Genèse 1:28 : Dieu ordonne que nous ayons des enfants. Est-ce que 1 Cor 7: 1-8-17-25-38 nous libère de ce mandat si nous sentons que nous sommes appelés à être célibataires ? [Hugues]

En formulant votre question, Hugues, vous avez mis en lumière un principe fondamental pour lire les Ecritures et les laisser guider notre vie. Ne jamais isoler un texte de l’ensemble de la Révélation. Paul ne remet pas en cause le mandat que Dieu donne à l’être humain au 1er chapitre de la Genèse, remplir la terre (mandat que nous pouvons d’ailleurs estimer rempli, nous sommes plus de 7 milliards sur terre !).

A la lumière de Jésus-Christ et de la nouvelle alliance, Paul relève que nous sommes entrés dans les derniers temps, nous attendons une nouvelle Création. Tout ici bas reste bien sûr important, mais de façon relative. D’où les « faites comme si… ne pas » des versets 29 à 31 de ce ch.7 de 1 Corinthiens. Paul n’y interdit pas le mariage, bien sûr. Il incite à chercher à incarner au mieux, par toute notre existence, notre union à Jésus-Christ. Parce que l’union au Christ fait de nous des êtres libres, y compris dans nos choix les plus importants. Et cette liberté s’exprime dans le service du Seigneur et du prochain. D’où sa préférence personnelle pour le célibat (vu son mode de vie itinérant et son agenda surchargé, il aurait fait le malheur d’une femme !), mais dont il se garde de faire un modèle absolu.

J’aime aussi dans votre question l’idée d’appel au célibat. Le choix du célibat, comme celui du mariage, doit être vécu comme la réponse à une vocation du Seigneur, et non pas simplement comme une contrainte imposée par la société, l’entourage, les circonstances ou la biologie..

Aucune femme n’a jamais voulu être ma compagne. Est-ce que Dieu peut m’appeler à une vie de célibat ? (Matt 19:12- 1 Cor 7:8) [Jacky]

J’entends deux choses dans ce que vous me dites. D’abord le constat que vous n’avez pas de compagne et à côté une interrogation quant au projet de Dieu sur votre vie.

Comment vivez-vous votre célibat ? Le constat que vous faites est-il douloureux pour vous ? Si tel est le cas, je ne sais pas si il est prudent de conclure tout de suite que Dieu veut que vous meniez une vie de célibat. Les textes auxquels vous faites référence parlent de personnes qui ont choisi la voie du célibat pour Dieu. Paul particulièrement, considérait son célibat comme le meilleur moyen d’être entièrement consacré à sa tâche d’apôtre. Mais je ne saurai tirer de cette situation particulière une généralité. Vous sentez-vous appelé par Dieu à un ministère et, pour ce faire, à renoncer à une vie de couple et de famille ? Posez cela dans la prière, parles-en avec un pasteur ou une personne croyante en qui vous avez confiance, pour regarder paisiblement ce qui apparaît pour vous.

Je souffre parce que je suis célibataire. Avez-vous des conseils pour ceux qui n’ont pas de partenaire ? Comment faire face au rejet et aux besoins sexuels ? [Dan]

Tout d’abord, je dirais qu’il faut que vous clarifiiez la conviction que vous avez du plan de Dieu pour vous : nous sommes crées pour faire Un avec quelqu’un du sexe opposé (Marc 10,8), mais certaines personnes peuvent avoir vocation au célibat (Matthieu 19,12 ; 1Co 7,7-8). Est-ce votre cas ? Pensez-vous que vous ayez une mission particulière qui ferait du célibat le mode de vie qui glorifiera Dieu en vous ? Si vous avez cette conviction, Dieu mettra ce qu’il faut en place pour que vous le viviez bien. Si l’éventualité du célibat ne vous est suggérée que par vos difficultés du moment, elle est évidemment à bannir avec force.

A partir du moment où vous croyez être appelé au mariage (seule visée légitime d’une vie en couple pour un chrétien, voir 1Co7,9), alors en route !

Si vous souffrez de rejet, il faut réagir…Tout d’abord, veillez à être bien dans vos baskets… Soyez la personne que Dieu vous appelle à être.. c’est cette personne que Dieu veut que vous soyez pour que vous correspondiez à votre conjoint. C’est en étant votre « vrai vous-mêmes », en Christ, que vous rayonnerez et serez attractif pour la personne que Dieu a préparée pour vous. Ensuite, aimez-vous ! Intégrez le fait que vous êtes une créature merveilleuse (Psaume 139,14). Et faites le nécessaire pour vous mettre en valeur… Soyez vous-mêmes, mais sous son meilleur jour possible. Nul besoin alors d’être obsédé par « la » rencontre… c’est au contraire peu attractif. En revanche quelqu’un d’assuré est attractif !

Quant aux besoins sexuels, attention surtout à ne pas vous enfermer dans des satisfactions rapides (solitaires ou ponctuelles) : cela risque de vous priver de la capacité à vous donner vraiment à quelqu’un. Vivez votre attrait pour les personnes du sexe opposé, mais efforcez-vous, avec l’aide de Dieu demandée dans la prière, de contrôler vos pulsions. Une fois qu’on l’a décidé, elles passent plus vite qu’on pourrait l’imaginer parfois.

Au fond : souciez-vous d’abord de servir Dieu, Il pourvoira à vos besoins, sans doute différemment de vos espérances, mais sans doute au-delà.

Pauvreté- obéissance- chasteté- sont les 3 voeux exigés des moines pour être conformes au Christ. Jésus- vrai homme- fut-il parfaitement chaste? Qu’est-ce exactement que la chasteté selon l’Evangile ? [Jean L.]

Cher Jean, vous avez bien raison, ces trois vœux font partie des règles classiques observées par les moines et les moniales.
Je ne suis pas un spécialiste de ce type de vocation, mais je ne pense pas que l’objectif poursuivi par ces engagements soit d’être conforme au Christ. L’objectif est plutôt que l’individu se soumette à une règle qui le dépasse et par laquelle la communauté monacale affirme qu’ainsi lui et ses frères (ou sœurs !) s’épanouira. Les Réformateurs — et Martin Luther en tête — se sont justement insurgés contre cette pratique des vœux monastiques estimant qu’ils ne se fondent pas sur la Parole de Dieu; bien plus ils la combattent (je vous encourage à lire le petit texte de Luther « Jugement sur les vœux monastiques de 1521 »)

En ce qui concerne la chasteté, je crois qu’il est nécessaire de ne pas la confondre avec l’abstinence. Être chaste c’est être fidèle, sobre, paisible et joyeux quant à notre sexualité, dans l’état qui est le notre. Pour faire simple: on peut être chaste en couple (notamment par la fidélité et l’attention portées à l’autre, en ne le soumettant pas à soi-même) ou en étant célibataire (notamment en étant paisible et non agité quant à sa sexualité).

Cher Jean, puisque vous me demandez un texte biblique, outre les classiques concernant le mariage, je vous recommande tout particulièrement ces deux-là, quitte à être un peu long :

« A cause des risques d’inconduite sexuelle, que chacun ait sa femme, que chacune ait son mari. Que la mari rende à se femme ce qu’il lui doit; de même la femme à son mari […] Ne vous privez pas l’un de l’autre, sinon pour un temps et d’un commun accord, afin de vous consacrer à la prière; puis reprenez votre vie conjugale, de peur que le Satan vous mette à l’épreuve, parce que vous ne sauriez pas vous maîtriser […] [Quant à ceux qui ne sont pas mariés et aux veuves] s’ils ne peuvent se maîtriser, qu’ils se marient; car il vaut mieux se marier que de brûler » 1 Corinthiens 7, 2-3.5.9

« Il viendra un temps où ils [les gens égoïstes, amis de l’argent, fanfarons, orgueilleux, blasphémateurs, rebelles envers leurs parents, ingrats, sacrilèges, insensibles, implacables, médisants, sans maîtrise de soi, cruels, ennemis du bien, traîtres, emportés, aveuglés par l’orgueil, amis du plaisir plus que de Dieu] ne supporteront plus l’enseignement sain; mais au gré de leurs propres désirs, avec une démangeaison d’entendre, ils se donneront maîtres pour maîtres […] Mais toi, sois sobre en tout » 2 Timothée 4, 3-5

Soyez sobre, soyez béni, cher Jean.