Pourquoi la Bible n’est pas mise dans l’ordre chronologique ? [Emilie]

Comme vous le savez, la Bible n’est pas un livre (comme un manuel d’histoire, ou autre récit suivi qui devrait respecter l’ordre chronologique), mais un recueil de 66 livres, une bibliothèque. Or,  dans une bibliothèque bien conçue, les livres sont avant tout classés par genre. On ne range pas les traités de philosophie avec les manuels de mathématiques, ni les romans avec les recueils de poésie.

La bibliothèque que forment les Saintes Ecritures comprend deux grandes « armoires ». L’Ancien Testament, dont les livres (dans l’original hébreu) sont répartis sur trois « étagères » : la loi (les cinq livres dits du « Pentateuque » qui comprennent aussi l’histoire des origines), les prophètes (les livres évoquant l’histoire d’Israël de l’entrée en Canaan jusqu’à l’exil, avec les recueils des prophètes dont Israël a conservé les paroles), et les « autres écrits », recueil moins homogène de cantiques, de proverbes, et autres écrits poétiques dits de sagesse comme Job, l’Ecclésiaste, avec même des livres à caractère historiques comme les chroniques, Esdras, Néhémie qui relatent aussi l’après-exil..). Tout n’est pas toujours facile à dater avec précision d’ailleurs, et quand il ne s’agit pas d’histoire, ce n’est pas forcément nécessaire. A noter que le classement que je viens de résumer est celui de la Bible hébraïque (suivi par la version en Français Courant, ou la TOB). La version grecque dite des Septante présente un ordre différent, suivi notamment par la version Louis Segond.

Pour ce qui concerne le Nouveau Testament, le principe de rangement par catégories littéraires se retrouve, avec quatre étagères : les quatre livres relevant du genre spécial « évangile », les Actes des Apôtres, les lettres (celles de Paul, Pierre, Jacques, Jean, etc) et enfin, l’Apocalypse, un genre tout à fait à part.

Ceci dit, le respect de l’ordre  chronologique est loin d’être totalement absent des canons de l’Ancien comme du Nouveau Testament. Le premier livre de l’A.T. (la Genèse) traite des origines du monde et de l’alliance, et l’histoire biblique des patriarches et du peuple d’Israël se déroule à partir de là, à travers le Pentateuque, puis les livres de Josué, Juges, Samuel et Rois.

L’ordre dans lequel le Talmud Baba Bathra (un commentaire rabbinique des Ecritures Saintes)  cite les « Ecrits » semble avoir été établi en tenant compte des époques auxquelles leurs auteurs étaient réputés avoir vécu.

Quant au Nouveau Testament, il part des paroles et des actes de Jésus (évangiles), puis des débuts de l’Eglise et de la mission (Actes des Apôtres), jusqu’à l’Apocalypse qui nous annonce, entre autres, l’avènement d’une nouvelle création inaugurée dans la personne du Christ. Mais il est vrai que les épîtres de Paul aux Eglises, par exemple, ne sont pas classées en fonction de leur date de rédaction mais… de leur taille, de la plus longue (Romains) à la plus courte (2 Thessaloniciens). Et pour en trouver une facilement, vous connaissez peut-être l’astuce : apprendre l’acronyme rococogaléphicothéthétititiphi.

Bref, l’ordre des livres bibliques légué par la tradition… on fait avec !

 

La bible est-elle complète ? Ne manque t-il pas des versets encore ? [Roland]

La tradition chrétienne réformée avance que la Bible telle qu’elle nous est présentée aujourd’hui, avec ses différents livres, entre Genèse et Apocalyspe est complète, dans le sens où aucun livre ne manque. En effet, la foi de l’Eglise reconnait que ceux qui ont fixé le contenu de la Bible dans les premiers siècles de l’Eglise ont été inspirés par Dieu. Nous pensons aussi qu’aucun autre texte, aucune autre révélation actuelle ne peut avoir le poids des paroles que la Bible contient pour tracer les contours de notre foi ou de notre vie. Enfin, nous devons ajouter à cela que la Bible telle que nous la lisons aujourd’hui est reconstituée à partir de plusieurs manuscrits anciens. Ainsi, ces derniers diffèrent parfois sur des points mineurs. Ainsi, par exemple, en Matthieu 18/12, certains manuscrits écrivent « Si ton frère a péché » quand d’autres retiennent « si ton frère a péché contre toi ». Ce genre de légères divergences ne nuit cependant pas à la compréhension globale de la Bible, lorsque le croyant la lit, éclairé par le Saint-Esprit.