Dans mon Église, de nombreux frères et sœurs vivent en concubinage, ça parait normal, personne n’en parle, ni les pasteurs ; pourtant est-ce que notre Dieu approuve cela ? [Fab]

Dans la mienne aussi…

Si le concubinage signifie le refus de s’engager, alors la Bible nous rappelle (à propos d’autre chose) que l’union sexuelle est une vraie union et non un contrat (1 Cor. 6 / 16), quel qu’en soit le statut, et que les liens ainsi créés sont indissolubles. Un tel concubinage ne correspond alors pas à la volonté de Dieu pour le couple, c’est-à-dire pour l’homme et pour la femme. Mais ce n’est pas à cause du statut légal : la Bible ne parle pas du mariage dont la réalité juridique est très variable selon les temps et les lieux. Elle parle de la conjugalité, de telle sorte que dans celle-ci chacun est défini par l’autre (Genèse 2 / 23 ; 1 Cor. 7 / 4), ce qui implique monogamie, fidélité, indissolubilité, et aussi publicité (le caractère public et reconnu du couple). Si une telle conjugalité se vit dans le statut légal du concubinage, qu’importe alors ? Mais le statut légal du mariage (hétérosexuel) correspond mieux à la définition biblique de la conjugalité.

Pastoralement, fraternellement, on ne peut pas négliger les histoires personnelles qui ont pu faire qu’un couple préfère (momentanément ?) le concubinage au mariage. On ne peut pas négliger non plus l’ambiance de notre société qui met l’accent sur l’intérêt individuel. Cela ne justifie rien, mais permet de comprendre, éventuellement de compatir, éventuellement de corriger fraternellement. Et vous ne pouvez pas savoir ce que disent les pasteurs en privé…

Enfin, question de paille et de poutre, la constatation du péché ou des incohérences de nos frères et sœurs nous renvoie à ce qui, dans nos propres vies, n’est pas non plus approuvé par Dieu. Et cela nous remet les uns et les autres à notre vraie place, celle de la prière les uns pour les autres.

Il est d’usage de prier Dieu au nom de Jésus, par l’Esprit saint. Mais si Jésus (le Fils) et l’Esprit sont Dieu aussi, peut-on prier Jésus et l’Esprit ? [Tuisku]

Dans l’Église réformée, il est effectivement d’usage de prier le Père (et non pas Dieu qui est aussi Fils et Esprit saint, comme vous le dites bien). C’est bien ce que Jésus dit : « tout ce que vous demanderez au Père en mon nom » (Jean 15 / 16) et que Paul confirme : « rendez toujours grâces pour tout à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ » (Éph. 5 / 20). Ainsi, tant pour demander que pour remercier, la prière s’adresse à Dieu le Père au nom de Jésus, et c’est là aussi que se reçoit l’exaucement : « il vous le donnera en mon nom » (Jean 16 / 23). La personne de Jésus-Christ est le lieu de la prière (« en mon nom »), l’agent de cette prière étant l’Esprit (Rom. 8 / 15. 26-27). La prière, c’est l’élan des enfants de Dieu vers leur Père.

Ceci étant dit, la Bible se termine sur une prière adressée au Fils : « Viens, Seigneur Jésus ! » (Apoc. 22 / 20) Et la vision d’Ézéchiel nous montre le prophète invoquant l’Esprit sur les ossements desséchés redevenus chair (Ez. 37 / 9-10).

On prie donc le Père ; on appelle la venue du Fils unique, dont on chante aussi la gloire ; et on invoque l’Esprit.

Dans d’autres traditions d’Église, on prie plus facilement Jésus.

En Actes des Apôtres 1-23:26 les apôtres ont prié, puis tiré au sort celui qui remplacerait Judas. Est-ce que prier puis tirer au sort est un moyen sûr de connaître la volonté de Dieu ? Merci. [G.]

La première étape a été un rappel historique, donnant le sens des événements. La seconde étape a été de comprendre comment faire ensuite, en se référant aux Écritures bibliques. La troisième étape a été de se donner des critères de sélection. La quatrième étape a été de sélectionner des candidats (2 seulement au final) correspondant aux critères.

Et finalement, c’est seulement la cinquième étape qui consista en prière et tirage au sort entre les deux seuls fidèles retenus. En fait, toutes les étapes sont importantes, et d’autres feraient bien de s’en inspirer ! Tout se passe comme si les premières étapes étaient accessibles à la raison humaine (y compris donc la référence à la Bible). C’est là où on ne sait plus comment avancer, là où deux personnes correspondent parfaitement à ce qui était attendu, qu’interviennent les deux moyens dont vous parlez (qui ne sont pas deux étapes, mais une seule) : le tirage au sort entre deux personnes que rien d’humain ne peut départager, et la prière sur cet exercice afin que ce soit bien Dieu et non pas le hasard qui décide.

Il me semblerait hasardeux d’appliquer cela comme une recette dans d’autres cas ! La Bible n’a guère eu d’affection pour « ourim et toummim », instruments sacerdotaux de divination, qu’elle n’a pas voulu taire, mais sur lesquels elle ne s’appesantit guère. Le tirage au sort ne saurait remplacer la parole de Dieu. Il s’agit ici d’un moyen de sortir d’une situation d’ex æquo… Il ne faut pas oublier que dans le livre d’Esther, c’est l’ennemi du peuple de Dieu qui utilise ce moyen de décision : les « pourim ».

C’était les quatre premières étapes qui étaient importantes (dont je n’imagine pas qu’elles aient pu se passer de la prière, même si ce n’est pas mentionné) : d’où l’on vient, où l’on doit aller selon la Bible, comment y aller, et y aller !

Comment faire une prière efficace dans le nom de Jésus pour qu’un proche qui n’a pas vraiment la foi puisse être touché puissamment par Sa grâce et trouver le Salut ? [Tiba]

Toute prière faite dans le Nom de Jésus est efficace. Mais qu’est-ce que ça veut dire, « efficace », et qu’est-ce que ça veut dire, « dans le Nom de Jésus » ?

La seconde question est la plus importante. Prier dans le Nom de Jésus, ce n’est pas prier « en son nom » au sens courant du terme, comme s’il suffisait de dire « au nom de Jésus » à la fin d’une prière pour que « ça marche ». La relation avec Dieu n’est pas de l’ordre de la magie ! Il s’agit plutôt de se tenir en Jésus, d’être tellement uni à lui dans la prière que c’est lui qui prie pour nous, comme Paul le dit de l’Esprit qui « intercède par des soupirs inexprimables » (Romains 8). Être uni au Christ crucifié, comme Paul encore écrit que « ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi »… Prier dans le Nom de Jésus, c’est aussi prier en Église qui est son Corps : « là où deux ou trois sont réunis en mon Nom, je suis au milieu d’eux »…

La prière sera-t-elle alors « efficace » ? Elle le sera si j’en sors transformé. Moi ? Oui, le sujet n’est pas celui pour la conversion de qui je prie (et auprès de qui je ne peux que témoigner de ce que Christ est ma vie et veut être la sienne). Le sujet, c’est moi qui prie. Dans la prière, c’est moi qui suis devant Dieu, c’est moi qui suis écrasé par sa majesté et redressé par son amour. C’est moi qui, en Christ, peux dire « mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » et terminer en reconnaissant que « tu m’as répondu » (Psaume 22).

J’ai envie de prier Dieu pour mes parents qui sont morts, mais je me demande si c’est bien de le faire [Stéphanie]

Franchement, non, ne le faites pas. Même si tout le monde comprendra qu’il n’est pas simple d’arrêter du jour au lendemain de s’adresser à des gens qu’on a beaucoup aimé et à qui on a beaucoup parlé.

Jésus dit à plusieurs reprises qu’il ne faut pas s’occuper des morts, les prier, ou quoi que ce soit, car cela nous fait perdre du temps que nous aurions pu consacrer à des vivants. Lisez Matthieu 8:22 ou encore Marc 11:27.

Si nos parents sont morts, Dieu qui s’en charge et nous ne pouvons plus rien faire pour eux. Ils nous échappent totalement. Voici ce qui en découle :
– Pourquoi faudrait-il dire à Dieu ce qu’il a à faire à leur sujet alors que justement nous n’avons plus de prise ? C’est différent de l’intercession pour des vivants, puisque, pour des vivants, nous pouvons aussi agir et demander à Dieu de nous aider à agir.
– Jésus est venu pour nous libérer de la préoccupation de ce qui se passe après la mort. Il nous dit juste d’avoir confiance, et que, dans un lieu et dans un temps que nous ne connaissons pas, il nous garantit une victoire de la vie sur la mort.
– Nous sommes vivement incités à consacrer notre temps à nous occuper des vivants, puisque là, nous pouvons faire, souvent, quelque chose pour eux, pour que leur vie soit plus vivante. Après leur mort, il sera trop tard.

Quoi qu’il en soit, laissez-vous conduire dans la confiance de Jésus qui savait que son Père le libérait de la mort.