temps le Messie annoncé par le Premier Testament.

Melchisédek est-il une prophétie de Jésus ? La similitude entre eux dans la Genèse est stupéfiante. Hébreux appelle Jésus un prêtre de l’ordre de Melchizédek- mais qu’est-ce que cela signifie réellement ? [Pil]

La question est d’une portée immense, plus grande que mes capacités de réponse. Cependant, une lecture d’Hébreux 7 (le chapitre auquel vous faites référence) me semble pouvoir aboutir à certaines conclusions :

Le verset 3 (« On ne lui connaît ni père, ni mère, ni aucun ancêtre ; on ne parle nulle part de sa naissance ou de sa mort. Il est semblable au Fils de Dieu : il demeure prêtre pour toujours ») me semble clairement faire un parallèle entre le Melchisédek qui est décrit et le Fils.

Melchisédek est supérieur à tout autre prêtre, car même les prêtres d’Israël lui sont inférieurs (versets 9 et 10 : « quand Abraham a payé le dixième de ses biens, Lévi l’a payé aussi, lui dont les descendants reçoivent le dixième de tout. Car bien que Lévi ne fût pas encore né, il était en quelque sorte déjà présent dans son ancêtre Abraham quand Melkisédec vint à sa rencontre. »)

Régulièrement le texte d’Hébreux cite le psaume 110 verset 4 pour l’appliquer à Jésus et ainsi signifier qu’en lui, le Fils est venu accomplir définitivement le rôle de grand prêtre, après lequel plus aucun sacrifice n’est nécessaire.

Pour moi donc, ce texte de la lettre aux Hébreux établit clairement le lien entre le Melchisédek de la Genèse et Jésus. Peut-être cela peut-il aussi être rapproché de Jean 8. 56 (« Abraham, votre père, s’est réjoui à la pensée de voir mon jour ; il l’a vu et en a été heureux. ») même si cela semble davantage faire référence à Isaac, auquel Jésus s’identifie.

Les chrétiens prient Jésus et le Père. Est-il juste de prier l’Esprit-Saint ? [Simon]

Non seulement cela me paraît juste, mais même hautement recommandable ! Je laisse l’apôtre Paul vous répondre mieux que moi : « De même, l’Esprit Saint aussi nous vient en aide, parce que nous sommes faibles. En effet, nous ne savons pas prier comme il faut ; mais l’Esprit lui-même prie Dieu en notre faveur avec des supplications qu’aucune parole ne peut exprimer. Et Dieu qui voit dans les cœurs comprend ce que l’Esprit Saint veut demander, car l’Esprit prie en faveur des croyants, comme Dieu le désire. Nous savons que toutes choses contribuent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qu’il a appelés selon son plan. » (Romains 8. 26-28). Jésus-Christ nous a envoyé son Esprit pour venir à notre secours. Ne refusons pas un tel allié dans la prière !

La Trinité résumerait Dieu à un Père, un Fils et un Esprit-Saint ? Dieu est plus grand que ça, on ne peut pas capter sa nature ; c’est dur de le diviser en trois. Jésus serait Dieu et Fils de Dieu ? [Sarah]

Oui on ne peut pas limiter Dieu dans des définitions.

Mais en même temps on a besoin d’éléments pour le comprendre.

Dire qu’il est Père est un langage pour nous exprimer qu’il est un Dieu relationnel et pas seulement un « étant ».
Dire qu’il est Fils nous dit que quand on regarde Jésus, on voit le Père.
Dire qu’il est Saint-Esprit nous explique que Dieu n’est pas seulement créateur (début), sauveur (milieu), mais qu’il est aussi actuel.

Et dire que Dieu est un et trois à la fois, c’est aussi nous dire qu’il ne faut pas rêver de comprendre parce que c’est mathématiquement impossible. Définir avec de l’incompréhensible, c’est justement dire que ça dépasse nos capacités de perception.

La Trinité est donc un langage.
Ce n’est pas une définition de l’être de Dieu.
C’est une pédagogie.

Pourquoi appelle-t-on la parabole « du fils prodigue » avec ce nom là ? [Etienne]

Parce que c’est le titre qui a été choisi par un éditeur de Bible à un moment donné et que, si je puis dire, il a ainsi fait fortune ! Il faut savoir que dans le manuscrit original il n’y a aucun de titre, c’est un ajout de chaque éditeur pour nous faciliter la lecture. Le texte  auquel vous faites référence (Luc 15, 11-32) s’appelle selon les éditions « la parabole du fils perdu et retrouvé » ou « la parabole des deux fils » ou même encore « la parabole du père prodigue »… Ce titre-là attire l’attention sur la générosité du père, mais cette parabole recèle encore bien d’autres aspects.

Rappelons-nous donc que la lecture du texte biblique nous convoque toujours à notre propre travail de compréhension et d’interprétation ! Et vous, vous lui donneriez quel titre pour donner envie de le lire ?