N’a-t-on pas tendance à confondre vie éternelle et paradis? Comme honte éternelle et enfer? (Joel)

Heureusement, Dieu sait de quoi Il parle ! Jésus promet la vie éternelle à ceux qui reconnaissent Sa voix comme étant celle du Messie, Fils de Dieu (Jean 10, 27-28). Elle commence ici-bas dès la décision de suivre Jésus, et a des conséquences au-delà de notre mort terrestre puisqu’Il nous prépare une place dans le royaume des cieux (Jean 14, 2-3). Le mot « paradis » apparaît trois fois dans le Nouveau testament. En Luc 23, 43 quand Jésus s’adresse au brigand attaché sur une croix à côté de Lui, lors de la description d’une expérience spirituelle de Paul (2 corinthiens 12, 4), et en Apocalypse 2, 7, aux croyants persévérants. Les utilisations sont effectivement un peu différentes et il existe un débat théologique quant à savoir si le paradis pourrait être un lieu intermédiaire où les esprits attendraient sans corps la résurrection ou si c’est un autre mot pour désigner le royaume des cieux, donc la destination finale des ressuscités.

Ce qui est sûr c’est que le paradis est généralement présenté comme un « lieu » encore mystérieux, destiné à ceux qui ont cru. La vie éternelle est une réalité dynamique que l’on reçoit dès maintenant, à l’image de l’eau vive qui ne tarit pas (Jean 7, 38).

En ce qui concerne l’enfer, le mot utilisé dans la Bible est « géhenne ». C’est là où on récolte ce qu’on a semé, où on est comme consumé par un feu qui ne s’éteint pas, et où il y a des grincements de dents. Bref, clairement un lieu séparé de Dieu, et où on ne veut pas être. La « honte éternelle » (expression de l’ancien testament : Daniel 12, 2 et Jérémie 23, 40) désigne l’état qui accompagnera ceux qui n’ont pas voulu répondre à l’appel de leur créateur et sauveur dans un lieu correspondant de toute évidence à « l’enfer ». Bref, il y a différentes manières dans la bible de parler de ce qu’on gagne en Dieu et de ce qu’on perd sans Lui… Choisissons la Vie en abondance!

Sauvés… mais de quoi ? [Mireille]

La Bible, ainsi que notre expérience quotidienne à tous, croyants, nous disent la rupture profonde (l’aliénation) entre Dieu et nous, et par suite la rupture entre nous et les autres, et entre nous et nous-mêmes. C’est de cette aliénation que Jésus-Christ nous sauve, à travers la foi, c’est-à-dire la confiance que nous accordons à ce salut. Par la mort et la résurrection de Jésus, nous sommes restaurés dans la communion avec le Père, réunis à nous-mêmes et trouvons des frères et sœurs dans nos prochains.

On peut dire les choses autrement (la Bible tente plusieurs approches pour mieux cerner la question).

On peut dire qu’à cause de cette rupture, nous sommes en dette à l’égard du Dieu juste, nous qui « transgressons tous les jours et de plusieurs manières ses saints commandements, attirant sur nous, par son juste jugement, la condamnation et la mort » (confession des péchés de Calvin et Bèze). Dans cette manière de dire, c’est donc de cette condamnation, et même de ce jugement, que nous sommes sauvés.

On peut dire aussi que par cette rupture nous appartenons au mal / aux ténèbres / au diable qui se met en travers de nous-mêmes, de nous et des autres, de nous et de Dieu. C’est alors de cet « esclavage du péché » que nous sommes sauvés, « rachetés à grand prix », tout comme les Hébreux avaient été sauvés de leur esclavage en Égypte.

Dans toutes ces manières de dire, et quelle que soit votre propre manière de dire cette aliénation, c’est d’elle que nous sommes sauvés, c’est donc quelque part de nous-mêmes en tant que nous vivons sans Dieu ou contre lui. En Christ, nous sommes devenus libres, et c’est son Esprit qui nous fait vivre cette liberté au quotidien.

 

Qui est sauvé ? [Monique]

Il y a plusieurs interprétations du salut dans le christianisme, que je résumerai comme suit :

universel : tous sont sauvés parce que Dieu l’a voulu,
très large : Dieu veut sauver tout le monde, mais certains refusent, et il ne cherche pas à les sauver contre leur gré,
large : Dieu sauve selon certaines modalités, ceux qui croient en Christ étant sauvé par grâce (leur foi est le signe qu’ils ont accueilli le salut, justement), et ceux qui n’y croient pas sont sauvés selon le critère de l’obéissance à la loi, les autres ne sont pas sauvés,
restrictif : seul un petit nombre serait sauvé, soit parce que Dieu l’aurait décidé ainsi, soit parce que les humains ne voudraient pas vivre jusqu’au bout le plan de salut.

C’est à dessein que je donne ces quatre alternatives, simplifiées ; car l’ensemble de ces positions peut être étayé par des textes bibliques et de façon assez cohérente, si on veut bien être honnête intellectuellement. Il y a à l’intérieur même de la Bible plusieurs conceptions, mais une même certitude : Jésus-Christ est venu pour ouvrir le salut aux humains, et tous en ont besoin ! “C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.” (Ephésiens 2,8).

Personnellement, je pense que Dieu veut en sauver un maximum. Mais j’attends là-haut de voir… Ce dont je suis sûr c’est que la foi, c’est l’assurance du salut, la certitude d’être déjà sauvé par Dieu en Christ !

Finalement, la création est parfaite, ou pas ? D’où vient le bug ? [Steph]

Une création parfaite ? C’est vrai. Mais c’est encore plus compliqué que ça je crois…
« Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. » (Genèse 1,1-2).
L’expression informe et vide est le mot hébreu Tohu-(w)Bohu qu’on utilise en français pour dire un grand bazar. Donc la création telle que l’humain la découvre doit être qualifiée d’autre chose que « parfaite » à mon sens. Elle est plutôt mise en ordre. Dieu dit à la lumière de se distinguer de la ténèbre, et ça arrive (v. 3), et tout ce qui est confusion, brouillon, mélangé, est mis en ordre. Ce n’est pas la perfection au sens premier du terme, c’est-à-dire sans aucune ombre. C’est l’ombre d’un côté et la lumière de l’autre. Reste la part de l’ombre, le « mauvais côté de la force », mais il n’est plus question que ce soit mélangé, c’est soit l’ombre, soit la lumière. Et le Serpent, futur prince du mensonge, est du côté de l’ombre…

Si je comprends bien, en sus de notre nature pécheresse, il y a également des puissances spirituelles qui veulent notre perte. Qui sont elles ? Pourquoi l’Eglise est aussi peu prolixe à leur sujet ? [Didier]

Les évangiles nous transmettent que le ministère de Jésus comportait un enseignement accompagné de guérisons et d’actes de délivrance.
Dans l’évangile de Marc, le ministère de Jésus commence par une délivrance (Marc 1:21-28). Lorsque Jésus envoie les 12 disciples, il leur donne autorité sur les esprits impurs (Matthieu 10:1).
On trouve déjà quelques mentions de puissances spirituelles mauvaises dans l’Ancien Testament mais c’est seulement avec le ministère de Jésus que nous trouvons le témoignage de délivrance d’esprits mauvais. Cette activité est l’un des signes les plus manifestes de la venue du Royaume de Dieu . Jésus ne libère pas du pouvoir temporel de l’occupant romain mais il libère de ces puissances qui oppriment les humains (Luc 11:20-22). Il n’a pu commencer son ministère qu’après avoir été confronté au diable et l’avoir rejeté par la parole (Luc 4:1-14).

Il ne nous est rien dit concernant l’origine de ces puissances spirituelles. C’est une réalité qui est révélée à travers le ministère de Jésus et que l’on peut expérimenter dans la prière. La bible nous enseigne cependant l’essentiel : ce sont des créatures qui ne peuvent résister au Seigneur. Elles prennent autorité sur la vie des hommes s’ils les laissent entrer ou même les appellent volontairement. Leur pouvoir a été vaincu par Jésus mort et ressuscité pour nous. Par la foi en Christ, nous avons autorité sur elles.

Nous avons vécu (mais c’est en train de changer) dans une culture qui a placé la raison humaine et la science comme critère absolue de vérité. Or la dimension spirituelle échappe au regard de la science. Elle ne peut pas plus observer le St Esprit que les esprits impurs. Ce n’est pas une réalité « objectivable ». Certains courants de l’Eglise ont estimé qu’il fallait soumettre le témoignage biblique au critère de la raison et ont proposé des interprétations uniquement existentielles ou psychologiques. Si l’on admet que le spirituel échappe à l’observation directe de la science pour des raisons méthodologiques, alors le ministère de délivrance de Jésus reprend tout son sens et il est important de proposer une prière de délivrance à certaines personnes qui peuvent en avoir besoin . Jésus est venu aussi pour ce faire, nous rendre libre de tout mal, de notre péché mais aussi des puissances qui cherchent à nous rendre esclaves.

Du temple/tabernacle, des rituels sacrificiels, à Jesus, l’accès à Dieu semble s’être dématérialisé, simplifié, « déreligieusé ». Pourquoi ces débuts si complexes, alors que tout est si simple ? [Simon]

Oui, il semble que ça se dématérialise.
Mais disons que vous omettez la première étape. Avant la fixation du culte au Temple de Jérusalem, il y a quand même eu le sanctuaire mobile dans le désert, la Tente de la Rencontre ou Tente d’Assignation. C’était au moins une solution nomade.

Avez-vous noté que pour ce qui est des modalités du culte au Temple avec son système de prêtrise, il y ait au bout du compte peu d’insistance sur le fait que ce soit Dieu qui l’ait désiré de tout son cœur. C’est moins prégnant mais c’est un peu comme la Royauté : un pis-aller pour imiter d’autres peuples, en somme. L’humain a besoin de religieux, de religion, et il aime installer des systèmes légaux.

Jésus, c’est le Temple qui retourne au nomadisme (Jean 2,21), afin qu’à notre tour nous devenions des temples (1 Corinthiens 3,16). C’est vrai, c’est plus léger, c’est réjouissant. Mais ce sont de vraies responsabilités. En tout cas, merci à Dieu d’avoir eu l’idée d’envoyer Jésus !

Que signifient les 144 000 élus dont parle l’Apocalypse ? [FP]

En Apocalypse 7,14 et 14,1 on parle des élus, des sauvés, qui sont au nombre de 144.000.

Les Témoins de Jéhovah prennent ce chiffre à la lettre. Il semble que l’Apocalypse soit plutôt un livre codé. Qui aurait pu comprendre que « Les sanglots longs des violons de l’automne… » puisse être le code de lancement de la libération de la France à la fin de la deuxième guerre mondiale ? Sous l’oppression romaine, il fallait utiliser certains langages pour évoquer la lutte contre l’Empire.

144.000 c’est 12 fois 12 fois mille.
12 peut évoquer les tribus d’Israël ; mais aussi les disciples/apôtres
1000 veut traditionnellement dire la multitude.

Il est donc probable que ce chiffre veuille dire qu’Israël et l’Eglise, ainsi que la multitude (reste à savoir s’il s’agit du monde entier ou seulement d’un grand nombre…), seront sauvés par Christ à la fin des temps.

Si un « pasteur » rejette le Credo (divinité, naissance virginale, expiation, résurrection de JC) est-il chrétien ? Si il rejette les Sola (autorité Bible, Jésus seul,..) est-il encore protestant ? [Nicolas]

Dans la Bible (Actes 18, 24-28), Apollos avait déjà commencé à prêcher avec enthousiasme plein de bonnes choses, alors qu’il lui manquait des éléments de connaissance importants concernant le baptême. Après l’avoir écouté, Priscille et Aquilas ont comblé ce qui manquait à sa connaissance et il fut encouragé par les chrétiens à poursuivre son ministère. Il aimait Jésus, il avait soif d’en savoir plus, il poursuivit l’œuvre du Seigneur en progressant toujours davantage dans la grâce et la connaissance de Dieu.

Être chrétien, c’est d’abord appartenir à Jésus et lui avoir dit « oui » à Lui. La doctrine vient en second et une compréhension fine de celle-ci demande du temps, de l’étude et beaucoup d’humilité devant Dieu. Maintenant, le Credo et les articles que vous mentionnez (naissance virginale, expiation, résurrection…), c’est quand même élémentaire… L’Église qui a ordonné un pasteur qui rejette ces articles manque cruellement de discernement ! Effectivement, un tel pasteur n’est pas encore chrétien et il est donc gravement en danger à exercer une telle charge. Priez pour lui, mais fuyez ses prédications.

Dans mon Église, de nombreux frères et sœurs vivent en concubinage, ça parait normal, personne n’en parle, ni les pasteurs ; pourtant est-ce que notre Dieu approuve cela ? [Fab]

Dans la mienne aussi…

Si le concubinage signifie le refus de s’engager, alors la Bible nous rappelle (à propos d’autre chose) que l’union sexuelle est une vraie union et non un contrat (1 Cor. 6 / 16), quel qu’en soit le statut, et que les liens ainsi créés sont indissolubles. Un tel concubinage ne correspond alors pas à la volonté de Dieu pour le couple, c’est-à-dire pour l’homme et pour la femme. Mais ce n’est pas à cause du statut légal : la Bible ne parle pas du mariage dont la réalité juridique est très variable selon les temps et les lieux. Elle parle de la conjugalité, de telle sorte que dans celle-ci chacun est défini par l’autre (Genèse 2 / 23 ; 1 Cor. 7 / 4), ce qui implique monogamie, fidélité, indissolubilité, et aussi publicité (le caractère public et reconnu du couple). Si une telle conjugalité se vit dans le statut légal du concubinage, qu’importe alors ? Mais le statut légal du mariage (hétérosexuel) correspond mieux à la définition biblique de la conjugalité.

Pastoralement, fraternellement, on ne peut pas négliger les histoires personnelles qui ont pu faire qu’un couple préfère (momentanément ?) le concubinage au mariage. On ne peut pas négliger non plus l’ambiance de notre société qui met l’accent sur l’intérêt individuel. Cela ne justifie rien, mais permet de comprendre, éventuellement de compatir, éventuellement de corriger fraternellement. Et vous ne pouvez pas savoir ce que disent les pasteurs en privé…

Enfin, question de paille et de poutre, la constatation du péché ou des incohérences de nos frères et sœurs nous renvoie à ce qui, dans nos propres vies, n’est pas non plus approuvé par Dieu. Et cela nous remet les uns et les autres à notre vraie place, celle de la prière les uns pour les autres.