Le terme « aspersion » est utilisé pour désigner les baptêmes que l’on pratique en versant de l’eau sur la tête du baptisé. Ce type de baptême s’oppose au baptême par immersion, lors duquel le baptisé est plongé, puis retiré de l’eau. A l’origine, le baptême se vivait par immersion (le mot grec pour baptiser signifie « plonger »). Cette modalité de baptême est encore employée aujourd’hui par certaines églises qui baptisent les personnes dans des baignoires ,dans des lacs…. La descente dans l’eau signifie la mort à la vie conduite par le péché. La sortie de l’eau dit la naissance à une vie nouvelle dont Christ est désormais le Seigneur et la maître. Dés le IIème siècle, la Didachè, un texte chrétien très ancien, parle de ce qu’on appelle aujourd’hui le baptême par aspersion, en précisant qu’il peut être employé lorsqu’une quantité suffisante d’eau ne peut être trouvée. Cette pratique est devenue courante à la fin de l’antiquité et demeure la manière habituelle de baptiser dans nombre d’églises.
Catégorie : Foi
Comment et pourquoi les jésuites ont-ils persécuté les huguenots ? Les jésuites sont-ils toujours dangereux aujourd’hui? (Je suppose que les théories de complot d’Internet sont pour la plupart fausses) [Erik]
Je pense, en effet, qu’il vaut mieux consulter les ouvrages des historiens que les théories du complot qu’internet propose.
La compagnie des jésuites, composée de prêtres, a été fondée au XVI ème siècle. Soumis au pape, ils se sont opposés aux protestants en se donnant pour objectif de répandre les idées de la Contre-Réforme catholique. Les Jésuite ont participé à la lutte intellectuelle contre le protestantisme. C’est dans cette sphère, en assurant, entre autre, la formation intellectuelle des élites, qu’ils ont été actifs, sans, à ma connaissance, avoir commis de crimes contre les protestants, ces derniers étant plutôt perpétrés par les pouvoirs civiles.
Depuis Vatican II et les années 60, l’hostilité entre catholiques et protestants a nettement diminué. Bien que des désaccords importants demeurent, les uns et les autres sont tombés d’accord sur « la justification par la foi » qui était au centre des divergences entre catholiques et protestants, au temps de la Réforme (voir accords sur la justification par la foi). Il n’y a donc aucune hostilité particulière aujourd’hui, entre jésuites et protestants. Vous n’avez pas à trembler, si vous en croisez…
Dieu a-t-il réellement crée des hommes- bien distincts des femmes et cela par nature- de ce qui relève de l’inné et non de l’acquis ? (Je parle bien ici de genre et non de sexe) [Alyssa]
Le Genèse dit : « Dieu créa l’humain à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme. » (Genèse 1/27) puis de cela et de toute sa création dit « il vit que cela était bon » (Genèse 1/31).
Le premier mot traduit par humain, évoque le genre humain, l’humanité. Celui qui est traduit par « homme » signifie en fait « mâle » et ce qui est traduit par femme signifie « femelle ». Dieu a donc créé l’humain mâle et femelle et cela est bon.
Cette volonté originelle de Dieu désigne-t-elle le sexe, la différence des corps ou le genre, le fait de se sentir subjectivement homme ou femme ?
Notons tous d’abord que l’humain, dans la Bible n’est pas une âme dans un corps. L’humain est âme et corps. C’est ainsi que Genèse 2/7 nous montre Dieu faisant l’homme de la poussière de la terre et de souffle. C’est ainsi aussi que le mot « humain » signifie aussi en hébreu « terre ». Ainsi Dieu a créé notre corps et notre âme mâle ou femelle. L’un ne va pas sans l’autre.
Notons ensuite que la Bible ne dit pas que les animaux sont fait mâles et femelles même si le corps de la plupart des animaux a aussi été créé sexué. Ces derniers ne sont pas créé « à l’image de Dieu » mais « selon leur espèce ». Cela signifie que la différence sexuée de l’humain implique plus que son corps. Elle participe à faire de l’homme et de la femme, différents et semblables, réconciliés et se donnant l’un à l’autre dans le couple, l’image de Dieu. En effet, nous dit Jean, « Dieu est amour ». (1 Jean 4/8)
Comment sait-on que Dieu nous a pardonné ? [Hakim]
La réponse tient en un seul verset biblique : « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. » (1Jean 1,9)
C’est donc plutôt la réception du pardon qui peut bloquer. Car Dieu pardonne, c’est le coeur de la foi chrétienne. Ce fut le « testament » de Jésus sur la croix quand il a demandé au Père : « Pardonne-leur car il ne comprennent pas ce qu’ils font ». Si vous avez du mal à recevoir le pardon, c’est peut-être parce que vous avez tendance à vous accuser toujours à nouveau. Mais si c’est le cas, vous devriez vous positionner différemment.
Clairement pas du côté de l’accusateur de nos âmes.
L’enfer est-il un lieu de souffrance ? Le feu pourrait-il être un lieu de purification pour les pécheurs ? Certains feux dans la Bible sont bons : buisson ardent- Pentecôte- fournaise de Daniel. [Adam]
Il y a je crois une distinction à faire dans votre question.
D’abord, ce que l’on appelle généralement l’enfer (à ne pas confondre avec ce que le Symbole des Apôtres appelle « les enfers » où Christ est descendu après sa mort, qui désignent le séjour des morts, un lieu d’attente de la résurrection ; voir Matthieu 12,40 ou Ephésiens 4,9) est le lieu de destination finale de ceux qui ne recevront pas la vie éternelle après le jugement de Dieu (Daniel 12,2 ; Esaïe 66,24 ; Matthieu 13,42 ; 25,41 ; Apocalypse 20,15). La Bible le décrit clairement comme un lieu de souffrance ou bien, d’après une autre interprétation des mêmes textes, d’annihilation, de disparition douloureuse.
Ensuite, les références à une purification par le feu (1Pierre 1,7 ; 1Corinthiens 3,15), sur lesquelles les catholiques appuient la doctrine du purgatoire. 1Corinthiens 3,15 semble effectivement renvoyer à une épreuve du feu qui pourrait intervenir après la mort, pour les élus, mais elle se situerait après le jugement, entre la résurrection et le temps du salut définitif.
Existe-t-il des liens historiques et doctrinaux entre les protestants et les mouvements de réforme antérieurs tels que les cathares- les vaudois- les hussites et Savonarole? [R]
Parmi les gens qui on pu se considérer ou qui se considèrent actuellement protestants, il y a une grande diversité. Il est donc difficile de répondre à votre question en généralisant.
Ce que l’on peut dire c’est que le protestantisme est un mouvement aux multiples facettes : spirituelle, sociale, politique,… C’est à la base une volonté de réforme de l’Eglise romaine et, parce qu’elles étaient très liés à l’époque, de la société. Beaucoup de mouvements, de sensibilités diverses, ont tenté d’impulser ces réformes ou ont été en porte-à-faux avec l’institution de l’Eglise romaine et de la société. Dans la Réforme luthérienne et calviniste au 16ème siècle, on retrouve des éléments très proches de ce que l’on connait des Vaudois ou des Hussites, qui ont d’ailleurs plus tard rejoint la Réforme protestante. Pour poursuivre avec les exemples que vous citez, le fait qu’il se soit développé dans une zone où se sont aussi propagées les idées de la Réforme laisse penser que le catharisme a des liens avec le protestantisme, mais la spiritualité gnostique des cathares est bien éloignée de la Réforme. Quant à Savonarole, sa volonté de purifier l’Eglise se retrouve bien sûr dans le protestantisme.
La bible est-elle complète ? Ne manque t-il pas des versets encore ? [Roland]
La tradition chrétienne réformée avance que la Bible telle qu’elle nous est présentée aujourd’hui, avec ses différents livres, entre Genèse et Apocalyspe est complète, dans le sens où aucun livre ne manque. En effet, la foi de l’Eglise reconnait que ceux qui ont fixé le contenu de la Bible dans les premiers siècles de l’Eglise ont été inspirés par Dieu. Nous pensons aussi qu’aucun autre texte, aucune autre révélation actuelle ne peut avoir le poids des paroles que la Bible contient pour tracer les contours de notre foi ou de notre vie. Enfin, nous devons ajouter à cela que la Bible telle que nous la lisons aujourd’hui est reconstituée à partir de plusieurs manuscrits anciens. Ainsi, ces derniers diffèrent parfois sur des points mineurs. Ainsi, par exemple, en Matthieu 18/12, certains manuscrits écrivent « Si ton frère a péché » quand d’autres retiennent « si ton frère a péché contre toi ». Ce genre de légères divergences ne nuit cependant pas à la compréhension globale de la Bible, lorsque le croyant la lit, éclairé par le Saint-Esprit.
Ma fille me demande chaque soir de prier pour notre chien. Je refuse. Ai-je raison de le faire ? [Val]
A ma connaissance, rien dans la Bible, ne nous signale des sujets pour lesquels il ne serait pas possible de prier. Votre fille a le désir d’avoir un chien heureux ? Elle veut rendre grâce à Dieu pour cette créature qui lui a été confiée ? Pourquoi ne prierait-elle pas pour cela ? Dieu ne s’occupe-t-il pas des petits oiseaux ? (Matthieu /26 et 10/31). Ne nous est-il pas demandé de présenter tous nos besoins à Dieu ? (Philippiens 4/6). Dieu entend, il répond selon sa volonté et le résultat de cela, c’est la paix donnée ! »
« Ne vous inquiétez de rien; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos coeurs et vos pensées en Jésus-Christ. » Philippiens 4/6-7
La colère est-elle un péché ? Peut-on être un chrétien en colère ? [Nico]
L’Ancien Testament parle de la colère de Dieu. Elle est la juste réaction de Dieu par rapport au péché qui meurtrit son peuple (Deutéronome 1/26-46). Le Nouveau Testament avance que cette colère demeure, par rapport au rejet par les humains de Jésus et du salut qu’il apporte (Jean 3/36, Romains 2/5-6).
Le colère humaine est moins clairement positive que celle de Dieu. Ainsi, Galates 6/19-22 classe-t-il la colère dans la catégorie de ces désirs de la chair qui s’opposent au fruit que produit l’Esprit de Dieu dans le croyant. Il signale ainsi que ce sentiment, à priori neutre, est facilement saisi par le péché, pour empoissonner notre vie et celle des autres. Ainsi, Ephésiens 4/26 signale qu’on peut être en colère, mais qu’on doit alors tâcher de ne pas pêcher en laissant rapidement partir ce sentiment. Plus loin l’auteur de la lettre dit que la colère est quelque chose qui doit être ôté (4/31). Jacques (1/20) quant à lui, dit qu’on peut être en colère, si on est lents à l’être. Il précise plus loin, que la colère humaine n’accomplit pas la justice de Dieu.
Prudence donc. Vérifions, alors que nous nous mettons en colère, quelles sont nos motivations. Parfois, je me mets en colère par égoïsme. Je ne supporte pas qu’on vienne s’opposer à ce que je veux. D’autres fois, c’est la peur qui me conduit. Quelque chose me fait paniquer, alors je me fâche sur quelqu’un pour déporter sur lui la responsabilité de ce qui pourrait arriver. Enfin, je peux me mettre en colère par orgueil, quand je ne supporte pas qu’on me remette en question. Le problème de nos colères humaines n’est-il pas dans le fait que nous tâchons de nous prendre pour dieu à la place de Dieu ?
La colère engagée pour de mauvaises raisons a de mauvaises conséquences : elle nous entraîne dans une angoisse, une haine et une rancœur qui ne nous quittent pas facilement.
« Mes amis, ne vous vengez pas vous-mêmes, mais laissez agir la colère de Dieu, car il est écrit : C’est à moi qu’il appartient de faire justice » Romains 12/19
