Double nationalité

Je crois que j’ai reçu du Seigneur la double nationalité.
Je suis citoyen d’un autre pays où l’on ne me demande jamais mes papiers,
Où l’on m’accueille en tant que frère ou sœur,
Et où la couleur de mon vêtement, de ma peau ou de mon argent n’ont aucune importance.
Je suis citoyen d’un autre pays où les lois sont respectées
Parce qu’elles sont écrites dans les cœurs et pas seulement dans la pierre ou sur papier,
Et où personne ne perd son temps à réclamer ses droits
Parce que chacun préfère s’appliquer à être fidèle à ses devoirs.
Je suis citoyen d’un autre pays où Celui qui règne
N’a pas besoin de consacrer la moitié de ses mandats à sa réélection,
Parce que sa légitimité est acquise et n’est pas à conquérir.
Je suis citoyen d’un autre pays où la fin est plus importante que les moyens,
Où la relation est plus considérée que la domination,
Où la parole et la confiance ne sont pas de vains mots.
Et parce que je suis citoyen de cet autre pays,
Ma façon de penser, d’être et de vivre sur cette terre a changé irrémédiablement.
Je vis, je me lève et je parle à mes contemporains
En tant qu’ambassadeur d’un autre monde où tout est possible
Et je crois que ce possible est ouvert aux hommes et aux femmes de notre pays.
Amen

Gilles Boucomont : confession de foi, dimanche 8 octobre 2006 – Temple du Marais

Croyant non pratiquant ?!

Série de témoignages de personnes qui sont (re)venus à Christ et à son Eglise.

L’Eglise parfaite, elle n’existe pas
Christiane, 71 ans
J’en ai parcouru des communautés… Je cherchais l’Eglise parfaite. Comme je ne l’ai pas trouvée, j’ai tout arrêté. Après plus de dix ans de « désert », j’ai lu dans une brochure cette formule amusante : « Si jamais vous trouvez l’Eglise parfaite, n’y entrez pas, car elle ne le serait plus ». Je n’ai fait ni une ni deux et je suis allé à l’Eglise la plus proche de chez moi. C’est ma paroisse désormais. Et je l’aime comme elle est, avec son sourire et ses cernes, avec ses joies et ses colères. Il y a une autre petite phrase que j’aime bien, toujours dans ma brochure : « L’Eglise, on n’y trouve que ce qu’on y apporte ». Ça aussi c’est vrai.

Nudiste, mais pas pratiquant
Joël, 67 ans
Je me suis aperçu que, quand je disais que j’étais croyant, mais pas pratiquant, c’était aussi bizarre que de dire que j’étais nudiste, mais pas pratiquant : je ne me promène jamais tout nu hormis chez moi, et encore dans la chambre ou la salle de bain, le temps de m’habiller. Ça ne fait pas de moi un nudiste pour autant. Soit c’est quelque chose d’important pour moi et je le fais vraiment, soit c’est le cadet de mes soucis, en réalité. A l’époque, la foi était pour moi le dernière des préoccupations, celle à laquelle on pense une fois qu’on a épuisé tout le reste. Autant dire, pas très souvent.

Pas meilleurs que les autres !
Marine, 15 ans
Quand tu vois les gens qui vont à l’Eglise, au début, tu es un peu effrayée. Avec mes amies on disait : « Mais, ils ne sont pas meilleurs que les autres ». C’est un pasteur que ma mère connaît qui m’a dit un truc qui fait réfléchir : « Imagine comment ils seraient, tous ces gens, si ils n’y allaient pas, au culte… ». Ça m’a fait penser que c’est vrai dans plein de situations : c’est pas parce que certains hommes politiques sont pourris qu’il ne faut pas aller voter ; c’est pas parce qu’il y a des athlètes qui se dopent que j’arrête le sport.

Libre d’aller au culte… tous les dimanches
André, 44 ans
Ah, liberté, liberté chérie. Chaque dimanche, je suis libre d’y aller ou pas. Et je pensais que ma liberté se jouait surtout dans le fait de… ne pas y aller. J’avais des justifications qui me font rire aujourd’hui : « Le protestant est libre par rapport aux institutions. Le culte est une institution. Donc, en n’y allant pas, je suis un bon protestant ». Excusez du peu ! Je redécouvre aujourd’hui une nourriture spirituelle nouvelle, et je suis désormais libre d’aller au culte… tous les dimanches. Avec beaucoup de joie.

Est-ce que je fais mes courses une seule fois par an ?
Rosette, 37 ans
Tu comprends, le culte, c’est comme ma nourriture pour toute la semaine. Est-ce que je pourrais tenir en ne faisant mes courses qu’une seule fois par an ? Noël seulement, ou même Pâques en plus, c’est pas suffisant, c’est pas nourrissant. Quand tu dis, dans le Notre Père : « Donne-nous notre pain quotidien », il faut bien aller le chercher, ce pain ; on le reçoit, mais on ne nous le met pas dans la bouche directement !

En fait, j’ai le temps
Stéphane, 32 ans
Quand j’ai commencé à travailler, c’était très dur au début. Le dimanche, c’était mon seul jour pour dormir. Alors pas question d’aller au culte. Il faut choisir, c’est une époque de la vie. Je me disais que j’irais plus tard, quand dans ma vie ce serait moins la course. Mais, vu mon métier et mon mode de vie, je crois qu’il faudrait que j’attende la retraite à cette condition. Pour moi, ça a plutôt été une question de volonté et d’organisation. Si je veux y aller, je peux. Et si je ne veux pas, alors, je trouve des tas de bonnes raisons de ne pas me lever. En fait, j’ai le temps.

Quel regard les autres allaient porter sur moi ?
Eliane, 54 ans
J’ai été baptisée, confirmée, j’ai été dans les activités de jeunes, je me suis mariée à l’Eglise, tout comme il faut. Et puis la vie a fait que je me suis arrêtée de venir. Mais vers 40 ans, quand mes enfants étaient en âge de recevoir une instruction religieuse à leur tour, j’ai voulu revenir. En fait, je me sentais bêtement coupable. Quel regard les autres allaient porter sur moi, surtout ceux qui m’avaient connue « à l’époque » ? Mais je n’ai pas du tout senti ce regard de jugement, bien au contraire, c’étaient des sourires, un peu comme dans l’histoire du Fils prodigue, finalement.

Curieux, puis intéressé, puis passionné
Fabien, 19 ans
Au début, c’est par curiosité que je suis venu. Je ne peux pas dire que j’avais vraiment la foi. Je voulais voir. J’avais un a priori favorable sur les protestants. Mais qu’est-ce que j’allais faire au milieu de tous ces gens ? Pourvu qu’ils ne me posent pas trop de questions ! Et en fait, ça m’a intéressé. J’ai pris des contacts, je me suis fait des amis, je me suis mis à lire la bible avec les autres jeunes et maintenant, je peux vraiment dire que je suis chrétien parce que j’ai découvert les merveilles de Dieu. Je ne suis même plus curieux ni intéressé, mais je suis passionné.

J’y vais, et j’invite des amis, même
Laure, 34 ans
La paroisse, j’y suis depuis que j’ai été au culte… dans le ventre de ma mère. C’est ma deuxième famille. C’est évident d’y aller. C’est un réflexe, comme de se lever le matin. Heureusement qu’un jour, dans la prière, j’ai vraiment été saisie par ce que je crois être la présence de Dieu. Ça a changé ma vie, mes habitudes. Parfois, pour rire, je dis que j’étais à l’époque « pratiquante, mais pas croyante ». J’ai eu la chance de vivre le « Déclic ». Maintenant, je suis les deux : croyante et pratiquante. Le culte ? J’y vais et j’invite des amis, même. Je ne peux plus garder ça pour moi seule.

Est-ce aux pierres de crier ?

Prédication donnée au Temple du Marais

Lectures bibliques
Habakuk 2:1-14
Luc 19:37-40 : S’ils se taisent, les pierres crieront

1. Jérusalem, an 30 : S’ils se taisent les pierres crieront

11. La demande des pharisiens ne peut pas suffire à convaincre

Jésus a un drôle de rapport aux pierres.
On dit qu’il n’en a même pas une où reposer sa tête. On dit aussi qu’il est la pierre angulaire dont parle le psaume 118, celle qui a été rejetée par la folie des bâtisseurs, et qui est aujourd’hui devenue la pierre angulaire. Le diable le tente en lui proposant de changer des pierres en pains. Jésus dit aussi, dans l’évangile de Luc, que Dieu peut susciter des enfants d’Abraham avec des pierres. Lui, le Christ, passe très près de la lapidation à plusieurs reprises de son existence. « Que celui qui n’a jamais péché jette la pierre en premier ». Il prophétise qu’il ne restera pas pierre sur pierre à Jérusalem. Et enfin il y a encore ce cher Simon que Jésus renomme Pierre, car c’est sur cette pierre que Jésus veut bâtir son Eglise.
Jésus a un drôle de rapport aux pierres.
Alors quand il entre à Jérusalem, la Ville par excellence, le lieu où les pierres ont été agencées de la plus belle façon qui existe en une splendeur de l’architecture moyen-orientale, quand Jésus rentre à Jérusalem en traversant une foule bruyante qui chante et crie la gloire de Dieu, il répond aux pharisiens « S’ils se taisent les pierres crieront ».
La situation est assez cocasse, car les pharisiens sont les gens les plus religieux qui soient. Nous en avons une vision négative, mais il faut bien dire qu’ils étaient souvent des modèles de piété et de fidélité. C’était un groupe religieux comme les autres, assez fort à l’époque de Jésus. Mais beaucoup ont refusé de voir en Jésus celui que la foi d’Israël attendait. C’est pour cela qu’ils sont gênés par ces louanges bruyantes dont ils n’ont pas compris que c’est à juste titre qu’elles jaillissent au bénéfice de Jésus. C’est dans ce sens qu’ils demandent à Jésus de reprendre ses disciples et ses partisans pour qu’ils arrêtent de formuler à l’égard d’un homme des louanges qui ne doivent revenir qu’à Dieu !
Mais la réponse de Jésus nous fait bien comprendre qu’il y a dans cet instant et dans ce qui se joue aux portes de Jérusalem quelque chose que rien ne peut arrêter, une nécessité de l’histoire, un rendez-vous fondamental de l’humanité. « S’ils se taisent les pierres crieront ». Ce n’est pas la demande des pharisiens, ce n’est pas la piété rigoureuse de qui que ce soit qui va empêcher Jérusalem d’accueillir le Messie.

12. La violence des pharisiens n’arrêtera même pas la gloire de Dieu

Pire encore, car vous connaissez la suite, ce n’est pas non plus la violence des pharisiens qui pourra arrêter le plan de Dieu, son projet d’une louange qui jaillira du cœur de la ville sainte. Même crucifié, Jésus continuera a convaincre et à porter les gens à la reconnaissance, tel le centurion qui reconnaît en lui de Fils de Dieu. Même Jésus mort, la louange du peuple continuera à monter vers Dieu. Et quand il viendra à ressusciter c’est la terre entière qui proclamera la gloire de Dieu, jusqu’à ses extrémités, et toujours ; notre présence ici illustre bien ce propos. A des milliers de kilomètres et à des milliers d’année, la louange du peuple continue à monter vers Dieu.
« S’ils se taisent les pierres crieront ». Rien ne peut fondamentalement arrêter le plan de Dieu. Et pourtant dans cette promesse, dans cette parole, on sent déjà les difficultés. En disant cela, Jésus ne proclame pas une parole toute-puissante et auto-suffisante, il laisse surgir le doute possible. « S’ils se taisent » car ça peut bien arriver qu’ils se taisent. Cela arrivera même quelques jours plus tard.

2. Jérusalem éternelle : S’ils se taisent les pierres crieront

21. Les pierres et la charpente de Jérusalem passent leur temps à crier

Habakuk avait déjà fait cette prophétie des pierre et du bois de la charpente qui crient. C’est un crie de douleur et non pas un crie de louange dont il parlait. C’est le cri de douleur d’une ville construite par le sang qui coule.
La destinée de Jérusalem est prise dans cette ambivalence de l’infidélité et de la louange. C’est le lieu extrême par excellence. Le lieu où Dieu est le plus loué, mais aussi le lieu où Dieu est le plus offensé. Ceux qui connaissent Jérusalem savent que c’est une ville où les gens sont blessés, car leur vie n’est pas facile, mais que c’est aussi une ville où les pierre sont blessées. Tant de revirements de l’idolâtrie au culte véritable. Tant de remaniements de terrains. Il n’y a pas d’édifice qui soit encore comme il l’a été à sa fondation. Les pierres de Jérusalem portent en elles la meurtrissure d’une histoire chaotique. Le peuple de Jérusalem est balloté par les aléas de l’histoire. Les pierres de Jérusalem crient elles aussi tantôt leur souffrance et leur blessure, tantôt la louange d’un lieu où tout est tourné, bon an mal an, vers Dieu.

22. Destruction du Temple, Intifada, La « Ville de la Paix » est la ville du Sang (de Jésus, des martyrs de tous bords)

« S’ils se taisent les pierres crieront ».
Peut-être cela veut-il dire que la création inanimée est capable de louer Dieu même si les humains, dont c’est la vocation, se dérobent à cette tâche ? Faut-il donc que ce soient les collines et les chemins rocailleux qui parlent pour dire la gloire de Dieu ?
« S’ils se taisent les pierres crieront ».
Peut-être y a-t-il là aussi une annonce de la chute du Temple en 70. Si le peuple de Jérusalem est incapable de fidélité et de louange, le Temple sera détruit par les Romains, qui feront crisser les pierres en les abattant.
« S’ils se taisent les pierres crieront ».
Peut-être s’agit-il une fois de plus d’un jeu de sens autour de la pierre angulaire qui est Jésus. Si le peuple de Jérusalem arrête de louer Dieu, Jésus la pierre angulaire de la foi d’Israël, criera : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
« S’ils se taisent les pierres crieront ».
Difficile de comprendre le sens de cette parole. Je serais même prêt à dire que la Jérusalem contemporaine vit l’accomplissement de cette parole. Incapable d’être fidèle à sa vocation, elle qui s’appelle la ville de la Paix, elle est devenue la ville de la Guerre. Et ce sont les pierres qui parlent. L’Intifada n’est-elle pas la guerre des pierres, des pierres qui parlent, des pierres qui crient.

3. Toujours et partout, Paris 2007 – S’ils se taisent les pierres crieront

31. Est-ce que nous supportons les conséquences de la gloire de Dieu non prononcée sur le monde ? sur notre ville ? A Paris les pierres racontent la gloire de Dieu.

Hier et aujourd’hui, là-bas et ici, « S’ils se taisent les pierres crieront ». Voyez le sens profond, le sens spirituel de cette parole : quand ceux que le Seigneur a doté d’une voix, d’une intelligence et d’une parole se dérobent à leur vocation, c’est le monde inanimé qui prend le relais. Si nous sommes incapables de louer Dieu, c’est la création sans vie qui le louera à notre place. Et aujourd’hui même, à Paris, le visiteur étranger a cette impression bizarre que la parole de Jésus s’est accomplie ici aussi. Si vous vous promenez en ville, si vous restez, en tant qu’étranger une semaine à Paris, ce sont les pierres qui vont vous parler de Dieu et de Jésus, mais personne ne va vous adresser la parole, nulle part vous n’entendrez la louange, à moins que vous ayiez la chance d’aller dans un de ces lieux clos et confinés un dimanche matin vers 11 heures. Voyez, il faut vraiment chercher, il faut vraiment le vouloir. Oui, ici aussi, ce sont les pierres qui crient la gloire de Dieu. Les pierres de la cathédrale et des églises disent la gloire de Dieu. Ce sont les pierres qui crient la gloire de Dieu. La voute de ce temple proclame depuis bientôt quatre cents ans « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ». Est-ce qu’il y a depuis 400 ans dans la rue, ici une présence chrétienne qui dise cette gloire de Dieu et la présence bénissante de Dieu en Jésus-Christ ? Et nous pourrions multiplier les exemples. Les pierres crient aujourd’hui la louange au Dieu Sauveur, et elles le font à notre place, à votre place. La pierre vivante de l’édifice du Temple véritable, c’est vous. Ce verset placé sous nos yeux nous le rappelle à chaque fois que nous vivons ici.

32. Bonne nouvelle pour nous aussi de l’impossible entrave sur le projet de Dieu. Les pierres vivantes de l’Eglise se mettent à parler.

Voyez bien l’enjeu, si ce n’est pas nous qui louons, si ce n’est pas nous qui témoignons, qui le fera ? Les pierres suffisent-elles ? Les clochers de Paris parlent d’un passé lointain, ils ne parlent pas de l’actualité de Dieu, de sa présence, de la vivacité de sa bonne nouvelle qui libère aujourd’hui bien des hommes et des femmes. Les clochers sont bons pour les cloches et pour les pigeons. Mais le cri du peuple de Paris, c’est un cri d’attente et de désespoir : « Y a-t-il quelqu’un qui pourra maintenant nous annoncer une bonne nouvelle, quelque chose qui nous rende libre, qui nous fasse grandir, qui élargisse notre horizon ? » Ce cri monte, plus ou moins formulé, plus ou moins compréhensible. Des dizaines de femmes poussent ce cri le soir à 11 heures du côté de la Nation ou du bois de Boulogne. Des centaines de jeunes hurlent cet appel en prenant de la drogue ou en se réfugiant dans des conduites à risque, suicidaires. Tous ces étrangers qui ont fui la guerre dans leur pays, ils sont là aussi, dans nos rues, à crier au secours : « N’y a-t-il pas encore dans cette ville un seul juste qui veuille bien me bénir ? »
Ce renversement est insupportable. Un peuple entier qui hurle non pas la louange à Dieu, mais sa désespérance de ne pouvoir rencontrer qui que ce soit qui le bénisse au nom de Jésus.
Autour de vous, il y a des tas de personnes qui ne peuvent être bénis par le Seigneur que par le biais de votre témoignage. Il ne s’agit pas pour autant d’entrer dans une proclamation hystérique et criarde de notre foi. Il s’agit de réaliser que le Seigneur ne peut passer que par nous pour toucher un certain nombre de personnes. Je suis sûr qu’il y a des gens dans votre entourage familial ou professionnel qui ne peuvent avoir accès à la grâce et au salut que par la parole libre et délicate dont vous pouvez leur témoigner. Si nous nous dérobons à cette tâche, faudra-t-il encore que ce soient les pierres qui témoignent ? C’est pourtant notre vocation de témoigner, pas celle du granit ni des briques.
« S’ils se taisent les pierres crieront ». Mais que crieront-elles ? Le cri de la louange ? ou comme Jérusalem, le cri de la blessure ? Il est encore temps, il est toujours temps de proclamer la gloire de Dieu sur nos familles, sur nos lieux de travail, sur notre ville, sur tous ces gens qui sont autour de nous en attente d’un signe du Très-Haut.
Que l’Esprit-Saint nous donnent à chacun la joie de louer le Seigneur et la capacité de témoigner humblement mais avec audace de l’évangile libérateur. Amen !

Crucifier ou se laisser crucifier

Prédication donnée à au Temple du Marais
Les textes lus ce jour étaient :
Luc 6 :27-38 – bénir coûte que coûte
Matthieu 26:47-57 – l’arrestation de Jésus

« Ne penses-tu pas que je pourrais sur l’heure demander à mon Père qu’il convoque douze légions d’anges », suggère Jésus à Pierre. Les disciples vivent leur engagement comme un combat, comme une opposition avec le pouvoir en place. Et leur engagement est bien un combat, mais la nature de ce combat n’est pas celle qu’ils croient.
Le zèle d’un Pierre lui fait prendre son épée, et, nous rapportent les différents évangiles, il va se lancer sabre au clair contre ceux qui sont venus arrêter son maître. Voilà quelqu’un qui aime Jésus de tout son cœur. Il est prêt à le défendre, à se donner du mal, à prendre le risque de recevoir un mauvais coup en retour, voire d’être arrêté à la place du maître pour avoir été violent d’entrée, sans que les soldats n’aient donné le premier coup. Pierre est tout entier dans ses convictions. Il se bat pour un Royaume, pour une idéologie qu’il pense être la meilleure, pour toute une batterie d’idées qu’il a entendues dans la bouche de celui qu’il suit depuis plusieurs mois maintenant. Mais, comme vous le savez, Pierre est dans les Ecritures à la fois le grand modèle de la foi et de la fidélité au Christ, mais aussi le modèle de l’incapacité humaine à comprendre et accomplir vraiment ce que Dieu attend de nous.
Pierre ressemble à Judas. L’un et l’autre veulent bien faire. Judas veut hâter l’advenue du Royaume, il se dit que s’il « provoque » Jésus, celui-ci sera obligé de manifester sa royauté, il ne pourra plus tergiverser ni se laisser influencer par son entourage, il sera contraint à se découvrir, à montrer à tous qu’il est bien le Messie et le Roi venu pour régner sur l’Israël de la fin des temps. Judas veut précipiter le Royaume. Et Pierre veut maîtriser le Royaume. Il pense qu’il est l’officier principal d’un chef de guerre qui mène une bataille politique. Il y a un point commun entre Pierre et Judas, bien que sur le terrain ils soient face à face, c’est que finalement, ils ont tous les deux vraiment envie de bien faire, et ils pensent qu’ils peuvent interférer dans le processus de révélation, dans la manifestation de la puissance de Dieu en Jésus-Christ.
Le type de résistance dans lequel Jésus est entré n’a pour ainsi dire aucun point commun avec les résistances politiques et humaines. Jésus n’est pas en résistance contre ce qui advient, contre les événements, mais il est en résistance contre les moteurs de l’histoire que sont le fatalisme, la cupidité, et le besoin de puissance. Jésus ne cherche pas à s’agiter contre les faits ou l’actualité, mais bien contre les racines spirituelles qui produisent ces phénomènes, ces agitations humaines, ces déterminismes manifestes. On a souvent rappelé que pour stopper une fièvre, on peut tout à fait marcher sur le thermomètre et l’écraser, mais que ce n’est pas la soigner. Intervenir sur les conséquences ne permet pas de traiter les causes, pas plus qu’en médecine prendre soin des symptômes ne guérit la maladie.
Or Jésus est le thérapeute d’une société malade, et en particulier malade de sa volonté de puissance. Il est venu pour soigner une humanité qui a du mal à s’extraire de son animalité, c’est-à-dire du règne de la peur et de la domination. C’est le point commun à tous les animaux que d’être apeurés. C’est leur sécurité dans la vie. La peur n’est pas toujours mauvaise conseillère quand le lion ou la hyène sont à votre porte. Elle permet d’éviter la fatalité qui consiste à finir en rumsteack. Dès lors la fin de la peur est un des signaux majeurs de l’humanisation de l’Homme, quand il peut non seulement assurer ses sécurités terrestres, mais aussi trouver auprès de Dieu une paix que le monde a du mal à lui laisser. Quitter la jungle de la peur est notre destinée. Elle va de pair avec l’abandon du désir permanent de dominer. Le règne animal n’est fait que de domination. C’est un problème de chaîne alimentaire, comme je l’évoquais à l’instant. Honnêtement, on a intérêt à être le plus haut possible dans la chaîne alimentaire, à manger l’autre plutôt qu’à se faire manger. Ce second trait caractéristique du monde animal est malheureusement bien présent dans une humanité qui a bien du mal à s’humaniser.
La fin de la peur et la fin de la domination, voilà deux signaux qui marqueront l’humanisation définitive de l’humanité. Et cette profondeur de l’humain est très lisible dans l’expérience de Jésus, qui a su être l’humain véritable, profondément à l’image de Dieu.
Il assume pleinement cette double destinée tout d’abord dans son refus de craindre d’autres pouvoirs que celui de son Père, mais aussi dans le refus de marcher vers le but que Dieu lui a fixé avec d’autres méthodes que celles que Dieu a fixées. Or pour marquer cette double victoire, sur la peur et sur la domination, il doit renoncer aux logiques les plus courantes de cette humanité à laquelle il appartient. Quand la vie est une bagarre, on n’a pas d’autre choix que de crucifier les autres, sinon c’est nous qui serons crucifiés. Jésus ne choisit pas comme Pierre la voie de la violence, mais il assume une puissance bien plus puissante encore en refusant de rentrer dans la domination. Il préfère se laisser crucifier que de rentrer violemment à l’égard des autres dans une logique de crucifixion.
Il en va de même pour nous au quotidien. Combien de fois par semaine nous sommes exposés à la nécessité de résister ? Mais quels seront les termes de notre résistance ? Quels en seront les outils ? Le simple fait d’être chrétien dans une société sécularisée est une entrée en résistance. Parce qu’elle n’est pas audible la parole de celui qui veut ne vivre que la puissance de la croix. Elle n’est pas intelligible la pratique de celui qui ne résiste pas à la main qu’on porte sur lui. C’est pourtant une résistance irrésistible que de refuser l’enchaînement des violences, la surenchère des mots et des gestes. C’est là que se manifeste la vraie puissance et la vraie domination, la supériorité ultime qui consiste à renoncer à la violence. Jésus a su résister à l’évidence de la résistance armée. Il a su contredire les apparences du bon sens en refusant cette convocation des légions d’anges qui auraient peut-être été un langage sur la puissance du créateur, mais pas sur l’amour du Père ou la pertinence du Sauveur.
Cette image n’est pas là pour nous faire adopter la voie d’un pacifisme béat ou bêta, mais bien pour que nous comprenions qu’il a une façon très active de refuser le geste violent. Il y a une façon très dynamique de laisser la violence des autres s’embourber dans la béance de notre refus de surenchérir.
Dans une époque où nous risquons de ne pas être au bout de nos surprises en matière de violence, laissons-nous inspirer et modeler par l’exemple du Christ et assumons que notre chrétienté ne passe pas par la dureté ou le zèle de nos convictions soutenues par la puissance de l’épée, mais bien par le témoignage décalé, dérangeant, inacceptable, du crucifié ressuscité. Au jour où l’alternative se présentera entre « crucifier les autres ou se laisser crucifier », que Dieu nous donne la capacité de choisir la voie tracée par son bien-aimé.
Amen

Calvin et le Saint-Esprit

Extraits de : « Le Saint-Esprit »
(Trésors calviniens), Editions calviniennes, Genève 1936

p. 7 :
C’est le Saint-Esprit duquel toute richesse de salut procède.
1er sermon de la Pentecôte

p. 9 :
Il faut de deux choses l’une, ou que nous soyons gouvernés par l’Esprit de Dieu, ou que nous errions perpétuellement. Il s’ensuit aussi de ceci que tout ce qui appartient à la vraie connaissance de Dieu, ce sont dons du Saint-Esprit.
Commentaire sur 1 Corinthiens 12:3

p. 10 :
Saint Augustin a tellement connu ce défaut de notre raison à entendre les choses qui sont de Dieu qu’il confesse la grâce et illumination du Saint-Esprit n’être pas moins nécessaire à notre entendement qu’est la clarté du soleil à nos yeux. Même, ne se contentant point de cela, il ajoute que nous ouvrons bien nos yeux corporels pour recevoir la lumière, mais que les yeux de notre entendement demeurent fermés sinon que notre Seigneur les ouvre.
Institution II, p. 64 (réimpression Lefranc Paris 1911)

p. 12 :
La philosophie chrétienne veut qu’elle [la raison] cède et qu’elle se retire pour donner lieu au Saint-Esprit et être subjuguée à la conduite d’icelui, à ce que l’homme ne vive plus de soi, mais ait en soi et souffre Christ vivant et régnant.
Institution XVII, p. 789

p. 12 :
Nous ne pouvons par notre propre vertu et puissance parvenir à sonder les secrets de Dieu, mais par la grâce du Saint-Esprit nous sommes introduits en une connaissance d’iceux claire et certaine.
Commentaire sur Romains 11:34

p. 12 :
Tous les hommes ne savent quel est le conseil de Dieu ni quelle est la volonté d’icelui. Car qui a été son conseiller ? C’est donc un secret inaccessible aux hommes. Mais si l’Esprit même de Dieu nous y introduit, c’est-à-dire qu’il nous rende certains des choses qui sont autrement cachées à notre sens, il n’aura plus d’occasion de douter : car l’Esprit de Dieu n’ignore point ce qui est e lui.
Commentaire sur 1 Corinthiens 2:11

p. 13 :
L’Esprit est promis, non pas pour susciter quelque doctrine nouvelle : mais pour écrire aux coeurs des hommes la vérité de l’Evangile.
Épître à Sadolet, p. 51, réimpression « Je sers » Paris 1935

p. 13 :
Cependant que Dieu nous laisse en notre sens, nous sommes si brutaux que rien plus, et ne nous faudra que bien peu de choses pour nous rendre hébétés et n’entendrons rien à l’Ecriture combien qu’on l’expose par le menu. Il faut donc que cette intelligence vienne de Dieu qui nous la donne par sa pure bonté. car combien que nous ayons l’Ecriture et qu’on nous la expose, c’est comme si le soleil luisait et que nous fussions tous aveugles. Que reste-t-il donc sinon que nous prions Dieu qu’il subvienne à notre ignorance.
Commentaire sur Ephésiens 1:13

p. 14 :
Nous sommes empêchés de comprendre les mystères de Dieu lesquels ne sont point révélés sinon aux petits. Même ce n’est point la chair et le sang qui les révèle et l’homme naturel n’est point capable d’entendre les choses spirituelles. Mais au contraire ce lui est folie de la doctrine de Dieu d’autant qu’elle ne peut être connue que spirituellement. Par conséquent l’aide du Saint-Esprit nous est en cet endroit nécessaire, ou plutôt il n’y a que sa seule vertu qui règne ici. Il n’y a nul homme qui ait connu le secret de Dieu ou ait été son conseiller ; mais l’Esprit enquiert de tout, jusqu’aux choses cachées, par lequel nous connaissons la volonté de Christ… Comme donc nous ne pouvons approcher de Christ, sinon étant tirés par l’Esprit de Dieu, aussi quand nous sommes tirés nous sommes totalement ravis par dessus notre intelligence. Car l’âme, étant par lui illuminée, reçoit quasi un oeil nouveau pour contempler les secrets célestes de la lueur desquels elle était auparavant éblouie. Par ainsi, l’entendement de l’homme étant éclairé par la lumière du Saint-Esprit commence lors à goûter les choses qui appartiennent au Royaume de Dieu, desquelles il ne pouvait auparavant avoir aucun sentiment. Grâce à quoi notre Seigneur Jésus-Christ, combien qu’il déclare les mystères de son Royaume très bien et proprement aux deux disciples dont fait mention s. Luc (Luc 22), toutefois cela ne sert de rien jusqu’à ce qu’il ouvre le sens pour entendre les Écritures. En cette manière, après que les Apôtres ont été instruits de sa bouche divine, encore est-il besoin que l’Esprit de vérité leur soit envoyé, lequel donne entrée en leurs entendements à la doctrine qu’ils avaient reçue des oreilles auparavant. La Parole de Dieu est semblable au soleil, car elle reluit à tous ceux auxquels elle est annoncée ; mais c’est sans efficace entre les aveugles. Or nous sommes tous aveugles naturellement en cet endroit, par conséquent elle ne peut entrer en notre esprit sinon que l’Esprit de Dieu, qui est le maître intérieur, lui donne accès par son illumination.
Il reste en après que ce que l’entendement a reçu soit planté dedans le coeur. Car si la Parole de Dieu voltige seulement en la tête, elle n’est point encore reçue par la foi. Mais alors, sa vraie réception quand elle a pris racine au profond du coeur pour être une forteresse invincible à soutenir et repousser tous assauts des tentations. Or, s’il est vrai que la vraie intelligence de notre Esprit soit illumination de l’Esprit de Dieu, sa vertu apparaît beaucoup plus évidemment en une telle confirmation du coeur.
Institution IV, p. 203-204

p. 16 :
Combien que si nous voulons bien pourvoir aux consciences, de telle sorte qu’elle ne soient point agitées en perpétuel doute, il nous faut prendre l’autorité de l’Ecriture de plus haut que des raisons ou indices ou conjectures humaines. C’est à savoir que nous la fondions sur le témoignage intérieur du Saint-Esprit. Car quoiqu’en sa propre majesté elle ait assez de quoi être révérée, néanmoins elle nous commence alors à nous vraiment toucher quand elle est scellée en nos coeurs par le Saint-Esprit. Étant donc illuminés par la vertu d’icelui, déjà nous ne croyons pas à notre jugement ou à celui des autres que l’Ecriture est de Dieu, mais par dessus tout jugement humain nous arrêtons indubitablement qu’elle nous a été donnée de la propre bouche de Dieu par le ministère des hommes, tout ainsi que si nous contemplions à l’œil l’essence de Dieu en icelle. Nous ne cherchons point ou arguments ou vraisemblances auxquelles notre jugement repose, mais nous lui soumettons notre jugement et intelligence comme à une chose élevée par dessus la nécessité d’être jugée.
Institution I, p. 21

p. 18 :
Les paroles du Seigneur Jésus montrent bien que rien ne peut être connu par le sens humain de ce qui concerne le Saint-Esprit mais qu’il est seulement connu par l’expérience de la foi… Il n’y a que l’Esprit qui habitant en nous se donne à connaître à nous ; autrement il nous est inconnu et incompréhensible.
Commentaire sur Jean 14:17

p. 18 :
Comme notre esprit est enclin à vanité, il ne peut jamais adhérer à la vérité de Dieu, et comme il est hébété, il ne peut voir la lumière d’icelui. Par conséquent la Parole nue ne profite de rien, sans l’illumination du Saint-Esprit. D’où est il démontré que la foi est par dessus toute intelligence humaine. Et encore ne suffit-il point que l’entendement soit illuminé par l’Esprit de Dieu sinon que le coeur soit confirmé par sa vertu.
Institution IV, p. 202

p. 18 :
La vraie persuasion donc que les fidèles ont de la Parole de Dieu, de leur salut et de toute la religion ne procède point du sens de la chair, ni des raisons humaines ou philosophales mais du sceau du Saint-Esprit qui rend leur conscience tellement assurée qu’ils n’en sont plus en doute. Car le fondement de la foi serait caduc et mal assuré s’il était assis sur la sagesse humaine.
Commentaire sur Ephésiens 1:13

p. 19 :
La doctrine de l’Evangile ne peut autrement être comprise que par le témoignage du Saint-Esprit ; d’autre part, la certitude de ceux qui ont un tel témoignage du Saint-Esprit n’est pas moins ferme que s’ils touchaient des mains ce qu’ils croient. Car l’Esprit est bon et certain témoin.
Commentaire sur 1 Corinthiens 2:11

p. 23 :
Or ceux-là qui, en délaissant l’Ecriture, imaginent je ne sais quelle voie pour parvenir à Dieu ne sont point tant abusés d’erreur qu’ils sont agités de pure rage. De telle manière de gens sont venus en avant je ne sais quels acariâtres lesquels prétendent orgueilleusement la doctrine de l’Esprit, méprisant quant à eux toute lecture et se moquent de la simplicité de ceux qui suivent encore la lettre morte et meurtrissante comme ils l’appellent. Mais je voudrais bien savoir d’eux qui est cet esprit par l’inspiration duquel ils sont si haut ravis qu’ils osent mépriser toute doctrine de l’Ecriture comme puérile et trop vile ? Car, s’ils répondent que c’est l’Esprit de Christ, leur assurance est par trop ridicule. Car je pense qu’ils concéderont les Apôtres et les fidèles de l’Eglise primitive avoir été inspirés par l’Esprit du Christ. Or, il en est ainsi que nul d’eux n’a pourtant appris de mépriser la Parole de Dieu, mais un chacun plutôt en a été induit à plus grand’ révérance, comme leurs écrits en rendent clairs témoignages. Davantage, je désirerais qu’ils me répondissent à ce point, à savoir s’ils ont reçu un autre esprit que celui que promettait le Seigneur à ses disciples ? Combien qu’ils soient enragés complètement, néanmoins je ne les pense point transportés de telle phrénésie qu’ils s’osent vanter de cela. Or quel dénonçait-il son Esprit devoir être en le promettant ? A savoir qu’il ne parlerait point de soi-même (Jean 16), mais suggérerait en l’entendement des Apôtres ce que par sa Parole il leur avait enseigné. Ce n’est donc pas l’office du Saint-Esprit (tel qu’il nous est promis) de songer nouvelles révélations et inconnues auparavant ou forger nouvelle espèce de doctrine, pour nous retirer de la doctrine de l’Evangile, après l’avoir une fois reçu, mais plutôt de sceller et confirmer en nos coeurs la doctrine qui nous est dispensée par l’Evangile. D’où nous entendons facilement qu’il faut diligemment travailler, tant à ouïr qu’à lire l’Ecriture si nous voulons recevoir quelque fruit et utilité de l’Esprit de Dieu.
Institution I, p. 24-25

p. 26 :
Apprends donc… qu’il n’est point moins insupportable, se vanter de l’Esprit sans la Parole qu’il est maussade de mettre en avant la Parole sans l’Esprit.
Épître à Sadolet, p. 51-52

p. 21 :
L’Esprit de Dieu est tellement conjoint et lié à sa vérité, laquelle il a exprimée aux Écritures, que lors finalement il déclare sa vertu quand la Parole est reçue en telle révérance qu’il appartient… C’est que la Parole ne nous est guère certaine sinon qu’elle soit approuvée par le témoignage de l’Esprit. Car le Seigneur a assemblé comme par un lien mutuel, la certitude de son Esprit et de sa Parole afin que notre entendement reçoive icelle Parole en obéissance, en y voyant reluire l’Esprit, qui lui est comme une clarté pour lui faire là contempler la face de Dieu ; afin aussi que sans crainte de tromperie ou erreur nous recevions l’Esprit de Dieu, le reconnaissant en son image, c’est-à-dire en sa Parole. Et certes il est ainsi. Car Dieu n’a point communiqué une Parole aux hommes laquelle il voulut incontinent abolir par l’avènement de son Esprit. Mais plutôt il a envoyé son Esprit, par la vertu duquel il avait auparavant dispensé sa Parole, pour achever son ouvrage en icelle, confirmant avec efficace. En cette manière Christ ouvrait l’entendement à ses deux disciples (Luc 24) non pas pour les rendre sages en eux, en rejetant l’Ecriture, mais afin qu’il en eussent intelligence. Pareillement, Saint Paul, en exhortant les Thessaloniciens de ne point éteindre l’Esprit, ne les transporte point en l’air à vaines spéculations hors la Parole, mais conséquemment ajoute qu’ils ne doivent point mépriser les prophéties (1 Thessaloniciens 5). En quoi certainement il signifie que lors la lumière de l’Esprit est suffoquée quand les prophéties viennent en mépris. Que diront à cela ces orgueilleux phatastiques qui ne réputent autre illumination être valable sinon quand en délaissant et méprisant la Parole de Dieu ils prennent témérairement tout ce qu’en ronflant [dans leurs rêves nocturnes] leur vient à la fantaisie ? Certes, il doit bien y avoir une autre sobriété aux enfants de Dieu, lesquels comme ils se voient dénués de toute lumière de vérité quand ils sont sans l’Esprit de Dieu, pour cette cause ils n’ignorent pas que la Parole est comme instrument par lequel le Seigneur dispense aux fidèles l’illumination de son Esprit. Car ils reconnaissent point d’autres Esprit que celui qui a habité aux Apôtres et a parlé par leur bouche, par lequel il sont toujours réduis et ramenés à donner audience à la Parole.
Institution I, p. 26-27

p. 28 :
… La foi est propre et entière oeuvre du Saint-Esprit, par lequel étant illuminés nous reconnaissons Dieu et les grands trésors de sa bénignité, et sans la lumière duquel notre esprit est tellement aveuglé qu’il ne peut rien voir, tellement dépourvu de tout sentiment qu’il ne peut rien fleurer des choses spirituelles.
Institution X, p. 569

p. 29 :
Il n’y a point de difficulté que la foi ne soit une clarté du Saint-Esprit par laquelle nos entendements soient éclairés et nos coeurs confirmés en une certaine persuasion laquelle soit assurée la vérité de Dieu être tant certaine qu’il ne puisse n’accomplir point ce que par sa sainte Parole il a promis qu’il ferait. Pour cette cause le Saint-Esprit est appelé comme une arrhe laquelle confirme en nos coeurs la certitude de la vérité divine et un sceau par lequel nos coeurs sont scellés en l’attente du jour du Seigneur. Car il est celui qui testifie à notre esprit que Dieu est notre Père et que pareillement nous sommes ses enfants. (Romains 8)
Instruction et confession de foi, Corpus 22, col. 48-49

p. 30 :
Il y a double effet de l’Esprit en la foi, comme la foi consiste principalement en deux parties : car il illumine les esprits et confirme les coeurs. Le commencement de la foi, c’est la connaissance ; l’accomplissement, c’est la persuasion ferme et stable, laquelle ne reçoit aucun doute, au contraire. L’un et l’autres sont l’oeuvre du Saint-Esprit, comme j’ai dit. En conséquence il ne se faut point ébahir si Saint Paul dit que les Ephésiens on non seulement connu la vérité de l’Evangile par foi, mais ont aussi été confirmés par icelle par le sceau du Saint-Esprit.
Commentaire sur Ephésiens 1:13

p. 31 :
La certitude de la foi est une science, mais qui est apprise par la maîtrise du Saint-Esprit et non par la subtilité de l’entendement humain.
Commentaire sur Ephésiens 3:19

p. 32 :
La vertu de la foi est invincible, quand elle est soutenue par l’Esprit de Dieu.
Traité des scandales, « Je sers » Paris 1935, p. 208

p. 33 :
Jésus-Christ nous est comme oisif jusqu’à ce que nous le conjoignons avec son Esprit pour nous y adresser, pour ce que sans ce bien nous ne faisons que regarder Jésus-Christ de loin et hors de nous, voire d’une froide spéculation. Or nous savons qu’il ne profite sinon à ceux desquels il est le chef et le frère premier-né, même qui sont vêtues de lui (Ephésiens 4:15, Romains 8:29, Galates 3:27). Cette seule conjonction fait qu’il ne soit point venu vain et inutile, quant à nous, avec le nom de Sauveur. A ce même but tend le mariage sacré, par lequel nous sommes faits chair de sa chair et os de ses os, voire un avec lui (Ephésiens 5:30). Or il ne s’unit avec nous que par son Esprit et par la grâce et vertu d’icelui il nous fait ses membres, pour nous retenir à soi et pour être mutuellement possédé par nous.
Institution, III, I, 3 (édition 1560)

p. 34 :
L’Esprit en nous témoignant que nous sommes enfants de Dieu met en même temps en nos coeurs cette assurance que nous osons invoquer Dieu Père. Et de fait, vu qu’il n’y a rien qui nous puisse ouvrir bouche que la seule assurance du coeur, si le Saint-Esprit ne rend témoignage à nos coeurs de l’amour paternelle de Dieu, nos langues demeureront muettes en matière de faire prières.
Commentaire sur Romains 8:16

p. 35 :
Nous ne pouvons pas sans danger ouvrir la bouche pour rien demander à Dieu sinon que le Saint-Esprit nous conduise à la droite forme de bien prier.
Institution IX, p. 543

p. 36 :
Il est nécessaire pour bien prier que le Saint-Esprit nous en dicte ou suggère le moyen et la manière…
Commentaire sur 1 Jean 5:14

p. 39 :
La mort de la chair, c’est la vie de l’Esprit. Que si l’Esprit de Dieu vit en nous, il faut qu’il gouverne toutes nos opérations. Car il y en aura toujours plusieurs qui se vanteront impudemment de vivre d’Esprit : mais saint Paul les renvoie des paroles à la probation et à l’effet… L’Esprit de Dieu ne peut être en nous qu’il ne se manifeste par les effets extérieurs.
Commentaire sur Galates 5:25

p. 41 :
Vrai est que les fidèles sont souventes fois ébranlés mais ils ne viennent jamais à être du tout abattus. En somme l’intention de l’Apôtre tend à cela que le coeur du fidèle doit demeurer ferme par le témoignage intérieur du Saint-Esprit et non pas dépendre des choses externes.
Commentaire sur Romains 8:31

p. 45 :
Quand le Saint-Esprit est descendu en telle figure, c’est-à-dire en langues découpées et comme de feu, ç’a été pour mieux exprimer comme Dieu voulait besogner par la prédication de l’Evangile. Si un homme parle, sa voix s’écoule en l’air et c’est une chose morte. Or il est dit que l’Evangile est puissance de Dieu en salut à tous croyants. Comment un son qui vole en l’air et qui s’écoule pourra-t-il nous amener jusqu’au Royaume des cieux ? Nul ne saurait de soi créer une seule mouche et il est question que l’image de Dieu soit réparée en nous, que nous recevions cette semence incorruptible pour parvenir à la gloire céleste… Et cela se pourra-t-il faire par la voix d’un homme ? Il est certain que non, mais il est ici dit notamment que le Saint-Esprit est conjoint comme d’un lien inséparable avec la parole qui se prêche. Car pourquoi est-ce qu’il a pris cette figure des langues ? Il est certain qu’il y a toujours quelque similitude entre les signes visibles et la vérité qui y est figurée. Il faut donc que nous regardions pourquoi le Saint-Esprit est apparu en forme de langues. C’est pour montrer qu’il serait en la bouche des Apôtres et qu’il leur donnerait ce qui était requis pour exercer leur office et leur commission et même qu’il ferait profiter leur labeur à ce qu’il ne fût pas inutile. Car aussi en premier lieu nous savons que le plus habile qui se pourra trouver ne saurait point prononcer un seul mot sinon qu’il soit gouverné par le Saint-Esprit. Et en cela Dieu montre ce que c’est de nous, vu que nous ne saurions ouvrir la bouche pour dire un seul mot à sa gloire qui vînt à propos, sinon d’autant qu’il nous est donné. Il a donc bien fallu que les Apôtres fussent gouvernés par l’Esprit de Dieu ou autrement ils fussent devenus muets.
1er sermon de la Pentecôte

p. 50 :
Premièrement, notre Seigneur nous enseigne et instruit par sa Parole. Secondement, il nous confirme par ses sacrements. Tiercement, par la lumière de son Saint-Esprit, il éclaire en notre entendement et donne entrée en nos coeurs et à la Parole et aux sacrements lesquels autrement battraient seulement aux oreilles et se présenteraient aux yeux ; mais ils ne pénétreraient et n’émouvraient point le dedans.
Institution X, p. 569

p. 50 :
Nous enseignons tous sans contredit, que les sacrements sont institués du Seigneur afin de sceller en nos coeurs les promesses, et d’être témoignages de sa grâce, et de confirmer notre foi, comme aides convenables à notre infirmité. Nous enseignons clairement que ce ne sont pas figures vaines et mortes, d’autant que l’usage en est utile : c’est que le Saint-Esprit besogne par iceux, et que Dieu aussi par la vertu secrète du même Esprit accomplit vraiment ce qui là est figuré.
Traité des scandales, p. 249

p. 51 :
Le signe n’a nulle efficace sans l’Esprit.
Commentaire sur Ephésiens 5:26

p. 68 :
Maintenant il apparaît combien il nous est profitable et nécessaire que notre Foi soit dirigée au Saint-Esprit, vu qu’en lui nous trouvons l’illumination de notre âme, notre régénération, la communication de toutes grâces, et même l’efficace de tous les biens qui nous proviennent de Jésus-Christ.
Institution IV, p. 263-264.

Le prosélytisme, c’est mal ?

Prédication donnée à l’Eglise Réformée du Marais, sur la base des textes bibliques suivants :
1 Corinthiens 9:16-23 – Malheur à moi si je n’annonce pas l’évangile
1 Pierre 3:13-17 – Rendre compte de l’espérance qui est en nous

1 Corinthiens 9:16-23 – Malheur à moi si je n’annonce pas l’évangile
16 Si j’annonce l’Évangile, ce n’est pas pour moi un sujet de gloire, car la nécessité m’en est imposée, et malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile ! 17 Si je le fais de bon coeur, j’en ai la récompense ; mais si je le fais malgré moi, c’est une charge qui m’est confiée. 18 Quelle est donc ma récompense ? C’est d’offrir gratuitement l’Évangile que j’annonce, sans user de mon droit de prédicateur de l’Évangile. 19 Car, bien que je sois libre à l’égard de tous, je me suis rendu le serviteur de tous, afin de gagner le plus grand nombre. 20 Avec les Juifs, j’ai été comme Juif, afin de gagner les Juifs; avec ceux qui sont sous la loi, comme sous la loi (quoique je ne sois pas moi-même sous la loi), afin de gagner ceux qui sont sous la loi ; 21 avec ceux qui sont sans loi, comme sans loi (quoique je ne sois point sans la loi de Dieu, étant sous la loi de Christ), afin de gagner ceux qui sont sans loi. 22 J’ai été faible avec les faibles, afin de gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous, afin d’en sauver de toute manière quelques-uns. 23 Je fais tout à cause de l’Évangile, afin d’y avoir part.

1 Pierre 3:13-17 – Rendre compte de l’espérance qui est en nous
13 Et qui vous maltraitera, si vous êtes zélés pour le bien ? 14 D’ailleurs, quand vous souffririez pour la justice, vous seriez heureux. N’ayez d’eux aucune crainte, et ne soyez pas troublés ; 15 Mais sanctifiez dans vos coeurs Christ le Seigneur, étant toujours prêts à vous défendre, avec douceur et respect, devant quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous, 16 et ayant une bonne conscience, afin que, là même où ils vous calomnient comme si vous étiez des malfaiteurs, ceux qui décrient votre bonne conduite en Christ soient couverts de confusion. 17 Car il vaut mieux souffrir, si telle est la volonté de Dieu, en faisant le bien qu’en faisant le mal.

Prédication :

« Tenez vous prêts en tout circonstance à rendre compte de l’espérance qui est en vous. » Voici la meilleure illustration de cette disponibilité du cœur et de la parole qui nous est demandée pour les autres.
En effet, nous ne sommes pas chrétiens pour nous-mêmes. Nous ne sommes pas chrétiens pour nous faire du bien, pour administrer notre culpabilité, pour gérer nos conflits intérieurs et les tourments de nos âmes. Si nous sommes chrétiens, c’est parce qu’un homme du nom de Jésus a été capable de se décentrer suffisamment de lui-même pour pouvoir conduire tous ceux qu’il rencontrait sur un véritable chemin de liberté. Et cette liberté consiste justement à ne plus se considérer comme le centre de soi-même. Cette liberté consiste à laisser de la place pour les autres et pour le Tout-Autre qu’est Dieu. Que ça fait du bien de ne plus tourner en rond à l’intérieur de soi-même.
Jésus a réussi à vivre cette réalité, alors que beaucoup d’humains jusque là s’étaient contenté d’en avoir l’intuition et de désirer ce décentrement sans pour autant y arriver. C’est l’Esprit Saint qui a permis à Jésus de vivre ce décentrement de lui même, pour qu’il puisse devenir ce que Dieu avait désiré à son égard, c’est-à-dire un être pour les autres, un être centré sur les autres, telle une figure géométrique impossible où un cercle aurait son centre à l’extérieur de sa circonférence.
A la suite du Christ, nous sommes à notre tour mis en capacité par le Saint-Esprit de ne plus être autocentrés, de ne plus être fascinés par notre confort, par notre identité nombriliste, par l’image de nous-mêmes que nous façonnons comme une idole à vénérer. Oui, le Saint-Esprit, une fois le cercle de notre vie tracé sur le papier du livre de vie, opère cette aberration géométrique de déplacer notre centre. Ainsi le centre de nous-mêmes devient cet Esprit de Dieu que nous pouvons adorer parce qu’il apporte dans l’enfermement de notre égocentrisme un souffle vivifiant, une brise céleste venue de Dieu qui balaye les poussières, soulève la cendre et ravive la flamme. Telle est la bonne nouvelle pour nous-mêmes, personnellement : Dieu peut nous faire sortir de nos schémas circulaires.
Mais cela ne vaut pas qu’à un niveau individuel, car en réalité, Dieu opère aussi ce miracle pour la personne qui est la plus chère à ses yeux et qu’on appelle l’Église. C’est son épouse nous disent plusieurs textes bibliques. Alors il en prend soin. Et à elle aussi, il donne la possibilité de se décentrer. L’Église est plus complexe encore parce qu’elle a deux centres hors d’elle-même.
Tout d’abord elle a Dieu, Père, Fils et Esprit, au centre d’elle-même, mais ce centre n’est pas contenu par elle, car l’Église ne possède pas Dieu, elle l’aime. Elle l’aime comme l’amoureux qui arrive toujours du dehors, qui est attirant justement à cause de son étrangeté, de sa différence fascinante.
Mais, en plus de Dieu, l’Église a le monde pour second centre. Car sa destinée fondamentale est d’annoncer au monde entier la joie salvatrice de ce décentrement vécu en Dieu.
Comme nous ne sommes pas chrétiens pour nous-mêmes, l’Église n’est pas Eglise pour elle-même mais elle l’est pour les autres. Le service est dans sa vocation, le service de ceux qui sont à l’extérieur du petit cercle des convaincus, non pas seulement dans la perspective de faire des membres supplémentaires, mais simplement à cause de la joie qu’il y a à partager une bonne nouvelle avec des tas de personnes. Récemment, j’ai appris qu’un ami assez âgé se mariait. C’était douloureux pour lui de rester seul avec les années qui passaient. Ce fut une telle bonne nouvelle que j’avais envie de le partager avec des dizaines de personnes, tellement cette échéance me remplissait de joie. Mais la bonne nouvelle de l’Evangile est mille fois plus importante encore, et elle est porteuse de mille fois plus de joie encore, car il s’agit du mariage de Dieu avec son Église qu’on doit annoncer, il s’agit des épousailles entre le Christ et le croyant qu’il faut proclamer. Quelle joie ! Cela ne saurait être une charge, comme le dit Paul, car c’est tellement glorieux ! C’est une joie incomparable que d’aller vers les autres pour leur dire que Dieu les libère d’eux-mêmes !
Mais voilà, par une étrange manipulation de nos esprits, nous sommes souvent paralysés pour témoigner de cette joie. Nous sommes mêmes tellement tétanisés que d’une part nous n’avons même pas l’idée de partager cette nouvelle, ou que d’autre part, nous n’avons même pas vraiment compris qu’il s’agissait d’une bonne nouvelle. Disons que c’est une info. Une info noyée parmi mille autre : Jésus-Christ est le Sauveur. Et il fera beau demain. Et la RATP a augmenté le prix du ticket hier. Et…
C’est une info. Alors que Paul nous parle d’une Bonne Nouvelle pas d’une information. C’est vital.
Alors, nous nous abritons derrière une loi qui n’existe pas mais que tout le monde proclame comme si elle était de droit divin : « Il ne faut pas choquer les autres ».
Imaginez Jésus en train d’envoyer les soixante-dix en mission : « Allez, prêchez, et dites: Le royaume des cieux est proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons, mais surtout… surtout, ne faites pas de prosélytisme. »
L’interdiction du prosélytisme est une loi qui n’existe pas, sinon en Algérie depuis deux mois et en Arabie Saoudite depuis plus longtemps. En France le prosélytisme n’est pas interdit, sinon dans des cadres précis que l’on peut comprendre (fonction publique, lieux d’éducation, etc.). Mais sinon le prosélytisme est tout à fait autorisé. D’où vient donc cette loi tellement inscrite dans les cœurs des chrétiens de ce siècle qui fait qu’ils n’auraient pas droit de rendre compte de leur espérance ? Certains poussent même le vice jusqu’à essayer d’avoir de pieuses justifications telle que la charité, le respect, la tolérance… Mais ! Qui a dit que les frontières des religions n’étaient pas à traverser, voire à transgresser ? Montrez-moi le texte de cette loi-là ? C’est comme si dans les esprits de nombre d’entre nous, il y avait eu une sorte de Yalta des religions, un partage du monde. Tu t’appelles Mohammed tu es musulman. Tu t’appelles Kim Jong tu es bouddhiste. Tu t’appelles Monique tu es chrétienne. Qui a dit ça ? et où est cette loi comme quoi ces frontières seraient infranchissables ? Non seulement c’est faux au niveau légal et règlement (pareille loi n’existe pas !), mais en plus c’est faux au niveau spirituel. Car Jésus envoie, envoie, envoie sans cesse ceux qui sont venus à lui pour qu’ils aillent témoigner au loin et que soient plus nombreuse la foule joyeuse de ceux qui ne sont plus au centre d’eux-mêmes.
Croyez-vous que nous serions ici, si d’autres n’avaient pas pris le risque de payer de leur vie pour que nous puissions confortablement entendre cette parole aujourd’hui ? Croyez-vous que nous serions ensemble ce matin si nos prédécesseurs avaient cru à la légitimité de cette loi diabolique comme quoi le prosélytisme est interdit ? Croyez-vous, enfin, qu’il y aura des gens dans les églises dans dix ans si les chrétiens ne se secouent pas, s’ils n’entrent pas dans leur divine vocation qui consiste à prendre la parole, à se saisir de la parole de la liberté, et à l’annoncer à ce monde qui meurt replié sur son ventre ?
« Malheur à moi si je n’annonce pas l’évangile », ces mots de Paul sont durs car c’était son caractère, mais ils disent bien l’impératif qui se présente à celui qui a accepté que Dieu et les autres deviennent son propre centre. « Qu’est-ce que je serais malheureux si je n’avais pas la possibilité de partager ce trésor de liberté ! Je serais bien malheureux si je devais me replier encore et encore sur mon confort, mes angoisses et mes perspectives ».
Que Dieu nous inspire ces repositionnements salutaires.
Amen

Qu’est-ce qu’un modèle ? Paul et Ananie

Actes 9,1-19 (version Parole de Vie ©)

Pendant ce temps, Saul ne pense qu’à menacer et à faire mourir les disciples du Seigneur. Il va voir le grand-prêtre et lui demande des lettres pour les chefs juifs de Damas. Alors, si Saul trouve des gens, des hommes ou des femmes, qui suivent le chemin de Jésus, il pourra les arrêter et les emmener à Jérusalem.

Saul est encore sur la route et il approche de Damas. Tout à coup, une lumière venue du ciel brille autour de lui. Il tombe par terre et il entend une voix qui lui dit : « Saul, Saul, pourquoi est-ce que tu me fais souffrir ? » Il demande : « Seigneur, qui es-tu ? » La voix répond : « Je suis Jésus, c’est moi que tu fais souffrir. Mais relève-toi et entre dans la ville, là, on te dira ce que tu dois faire. »

Les gens qui voyagent avec Saul se sont arrêtés. Ils n’osent pas dire un mot. Ils entendent la voix, mais ils ne voient personne. Saul se relève, il a les yeux ouverts, mais il est aveugle. On le prend par la main pour le conduire à Damas. Et pendant trois jours, il reste aveugle, il ne mange rien et il ne boit rien.

À Damas, il y a un disciple appelé Ananie. Le Seigneur se montre à lui et lui dit : « Ananie ! » Ananie répond : « Oui, Seigneur, me voici ! » Le Seigneur lui dit : « Va tout de suite dans la rue Droite, entre dans la maison de Judas, et demande un certain Saul de Tarse. Il est en train de prier, et voici ce que je lui ai montré : un homme appelé Ananie est entré et il a posé les mains sur sa tête pour qu’il retrouve la vue. » Ananie répond : « Seigneur, j’ai entendu beaucoup de gens parler de cet homme. Je sais tout le mal qu’il a fait à tes disciples, à Jérusalem. Et les chefs des prêtres lui ont donné le pouvoir d’arrêter ici également tous ceux qui font appel à ton nom. » Mais le Seigneur dit à Ananie : « Va trouver cet homme. Je l’ai choisi et je vais me servir de lui. Il fera connaître mon nom aux peuples étrangers, à leurs rois et aussi au peuple d’Israël. Je lui montrerai moi-même tout ce qu’il doit souffrir à cause de mon nom. »

Ananie part et arrive dans la maison. Il pose les mains sur la tête de Saul en lui disant : « Saul, mon frère, c’est le Seigneur qui m’envoie. C’est ce Jésus qui s’est montré à toi sur la route où tu marchais. Il m’envoie pour que tu retrouves la vue et que tu sois rempli de l’Esprit Saint. » À ce moment-là, des sortes d’écailles tombent des yeux de Saul, et il retrouve la vue. Il se lève et il est baptisé. Puis il mange et il reprend des forces. Saul reste quelques jours avec les disciples à Damas.

Prédication (dimanche 16 octobre 2011, 19h au Souffle du soir de la paroisse réformée du Marais)

C’est un très beau récit qui a donné plusieurs interprétations notamment sous la forme de tableaux. Saul, qui va devenir Paul, bientôt, tombe de cheval — le récit n’en parle pas, mais chez les peintres il tombe de cheval ! Ce qui est certain, c’est en tout cas que Saul vit une expérience bouleversante qui va l’atteindre dans ses pensées et ses émotions, mais aussi spirituellement, et jusqu’à être atteint physiquement puisqu’il va être rendu aveugle pour un temps. Il devient aveugle peut-être pour comprendre qu’il était tombé dans l’aveuglement, dans tous ces temps où il a cru être un Juif bon et zélé, qui faisait bien son travail, à savoir, de faire l’œuvre de l’Eternel, d’exterminer les chrétiens. Evidemment, cette histoire de Saul est extraordinaire. C’est une belle histoire de conversion. C’est une histoire qui édifie notre foi. Mais j’imagine que pour la plupart d’entre nous, quand même, nous n’étions pas des gens qui coupions la gorge des chrétiens, avant de venir ici au temple… Peu d’entre nous étaient des gens aussi terribles que Saul. C’était Al Qaida avant l’heure. Saul voulait vraiment exterminer tous ceux qui diraient que Jésus était le Seigneur. Il se targuait d’aller à Damas avec des lettres de recommandation qui lui donneraient tous les droits pour arrêter des chrétiens.

De Saul, nous retenons essentiellement la fin de son ministère. Nous nous souvenons de Paul plus que de Saul. Nous voulons méditer sur le fruit qu’il a produit après ce « chemin de Damas » qui est devenu une expression en soi en français. De temps en temps nous nous remémorons le fait qu’il a été quelqu’un d’assez terrible, mais c’est à petite dose, comme dans les tableaux où l’on a besoin d’un peu d’ombre pour que la lumière ait toute sa splendeur. Quand on analyse le tableau on est influencé par les ombres, mais ce n’est pas ce sur quoi on se polarise vraiment. Et dans un texte comme celui-ci ce qui va retenir notre attention c’est la trajectoire de vie qui est présentée. Cette trajectoire nous parle, et nous dit : « Change de vie ! Que fais-tu là, en ce moment ? Est-ce que ce que tu fais a un rapport réel avec ta destinée véritable ? Ou est-ce que tu fais juste des choses que les contingences de la vie t’ont amené à faire ? A cause d’un conditionnement comme un autre. Saul était entièrement conditionné par une bonne doctrine. Il avait été disciple de Gamaliel, le fin du fin de la théologie. Et cela produisait des disciples capables du meilleur… et aussi du pire, des gens capables d’exterminer les chrétiens parce qu’ils n’avaient pas compris que les chrétiens étaient les prolongateurs de l’œuvre de Moïse.
Alors on regarde Paul, le modèle et on se demande : « Est-ce que ce n’est pas un peu décourageant, ce type d’histoires de conversion ? Parce que ce qui nous occupe nous ce sont plutôt des péchés médiocres, des préoccupations certes viles, mais pas à ce point criminelles. Nous sommes souvent médiocres jusque dans notre façon de pécher. Luther incitait ses contemporains à pécher courageusement, pour pouvoir se repentir pleinement.

Comme tout modèle, celui de Paul est peut-être décourageant. Il est tombé de son cheval, d’après les peintres, tombé à terre selon le récit biblique. Il est franchement aveugle pendant trois jours. On l’envoie dans une maison ; un inconnu est mis au courant par Dieu… Ce n’est pas Damas, c’est Hollywood ! Est-ce que ça a un rapport avec ma vie avec le type d’infidélités et de fidélités que je traverse ? Est-ce que nous sommes tous appelés à devenir des Paul ? Quand nous pensons à parcourir tout le bassin méditerranéen, j’imagine que nous pensons plus croisière que mission…
Ces modèles nous renvoient à notre médiocrité, au risque de nous en laisser captifs.

Mais si vous avez bien écouté ce texte, je ne suis pas sûr que ce soit Paul qui en soit la principale figure d’identification pour nous. A mon avis, le vrai modèle, c’est quelqu’un dont la plupart d’entre nous, vraisemblablement, n’avaient pas connaissance ou tout au moins ne se souvenait pas : Ananie, qu’il ne faut pas confondre avec l’Ananias du début du livre des actes et qui a fini foudroyé par l’Eternel. Peu s’en souviennent dans le but de voir en Ananie un modèle. Pourtant le modèle de fidélité qu’Ananie propose est parfaitement incroyable. Voyez cette discrétion ! On s’en souvient parce que son nom est bien écrit au chapitre 9 du livre des Actes, mais on ne sait rien de lui. Il était juste fidèle, suivant le chemin de Jésus. C’était quelqu’un de parfaitement insignifiant a priori, un « paroissien de base ». Mais cet Ananie, quel est le chemin de fidélité qu’il a tracé ? C’est qu’il était non pas simplement un membre du peuple des croyants. Il était avant tout quelqu’un qui était disponible à la voix de Dieu, qui était prêt à l’écouter, mais faire beaucoup plus que l’écouter : obéir à la voix de Dieu ! Parce que beaucoup d’entre nous sont disponibles à entendre ce que dit Dieu, mais quant à obéir, c’est quand même plus compliqué.

Dans son cas, il y a deux difficultés majeures. La première c’est le ridicule, dont tout le monde sait qu’il ne tue pas, mais quand même… Le ridicule. Imaginez Ananie qui doit aller dans une maison d’un notable, dans la rue principale de Damas, chez quelqu’un de connu. « Tu vas y aller et tu vas dire : Bonjour, je suis là de la part de Dieu. Tu es aveugle, tu vas voir. Je vais juste mettre mes mains sur ta tête et tout va aller bien… ». Imaginez, quand même, si le Seigneur vous dit : « Va au Fouquet’s à 21h45 après le culte. Là, à la table 27 tu trouveras une femme qui est sourde. Tu mettras ta main sur ses oreilles et elle entendra ».  La peur du ridicule, la peur de s’être trompé, la peur de ne pas avoir véritablement entendu la voix de Dieu fait que, la plupart du temps, nous nous bloquons. Ou alors nous allons au Fouquet’s, et nous regardons par la fenêtre s’il y a vraiment une femme à la table 27. « Zut, oui… ». Puis on s’approche là : « Re-zut, elle a des sonotones ! Non, pas ça, Seigneur ! ».
Ananie est un modèle parce qu’il a été fidèle à l’ordre de Dieu, il a été fidèle en toutes choses, jusquà faire quelque chose de proprement ridicule du point de vue relationnel et social. Il a osé transgresser un certain nombre de tabous. Personnellement on m’a appris qu’on n’allait pas mettre ses mains sur la tête des dames sourdes dans un restaurant chic. C’est le premier challenge pour Ananie : obéir et se dépasser dans cette obéissance.
Mais le deuxième, vous l’avez entendu, c’est d’accepter d’intercéder et d’être une bénédiction pour un homme dont tout le monde sait, au moment où il est arrivé à Damas, qu’il est là pour casser du chrétien. Ce n’est pas juste un aveugle. C’est Saul de Tarse, qui arrive avec ses mandats. C’est celui qui est venu pour exterminer au minimum ceux qui dirigent la communauté dans laquelle Ananie va tous les dimanches. C’est lui qui est venu pour arrêter tous ceux affirmeront et qui tiendront fermement sur le fait que Jésus-Christ est le Seigneur ! Et si Ananie vient en disant qu’il arrive ici de la part de Jésus, c’en est fait pour lui. Paul se serait converti ? D’accord, mais bon… c’est peut-être un on-dit. « Vraiment, le loup est devenu végétarien ? C’est une bonne chose pour moi, la brebis de l’Eternel, mais bon, j’espère que d’autres ont testé sa conversion ! ». Non, Ananie accepte de relever le défi. Il va voir la personne dont il sait très bien que c’est la personne la plus dangereuse pour lui. Et il accepte d’être utilisé par le Seigneur pour déployer la bénédiction de Dieu sur la personne la pire, sur la dernière personne qu’il ait vraiment envie de bénir dans la mesure où c’est justement celle qui est la plus grande menace pour sa vie à lui.

Voilà un modèle de foi. Voilà un modèle de vie, parce que finalement cet homme est reparti, et on ne sait plus rien de lui. Peut-être a-t-il été au courant de ce qu’est devenu Paul après. Mais je veux croire que quand on parlait de Paul dans l’Eglise, Ananie ne passait pas son temps à dire aux nouveaux : « Vous savez c’est mooooâ qui lui ai imposé les mains au moment de sa conversion ! ». Il n’a pas cherché, lui non plus, à tenir comme une proie à garder que d’avoir eu une influence, fût-elle notoire, sur le cours de l’histoire de l’Eglise. Ananie aurait pu devenir un apôtre connu. Il est resté un simple chrétien engagé. Nous nous souvenons de Paul mais nous faisons peu mémoire d’Ananie. Mais il n’y aurait pas eu de Paul sans ce dernier. Peut-être que Dieu aurait quand même rattrapé Paul, mais il aurait vraisemblablement pris du retard. Peut-être n’aurait-il pas pu faire les mêmes voyages missionnaires ? Peut-être n’aurions-nous pas le même nombre d’épîtres ? Nous ne savons pas.

Dieu appelle des Paul et des Ananie. Il appelle aussi des gens à n’avoir pas des ambitions délirantes pour sa foi comme pour le reste. Il n’y a pas que des Paul. Sans l’un des membres du corps du Christ, sans même le plus petit membre rien n’est possible, ou en tout cas rien n’est pareil. Peut-être le Seigneur appelle-t-il certains d’entre nous aujourd’hui à devenir des Paul, mais assurément il nous appelle tous au moins à devenir des Ananie. Des gens qui ne se prennent pas pour plus que ce qu’ils sont, mais des gens qui ont les oreilles grandes ouvertes à la voix de Dieu. Des gens qui acceptent de donner leur vie dans cette petite tranche de participation à l’advenue du Royaume, des gens qui acceptent de donner leur vie pour des choses folles ou dangereuses, souvent au prix du ridicule, des gens qui acceptent de prendre des risques, pour qu’il se passe quelque chose d’incroyable pour l’Evangile.

Acceptes-tu ce soir d’être un Ananie ? Acceptes-tu d’être porteur de la grâce ? Simplement parce que tu reçois ta part de la grâce et que tu la partages. Tout le reste ne dépend pas de toi. Si un jour Dieu attend de toi autre chose, il te le dira. Mais d’ici là reviens à la prière et la louange. Et parce que tu auras fait ce que Dieu attendait, tu réjouiras un grand nombre. Peut-être que ton nom ne sera même pas conservé, mais ça n’a en réalité aucune importance, parce que finalement l’histoire aura été changée. Et c’est ça notre appel : infléchir le cours de l’histoire, infléchir tous les déterminismes, infléchir cette oppression qu’elle soit celle de César ou celle du sanhédrin et des religieux. Infléchir le cours de l’histoire pour changer le monde simplement parce que chacun aura simplement fait sa part.
Acceptes-tu ce soir d’être un Ananie ?
Amen

Baptiser les bébés ? un point de vue

Voici une note que j’ai écrite pour une amie évangélique qui ne comprenait pas pourquoi les réformés baptisent les bébés.

1. L’Eglise Réformée baptise les enfants des fidèles.

2. Il y a de plus en plus de gens qui pratiquent la présentation d’enfants.

3. Un pasteur a le droit de demander un « dispense » de baptême de bébés.

4. L’idée est que les protestants de la première Réforme, majoritairement, accentuent plus l’aspect de la grâce que celui de la repentance. Ils justifient cela de la façon suivante :
– le baptême est le signe visible d’une grâce invisible. Être conscient pour y répondre n’est pas le critère ultime, puisque de toute façon la grâce de Dieu nous dépasse, nous précède et ne peut pas être « réalisée » même par quelqu’un de conscient et d’adulte ;
– le baptême de Jésus est autre que celui du baptême de Jean-Baptiste. Ce dernier ne prêchait que la repentance, accentuant sur une « baptême de mort du vieil homme, du péché » plus que comme un « baptême de naissance nouvelle », comme l’a fait Jésus ;
– il y a trois histoires qui disent que des gens ont été baptisés avec toute leur famille (Ac 16:15 – Ac 18:8 – 1Co 1:16) ce qui sous-entend que tout le monde était baptisé à partir du moment où le chef de famille le décidait.

5. Outre les raisons classiques des baptistes et évangéliques, voilà comment je milite ou plutôt j’exprime le fait de ne pas encourager le baptiême de bébés dans la mesure du possible : je pense qu’on peut comprendre que dans une société qui se croyait (!) entièrement chrétienne, le baptême avait une fonction d’état-civil. Depuis 1787 puis sous Napoléon il y a un Etat-civil. Depuis 1945 on est sorti de ce qu’on appelle la « chrétienté », c’est-à-dire d’une société qui se comprend comme entièrement (ou presque) chrétienne. Si on est sorti de ça, cela implique qu’il n’y a plus de transmission linéaire de génération en génération, qu’on ne peut même plus défendre l’idée qu’on est chrétien parce que nos parents le sont. Ce qui fait qu’on revient à la situation du Christ : on est chrétien par adhésion. Et c’est plus facile à prêcher aujourd’hui qu’au XIXème siècle.

6. La présentation chez les réformés n’est pas une « présentation au Seigneur » car ce serait une confusion avec un rituel Juif (qu’a vécu Jésus à l’âge de huit jours) qui avait pour fonction de racheter les premiers-nés et de circoncire les garçons. Donc on ne substitue pas un rite qui évoque la circoncision pour proposer une alternative au baptême des bébés ! Ce serait pire encore, un retour en arrière qui ferait frémir l’apôtre Paul. C’est une « présentation à la communauté », où il est dit que l’Eglise constitue une famille d’adoption, qui accueille le désir des parents d’élever chrétiennement leur enfant, et d’espérer le conduire, par la grâce de Dieu, à la décision d’être baptisé quand il sera grand.