Galates 5.19-21 : Pourquoi ces péchés empêcheront d’hériter du Royaume si nous sommes déjà sauvés ? [Marie]

Marie, vous mettez le doigt sur un des paradoxes de la vie chrétienne, de la condition du disciple (mais c’est comme cela : la vérité est toujours paradoxale, comme dans l’exemple du cerf-volant : il n’est libre de voler que rattaché au fil !).

On peut formuler ce paradoxe de bien des manières. Par exemple, tout est donné, mais tout est à faire. Tout nous est donné : Nous sommes sauvés par grâce, indépendamment de nos mérites, le salut nous est acquis à la croix. Nous sommes déclarés justes, Dieu nous reconnaît comme ses enfants, il nous a choisis de toute éternité ! Nous sommes même « saints » en ce sens que Dieu nous met à part, nous lui appartenons. Mais tout reste à faire, il faut croire, aimer, espérer, témoigner !

L’enjeu de la vie chrétienne, c’est (autre formulation possible du paradoxe)… devenir ce que nous sommes déjà. Si nous sommes morts avec le Christ pour ressusciter à une vie nouvelle, cela veut dire que notre vie est renouvelée, que nous sommes unis à Jésus pour être recréés à son image. Par nous-mêmes, nous n’y arriverons pas, c’est l’oeuvre de l’Esprit de Dieu qui nous « sanctifie », c’est à dire nous revêt de cette identité nouvelle où il n’y a plus place pour l’impureté, l’idolatrie, la haine, etc…

Si donc j’entre dans cette vie nouvelle en me gardant de tout ce qui est contraire à l’amour, à la paix, à la joie, etc (les fruits de l’Esprit que Paul énumère juste après le passage que vous citez), ce n’est pas pour être sauvé(e). Mais parce que je suis sauvé(e) ! Et parce que j’ai pris la grâce et l’amour du Christ pour moi au sérieux. « l’amour du Christ nous presse », écrit ailleurs l’apôtre Paul (2 Co 5,14).