Pourquoi certaines femmes disent « mon corps- mon choix » ? Pour être comme les hommes ? [Jean-Yves]

Certaines femmes utilisent cette phrase pour signifier qu’il leur revient de choisir d’avoir ou de ne pas avoir d’enfants en employant les moyens qui rendent cela possible. Les hommes ont, en effet, plus facilement ce choix, puisqu’ils ont de tout temps pu fuir leurs responsabilités en abandonnant mère et enfant. Nous pouvons, en effet, ainsi, interpréter cette phrase comme l’expression de la volonté des femmes de pouvoir faire « comme les hommes ».

Si on interroge cette position des femmes, tout autant que celle des hommes fuyants, à la lumière de la Bible, nous remarquons que c’est un tout autre modèle qui nous est proposé, quant à la manière de vivre la sexualité et la fertilité qui l’accompagne. La Bible répète un certain nombre de fois, de l’Ancien au Nouveau Testament que l’homme et la femme sont créés pour devenir « un » (Genèse 2/24). C’est ainsi dans l’engagement qui rend stable cette unité que la sexualité est appelée à se vivre, dans la responsabilité réciproque, en assumant ensemble ce qui pourrait advenir (1 Corinthiens 7/3-4). Cela implique le respect du choix et du corps de l’un et de l’autre, comme de celui de l’enfant qui, s’il est conçu, est déjà quelqu’un pour Dieu (Psaume 139).

Faire l’amour avant le mariage est-ce que c’est un péché ? [Jehiela]

« Il ne faut pas coucher avant le mariage ; on risque d’être en retard à la cérémonie ». C’est ce que j’aime bien dire à ceux qui me posent cette question pour déplacer les enjeux et faire sourire.

Derrière cette question il y a une attente de validation ou de refus. Si on répond qu’il ne faut pas on devient un docteur de la loi qui parle sur la base de je ne sais quelle règle (c’est écrit où dans la Bible ?). Et si on répond positivement, on donne une caution à ceux qui veulent coucher n’importe comment.

Donc…
La question à se poser est autre : coucher ensemble, c’est faire un, c’est être couple. Mariage civil ou pas. Mariage religieux ou pas. Coucher c’est être mariés parce que l’union sexuelle pour Dieu est l’apanage du couple clairement uni. Et ce « clairement uni », dans notre cadre culturel et règlementaire c’est… le mariage entre un homme et une femme.

Le problème est donc que si on couche avec quelqu’un qui ne sera pas à terme notre conjoint, on sape cette relation durable en créant un adultère avant l’heure, que l’Ecriture appelle généralement fornication. C’est pour ça que la société a posé des marqueurs simples, pour une trajectoire lisible :
– on s’apprécie
– on se fiance (publication dans les familles et dans la famille de l’Eglise)
– on se marie (à la mairie en France, pour être vraiment considérés comme mariés par tous, dont l’Etat)
– on se marie (ou chez nous luthéro-réformés, on est bénis) à l’Eglise, pour mettre ça vraiment devant Dieu explicitement.

Quel est l’âge règlementaire pour avoir un premier rapport sexuel (pour ma fille) ? Qu’a-t-on le droit de faire ou non (sexuellement), en tant que chrétien ? [K]

Définir un âge idéal pour un rapport sexuel, c’est se poser une bonne question, mais je dirais c’est se la poser dans le mauvais sens.
Il faut que votre fille comprenne plutôt deux choses :
– d’abord que la sexualité n’est pas une affaire d’âge, mais plutôt de relation entre un homme et une femme. C’est pour cela que le Seigneur bénit la stabilité du couple homme-femme, en particulier dans le cadre du mariage. Parce que cela sécurise la relation. Donc ce n’est pas une affaire d’âge mais de contexte bon ou mauvais.
– ensuite parce qu’il vous faut expliquer précisément à votre fille l’enjeu, non pas moral, mais spirituel de s’unir à quelqu’un voire à plusieurs personnes successivement. Se crée un lien très fort au niveau de l’âme et de l’esprit, quand on fait « une seule chair » avec quelqu’un. Et donc elle va se retrouvée « liée » à cette personne (à ces personnes si elle essaye avec plusieurs), et ça va l’attacher spirituellement aussi à ces personnes qui ne seront pas son mari. Ce sera tout un travail de défaire ce type de liens.
– enfin, l’enjeu n’est pas « d’avoir un rapport sexuel », car si elle ou vous, vous posez la question de cette façon, ça signifie que vous ouvrez la possibilité juste de l’acte sexuel pour lui-même, avec un garçon qui lui plairait, mais qui ne sera pas nécessairement son mari à terme. On n’a pas « un rapport sexuel », on vit une sexualité dans un projet d’amour et de fidélité au long cours.

S’il vous plaît, aidez votre fille à comprendre ça pour qu’elle ne fasse pas comme bon nombre d’entre nous, plus âgés, qui regrettons que personne ne nous ait expliqué ces choses, et qui avons à les régler dans la douleur, a posteriori ; et parfois n’y arrivons même pas, nous traînant cette histoire comme un boulet.

Un chrétien- qui commet souvent « l’adultère dans son cœur » selon Matt 5-27-28- même après s’en être repenti- peut-il perdre son salut ? Comment peut-il s’en sortir ? [P]

Attention aux effets d’optique, les chrétiens qui viennent à l’église sont bien d’avantage encouragés à témoigner de leurs victoires sur le péché qu’à exposer leurs batailles perdues… La gentille sœur qui t’accueille à l’entrée ne te dira pas en guise de bienvenue qu’elle galère aussi avec ses pensées sexuelles ou qu’elle veut souvent tuer un de ces collègues de travail. Pécheur, ne te sens pas seul et reprends courage dans ta lutte ! La conversion ouvre un chemin à l’action de Dieu à l’intérieur du croyant pour opérer le salut. Ce salut est l’œuvre de Dieu seul, le croyant peut en être certain et rien ni personne ne pourra empêcher que ce salut produise du fruit même si le croyant doit attendre encore la plénitude de sa guérison.

Pour ce qui est de la pensée d’adultère, elle est en effet horrible au Seigneur parce qu’elle s’attaque à la confiance conjugale dans laquelle Dieu a trouvé une image de l’amour qu’Il nous porte. Les époux trompés et les enfants battus ont ceci en commun qu’ils doivent guérir d’avoir été trahis par ceux qui devaient les aimer le plus sur cette terre… Dieu a créé la sexualité pour le bonheur des hommes, le diable l’a perverti pour leur malheur… Le chrétien traqué par Satan dans ses pensées sexuelles doit donc rejeter toute complaisance et toute autojustification et s’en remettre hardiment à Dieu. Pour autant, ce n’est pas la culpabilité et l’abattement qui guérissent ces pensées mais l’ouverture de notre cœur à l’amour de Dieu ainsi que la confiance en sa grâce transformatrice.

Chrétiens qui vous battez avec la pornographie et avec les pensées sexuelles, continuez à vous repentir mais surtout suppliez Dieu de vous donnez des jouissances plus fortes que toutes ces jouissances injustes. Quand Dieu répondra à vos prières, repoussez à jamais le diable dès que vous voyez son ombre arriver et louez Dieu de tout votre cœur !

Bonjour- je voudrais savoir est-ce qu’on doit être abstinente jusqu’au mariage ? Qu’est ce qui caractérise la fornication ? Est-ce les relations sexuelles sans engagement- amour ou hors mariage ? [jeunechretienne]

Le mot  » fornication » est la traduction du mot grec « porneia » que l’on rend plus souvent aujourd’hui par « impudicité ». Ce mot désigne les relations sexuelles qui ne sont pas ce que Dieu, dans son amour, a prévu pour l’homme et la femme. Notre travail sera donc de chercher, dans les Écritures, ce que Dieu a prévu pour le couple humain.

Il y a un motif récurent dans la Bible. C’est celui de l’unité de l’homme et de la femme. Ce motif se trouve pour la première fois en Genèse 2/24 . Il est répété 5 fois de part et d’autres de la Bible : Matthieu 19/5, Marc 10/7-8, 1 Corinthiens 6/16, Éphésiens 5/31. Ces passages nous disent que le couple humain et la sexualité impliquent une unité qu’il n’est pas bon de détruire. A partir de là, nous pouvons déduire que Dieu nous appelle à vivre notre sexualité dans dans l’ engagement à vie qu’est le mariage.

L’amour est souvent considéré comme un simple sentiment. Sa présence conduit les couples à se former, son absence les brise, laissant souvent familles et individus dans le plus grand désarroi. L’amour, dans la Bible, tel que Dieu le montre aux humains, est un engagement pour l’autre. Le mariage nous invite à apprendre à donner et à recevoir cet amour sans que les sentiments n’aient à en être exclus. C’est un défi qu’on ne peut relever qu’en mettant toute notre confiance en Celui qui promet de conduire et de renouveler ceux qui comptent sur lui.

« Ne vous conformez pas aux habitudes de ce monde, mais laissez Dieu vous transformer par un changement complet de votre intelligence. Vous pourrez alors comprendre ce que Dieu veut » Romains 12/2