Si Dieu ne fait pas d’erreur- pourquoi me laisse-t-il naître avec un handicap ? [Catherine]

Bien que Dieu se soit présenté aux hommes dans les temps bibliques et parle encore aujourd’hui par son Saint-Esprit, il demeure toujours mystérieux et en partie inconnu. Ses pensées ne sont pas nos pensées. Le croyant qui confesse que “Dieu ne fait pas d’erreur” s’engage dans un acte de foi, mais continue à se démener avec sa vie, ses défis, ses misères, les injustices de ce monde, le handicap, la maladie et, irrémédiablement, la mort qui nous prendra tous… Mais dans toutes ces épreuves, le croyant peut s’appuyer sur la certitude que Dieu a voulu notre existence, qu’il n’est jamais dépassé et par conséquent que notre vie n’est pas une erreur.

Au milieu du feu, il vaut mieux pour le croyant dire “je ne sais pas pourquoi” que penser “Dieu est en galère avec mon cas”. Beaucoup de pages dans la Bible témoignent de la victoire de Dieu à travers des épreuves et des destins de douleurs. Jésus lui-même, crucifié, enseveli, puis ressuscité, est un message vivant que ce qui peut apparaître comme une erreur ou une défaite d’un moment, est parfois prémisse de la victoire et de la gloire à venir.

Dans nos détresses, nous pouvons crier à Dieu, lui demander des comptes sur notre situation, je crois même qu’il accueillera toujours avec amour nos colères et nos découragements. Mais quant à le renier ou le diminuer, c’est une folie qui loin d’arranger notre situation risque de nous faire plutôt basculer dans la désespérance la plus sombre. “Car Dieu n’oubliera jamais le pauvre, pour les malheureux, l’espoir n’est jamais perdu.” (Psaumes 9,19).

La trisomie est-elle une punition ? [Claude]

Comme vous le savez Claude, on ne devient pas trisomique, on naît avec cette maladie appelée aussi mongolisme. Elle a pour origine une anomalie génétique (un chromosome de trop). Votre question me rappelle donc celle que les disciples de Jésus lui ont posée devant un aveugle de naissance : « qui a péché, lui ou ses parents? » (év. de Jean, chapitre 9,v.2) . En effet, les disciples partageaient l’opinion de leur temps qui voyait dans une maladie ou une infirmité le signe d’un châtiment divin. Mais un enfant peut-il pécher avant de naître ?

Jésus réfute cette explication du mal subi avant de guérir l’aveugle, en leur répondant : « ce n’est pas que ses parents ou lui ont péché, mais c’est pour que les oeuvres de Dieu se manifestent en lui » (v.3).

Le mal dont nous ne sommes pas responsables mais celui que nous subissons, maladie, handicap ou toute autre souffrance, reste un mystère, un scandale incompréhensible. Lui chercher des explications par une logique de rétribution (comme celle des amis de Job qui cherchaient à le persuader qu’il était responsable de ses malheurs), ce serait tenter déjà de le justifier, or c’est une réalité que rien ne peut justifier. Un « trou noir » inexplicable.

Il existe une seule réponse légitime à ce problème insoluble du mal : lutter contre lui, de toutes nos forces, notamment en donnant toute leur place aux personnes handicapées, infirmes, malades. Espérer et prier pour leur guérison. Découvrir aussi ce qu’une personne handicapée peut apporter aux autres. Par exemple, dans le cas qui nous occupe, des parents d’une enfant trisomique m’avaient confié qu’elle savait déceler d’instinct au sein d’un groupe une personne qui allait mal, et allait systématiquement vers elle pour la consoler. Cela ne justifie pas ce handicap, bien entendu. Mais je vois là comme un écho à ce que dit Jésus : « les oeuvres de Dieu se manifestent en lui ».