Justifier la foi par la science ?

Pourquoi est-il vain de vouloir prouver scientifiquement l’existence de Dieu ? Et pourquoi toutes les générations se laissent tenter, et la nôtre en particulier ?

La science n’est pas métaphysique

La science se définit elle-même comme devant étudier des phénomènes observables, mesurables et reproductibles. Or Dieu, le Créateur, n’est pas réductible à sa création, il est transcendant et n’est pas limitable à une réalité physique.

Dieu ne relève pas de la physique, mais de la métaphysique, c’est-à-dire de « l’au-delà de la physique ». Classiquement on dit que la science répond à la question : comment fonctionne l’univers ? Tandis que la théologie répond à la question : pourquoi l’humain, le monde, et Dieu existent ?

Ce sont deux plans de la pensée qui ne s’opposent pas.

Ainsi une découverte scientifique ne peut ni prouver ni réfuter une réalité métaphysique. Elle peut juste nous émerveiller sur la Création de Dieu, et donc sur son auteur, sans prétendre nous permettre de tout comprendre de Dieu.

La foi comme confiance et relation

Qui plus est la foi chrétienne ne repose pas sur une démonstration, elle est une relation à Dieu, une confiance en Dieu, et une réponse libre à la Parole de Dieu.

Søren Kierkegaard le grand philosophe danois disait : « La foi est justement la contradiction entre la passion infinie de l’intériorité et l’incertitude objective. Si je peux saisir Dieu objectivement, je ne crois pas — mais justement parce que je ne peux pas, il faut que je croie. »(Post-scriptum définitif et non scientifique aux Miettes philosophiques – 1846).

Dieu veut une réponse libre, et pas une réponse sous contrainte. Il veut se révéler sans s’imposer car il a voulu l’Humain libre. Avec une « foi » imposée par des preuves scientifiques, croire deviendrait une obligation morale et intellectuelle, et non plus un acte libre. Même face aux miracles, la foi reste libre. Elle est d’abord un pari et une confiance.


Un mauvais penchant pour la maîtrise

Le récit de Genèse 3 pose au tout début des Écritures bibliques cette réalité : le désir fondamental de l’humain est de maîtriser la connaissance, notamment de ce qui est bien et de ce qui est mal. Cette tentation consiste à abandonner justement la foi, pour avoir une expérience tangible, durable et supposée fiable de ce qui se passe dans le monde. Et Genèse 3 insiste sur le fait que cet acte de délaisser la confiance en Dieu pour choisir l’aptitude autonome de la maîtrise et de la connaissance, s’appelle… péché.
Pourquoi notre génération devrait-elle déroger, au nom d’une science triomphaliste, à ces principes pourtant fondés depuis si longtemps ?

Author: Gilles Boucomont

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