© 2018 Gilles Boucomont thelast

Lettre ouverte à Torben S.

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Cher Torben,

Je fais partie de personnes qui se sentent très positivement stimulées par ton ministère. Tu réveilles le zèle des chrétiens pour vivre l’Evangile intégral, incluant le fait de vivre le baptême du Saint-Esprit, l’expérience de la guérison et de la délivrance, les charismes, etc. Ce sont les choses qui me passionnent le plus dans le ministère et depuis pas mal d’années. Nous en avons vu les fruits en Eglise.

Tu nous challenges et nous aiguillonnes pour être plus audacieux, pour aller chercher la centième brebis, pour oser prier pour les gens pas seulement dans les églises. Jésus amenait le Royaume au milieu de la vie. Parfois dans les synagogues, d’autres fois dans les places de marché, d’autres dans un face-à-face avec les gens.

Maintenant, nous constatons aussi que s’opère une réelle séduction sur des chrétiens qui ont encore du chemin à faire, qui ont parfois déjà été baptisés, déjà guéris, déjà baptisés du Saint-Esprit, mais qui sont dans une forme de boulimie de surnaturel, ou qui aiment le show, la culture du selfie. Ils ne sont peut-être pas si spirituels que ça. Un peu comme ces gens à qui Jésus ne voulait pas répondre parce qu’ils n’étaient friands que du miraculeux.

Si beaucoup de choses bonnes sont ramenées par ton ministère, comment gérer les rebaptêmes ?
Qu’est-ce que ça dit du respect des ministères qui ont fait un travail de formation, d’accompagnement spirituel, de guérison et de délivrance, avant lui. Pourquoi ce dénigrement des autres ministères, en permanence ? N’est-ce pas un peu orgueilleux ?

Si beaucoup de choses bonnes sont ramenées par ton ministère, que faire des personnes qui se laissent un peu forcer, voire qui doivent vivre une délivrance après une expérience par trop rapide ? C’est le cas de certains membres de nos Eglises.

Si beaucoup de choses bonnes sont ramenées par ton ministère, comment accepter le manque de pondération dans le discours sur les Eglises, dans l’enseignement à se méfier des pasteurs, à dénigrer toute forme d’Eglise dénominationnelle ? Nous ne sommes pas au Danemark. Il y a des Eglises qui sont apostates ici, oui, et nous dénonçons ça dans notre propre environnement d’Eglise ! Mais d’autres « font le job ». Et les dénigrer, les discriminer, n’est pas oeuvrer pour le Christ et pour le Royaume. Les traiter « en bloc » n’est pas fraternel ; c’est même mentir.

Si beaucoup de choses bonnes sont ramenées par ton ministère, que penser de l’obsession pour le parler en langues ? 1 Corinthiens 12:30 a-t-il été rayé de la Bible ? On peut être baptisé du Saint-Esprit sans parler en langues explique Paul. Comme lui je suis heureux de parler en langue. C’est très utile dans les délivrances. 

Alors voilà, je me suis vraiment régalé avec plusieurs vidéos d’enseignement qui sont précises et stimulantes. Je suis très reconnaissant que tu nous aiguillonnes, que tu nous défies, que tu nous « piques » même ! J’ai été le poil à gratter d’un grand nombre de collègues alors j’accepte ça pour moi-même. Et je loue Dieu pour cette part de ton ministère.
Mais le problème c’est qu’après, tu pars… et que ce sont ceux que tu dénonces par ailleurs qui vont s’occuper concrètement des gens.
Ce seront des Eglises qui seront aussi abîmées par les nouveaux zélotes qui passent leur temps à dire aux gens de quitter les Eglises, même les Eglises fidèles… J’ai déjà expérimenté ça en Afrique de l’Est. Le prédicateur sympa qui arrive du Nord, et qui met une pagaille terrible qui vous rajoute 50% de travail après pour « recoller les morceaux » de tout ce qui a été abîmé.
Ce seront des gens qui s’empareront de ce que tu leur auras donné, mais vont en faire mauvais usage. Et il n’y aura personne pour les corriger, puisque nous serons forcément ces « méchants pasteurs » que tu auras recommandé de ne pas écouter.

Torben, mon frère, merci pour qui tu es.
Merci pour ton audace.
Mais s’il-te-plaît, arrête de faire les choses « contre » nous en pensant que toi seul fais les choses du Royaume. Tu as besoin des Eglises parce qu’elles travaillent sur le plus long terme. Bien sûr que Jésus peut revenir demain, et si nous l’avons oublié, si nous ne l’avons pas assez prêché, que Dieu nous donne de retrouver ce zèle, mais pour autant, si Jésus ne revient que dans 30 ans, comment vont survivre ces gens qui seront juste tombés par terre, baptisés, parlant en langues, et hop en 3 heures ? Ce sont les Eglises aussi qui peuvent s’en occuper, et qui le feront. Alors arrête de jouer « contre » là où tu pourrais jouer « avec »…

Gilles Boucomont

(je découvre après coup une vidéo remplie de mensonges où, de fait tu me diffames, mais moi je te bénis de tout mon coeur !)

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