Pourquoi la pratique jubilaire s’est-elle éteinte ? [Astrid]

L’année du jubilé est instituée dans le livre du Lévitique (ch.25). Elle clôt le cycle de 7 années sabbatiques (49 ans en tout). Comme une année sabbatique, elle était une année de repos pour les terres laissées en jachère, mais surtout, dans la cinquantième année, chacun pouvait récupérer les terres qu’il avait dû céder pour payer ses dettes, et s’il avait été contraint de vendre des membres de sa famille, voire lui-même, en esclavage pour le même motif, tous recouvraient leur liberté, et ce sans contrepartie.

Voilà pour la loi de Dieu. L’article du dictionnaire encyclopédique de la Bible consacré au sabbat note au sujet du jubilé : « c’était plus beau que pratiquement réalisable » ! En effet, si cette loi reflète le souci des plus pauvres, des membres les plus vulnérables d’Israël, l’auteur doute qu’elle ait jamais été appliquée. Mais on peut quand même citer le ch.5 du livre de Néhémie, où il est relaté que ce gouverneur des juifs invita les plus aisés d’entre eux à renoncer à tout l’argent que leur devaient leurs concitoyens misérables. Il obtint un accord unanime. « Et le peuple tint parole » (Néhémie 5,13).

Certes, il n’y a pas de trace d’une observation stricte et régulière du jubilé en Israël, mais on peut encore s’en inspirer, que ce soit à l’échelle individuelle (« remets-nous nos dettes, comme nous l’avons fait pour nos débiteurs » est une traduction précise de la 5e demande du Notre Père !) ou à l’échelle des nations : la dette des pays les plus pauvres s’envole à un niveau insoutenable. Ils paient 1400 milliards de dollars par an, rien que pour en rembourser les intérêts… Bien plus que pour les besoins de santé et d’éducation de leurs populations.