C’est quoi le Royaume de Dieu ? Un état spirituel ? L’Evangile ? L’Eglise ? Le paradis/vie après le mort ? [Agathe]

Le Royaume de Dieu (ou Royaume des cieux, expression que l’on retrouve dans les Evangiles et qui a le même sens) désigne l’état des choses qui advient, lorsque c’est Dieu qui règne (et non pas le mal, et non pas les puissances de destruction, de division, de haine, de mort, etc). Le Royaume est là, ou proche, lorsque tout est conforme à la volonté, au projet du Seigneur. Jésus peut ainsi parler du Royaume de Dieu comme une réalité présente, « en nous », ou qui s’approche, lorsque des êtres humains laissent entrer Dieu dans leur vie, se laissent changer par son Esprit. Par l’obéissance et la communion totale de Jésus-Christ avec le Père, le Royaume a fait irruption en notre monde. Il n’est pas totalement instauré, il le sera lorsque le dernier ennemi -la mort- sera vaincu, à la résurrection. Mais dès à présent, nous pouvons en discerner et en poser des signes.

Qu’est-ce que le Royaume de Dieu, un état spirituel ? L’Evangile ? L’Eglise ? Le paradis/vie après le mort ? [Agathe]

Votre question Agathe aborde un sujet très important. L’expression traduite dans le Nouveau Testament par « Royaume de Dieu » pourrait être également traduite par « Règne de Dieu ». Cette autre traduction possible de la même expression est moins abstraite que « Royaume ». Le règne de Dieu, c’est quand l’autorité de Dieu s’exerce sur notre vie, quand sa Parole nous guide et nous conduit à la place d’autres souverainetés mauvaises et destructrices. Le plus important dans un royaume ou un règne, c’est le roi. Les Evangiles que tu mentionnes nous montre par la vie de Jésus, quel genre de roi est Dieu. Ni un tyran, Ni un roi qui fait payer des impôts comme les rois humains, mais au contraire un roi qui libère qui donne et se donne. Le royaume de Dieu ou son règne, c’est le règne du pardon, de l’amour, de la justice et de la paix. Sur la croix, Jésus porte une couronne d’épines et l’écriteau annonce le motif de sa condamnation : « Jésus de Nazareth, roi des Juifs ». En Hébreu le mot « roi » et le mot « berger » sont un seul et même mot. Le règne de Dieu, c’est chaque fois que nous nous laissons, comme des brebis, conduire, nourrir, défendre par notre berger. Je vous suggère de lire attentivement le Psaume 23 puis la parabole de Jean 10. Le Royaume de Dieu, pour reprendre Agathe vos expressions, est donc une réalité spirituelle et très concrète en même temps. L’église n’est pas le Royaume de Dieu, mais elle existe pour l’annoncer et en témoigner. C’est pendant notre vie sur terre que le règne de Dieu doit être recherché, car c’est sur cette terre que ce règne est contesté et caché par toutes sortes de mensonges et de convoitises qui veulent nous gouverner. Au delà de cette vie, ce Royaume sera incontesté. Je vous rappelle que Jésus nous a demandé de prier : « que ton règne vienne sur la terre comme au ciel »

Considérant 1Corinthiens 6:9‭-‬10- est-ce que celui qui croit aura le salut s’il est impudique- adultère- voleur…? [Gilchrist]

Dans ce passage, Paul nous rappelle que ces comportements, qui ne sont pas ce que Dieu a prévu pour l’homme ne pourrons pas être dans le Royaume. Quand Dieu régnera, quand il sera parfaitement tout en tous, le croyant sera tel que Dieu l’a prévu. Dans l’attente de cela, nous devons tâcher de laisser mourir ces choses pour accueillir ce que Dieu veut changer en nous. Paul nous encourage donc ici à accepter le processus de changement que Dieu veut engager en nous. Comment en serait-il autrement si nous lui faisons confiance, si nous avons la foi ? (Voir Colossiens 3/5-11, par exemple). Nous voyons-nous à la fin des temps, dire à Dieu « OK, je veux vivre avec toi toujours dans ce monde nouveau que tu apportes, mais je veux garder mon péché, parce que mon péché, je l’aime bien…? » si nous ne pensons pas pouvoir dire cela à la fin des temps, pourquoi dire cela à Dieu aujourd’hui ?

Quel est ce Royaume de Dieu cité en Matt 24:14 ; pourquoi Jésus insiste sur cette « bonne nouvelle » dit-on ? [Jules]

La Bonne Nouvelle, dans ce discours de Jésus de Matthieu 24,14, c’est ce qui précède au verset 13 : « Mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. »

Tout le passage insiste sur les occasions de chute, la dégradation des mœurs et de la foi des croyants. Il y a donc une bonne nouvelle à être des marathoniens de la foi, qui s’engagent sur la durée et pas seulement sur des coups de tête ou durant des temps forts.

Le Royaume de Dieu s’est approché de nous.

Pourquoi Jésus dit-il que ce sont les violents qui s’emparent du Royaume de Dieu ? [Daniel]

L’affirmation à laquelle vous faites référence se trouve dans l’évangile de Matthieu, chapitre 11, verset 12 : « Depuis l’époque de Jean-Baptiste jusqu’à présent, le royaume des cieux est assailli avec force, et des violents s’en emparent. » Elle a un parallèle en Luc 16.16 : «  La loi et les prophètes ont subsisté jusqu’à Jean; depuis lors, la bonne nouvelle du royaume de Dieu est annoncée et chacun cherche avec force à y entrer. » Le verset de Matthieu pose un gros problème de traduction, car le mot traduit en français par « violent » (en grec, « biastès ») ne se trouve que là… dans toute la littérature grecque classique ! C’est dire que nous n’avons que ce passage pour comprendre ce qu’il peut vouloir dire. Le verbe auquel il se rattache, et qui est traduit dans Matthieu 11 par « est assailli avec force » (en grec « biazomai ») peut vouloir dire « user de violence », « violenter », mais aussi « entrer/sortir de force » « écarter par la force » ou encore « contraindre », ce qui n’est pas la même chose… Je pense que le mot de Matthieu renvoie à la même idée que ce qui est dit dans Luc. Plutôt que des violents, je crois qu’il désigne ceux qui sont conscients que le Royaume n’est pas une réalité toute simple et « naturelle », dont l’entrée serait dans l’ordre des choses. Si c’était le cas, Jésus-Christ n’aurait pas dû aller jusqu’à la Croix pour le manifester. Ils savent que le Royaume ne procède pas de nos logiques, de nos raisonnements, qu’il faut « se faire violence » comme on dit, pour entrer dans le pardon, la miséricorde, la gratuité qui sont les marques de l’Évangile. L’action du Saint-Esprit, qui nous permet de nous ouvrir au royaume, est souvent quelque chose qui « secoue », même intérieurement.