Si Dieu est bon et Dieu est omnipotent- pourquoi y a-t-il du mal et de la souffrance dans le monde ? [Henri]

C’est LA question… sans réponse. Pourtant les théologiens ont cherché depuis longtemps à l’apporter, cette réponse qu’on appelle la « théodicée ». Et -je vais peut-être vous étonner, Henri- heureusement qu’on ne peut pas la trouver, car alors on aurait expliqué la présence du mal. Et en l’expliquant, on aurait déjà justifié, en quelque sorte, la réalité scandaleuse et injustifiable du mal (On parle ici du mal subi. Le mal commis, on peut en rendre l’homme responsable).

Le livre de Job aborde ce problème. Pourquoi Job souffre-t-il, pourquoi -pire- Dieu permet-il qu’il souffre ? Les amis de Job essaient de lui expliquer que c’est sa faute (toujours la tentation de la « théodicée », défendre Dieu !). Et Job résiste à leurs arguments : il voit bien que des justes souffrent et que des méchants vivent paisiblement. Donc, expliquer le mal comme une rétribution méritée ne tient pas la route. A la fin du livre, Dieu répond enfin à Job… mais sans lui donner d’explication, et même en lui demandant, après lui avoir rappelé qu’il est après tout le Créateur et lui simple créature, comment il ose ainsi l’interroger (Job 38,1ss; 40,1-2). Et Job se soumet. Mais il le fait parce qu’il ne souhaitait qu’une chose:  que Dieu lui parle, qu’il réponde à son appel de révolte qui est toujours un cri de foi.

La seule véritable réponse de la Bible au problème du mal, c’est un tout petit mot : « aussi ». Christ AUSSI (ou « lui-même ») a souffert pour vous, lui juste pour des injustes… En Jésus, Dieu est venu se charger de nos souffrances, les porter avec nous. Il nous y a rejoints. L’Evangile nous invite à répondre à notre tour au problème du mal. Surtout pas en essayant de l’expliquer, mais en luttant contre, de toutes nos forces et de toute notre révolte. Avec l’aide du Seigneur. Ne cherchons pas pourquoi Dieu permet que des gens aient faim ou froid, donnons-leur de la nourriture ou un toit. Ne cherchons pas pourquoi Dieu permet la solitude, rejoignons les isolés. Il y a de quoi faire.