Votre question, Jo, me semble se référer à la situation que nous vivons en ce moment, avec le confinement dont nul ne sait précisément quand et comment il prendra tout à fait fin. D’une manière plus générale, je crois que cela nous renvoie à la notion de persévérance et d’endurance dans la foi, qui est souvent évoquée dans le Nouveau Testament. Jésus en parle clairement : « Quant au jour et à l’heure, personne ne les connaît, pas même les anges dans le ciel ni le Fils: le Père seul les connaît. Faites bien attention, restez en éveil et priez, car vous ignorez quand ce temps viendra » (Marc 13. 32-33). La prière, la lecture régulière et attentive de la Bible, la relation fraternelle, sont autant de moyens pour durer, quelles que soient les circonstances extérieures. C’est aussi ainsi que je comprends « Demeurez dans mon amour » (Jean 15. 9). Que le Seigneur nous donne à tous de vivre ce temps présent plus comme une occasion à saisir pour approfondir notre relation avec lui et demeurer dans son amour que comme un mauvais temps à endurer pour éviter qu’il n’empire.
Catégorie : Foi
Que répondre aux personnes qui affirment que l’épidémie de Covid-19 est un châtiment divin ? [Kany]
Avant de voir les événements présents comme l’expression d’un châtiment divin sur le monde, je les vois comme une occasion pour moi d’approfondir ma relation avec le Père. Je ne suis pas Dieu, je ne sais pas quels sont les tenants et la aboutissants du jugement qu’il prononcera sur le monde. Cette non-connaissance ne me pousse pas à l’indifférence mais à un regard avant tout centré sur ma propre repentance et ma propre conversion, plutôt que de prétendre donner des leçons aux autres. Le message évangélique comme par l’appel à la repentance (c’est le premier mot du ministère de Jésus, chez Marc,par exemple). Mais cet appel est de tous les temps, pas seulement quand une catastrophe arrive. Car même quand il n’y a pas de problèmes comme le Covid-19, nous avons à revenir à Dieu et à découvrir notre salut acquis par Jésus-Christ auprès du Père.
Doit-on prier pour les nations ? [Cathy]
Certains courants chrétiens prônent de « prier pour les nations ». Mais souvent cette théologie se fonde une erreur théologique due au passage du texte biblique de l’hébreu > grec > français.
Les « nations » en hébreu, ce sont les peuples non-Juifs, les goyim. Quand Dieu bénit les « nations », c’est qu’il bénit les non-Juifs maintenant de la même façon qu’il avait béni les Juifs.
Le mot nation, depuis le 16ème siècle est devenu un référentiel politique : les entités nationales, les Etats nationaux.
Quand nous prions pour Israël, ce n’est pas l’Israël politique refondé en 1948, c’est bien pour le peuple d’Israël, répandu parmi les nations.
Quant à prier pour « La France », c’est un peu étonnant. La France est multiforme, elle a tellement évolué au travers des siècles. La France, c’est avant tout des gens, surtout à l’heure de l’hypermondialisation. Connaissez-vous beaucoup de gens dans la paroisse dont les huit arrière-grands-parents étaient « des vrais français » ?
Bref, cette vision « post-Yalta » (la conférence qui a découpé le monde après la guerre) est une conception théologique tordue, parce qu’elle est un anachronisme : on y prend un mot qui n’avait pas le même sens qu’à l’époque. C’est comme quand Aristote parle de la « Science », il ne parle pas du tout des scientifiques, des labos, des ordis, de la méthode scientifique fondée par des Pascal ou Descartes.
Prions pour les personnes, pour les groupes de personnes.
Est-il inopportun de dire « Jésus » au lieu de « Yeshouah » pour désigner/invoquer le Messie ? N’y a-t-il pas là un risque de dérive superstitieuse et occulte ? [Peps]
Jésus est la traduction française de « Yeshouah », nom qui en hébreu signifie « Dieu sauve/guérit ». Je pense que le problème n’est pas dans la forme du nom que l’on emploie pour le prier, mais dans la manière que l’on a d’utiliser soin nom.On peut être tout aussi superstitieux en utilisant le nom « Yeshouah » qu’en utilisant « Jésus » si on en fait une formule magique pour être exaucé dans toute nos demandes.
Peut-on prendre la Sainte Cène seuls chez soi ? Ou bien doit on la prendre en communion comme Jésus ? [Alpi]
Le fait que vous mettiez un « s » à « seuls » montre que vous pensez quand même partager la cène à plusieurs et pas « tout seul ». S’il s’agit de prendre la cène tout seul dans son coin, je dis tout de suite non. La nous sommes en complète contradiction avec la notion de communion. Mais si nous sommes quelques membres d’une même famille et âge de partager la sainte cène, alors nous ne faisons rien d’autre que ce que faisaient les premiers chrétiens : « Chaque jour, avec persévérance, ils se retrouvaient d’un commun accord au temple; ils rompaient le pain dans les maisons et ils prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur. » (Actes 2. 46)
Comment savoir si Dieu nous aime vraiment ? [Max]
Les questions les plus courtes sont parfois les plus fondamentales ! L’amour de Dieu n’est pas vraiment de l’ordre d’un « savoir » qui s’imposerait à nous. C’est une assurance intérieure. Pensez à une personne qui vous aime. Comment êtes-vous sûr de son amour ? C’est une conviction intime, une joie d’être avec elle, un sorte d’évidence.
Cette assurance est un don de l’Esprit. L’Esprit de Dieu, on le reçoit parfois sans le chercher mais il nous faut néanmoins le demander : « Si donc, tout mauvais que vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent » (Luc 11, 13). Cette phrase de Jésus nous enseigne que Dieu aime aussi, les personnes mauvaises. Même nos fautes et nos péchés n’éloignent pas de nous Son amour, au contraire, « à plus forte raison » !
L’Esprit nous permet de comprendre que Jésus a donné sa vie par amour pour nous personnellement et « il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jean 15,13).
Maintenant Max, je me risque à ajouter autre chose bien que je ne vous connaisse pas : se poser cette question comme vous le faites, c’est déjà connaître la beauté et le prix de l’amour de Dieu pour vous. Votre question traduit peut-être la crainte de voir un jour cet amour disparaître, de l’attrister. Peut-être que jamais aucun amour vivant et ardent n’est donné ou reçu sans que cette crainte ne se réveille dans notre cœur. Paradoxalement, cette crainte exprime aussi la force de notre amour pour Celui qui nous a aimé en premier.
Je m’inquiète de la part occulte dans les films Star Wars : parler aux fantômes- référence à Endor- naissance virginale de Darth Vader- projection astrale- thèmes bouddhistes- etc. Faut-il éviter? [Jean]
Sans prétendre donner une définition de l’occultisme, il faut néanmoins préciser de quoi il s’agit. L’occultisme désigne des connaissances cachées et transmises à des initiés. Il s’est toujours trouvé dans toutes les cultures et civilisations des personnes qui argumentent en faveur de l’occultisme pour dire que certaines choses doivent rester secrètes car il faut avoir atteint un certain niveau, faire preuve d’une certaine intelligence pour manier correctement ces connaissances. Ces secrets peuvent être transmis d’une manière confidentielle à des initiés soigneusement sélectionnés. Ils peuvent aussi parfois être cachés dans des œuvres artistiques que tout le monde pourra voir d’une manière anodine et que quelques-uns seulement pourront décrypter parce qu’ils connaissent le code. La critique chrétienne de l’occultisme tient en trois points : 1) Le Dieu de la Bible se révèle et se fait connaître. Il ne nous dissimule pas la vérité ultime sur Lui et sur le monde mais Il la fait connaître à tous. Il prend le risque de la vérité et nous fait désirer la vérité. 2) Ce que l’on garde secret entre pairs est rarement pour le bien. C’est le plus souvent un objet de honte ou un secret gardé en vue d’une manipulation d’autrui pour servir un intérêt partisan et mal intentionné. 3) L’occultisme est une porte d’entrée à la confusion spirituelle, l’inversion du bien et du mal et l’enchaînement par des forces de destruction qui sont l’œuvre du Malin comme le spiritisme.
A l’opposé, l’Évangile encourage tout être humain à rechercher et partager la vérité révélée dans la Bible en Christ. L’Évangile encourage aussi la discrétion dans les relations plutôt que le secret. Jésus a dit : « vous connaîtrez la vérité et la vérité fera de vous des hommes libres » Jean 8, 32. L’occultisme justifie une hiérarchie humaine entre ceux qui sont dignes de connaître des vérités importantes et eux qui n’en sont pas dignes. Le Christianisme est à cet égard « démocratique » : nous n’avons pas à faire nous-mêmes ce genre de tri entre les êtres humains.
Après ce long détour, je reviens Jean à votre question. Repérer des manifestations occultes dans une œuvre artistique, un discours, une chanson, un film comme vous le faites, c’est déjà ne plus y être assujetti. La puissance du Christ est incomparablement supérieure à celle du Diable. Vous n’avez donc pas à être inquiet ni à avoir peur. En effet, si nous ne pouvons pas éviter la confrontation avec l’occultisme qui imprègne toute la culture humaine parce que la honte, l’orgueil et la fascination pour le Mal font partie de notre humanité, nous pouvons muscler notre vie spirituelle et être protégé en toute circonstance de toute influence occulte par la puissance de l’Esprit de Dieu qui nous gardera dans la lumière du Christ et sa promesse : « Je suis la lumière du monde, celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura en lui la lumière de la vie ». Jean 8,12.
J’arrive pas à gérer la culpabilité d’être possiblement un « porteur sain » qui va contaminer d’autres- qui mourront. Que faire ? [Antho]
Si je comprends bien votre question Antho, vous éprouvez de la culpabilité pour une « faute » (involontaire) que vous n’avez pas encore commise ! Pour une fois, je ne répondrai pas avec un texte biblique mais en vous suggérant de méditer la prière qui conclut toutes les réunions des Alcooliques Anonymes : « Mon Dieu, donnez-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer celles que je peux, et la sagesse d’en connaître la différence ».
Ce qui est en notre pouvoir, c’est de prendre le maximum de précautions pour nous protéger et protéger les autres, avec les fameux « gestes barrière » (se laver les mains, saluer sans contact, rester chez soi et ne sortir qu’en cas d’absolue nécessité, etc..). Ce qui n’est pas en notre pouvoir (par exemple savoir si nous sommes ou non porteurs sains du virus, tant qu’un test n’a pas été pratiqué, ou une contamination accidentelle malgré toutes les précautions prises), vous pouvez le confier à Dieu avec sérénité.
Puisque Dieu est comparé à un père comme à une mère dans la Bible ; puisque Dieu nous a créés homme et femme à son image- pourquoi Jésus préfère-t-il parler de Dieu comme d’un Père exclusivement ? [Etienne]
Je ne pense pas que Jésus parle de Dieu comme un père exclusivement. La parabole de la veuve et de la pièce de monnaie perdue nous le montre. Dieu, venu en Jésus-Christ, s’est incarné dans un lieu, un temps et donc un contexte précis et particulier, dans lequel l’image favorite pour parler de Dieu était celle d’un Père. Pour se faire comprendre, Jésus a donc réemployé ces images là en majorité. Mais, tout en étant lui-même un individu de sexe masculin, il a pu pleurer sur Jérusalem en disant : « Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois j’ai voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble sa couvée sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu! » (Luc 13. 34). Jésus prend ici l’image d’une poule, donc d’une figure maternelle, pour parler de Dieu.
Comment les pasteurs s’impliquent-ils dans la préparation au mariage ? Se sentent-ils une responsabilité ? Assurent-ils un suivi ? [Mathieu]
Il y a beaucoup de modalités d’implication de la part des pasteurs dans une préparation au mariage. Les situations sont très diverses mais d’une manière constante, les pasteurs ont toujours en vue que leur responsabilité est d’aider un couple à préparer sa vie à deux dans la durée et pas seulement de préparer la cérémonie du jour « J ». Les préparations généralement durent plusieurs séances et abordent les questions dont les couples sont porteurs et aussi des sujets comme la communication, la gestion du temps et de l’argent, les projets, la vie spirituelle, la fidélité, la vérité, le pardon, la famille au sens large, les enfants, … Tout cela demande du temps, du tact et une réelle disponibilité. Il peut arriver que les pasteurs ne soient pas toujours au mieux de leur forme et il peut arriver aussi que des couples aient parfois du mal à entrer dans certaines de ces questions. Pour ces raisons, les préparations collectives me paraissent de beaucoup préférables aux entretiens en particulier, même si selon les lieux, elles sont plus difficiles à mettre en place : une équipe de préparation dont le pasteur fait partie et plusieurs couples en même temps. Pour le suivi des couples, il me semble que là aussi l’offre de suivi, tellement importante, sera plus dense et prometteuse si elle repose sur une équipe de l’église et non pas sur une seule personne.


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