La révélation s’arrête-t-elle avec la Bible ? – M.T.


Question de M.T. :
Pourquoi on admet que les auteurs bibliques ont de l’autorité mais plus les chrétiens depuis qu’ils ont constitué leur Bible ? Comme si après l’Evangile on ne pouvait plus rien dire, comme si Dieu ne parlait plus après nous avoir légué un livre. Je trouve cela illogique. Dans l’Eglise Catholique, j’ai l’impression que Dieu est encore considéré comme parlant à travers la Tradition. La bible n’est-elle pas une tradition ? Pourquoi l’avoir figée ? Merci.

Réponse de Gilles Boucomont :
Dans les premiers siècles du christianisme a donc été fixé ce qu’on appelle le « canon » biblique (ce mot veut dire étymologiquement, le roseau, la règle, l’étalon de mesure). Il s’agit de deux listes de textes, il y a celle de la tradition des Septante et celle de la tradition de Yamnia (une liste plutôt hellénistique et l’autre hébraïque, donnant les bibles protestantes et catholiques aujourd’hui).

L’idée protestante, c’est que seule la bible peut faire foi.
Elle peut être seule argumentaire pour établir des doctrines sur le salut, sur Dieu, etc. Disons que le projet, c’était qu’au bout de deux cents ans après Jésus, il n’y avait pas de raison de rajouter mille nouvelles narrations sur ce qu’il avait vécu, et qu’il fallait avoir un minimum de bases communes, qu’on soit à Tyr, à Marseille ou à Carthage.
Le choix théologique que font les protestants, ce n’est pas de dire que Dieu ne parle plus, mais c ‘est de dire que les doctrines fondamentales, et principalement celle du salut par la grâce, n’ont pas à être remises en cause par les paroles des chrétiens d’une époque (ce qui a été le cas par l’Eglise médiévale avec l’invention du purgatoire ou des indulgences). C’est un parti-pris de méthode que de dire que la stabilité de l’écrit va faire repère pour des générations et des générations, quelles que soient les évolutions des « modes » ou « traditions » théologiques. C’est pour cela par exemple que nous refusons les très récents dogmes mariaux des XIXème et XXème siècles.

Dieu continue à parler, une tradition de lecture biblique continue à fonctionner, les protestants lisent les grands théologiens chrétiens de toutes étiquettes pour instruire leur compréhension de la foi, mais ce qui « fait foi » ultimement ne peut être que l’Ecriture biblique inspirée par et interprétée avec l’Esprit Saint.
Alors oui, la bible est une tradition, et le peuple chrétien a fait alliance pour dire que cette partie-là de la tradition était celle qui était la plus solide.

Je crois que je suis attendu


Je crois que je suis attendu

Je suis attendu par un Père que je n’ai jamais vu,
un Père qui a pris soin de moi
depuis le jour qui a précédé mon premier jour,
un Père qui m’offre la liberté,
qui veille sur elle et me la redonne sans cesse.
Je suis attendu ici par un Père
qui n’est pas qu’aux cieux puisqu’il a changé ma terre.

Je crois que nous sommes attendus

Nous sommes attendus par un Sauveur qui nous appelle au-dehors.
Le Fils de ce Père qui nous aime nous a fait voir son amour invisible,
le Fils nous offre de sortir de toutes nos morts,
de nos habitudes, de nos fausses bonnes idées.
Nous sommes attendus maintenant par le Christ
pour vivre au large, pour vivre chaque instant comme un fragment d’éternité.

Je crois que tous sont attendus

Tous sont attendus par l’Esprit du Père et du Fils
pour offrir au monde un souffle nouveau,
L’Esprit Saint fait lever la pâte de nos rêves de justice et de paix,
L’Esprit du Père et du Fils guérit nos généalogies,
nos corps, nos âmes et nos esprits.
Tous sont attendus ici et maintenant par l’Esprit Saint
pour qu’ici devienne un ailleurs
et que demain ne soit plus jamais comme hier.

Je crois que Dieu m’attend, qu’il nous attend, tous,
patient malgré l’impatience de son amour.
Amen

G.B. 2008

Qu’est-ce qu’une difficulté ?

Lectures bibliques
Esaïe 41:14-16 – Les montagnes tu les écraseras
Matthieu 17:19-21 – Montagne, transporte-toi d’ici à là
Matthieu 21:21-22 – Montagne, jette-toi dans la mer
1 Corinthiens 13:1-3 – Une foi à transporter des montagnes

Prédication
En entendant ces quatre textes, on croirait que la seule fonction de la montagne, c’est d’être rasée, mise en miettes, écrasé, ou déplacées. Il s’agit sûrement d’un fantasme de base dans toutes les civilisations : restructurer l’espace, manifester qu’on est forts parce qu’on a changé concrètement cette nature qui nous domine si souvent. Et même à l’ère où une armada de bulldozer peut déplacer une colline pour la construction d’une autoroute, nous restons avec ce rêve : que nous puissions laisser notre marque sur l’espace.
Ceci dit, ni Esaïe, ni Jésus, ni Paul n’avaient une vocation à travailler dans les travaux publics. En réalité, ils nous parlent de notre rapport à Dieu au travers de ces images. Comment, effectivement, pourrions-nous prétendre déplacer les montages tous seuls ? C’est Pharaon qui prétend construire des montagnes pyramidales. C’est pharaon et ses successeurs, qu’ils s’appellent Haussmann, Bouygues ou autres, qui rêvent de déplacer les collines par leur propre force. Mais Esaïe, Jésus et Paul essayent d’utiliser cette image pour nous dire que nous aussi nous pouvons déplacer des montagnes. A la différence des grandes entreprises du BTP, nous n’avons pas besoin de beaucoup d’argent, ni de beaucoup de force comme en avaient besoin les architectes de Ramsès II, mais nous avons seulement besoin de renouveler notre alliance avec le constructeur d’origine, celui qui a fait les plans et qui a réalisé cette construction incroyable qu’on appelle la nature. Bref, Jésus dit bien à deux reprises dans l’évangiles de Matthieu qu’avec un peu de foi, on peut entrer dans un registre de la puissance de Dieu qui nous associe à son pouvoir créateur. Dieu a créé les montagnes. Si nous nous mettons d’accord avec lui et qu’il donne son approbation, nous pouvons déplacer les montagnes. C’est le mandat de l’humanité que d’administrer la création. Non pas pour le plaisir de déplacer les montagnes, mais pour aménager un territoire et en faire une terre à vivre, une terre où il fait bon vivre.
Pour autant, comme nous l’avons déjà suggéré, il ne s’agit pas d’un traité de Travaux Publics, et c’est assurément à d’autres montagnes que le prophète, le Sauveur et l’apôtre font référence.
Les locutions françaises peuvent nous aider à comprendre cette réalité.
Ne dit-on pas dans notre langue : « Il s’en fait toute une montagne » ?
Dans cette expression, on évoque cette étrange capacité de l’être humain à mal évaluer les proportions. Quelque chose qui n’était pas si grand que cela à escalader devient un sommet alpin. Ne dit-on pas aussi « Se faire une montagne d’une taupinière » ? Le monticule de terre que soulève la taupe fait au maximum 20 cm et on le prendrait donc pour une colline de 200 mètres ou un pic de 2000 mètres ? Le ratio est de 1 pour 10.000 et 1 pour 100.000 ! L’expression nous dit qu’on peut confondre 20 cm et 2000 mètres, ce qui équivaut à confondre 20 euros et 2 millions d’euros. J’espère que ça ne vous arrive pas trop souvent quand vous rédigez un chèque.
Et pourtant, il nous arrive de nous faire une montagne d’une taupinière.
Il y a donc devant nous une grande diversité de montagnes à escalader. La vie est une marche, il faut assurément passer des cols et escalader des sommets. Mais bizarrement, les cimes les plus hautes dans notre tête ne sont pas forcément les plus hautes dans la réalité.
Prendre la parole en public va être pour beaucoup d’entre nous un sommet inatteignable ! Alors que ce n’est pas plus compliqué d’aligner quelques phrases devant 100 personnes que devant une.
Dire à quelqu’un qu’on l’aime pourra être pour nous un pic rocheux tout à fait inaccessible. Alors que c’est si bon pour l’autre d’entendre qu’il est aimé.
Que de taupinières qui deviennent des montagnes.
Finalement, nos problèmes sont parfois bizarrement évalués et bizarrement traités. Nous passons énormément de temps à solder des dossiers finalement très simples, et nous bâclons l’essentiel en ne voyant pas son importance. Bref, nous prenons cordes, mousquetons, et chaussures crantées pour escalader la taupinière et nous partons en tong sur l’Everest.
Une des capacités que Dieu veut restaurer en nous est de revenir à un peu de réalisme et de pragmatisme. Quand Jésus nous dit qu’avec un peu de foi on peut déplacer une montagne, il veut nous dire qu’il faut bien voir ce qu’il y a devant nous. Car il ne dit même pas qu’avec un peu de foi on pourra escalader les plus hauts sommets, mais bien qu’on déplacera la montagne. Ça c’est une solution à laquelle la plupart d’entre nous ne pense jamais. Quand vous avez une grosses montagne devant vous et que vous devez aller de l’autre côté, vous pensez à la contourner, à éviter le problème, à le fuir, à l’esquiver. Vous pensez, si vous êtes un peu plus courageux, à l’escalader. Mais Jésus propose une solution somme toute beaucoup plus simple : déplacer la montagne… Eh oui, il fallait y penser. Alors, nous nous quittons la corde, les mousquetons, et les chaussures crantées et nous allons chercher une pelle au fond du jardin. Mais ce qu’il faut prendre, c’est simplement un peu de foi. Car Jésus nous donne même la méthodologie pour déplacer la montagne. Il suffit de lui dire de se déplacer. « Au nom de Jésus, toi la montagne qui es ici, tu vas là-bas maintenant ! ».
Bien sûr, s’il y a des psychanalystes dans la salle, ils doivent être déjà par terre, ayant fait une crise cardiaque, voyant la folie de cette parole, voyant aussi peut-être le rêve de toute-puissance qui est caressé par celui qui désire déplacer la montagne par la parole. Mais pourtant, c’est bien ce que Jésus nous dit. Et il y a en a des montagnes auxquelles nous pouvons dire de se déplacer. Pour vous entrainer, je vous conseille de commencer par les montagnes dont vous aurez préalablement réalisé qu’elles étaient en réalité des taupinières. Regardez bien la montagne qui est devant vous, regardez-la bien dans les yeux — eh oui, la montagne a des yeux, tout comme elle a des oreilles pour vous entendre — et dites-lui de se déplacer. Et là, tout d’un coup le chemin est accessible…
Alors si vous avez un psychanalyste dans le coma à côté de vous, vous pouvez doucement le réanimer, car en réalité, il ne s’agit pas de désirer être tout-puissants, mais seulement réaliser très simplement, que par le Christ, par la puissance de son nom, nous sommes associé au pouvoir créateur de Dieu, qui consiste à nommer les choses, à poser un nom sur le réel, et à pouvoir prendre autorité sur lui. Nous ne croyons pas en notre puissance. Nous ne croyons même pas à la puissance de la prière, mais nous croyons en la puissance de Dieu, c’est pourquoi nous prions. Et les montagnes s’aplanissent.
Jésus, à la suite d’Esaïe, nous offre une solution pour régler la majeure partie de nos problèmes. Plutôt que d’aller devant Dieu en geignant et en lui disant : « Tu sais, Seigneur, j’ai de gros gros gros obstacles devant moi. J’ai de grands grands grands problèmes. », le mieux, c’est d’aller chercher un peu de courage et de force auprès de l’Eternel, de se laisser remplir du Saint-Esprit, et d’aller devant ses problèmes, et de leur dire : « Eh, mes problèmes, est-ce que vous réalisez que j’ai un grand grand grand Dieu ? Alors, vous dégagez ». Voilà une bataille comme Jésus les menait. Plutôt que de dire à Dieu l’immensité de nos problèmes, dire à nos problèmes l’immensité de notre Dieu ! Renverser la tendance, inverser la vapeur, intervertir les rôles. Ce ne sont plus les événements qui décident de tout dans ma vie, mais c’est moi qui commence à imprégner les événements, sans croire que je les maîtrise totalement, mais en m’en saisissant, main dans la main avec mon Seigneur.
Voilà une façon de vivre. Il ne reste plus, après, qu’à entourer ça d’un immense amour pour que toute velléité de puissance ou de domination soit écrasée. Il ne reste plus qu’à écouter le conseil de Paul, et à lâcher prise, mais non plus devant les événements, mais lâcher prise devant celui qui veut écrire l’histoire avec nous, le Seigneur, et surtout, lâcher prise devant son incroyable amour pour nous en nous rappelant ceci : « Je peux avoir toute la foi, même jusqu’à transporter des montagnes, mais si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien ».
Que l’amour de Dieu structure ici même et dès aujourd’hui un peuple courageux, audacieux, et plein de foi.
Amen

Pourquoi Dieu n’envoie pas des preuves ? – A.E.


Question de A.E. :
Est-ce que ça ne serait pas plus simple que Dieu renvoie le Messie, et qu’on ait des preuves enfin !?

Réponse de Gilles Boucomont :
Dieu, comme il est présenté dans la bible, ne veut pas que nous ayons des preuves. Il veut que nous ayons la foi. Et il nous a rendu capables de confiance et de foi. Si on sait vraiment quelque chose, on n’a plus besoin d’y croire. Il veut qu’on puisse croire à lui, parce qu’alors, il faut vraiment arrêter de ne compter que sur nous mêmes pour pouvoir vraiment enfin compter sur lui d’abord. Et la relation devient indispensable au quotidien.
Dans un couple, c’est l’intensité de l’amour renouvelé qui fait la solidité de la relation, et non pas le certificat produit par le maire douze ans avant…

Dieu veut la foi, et il donne des témoins. Mais des témoins sans preuves, des témoins qui n’ont que leur foi, et leur parole pour témoigner.
Je suis d’accord que ce n’est pas facile, mais bon, si on fait confiance, on ne peut pas faire « à moitié » confiance ou « un peu » confiance, n’est-ce pas ?

La prière de l’astronome : Kepler

Grand est notre Dieu, grande est sa puissance,
et sa sagesse est infinie.
Louez-le, cieux!
Louez-le, soleil, lune et planètes,
dans la langue qui vous est donnée
pour louer votre créateur!

Et toi aussi, mon âme, chante,
chante tant que tu le peux pour l’honneur du Seigneur.
De lui, par lui et pour lui sont toutes choses,
celles qui sont encore inconnues
et celles que nous connaissons.
A lui louange, honneur et gloire
d’éternité en éternité.

Je te rends grâce, Créateur et Seigneur,
de m’avoir donné cette joie à la vue de ta création,
ce plaisir à contempler les oeuvres de tes mains.
J’ai essayé d’annoncer aux hommes
la splendeur de tes oeuvres,
dans la mesure où mon esprit limité
pouvait saisir ton infini.

Johannes Kepler

Si la mort est vaincue, elle n’existe plus ? – B.G.


Question de B.G. :
Je ne comprends pas : si on dit que la mort est vaincue, dans la Bible, ça veut dire qu’elle n’existe plus. Comment est-ce qu’on peut dire que la mort n’existe pas, quand nous sommes confrontée à elle, en pratique ! BG

Réponse de Gilles Boucomont :

Les grands quiproquos théologiques qui ont tiraillé l’Eglise ont leurs racines dans des lectures partiales ou partielles des Ecritures bibliques. Ainsi, le christianisme s’est développé dans un monde de culture majoritairement gréco-romaine, plutôt que de culture hébraïque, bien qu’il ait été fondé par un juif parmi les juifs. C’est pourquoi la doctrine de l’immortalité de l’âme, très présente dans tout un pan de la pensée grecque, a été un point d’appui à partir duquel les chrétiens et même le judaïsme tardif, ont interprété les Ecritures. Le onzième chapitre de l’évangile de Jean est devenu un point de repère pour cautionner cette représentation : « Jésus dit à Marthe : C’est moi qui suis la résurrection et la vie. Celui qui met sa foi en moi, même s’il meurt, vivra ; et quiconque vit et met sa foi en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » (Jean 11,25-26). Le croyant fidèle ne mourrait pas. Pourtant, manifestement, les croyants continuent à mourir… Ce verset a été utilisé pour confirmer en quelque sorte un présupposé de lecture qui était ancré dans la pensée de Platon ou même de l’Egypte ancienne, plus encore que dans celle des sémites.

NE JAMAIS DIRE JAMAIS
C’est le « jamais » qui pose problème dans « il ne mourra jamais ». Car le grec de Jean laisse la possibilité d’une interprétation toute autre. En retournant à la lettre du texte, nous pouvons mieux comprendre l’enjeu : « il ne mourra pas jusque dans l’éternité ». Le grec n’ayant pas de ponctuation, on peut donc lire :
– il ne mourra pas, jusque dans l’éternité (il ne mourra jamais)
– il mourra, pas jusque dans l’éternité (sa mort ne sera pas éternelle).
La négation peut donc porter soit sur le verbe, soit sur le complément.
C’est ainsi qu’une phrase, suivant le choix de lecture que nous faisons, peut vouloir dire une chose et son contraire. La première lecture littérale assoit l’immortalité de l’âme ; la seconde ouvre une autre compréhension, plus cohérente avec l’environnement idéologique et théologique du Nouveau Testament : celui qui vit et croit en Christ meurt, mais c’est sa mort qui n’est pas éternelle. Il meurt mais pour un temps, et il ressuscitera. Et c’est ce que Jésus dit dans le verset 25 qui précède. Après avoir rappelé qu’il est (que Dieu est) résurrection et vie, il dit bien que celui qui vit et croit en lui vivra quand bien même il mourrait. Ce jeu de répétition et de reformulation était une figure de la rhétorique juive, avant même qu’il ne devienne un principe de la pédagogie. Il nous incite à préférer la seconde hypothèse de lecture.

UNE ETERNITE DISCONTINUE
Cet enjeu autour de l’expression grecque eis ton aiôna (jusque dans l’éternité) se retrouve à plusieurs reprises chez Jean, et notamment au chapitre 8 (v. 51-52) : « si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort » qu’on traduira volontiers : « ce n’est pas éternellement qu’il verra la mort ».
L’immortalité de l’âme peut donc retourner se faire croire chez les grecs. C’est bien une personne mortelle que Dieu veut ramener à la vie, c’est bien une mort de tout l’être que Jean veut signifier, afin que la résurrection ne soit pas vaine, et qu’elle en soit d’autant plus lumineuse et glorieuse. Sinon elle serait une parodie de résurrection, un simple réchauffage d’une âme légèrement refroidie par l’hiver de la mort.
Par ce passage, nous voyons combien la lettre du texte peut être à la fois un repère qui nous évite quelque égarement dans les élucubrations de notre pensée, ou bien un repaire où l’on s’enferme avec ses regards pré-établis, ses grilles de lecture au crible desquelles le texte doit se laisser maltraiter sans résistance.
Dans le cas présent, c’est une question… de vie, ou de mort !

Qualité de présence


Comment Dieu veut être présent à nous.
Comment nous nous rendons présent à lui, aux autres, au monde.

Prédication de l’Ascension chez les diaconesses de Versailles en 2010

Lectures : Actes 1,1-11 – Luc 24,46-53

Prédication
Même quand nous sommes dans des lieux en retrait du monde comme dans cette chapelle, nous sommes toujours à proximité d’une gare où des annonces sont faites ; et le bruit du monde ne peut pas complètement échapper à nos temps liturgiques. Où que nous soyons, désormais, de façon très étrange, même quand nous essayons de nous réfugier dans quelque lieu pour respirer, nous sommes étonnamment en contact avec la totalité du monde vivant, par le biais des téléphones et autres objets électroniques. Nous nous trouvons dans une présence permanente au monde. Aujourd’hui, certaines de nos sœurs du Cameroun peuvent suivre presque en direct ce qui se passe dans leur pays, alors que nous sommes si loin ! Aujourd’hui, nos frères allemands peuvent aussi suivre le détail de ce qui arrive dans leur pays. Qu’elle est étonnante, cette présence permanente du monde, ce monde qui se fait toujours présent à nous. Quand nous sommes en train de partager le repas du soir, la totalité des joies et des peines qui surgissent en Haïti, en Chine, au Guatémala, au Pakistan, dans la banlieue derrière Versailles, devient incroyablement présent à nous. Nous vivons donc dans un temps où nous avons plus besoin de chercher une coupure que de chercher du contact. Nous sommes sur-sollicités, toujours agressés par une présence du monde, et même d’un monde qui nous est totalement lointain, totalement inconnu, un monde, qui, presque, ne nous concerne pas vraiment. Ce monde est là, chez nous, par la radio ou la télévision.
Nous sommes donc dans un monde qui est tout à fait différent de celui du Christ, dans lequel la préoccupation était, au contraire, d’essayer d’être un peu plus présent. Essayer de se rendre présent aux autres, essayer de comprendre quelle pouvait être en particulier la présence de Dieu pour nous. Aujourd’hui, nos contemporains sont plutôt dans une recherche de silence, de calme, désirant que s’arrête enfin le brouhaha terrible de cette présence des 7 milliards d’humains qui nous sont devenus presque immédiats, qui sont comme des voisins de la maison mitoyenne. Nos rapports à ce qui est présent ont donc énormément changé, et quand nous abordons ces textes qui parlent des derniers moments de la présence physique de Jésus sur la terre, nous sommes déformés dans notre capacité à comprendre ce qu’avaient à vivre les disciples. Eux avaient passé toute leur vie à chercher un peu plus de la présence de Dieu. Ils étaient marqués par des passages des prophètes qui rappelaient que dans certains temps, notamment celui du prophète Samuel, il était resté à la mémoire des croyants que la parole de Dieu était rare. La présence de Dieu était réservée au seul lieu du Temple. Il y avait une sorte de sobriété, quelque chose de l’ordre du manque de Dieu. Et c’est à cause de ce manque de Dieu qu’ils avaient désiré suivre Jésus. Ils avaient compris qu’il y avait là dans cet homme quelque chose qui était particulier, et qui rendait Dieu présent. Jésus rendait Dieu presque tangible. Certains n’ont pas hésité à toucher Jésus, pour recevoir une guérison. Jésus était donc devenu la présence de Dieu pour le monde. Aussi, au moment où Jésus annonce qu’il doit partir, c’est l’incompréhension, l’incrédulité… Comment Dieu, ce Dieu qui depuis le commencement du monde a passé tout son temps à se donner, comment ce Dieu qui s’est donné, de génération en génération, malgré le péché, malgré toutes les alliances brisées, comment ce Dieu qui s’offre sans cesse à l’humanité, alors qu’il s’offre, enfin, d’une façon extrêmement tangible, d’une façon qu’on a envie de garder, ce Dieu-là va se dérober ? Il va repartir ? Les disciples avaient déjà fait cette expérience lors de la transfiguration. Dans un geste tout à la fois beau et infantile, ils avaient souhaité construire une tente pour que ces trois figures de la présence de l’Eternel qui étaient apparues là, puissent rester dans leur tente. Mais au moment où le projet de planter cette tente commence à s’étayer, comme par hasard, les trois présents disparaissent. Jésus avait donc mis en place, de la part de Dieu, toute une pédagogie pour s’habituer à ce fait : la façon dont Dieu veut se faire présent à nous n’est pas la même que celle à laquelle nous, nous aspirons.
Jésus, à plusieurs reprises, s’était dérobé à l’attente presque boulimique de la foule de voir des miracles, de pouvoir revoir une nouvelle multiplication des pains, peut-être, s’il le faut — les Juifs ont besoin de miracles et les Grecs ont besoin de sagesse, comme le dira Paul. Jésus avait essayé plusieurs fois de se dérober pour habituer les disciples, habituer le peuple à cette idée qu’il pourrait, un jour, continuer à être présent, mais différemment.
Est-ce que le Père était absent au jour où Jésus a gravi les marches du ciel ?
Est-ce que l’Esprit de Dieu était absent avant Pentecôte ?
Est-ce que Jésus, en tant que Christ, deuxième personne de la trinité, était absent au commencement du monde ?
Est-ce qu’aujourd’hui, bien qu’il soit retourné vers le Père, le Christ est absent ?
Cette présence étonnante, dérangeante, du Père, du Fils et du Saint-Esprit, est là pour nous rappeler que Dieu veut frustrer en nous toutes ces attentes idolâtres de le capturer, dans un lieu saint, dans une image sainte, dans une Ecriture sainte, dans une liturgie sainte, le capturer dans tous ces lieux où notre immense créativité voudrait l’emprisonner… Nous sommes capables d’imaginer différentes tentes, différents temples, différents temps, dans lesquels nous arriverions peut-être, c’est notre espoir, à retenir Jésus, à retenir le Père, à retenir l’Esprit-Saint, de force, parce que c’est en fait ce que nous voulons. Mais cette aspiration, en réalité, s’incarne dans ce que les contemporains de Jésus ou de Paul auraient appelé une attitude charnelle. La façon dont nous voulons retenir Dieu, c’est la même façon dont nous avons voulu retenir le sein maternel, à l’époque, cette façon dont nous avons compris que, par une crise de larme, nous pourrions trouver de l’amour, de la pitié, dans cette mère qui s’éloignait de nous. Et toutes ces frustrations face au refus de l’absence, face au refus de la toute-présence de notre mère, de notre père, de différentes figures qui étaient des bénédictions pour nous. Toutes ces frustrations nous ont fait croire qu’être dans la présence de l’autre, c’est toujours être là à le toucher, le sentir, le voir. Nous voulons toujours être dans une présence où les sens sont mobilisés : nos yeux, notre nez, nos oreilles, nos doigts… Et finalement, ce manque et ces frustrations qui sont en nous depuis si longtemps, nous les avons gardées, et au lieu d’aborder Dieu avec notre esprit, nous l’abordons avec notre nature charnelle. Nous voulons le toucher, le tenir, le garder, nous voulons mettre la main sur lui, nous voulons l’entendre, mais avec notre oreille, nous voulons le voir, mais seulement avec nos yeux, nous voulons le sentir, parce que notre cœur se mettrait à battre plus fort. Mais tout cela correspond à notre nature charnelle.
Dieu veut nous apprendre à le saisir en esprit. C’est pour cela que Dieu se dérobe à nos yeux, à nos oreilles, qu’il se dérobe à nos mains et à toutes les velléités que nous avons de le garder dans des temples, des lieux saints, des objets cultuels, dans lesquels nous croyons qu’il sera obligé de venir, contraint, soumis, à venir parce que nous aurons fait ce qu’il faut. Mais tout cela est vain. C’est notre aspiration la plus animale, la plus psychique, la plus vaine. Car Dieu veut se donner à nous. Il ne veut pas que nous le prenions, que nous le gardions. Il ne veut pas que nous le saisissions, il veut se donner à nous. De la même façon qu’il s’est donné comme Père pour le peuple d’Israël, de la même façon qu’il s’est donné comme Christ pour le peuple Juif, en Jésus, de la même façon qu’il s’est donné à toutes les nations comme Esprit-Saint, le Seigneur, l’Eternel, Père, Fils et Saint-Esprit, veut continuer à se donner à nous en esprit, pour que, définitivement, nous arrêtions de vouloir nous saisir de lui pour le capturer comme si nous pouvions mettre Dieu dans quelque prison que ce soit.
Finalement, Dieu nous appelle à une conversion profonde, au jour de l’Ascension. Cette conversion c’est de nous rappeler qu’il y a une façon d’être aux autres, et notamment d’être à ce grand autre qu’est Dieu, qui permet une qualité de présence. Et la qualité de présence que Dieu nous offre, c’est un modèle dont nous pouvons gratifier les autres aussi. Être présent aux autres ne veut pas dire forcément les serrer dans nos bras. C’est vrai pour un temps. Il y a un temps pour étreindre et un temps pour être au loin. Être présent aux autres, ce n’est pas forcément les voir physiquement, ni même les voir au travers d’un écran. Être présent aux autres, c’est être présent spirituellement, dans une vigilance ; avec notre corps, avec notre âme, mais aussi et surtout, parce que nous avons été spiritualisés par le Christ, être présent à eux spirituellement. Celles qui prient ici aujourd’hui, en étant loin de beaucoup de ceux qui leur sont chers, savent qu’on peut être présent aux autres dans la prière.
Au jour de l’Ascension, le Seigneur nous apprend à convertir notre conception de la présence dans une sorte d’imitation de Jésus-Christ, en découvrant d’autres formes de présence beaucoup plus affinées. Mais bizarrement, il ne se contente pas de nous apprendre ce que lui considère être la juste qualité de présence. Le Seigneur veut nous apprendre quelque chose qui nous est complètement incroyable, qui nous est impossible à penser : au-delà de la qualité de présence, c’est la qualité d’absence. Car au jour présent, quand nous pensons pouvoir être présents à tous, par internet notamment, quand certains caressent des rêves d’ubiquité, quand nous sommes dans ces rêves-là d’une présence intégrale, Jésus-Christ nous dit : « Il y a une façon de se retirer qui est porteuse de vie. Il y a une façon de ne pas être là qui donne à vivre. Il y a une façon de s’absenter qui permet à l’autre d’advenir à la Vie véritable. » Alors, dans le creux dans lequel nous nous trouvons du fait du calendrier liturgique, entre l’Ascension et la Pentecôte, laissons-nous convertir par le Seigneur, non pas pour nous préoccuper toujours de la qualité de nos relations, de la qualité de notre présence, de la qualité de notre façon d’être souriants, bienveillants. Profitons de ce temps en creux, pour apprendre, non pas dans notre intelligence ni dans notre sensibilité, mais vraiment dans notre esprit, ce que veut dire se mettre en retrait. Entre l’Ascension et Pentecôte, mais peut-être même après Pentecôte, malgré l’effusion de l’Esprit, le Seigneur nous offre une qualité d’absence qui nous permet de souffler, de respirer l’air du Royaume, de l’inspirer et de le réexpirer. Ce temps est ouvert. Ne le prenons pas comme un temps triste, tels les disciples qui fixent le ciel en pensant que c’est fini. Prenons ce temps comme, au contraire, un temps de bénédiction : oui, maintenant, ça commence, ça recommence. C’est la vie de Dieu qui se déploie, toujours un petit peu plus. C’est la vie du Ressuscité qui devient de plus en plus vivante. C’est la vie du Ressuscité qui s’étend, non pas seulement sur le seul peuple Juif, mais qui va au-delà des nations, en Galilée, à Jérusalem, bien plus loin… C’est la vie du Vivant qui est en nous qui se déploie. Que le Seigneur nous donne de vivre ce qu’il nous a donné d’entendre.
Amen.

Qui est ce prochain qu’il faut aimer ? – C.H.


Question de C.H. :
Je vous ai entendu dire que tout le monde n’est pas notre prochain. Or Jésus aime tout le monde, donc pourquoi sous-entendre que nous n’avons pas à aimer tout le monde. Je suis un peu déroutée. Merci. CH

Réponse de Gilles Boucomont :

Luc 10 verset 26, Jésus répond à la question piège du docteur de la loi : Qu’est-il écrit dans la loi ? Qu’y lis-tu ?
Il répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée ; et ton prochain comme toi-même.
Tu as bien répondu, lui dit Jésus ; fais cela, et tu vivras.
Mais lui voulut se justifier et dit à Jésus : Et qui est mon prochain ?

Ce qui suit est donc la DEFINITION que Jésus donne du prochain. Jésus n’a jamais donné de définitions au sens académique français mais il a toujours répondu avec des paraboles.
Verset 36, il finit donc en demandant au docteur de la loi : Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands ? Il répondit : C’est celui qui a exercé la miséricorde envers lui.

Cela veut dire que les deux religieux ne sont PAS son prochain.

Et que la définition du prochain c’est d’avoir exercé la miséricorde envers quelqu’un.
Jésus lui dit : Va, et toi, fais de même.
Donc, exerce la miséricorde envers les autres ; deviens leur prochain.

Pourquoi être très précis sur ces termes ? Jésus donne une définition très précise du prochain, c’est « celui qui s’est approché par la miséricorde ». A appliquer à la compréhension littérale de la loi de Dieu, résumée correctement par le docteur de la loi : Aimer son prochain comme soi-même.

Le piège consistait justement à faire dire à Jésus que tout le monde était son prochain. Si Jésus avait dit ça il se serait placé hors de la première alliance.
Lévitique 19:18 définissait le prochain à l’intérieur du peuple Juif seulement : Tu ne te vengeras pas, et tu ne garderas pas de rancune envers les fils de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis l’Éternel.
Le terme hébreu employé veut dire : autre, ami, prochain, voisin, parent, autre homme, compagnon, camarade, amant… donc c’est super large. Mais dans le cadre de la polémique Jésus donc veut élargir la possibilité que le prochain ne soit pas seulement défini par son identité ethnique, tribale, familiale, amicale, mais bien par son identité miséricordieuse, fût-il samaritain.

En demandant d’aimer son prochain Jésus nous demande d’aimer ceux qui nous ont aimés. C’est déjà un début. Pour les autres, il nous suggère d’exercer miséricorde à leur égard et de devenir prochains pour eux.

Où écouter des prédications audio de G. Boucomont ?

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Qui a tué Jésus ? – B.A.


Question de B.A. :
Qui a tué Jésus ?

Réponse de Gilles Boucomont :
D’après les évangiles, l’ensemble des personnes qui se trouvaient dans la Palestine de l’époque ont contribué à la mort de Jésus :

– certaines personnes de religion juive qui ont demandé qu’il soit mis à mort plutôt que Barrabas, le voleur,
– des responsables religieux et politiques
– le pouvoir impérial romain par ses représentants.

Ce qui est intéressant dans le texte, c’est justement qu’il ne dit pas, comme les chrétiens l’ont trop souvent dit, que c’est la faute des Juifs en particulier. La crucifixion est une pratique romaine et pas juive.
Justement, le texte montre que chacun essaye de se dérober à ses responsabilités, mais que tout le monde contribue à cet événement.
Même vous.
Même moi.