Une musulmane mariée peut-elle divorcer- se convertir au christianisme et se remarier avec un chrétien ? [Fernand]

La Bible parle de cette situation, en évoquant ceux qui, au tout début du christianisme, se convertissaient sans que leur conjoint ne soit prêt à la même démarche. Ce passage se trouve en 1 Corinthiens 6/12-15. Il  précise que la conversion ne doit pas mettre fin au mariage. Il ajoute que le mariage ne doit pas empêcher la conversion.
Ainsi, Dieu a créé une unité très grande dans le couple humain dés la création du monde. Il n’est pas bon de rompre cette unité qui existe, même en cas de différence religieuse (Matthieu 19/5-6). Cependant, la relation à Dieu doit être première. Ainsi, si le conjoint refuse la conversion et souhaite, donc mettre fin à l’union pour cette raison précise, la rupture est conseillée dans la mesure où il n’est pas bon de laisser un humain se mettre en travers de la volonté de Dieu (Actes 5/29).

Voilà des éléments à même de conduire le discernement de celles et ceux qui se trouvent dans cette difficile situation !

Comment être sûr qu’une personne que l’on fréquente est bien celle choisie par Dieu pour s’unir ? J’ai prié pour obtenir une réponse, mais je ne perçois rien qui ne me décide. [Alexis]

La grosse question c’est : une personne est-elle « choisie » par Dieu pour qu’on s’unisse à elle ? J’ai plutôt le sentiment que Dieu espère, ou propose, plutôt qu’il ne choisit à notre place. Simplement parce qu’il a beaucoup plus de recul que nous et connaît la personne qui nous ferait vraisemblablement le plus avancer dans l’existence. Car notre conjoint est celui qui nous fait devenir le plus nous-mêmes, normalement.

Pour ce qui est du choix d’un conjoint (par nous, donc) j’aurais tendance à suggérer qu’il faut être convaincu, car sinon les hésitations seront autant de brèches par lesquelles l’ennemi saura s’infiltrer au jour mauvais.
Mais surtout, il faut choisir. Car le mariage est d’abord un choix et une décision. Je décide que c’est la bonne personne. Je décide que je ferai tout mon possible, aux jours meilleurs et aux jours les pires. Je décide que je mettrai tout en œuvre pour que ça se passe bien.

Mon mari me maltraite- m’humilie- me brutalise : est-ce que je dois porter ma croix- souffrir et supporter ou le quitter ? Que dit la Bible ? [Jackie]

La Bible dit que l’union à vie de l’homme et de la femme est une belle chose, voulue par le créateur. Ainsi, dés Genèse 2/23, il est dit que l’homme et la femme ne feront qu’une seule chair. Ce verset, sera repris à quatre reprise dans le Nouveau Testament pour dire qu’il n’est pas dans la volonté de Dieu que cette union soit brisée (Matthieu 19/5, Marc 10/7-8, 1 Co 6/16, Ephésiens 5/31).
Cependant, Jésus, qui considère la dureté du coeur humain, précise que cela ne vaut pas pour les cas marqués par l’impudicité (Matthieu 19/9). L’impudicité, dans la Bible, c’est la sexualité vécue en dehors du plan de Dieu. Cela peut concerner l’adultère, mais aussi les abus et le manque de respect dans le cadre d’un couple marié, où l’amour, qui est engagement pour l’autre est ouvertement bafoué (Ephésiens 5/25-30). Paul quant à lui, parlera du cas où l’un des époux n’est pas chrétien. Si ce dernier veut partir, le chrétien est libre, dit-il en 1 Corinthiens 7/12-15.
Votre mari, en vous maltraitant, et ce même s’il souhaite rester sous votre toit, refuse le mariage et les engagements qu’il a pris à votre égard. Vous n’avez pas à subir son péché, ni à essayer de le sauver. Je vous conseille de discuter de votre situation avec un pasteur, un frère ou une sœur de l’Eglise, afin que vous puissiez prendre un temps de prière et de discernement.
Que le Seigneur vous éclaire et vous donne sa paix.

Si un chrétien réalise qu’il n’éprouve pas d’attirance pour la femme qu’il a épousée- qu’il ne l’aime pas vraiment- bref- il a l’impression que ce n’était pas la volonté de Dieu- que faire ? [Fabrice]

Il est important de comprendre que l’amour, dans la Bible est autre chose qu’une attirance. Ainsi, Jean 3/16 précise que l’amour est ce qui a conduit Dieu s’engager jusqu’à la croix pour le salut des hommes. Ainsi, l’amour qui trouve son modèle et sa source dans le coeur de Dieu est un engagement pour l’autre qui ne souffre pas de condition et n’attend rien en retour (1 Corinthiens 13/1-6). C’est cet amour là que le mariage, qui est engagement pour l’autre doit permettre à l’humain d’expérimenter, même s’il ne peut le vivre qu’imparfaitement dans ce monde (Ephésiens (5/25-31).

 Jésus, citant la Genèse, précise que le mariage qui unit très étroitement l’existence de deux êtres est dans la volonté de Dieu (Matthieu 19/5-8). Il n’est donc pas souhaitable pour le chrétien de détruire son mariage pour une question d’attirance. Reste la promesse de pouvoir chercher en Dieu la source de cet amour que nous avons tant de mal à trouver dans notre coeur. Heureusement, il nous est promis, comme fruit de l’Esprit ! Galates 5/13-25)

Est-il vrai que les méthodistes n’acceptent pas les personnes LGBT ? [Isabelle]

C’est faux. Le 26 février 2019, les instances synodales de l’Eglise méthodiste unie des USA, deuxième dénomination protestante en nombre, ont pris une position équivalente à celle qu’en 2004 les Eglises réformées et luthériennes de France avaient prises. C’est-à-dire :
– refuser la bénédiction des coupes homosexuels à l’église,
– refuser qu’une personne dont l’identité homosexuelle est revendiquée et exposée accède au ministère pastoral.

Notez qu’en 2015 l’EPUdF est revenue sur cette décision, pour permettre la bénédiction de couples homosexuels, si le pasteur et le conseil presbytéral de la paroisse où se fait la bénédiction sont d’accord (ce qui signifie a contrario que si le pasteur et/ou le conseil presbytéral refusent, cela ne peut pas se faire). Le synode national de l’EPUdF n’a pas annulé la décision de 2004 quant à l’impossibilité d’exercer le ministère pastoral tout en revendiquant haut et fort une identité homosexuelle pour le futur pasteur ou la future pasteure.

Enfin, plusieurs communautés ou synodes régionaux méthodistes ont décidé de s’opposer à cette récente décision.

Quoi qu’il en soit, toute personne homosexuelle est bienvenue dans toutes les communautés ecclésiales dont nous avons fait mention dans cet article.

Je suis chrétien catholique, mais je fréquente une demoiselle Témoin de Jéhovah, tout en sachant que les Témoins de Jéhovah ne se marient qu’entre les personnes de même religion qu’eux, que dois-je faire ? [Emmanuel]

Ce que vous devez faire, c’est vous préparer à ce que les choses ne soient pas simples.

Mais l’amour est puissant, surtout quand le sentiment amoureux est porté par l’Amour plus grand encore qui est celui de Dieu le Père pour ce monde, manifesté en Jésus-Christ (relire Jean 3:16 et 1 Corinthiens 13).

Alors si le Seigneur vous donne le top départ, aimez celle qui deviendra votre épouse, en sachant que ça ne sera pas facile, que vous aurez beaucoup de choses à lâcher, à perdre, mais que c’est la condition du serviteur après Christ. Cela n’ira pas de soi vis-à-vis des familles, vis-à-vis des amis.
Mais ça, vous le savez.

L’Amour ne périt jamais

Le mariage entre évangélique et catholique est il possible ? [Hadassa]

La bible n’évoque ni les catholiques ni les évangéliques… Paul n’aimait pas beaucoup les partis et parle des chrétiens en évoquant « les croyants », ses « frères », les « saints » ou « les élus de Dieu »… Dans son épître aux corinthiens, il mentionne le mariage « dans le Seigneur » (1 Co 7, 39). La bible évoque donc clairement ici et ailleurs la priorité de se marier avec quelqu’un qui partage la foi au Dieu vivant !

Qu’en est-il du mariage d’un évangélique avec un catholique ? La question révèle notre orgueil spirituel vis-à-vis des catholiques. Mais pensons-nous sérieusement que tous les évangéliques sont chrétiens ? Il ne faut pas se méprendre sur la qualification « évangélique »… Qualifie-t-on des dénominations religieuses ou la relation d’une personne à Jésus-Christ ? Il y a dans le catholicisme des éléments qui sont étrangers à l’Évangile révélé dans la Bible. Il y a des sujets qui peuvent être graves, a fortiori au milieu d’un couple. Mais l’orgueil spirituel est aussi un sujet d’achoppement grave ! Par ailleurs, il y a clairement beaucoup de chrétiens catholiques qui ont une relation avec Jésus profondément enracinée dans l’Évangile !

Le plus important est de mettre toutes les questions spirituelles sur la table. Priez et lisez la bible ensemble. Si les idoles sont plus importantes que Jésus-Christ, vous le verrez bien vite et alors, ne vous mettez pas sous un joug disparate. 

Les rapports sexuels doivent-ils toujours être associés à la procréation? Le sexe est-il purement pour le plaisir dangereux/pécheur ? [Jean]

Je vous invite à relire le cantique des cantiques. Les deux amants qui se parlent ici ne font pas beaucoup de projets d’enfants, mais évoquent bien le plaisir de leur rencontre. Cependant, je crois que si la sexualité est bénie par Dieu comme moyen de se témoigner de l’amour par le plaisir réciproque que l’on se donne, il me semble clair que la Bible pose cela dans un certain cadre : un couple uni et fidèle, dans une altérité sexuelle (homme-femme) qui est l’image de Dieu.

La bague de fiançailles ou bague de mariage est-elle biblique ? Sinon quel objet de croyance pour les chrétiens ? [Alphonse]

Dans l’antiquité, l’anneau était effectivement le signe d’un engagement. On trouve dans la Bible quelques allusions à un échange d’anneau pour formaliser des fiançailles (par exemple Abraham avec Rebecca en Genèse 24, 22 et s) mais il semble que cela n’était pas réservé au mariage (par exemple dans le récit dit du retour du fils prodigue, dans l’évangile de Luc, chap 15, c’est le père qui fait passer un anneau au doigt de son fils).

D’autre part, cet anneau n’est en aucun cas un objet de croyance; il n’est qu’un anneau, c’est à dire un signe qui renvoie toujours à une relation. On ne place pas sa confiance dans un objet, mais dans quelqu’un. Lors d’un mariage, l’échange des alliances n’est que le signe de l’alliance que le couple a décidé de librement contracter et de la confiance qu’ils se font l’un à l’autre.

Fiançailles : pourquoi une bague. Et comment savoir quand on est prêts pour le mariage ? [Léa]

Les fiançailles représentent le temps que prend officiellement un couple pour réfléchir à son engagement devant Dieu. L’un et l’autre sont donc liés, ce que représente la bague, sans pour autant être déjà engagés pour toutes leurs vies. Les proches, famille et église étant au courant de ce lien, vont pouvoir encourager le couple et prier pour son discernement. Il reste donc possible de ne pas faire suivre les fiançailles du mariage, si ce temps de découverte mutuelle et d’approfondissement d’un projet commun met à jour des incompatibilités. Il est, en revanche, bon que les fiançailles se concrétisent en mariage, au bout d’une période donnée, sans attendre que la relation ou les conditions de vie du couple soient parfaites, puisque c’est à cet engagement que Dieu appelle l’homme et la femme (Genèse 2/24, 1 Corinthiens 6 et 7).